Lot Essay
Au tournant du siècle, Renoir renouvelle son intérêt pour les scènes de la vie quotidienne, qu’il avait délaissées depuis 1883, lors de sa période ingresque. Celle-ci est marquée par un dessin rigoureux, aux contours nets et à la facture plus classique, durant laquelle il abandonne, pendant un temps, la touche floue et mouvementée caractéristique de l’impressionnisme. Jusqu’aux années 1890, il idéalise en effet ses modèles dans le but de rivaliser avec les grands maîtres, notamment Jean-Auguste-Dominique Ingres, mais aussi Raphaël, qu’il découvre lors d’un voyage en Italie en 1881. Ce séjour lui insuffle alors le désir de revenir à une certaine rigueur académique et de réévaluer les fondements de sa pratique artistique.
Lorsqu’il peint Femme plumant un poulet, en 1906, Renoir ne revient toutefois pas simplement aux principes de sa jeunesse : il les réinterprète à la lumière des recherches picturales menées au cours des décennies précédentes. Cette période constitue ainsi un moment particulièrement intéressant de son développement artistique, au cours duquel classicisme et impressionnisme semblent progressivement se réconcilier. Comme l’écrit Claude Roger-Marx : « D’œuvre en œuvre, à travers contradictions et retour en arrière, Renoir s’est cherché avec une infinie patience. La “crise aigre” dépassée, il élabore un style qui ne se modifiera sensiblement pas jusqu’à la fin : coloris très chaud fondé sur l’harmonie des rouges et des orangés, contours fluides, modelé généreux, formes lourdes qui tendent à se fondre dans la lumière. Parvenu à un juste équilibre entre l’observation et la vision, Renoir s’abandonne désormais à son élan naturel. » (Auguste Renoir, Génie et réalités, Paris, 1970, p. 209).
Autour de 1900, il réintroduit progressivement parmi ses sujets les scènes liées au confort de la vie bourgeoise, notamment les femmes de son entourage occupées à des tâches domestiques, telles que la broderie, comme dans Christine Lerolle brodant de 1897, l’éducation des enfants ou encore la préparation du repas familial, comme dans notre œuvre. Ce thème, et plus particulièrement celui de la cuisinière plumant une volaille, fait écho à l’intérêt que Renoir porte aux maîtres anciens, mais également à celui des impressionnistes pour la vie domestique et rurale, notamment chez Camille Pissarro, avec une certaine nostalgie pour les gestes simples de la paysannerie.
La période ingresque reste en effet perceptible dans cette œuvre. Le corps y est plus construit, et la silhouette de la modèle ici représentée au travail, acquière une stature monumentale. Son corps, bien qu’habillé, rappelle ainsi la posture penchée des nus idéalisés et voluptueux de Renoir. La touche qu’il utilise ici est cependant plus sensorielle. Le dessin classique donne une structure à la composition, mais celle-ci est simultanément dissoute par la couleur. Le coup de pinceau de Renoir est plus souple et plus fondu, et il cherche alors moins à représenter avec exactitude les effets de la lumière qu’à faire circuler, à sa manière, les tons chauds à travers la surface de la toile. La luminosité ne semble plus seulement être un phénomène extérieur venant frapper les objets : elle paraît naître de la couleur elle-même.
C’est en effet avec ses touches de pigment que Renoir modèle la femme et révèle l’architecture de son corps ainsi que les subtilités de sa chair : son doux visage, dont les joues pleines de jeunesse sont rendues par un mélange de roses, de blancs et de beiges, tandis que ses épaules statuesques et le galbe de ses hanches sont suggérés par sa chemise d’un rouge vif et sensuel. Ses jambes, couvertes d’un tablier, se détachent quant à elles dans un ensemble de drapés bleus, verts, jaunes et violets. Les couleurs ne se contentent donc pas de décrire les différentes parties du corps ou des vêtements : elles participent directement à leur construction. Ses bras énergiques tiennent quant à eux avec force la volaille, accentuant davantage encore la tension entre sa puissance physique et sa délicatesse sensuelle.
