Lot Essay
Ce daguerréotype intitulé Rue de l'Observatoire, réalisé à Bogota au début des années 1840 par Jean-Baptiste Louis Gros, dit le Baron Gros, occupe une place majeure dans l'histoire mondiale de la photographie. Il s'agit non seulement de l'une des premières photographies connues de la Colombie, mais aussi de l'un des tout premiers daguerréotypes urbains réalisés hors d'Europe et des États-Unis.
Diplomate chargé d'affaires en Nouvelle Grenade (actuelle Colombie) en 1838, le Baron Gros, peintre et dessinateur, y réalise ses premiers essais de daguerréotype peu de temps après l'annonce publique de son invention en 1839, invention que la France a volontairement placée dans le domaine public afin d'en favoriser la diffusion mondiale. La nouvelle est publiée dans un journal local, El Observador, le 22 septembre 1839. Le Baron Gros fait partie de ces voyageurs intellectuels qui saisissent très tôt le potentiel de ce nouveau médium comme outil de connaissance, de documentation et de représentation du monde.
Cette image de la rue de l'Observatoire est remarquable, notamment en raison du temps d'exposition long de 47 secondes. Le choix du sujet, une vue urbaine, est aussi rare puisque la majorité des images de cette époque sont des portraits statiques. La ville apparaît presque vidée de ses habitants ; les figures humaines, trop mobiles, ayant probablement disparu de l'image. Cette absence confère à la photographie un effet esthétique puissant. La finesse des détails sur cette surface métallique laisse entrevoir en arrière-plan les montagnes de la Cordillère des Andes, véritable prousse technique nécessitant une grande maîtrise du dispositif photographique car les formes lointaines se trouvaient souvent noyées dans la brume ou la lumière diffuse.
This daguerreotype, titled Rue de l'Observatoire, made in Bogotá in the early 1840s by Jean-Baptiste Louis Gros, known as the Baron Gros, occupies a major place in the global history of photography. It is not only one of the earliest known photographs of Colombia, but also one of the very first urban daguerreotypes made outside Europe and the United States.
Appointed chargé d’affaires in New Granada (present-day Colombia) in 1838, the Baron Gros, a painter and draftsman, carried out his first daguerreotype experiments there shortly after the public announcement of the invention in 1839, an invention that France deliberately placed in the public domain in order to encourage its worldwide dissemination. The news was published in a local newspaper, El Observador, on September 22, 1839. The Baron Gros was among those intellectually minded travelers who very early recognized the potential of this new medium as a tool for knowledge, documentation, and the representation of the world.
This image of Rue de l’Observatoire is remarkable, particularly because of its long exposure time of 47 seconds. The choice of subject, an urban view, is also unusual, as the majority of photographs from this period were static portraits. The city appears almost devoid of inhabitants, the human figures, too mobile to register, having likely disappeared from the image. This absence lends the photograph a powerful aesthetic effect. The extraordinary fineness of detail on the metal surface even reveals, in the background, the mountains of the Andes, a true technical feat requiring great mastery of the photographic process, since distant forms were often lost in haze or diffused light.
Diplomate chargé d'affaires en Nouvelle Grenade (actuelle Colombie) en 1838, le Baron Gros, peintre et dessinateur, y réalise ses premiers essais de daguerréotype peu de temps après l'annonce publique de son invention en 1839, invention que la France a volontairement placée dans le domaine public afin d'en favoriser la diffusion mondiale. La nouvelle est publiée dans un journal local, El Observador, le 22 septembre 1839. Le Baron Gros fait partie de ces voyageurs intellectuels qui saisissent très tôt le potentiel de ce nouveau médium comme outil de connaissance, de documentation et de représentation du monde.
Cette image de la rue de l'Observatoire est remarquable, notamment en raison du temps d'exposition long de 47 secondes. Le choix du sujet, une vue urbaine, est aussi rare puisque la majorité des images de cette époque sont des portraits statiques. La ville apparaît presque vidée de ses habitants ; les figures humaines, trop mobiles, ayant probablement disparu de l'image. Cette absence confère à la photographie un effet esthétique puissant. La finesse des détails sur cette surface métallique laisse entrevoir en arrière-plan les montagnes de la Cordillère des Andes, véritable prousse technique nécessitant une grande maîtrise du dispositif photographique car les formes lointaines se trouvaient souvent noyées dans la brume ou la lumière diffuse.
This daguerreotype, titled Rue de l'Observatoire, made in Bogotá in the early 1840s by Jean-Baptiste Louis Gros, known as the Baron Gros, occupies a major place in the global history of photography. It is not only one of the earliest known photographs of Colombia, but also one of the very first urban daguerreotypes made outside Europe and the United States.
Appointed chargé d’affaires in New Granada (present-day Colombia) in 1838, the Baron Gros, a painter and draftsman, carried out his first daguerreotype experiments there shortly after the public announcement of the invention in 1839, an invention that France deliberately placed in the public domain in order to encourage its worldwide dissemination. The news was published in a local newspaper, El Observador, on September 22, 1839. The Baron Gros was among those intellectually minded travelers who very early recognized the potential of this new medium as a tool for knowledge, documentation, and the representation of the world.
This image of Rue de l’Observatoire is remarkable, particularly because of its long exposure time of 47 seconds. The choice of subject, an urban view, is also unusual, as the majority of photographs from this period were static portraits. The city appears almost devoid of inhabitants, the human figures, too mobile to register, having likely disappeared from the image. This absence lends the photograph a powerful aesthetic effect. The extraordinary fineness of detail on the metal surface even reveals, in the background, the mountains of the Andes, a true technical feat requiring great mastery of the photographic process, since distant forms were often lost in haze or diffused light.
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