Cette tension entre le geste quotidien et la monumentalité de la figure est particulièrement significative. Renoir transforme ici une activité domestique ordinaire en un sujet pictural d’une grande richesse plastique. L’oiseau, les vêtements, le corps et les gestes de la modèle s’intègrent ainsi dans une composition où la matérialité de la scène importe autant que sa dimension lumineuse. L’œuvre témoigne de cette volonté, caractéristique du Renoir de la maturité, de dépasser l’opposition entre dessin et couleur, entre construction et sensation, entre tradition académique et héritage impressionniste.
Le fait que ce tableau soit resté dans la prestigieuse collection Durand-Ruel depuis sa création renforce également son intérêt pour comprendre cette période de la carrière de l’artiste. Femme plumant un poulet témoigne du style de Renoir au sommet de sa maturité artistique et de sa capacité à réconcilier les différentes influences qui ont traversé sa carrière. Loin d’être un simple retour au classicisme, cette œuvre montre plutôt comment Renoir parvient, à la fin de son parcours, à intégrer les leçons de l’impressionnisme à une conception plus construite et monumentale de la figure.
Ainsi, derrière l’apparente simplicité d’une scène domestique se révèle une réflexion plus profonde sur la peinture elle-même. Renoir y associe la rigueur de la construction à la liberté de la touche, la monumentalité du corps à la sensualité de la couleur et l’observation du quotidien à une forme d’idéalisation. Femme plumant un poulet apparaît dès lors comme une œuvre emblématique de cette synthèse : Renoir n’abandonne ni l’impressionnisme ni le classicisme, mais les transforme en un langage pictural personnel, fondé sur la chaleur de la couleur, la fluidité des contours et la puissance des formes. Cette réconciliation, fruit de plusieurs décennies de recherches et de remises en question, constitue précisément l’une des caractéristiques les plus singulières de sa peinture de maturité.
At the turn of the twentieth century, Renoir renewed his interest in scenes of everyday life, a subject he had largely set aside after 1883, during his Ingresque period. This phase was marked by rigorous draughtsmanship, clear contours and a more classical handling, as he temporarily abandoned the blurred, animated brushwork characteristic of Impressionism. Throughout this period and into the 1890s, he idealised his models in an effort to rival the Old Masters, particularly Jean-Auguste-Dominique Ingres, as well as Raphael, whose work he encountered during his journey to Italy in 1881. The trip inspired in him a desire to recover a certain academic rigour and to reassess the foundations of his artistic practice.
When Renoir painted Femme plumant un poulet in 1906, however, he was not simply returning to the principles of his youth: he was reinterpreting them in the light of the pictorial investigations he had pursued over the preceding decades. This period therefore represents a particularly compelling moment in his artistic development, when Classicism and Impressionism appear gradually to have been reconciled. As Claude Roger-Marx wrote: ‘From one work to the next, through contradictions and reversals, Renoir searched for himself with infinite patience. Once the “dry crisis” was behind him, he developed a style that would remain essentially unchanged until the end: a very warm palette based on harmonies of red and orange, fluid contours, generous modelling, and weighty forms tending to dissolve into light. Having achieved a true balance between observation and vision, Renoir henceforth followed his natural instincts.’ (Claude Roger-Marx, in Renoir, Paris, Hachette, “Génies et réalités” series, 1970, p. 209).
Around 1900, he gradually reintroduced scenes of bourgeois domestic life into his repertoire, particularly women from his circle engaged in household activities: embroidering, as in Christine Lerolle brodant ( Christine Lerolle Embroiedering) of 1897; teaching children; or preparing the family meal, as in the present work. This subject - and more specifically that of a cook plucking a bird - reflects both Renoir’s interest in the Old Masters and the Impressionists’ engagement with domestic and rural life, particularly in the work of Camille Pissarro, while evoking a certain nostalgia for the simple rhythms of peasant life.
The legacy of the Ingresque period remains evident in this work. The body is more firmly constructed, and the figure of the model, shown at work, assumes a monumental presence. Although clothed, her body recalls the stooping postures of Renoir’s idealised, voluptuous nudes. Yet his handling is more sensuous here. Classical drawing provides the composition with its structure, even as that structure is dissolved by colour. Renoir’s brushwork is softer and more blended; rather than seeking to record the effects of light with precision, he allows warm tones to flow across the surface of the canvas in his own distinctive way. Light no longer seems merely to be an external phenomenon falling upon objects: it appears to arise from colour itself.
Indeed, Renoir models the woman through touches of pigment, revealing the structure of her body and the subtleties of her flesh. Her gentle face, with full, youthful cheeks, is rendered in a blend of pinks, whites and beiges, while her statuesque shoulders and the curve of her hips are suggested beneath her vivid, sensuous red blouse. Her legs, covered by an apron, emerge amid passages of blue, green, yellow and violet drapery. Colour therefore does more than describe the different parts of the body or clothing: it contributes directly to their construction. Her strong arms firmly grip the bird, further heightening the tension between her physical power and her sensuous delicacy.
This tension between an everyday gesture and the monumentality of the figure is particularly significant. Renoir transforms an ordinary domestic task into a subject of great formal richness. The bird, the clothing, the body and the model’s gestures are brought together in a composition in which the physical substance of the scene matters as much as its luminous quality. The work exemplifies the mature Renoir’s determination to transcend the opposition between drawing and colour, construction and sensation, academic tradition and the legacy of Impressionism.
The fact that the painting has remained in the prestigious Durand-Ruel Collection since its creation further enhances its importance for understanding this period in the artist’s career. Femme plumant un poulet exemplifies Renoir’s style at the height of his artistic maturity and his ability to reconcile the different influences that shaped his career. Far from constituting a simple return to Classicism, the work demonstrates how, late in his career, Renoir integrated the lessons of Impressionism into a more structured and monumental conception of the figure.
Thus, beneath the apparent simplicity of a domestic scene emerges a deeper meditation on painting itself. Renoir brings together structural rigour and freedom of handling, the monumentality of the body and the sensuousness of colour, the observation of everyday life and a form of idealisation.
Femme plumant un poulet therefore stands as an emblematic expression of this synthesis: Renoir abandons neither Impressionism nor Classicism, but transforms them into a personal pictorial language founded on the warmth of colour, the fluidity of contours and the power of form. This reconciliation, the fruit of several decades of experimentation and reassessment, is precisely one of the most distinctive features of his mature painting.
Lorsqu’il peint Femme plumant un poulet, en 1906, Renoir ne revient toutefois pas simplement aux principes de sa jeunesse : il les réinterprète à la lumière des recherches picturales menées au cours des décennies précédentes. Cette période constitue ainsi un moment particulièrement intéressant de son développement artistique, au cours duquel classicisme et impressionnisme semblent progressivement se réconcilier. Comme l’écrit Claude Roger-Marx : « D’œuvre en œuvre, à travers contradictions et retour en arrière, Renoir s’est cherché avec une infinie patience. La “crise aigre” dépassée, il élabore un style qui ne se modifiera sensiblement pas jusqu’à la fin : coloris très chaud fondé sur l’harmonie des rouges et des orangés, contours fluides, modelé généreux, formes lourdes qui tendent à se fondre dans la lumière. Parvenu à un juste équilibre entre l’observation et la vision, Renoir s’abandonne désormais à son élan naturel. » (Auguste Renoir, Génie et réalités, Paris, 1970, p. 209).
Autour de 1900, il réintroduit progressivement parmi ses sujets les scènes liées au confort de la vie bourgeoise, notamment les femmes de son entourage occupées à des tâches domestiques, telles que la broderie, comme dans Christine Lerolle brodant de 1897, l’éducation des enfants ou encore la préparation du repas familial, comme dans notre œuvre. Ce thème, et plus particulièrement celui de la cuisinière plumant une volaille, fait écho à l’intérêt que Renoir porte aux maîtres anciens, mais également à celui des impressionnistes pour la vie domestique et rurale, notamment chez Camille Pissarro, avec une certaine nostalgie pour les gestes simples de la paysannerie.
La période ingresque reste en effet perceptible dans cette œuvre. Le corps y est plus construit, et la silhouette de la modèle ici représentée au travail, acquière une stature monumentale. Son corps, bien qu’habillé, rappelle ainsi la posture penchée des nus idéalisés et voluptueux de Renoir. La touche qu’il utilise ici est cependant plus sensorielle. Le dessin classique donne une structure à la composition, mais celle-ci est simultanément dissoute par la couleur. Le coup de pinceau de Renoir est plus souple et plus fondu, et il cherche alors moins à représenter avec exactitude les effets de la lumière qu’à faire circuler, à sa manière, les tons chauds à travers la surface de la toile. La luminosité ne semble plus seulement être un phénomène extérieur venant frapper les objets : elle paraît naître de la couleur elle-même.
C’est en effet avec ses touches de pigment que Renoir modèle la femme et révèle l’architecture de son corps ainsi que les subtilités de sa chair : son doux visage, dont les joues pleines de jeunesse sont rendues par un mélange de roses, de blancs et de beiges, tandis que ses épaules statuesques et le galbe de ses hanches sont suggérés par sa chemise d’un rouge vif et sensuel. Ses jambes, couvertes d’un tablier, se détachent quant à elles dans un ensemble de drapés bleus, verts, jaunes et violets. Les couleurs ne se contentent donc pas de décrire les différentes parties du corps ou des vêtements : elles participent directement à leur construction. Ses bras énergiques tiennent quant à eux avec force la volaille, accentuant davantage encore la tension entre sa puissance physique et sa délicatesse sensuelle.
Cette tension entre le geste quotidien et la monumentalité de la figure est particulièrement significative. Renoir transforme ici une activité domestique ordinaire en un sujet pictural d’une grande richesse plastique. L’oiseau, les vêtements, le corps et les gestes de la modèle s’intègrent ainsi dans une composition où la matérialité de la scène importe autant que sa dimension lumineuse. L’œuvre témoigne de cette volonté, caractéristique du Renoir de la maturité, de dépasser l’opposition entre dessin et couleur, entre construction et sensation, entre tradition académique et héritage impressionniste.
Le fait que ce tableau soit resté dans la prestigieuse collection Durand-Ruel depuis sa création renforce également son intérêt pour comprendre cette période de la carrière de l’artiste. Femme plumant un poulet témoigne du style de Renoir au sommet de sa maturité artistique et de sa capacité à réconcilier les différentes influences qui ont traversé sa carrière. Loin d’être un simple retour au classicisme, cette œuvre montre plutôt comment Renoir parvient, à la fin de son parcours, à intégrer les leçons de l’impressionnisme à une conception plus construite et monumentale de la figure.
Ainsi, derrière l’apparente simplicité d’une scène domestique se révèle une réflexion plus profonde sur la peinture elle-même. Renoir y associe la rigueur de la construction à la liberté de la touche, la monumentalité du corps à la sensualité de la couleur et l’observation du quotidien à une forme d’idéalisation. Femme plumant un poulet apparaît dès lors comme une œuvre emblématique de cette synthèse : Renoir n’abandonne ni l’impressionnisme ni le classicisme, mais les transforme en un langage pictural personnel, fondé sur la chaleur de la couleur, la fluidité des contours et la puissance des formes. Cette réconciliation, fruit de plusieurs décennies de recherches et de remises en question, constitue précisément l’une des caractéristiques les plus singulières de sa peinture de maturité.
At the turn of the twentieth century, Renoir renewed his interest in scenes of everyday life, a subject he had largely set aside after 1883, during his Ingresque period. This phase was marked by rigorous draughtsmanship, clear contours and a more classical handling, as he temporarily abandoned the blurred, animated brushwork characteristic of Impressionism. Throughout this period and into the 1890s, he idealised his models in an effort to rival the Old Masters, particularly Jean-Auguste-Dominique Ingres, as well as Raphael, whose work he encountered during his journey to Italy in 1881. The trip inspired in him a desire to recover a certain academic rigour and to reassess the foundations of his artistic practice.
When Renoir painted Femme plumant un poulet in 1906, however, he was not simply returning to the principles of his youth: he was reinterpreting them in the light of the pictorial investigations he had pursued over the preceding decades. This period therefore represents a particularly compelling moment in his artistic development, when Classicism and Impressionism appear gradually to have been reconciled. As Claude Roger-Marx wrote: ‘From one work to the next, through contradictions and reversals, Renoir searched for himself with infinite patience. Once the “dry crisis” was behind him, he developed a style that would remain essentially unchanged until the end: a very warm palette based on harmonies of red and orange, fluid contours, generous modelling, and weighty forms tending to dissolve into light. Having achieved a true balance between observation and vision, Renoir henceforth followed his natural instincts.’ (Claude Roger-Marx, in Renoir, Paris, Hachette, “Génies et réalités” series, 1970, p. 209).
Around 1900, he gradually reintroduced scenes of bourgeois domestic life into his repertoire, particularly women from his circle engaged in household activities: embroidering, as in Christine Lerolle brodant ( Christine Lerolle Embroiedering) of 1897; teaching children; or preparing the family meal, as in the present work. This subject - and more specifically that of a cook plucking a bird - reflects both Renoir’s interest in the Old Masters and the Impressionists’ engagement with domestic and rural life, particularly in the work of Camille Pissarro, while evoking a certain nostalgia for the simple rhythms of peasant life.
The legacy of the Ingresque period remains evident in this work. The body is more firmly constructed, and the figure of the model, shown at work, assumes a monumental presence. Although clothed, her body recalls the stooping postures of Renoir’s idealised, voluptuous nudes. Yet his handling is more sensuous here. Classical drawing provides the composition with its structure, even as that structure is dissolved by colour. Renoir’s brushwork is softer and more blended; rather than seeking to record the effects of light with precision, he allows warm tones to flow across the surface of the canvas in his own distinctive way. Light no longer seems merely to be an external phenomenon falling upon objects: it appears to arise from colour itself.
Indeed, Renoir models the woman through touches of pigment, revealing the structure of her body and the subtleties of her flesh. Her gentle face, with full, youthful cheeks, is rendered in a blend of pinks, whites and beiges, while her statuesque shoulders and the curve of her hips are suggested beneath her vivid, sensuous red blouse. Her legs, covered by an apron, emerge amid passages of blue, green, yellow and violet drapery. Colour therefore does more than describe the different parts of the body or clothing: it contributes directly to their construction. Her strong arms firmly grip the bird, further heightening the tension between her physical power and her sensuous delicacy.
This tension between an everyday gesture and the monumentality of the figure is particularly significant. Renoir transforms an ordinary domestic task into a subject of great formal richness. The bird, the clothing, the body and the model’s gestures are brought together in a composition in which the physical substance of the scene matters as much as its luminous quality. The work exemplifies the mature Renoir’s determination to transcend the opposition between drawing and colour, construction and sensation, academic tradition and the legacy of Impressionism.
The fact that the painting has remained in the prestigious Durand-Ruel Collection since its creation further enhances its importance for understanding this period in the artist’s career. Femme plumant un poulet exemplifies Renoir’s style at the height of his artistic maturity and his ability to reconcile the different influences that shaped his career. Far from constituting a simple return to Classicism, the work demonstrates how, late in his career, Renoir integrated the lessons of Impressionism into a more structured and monumental conception of the figure.
Thus, beneath the apparent simplicity of a domestic scene emerges a deeper meditation on painting itself. Renoir brings together structural rigour and freedom of handling, the monumentality of the body and the sensuousness of colour, the observation of everyday life and a form of idealisation.
Femme plumant un poulet therefore stands as an emblematic expression of this synthesis: Renoir abandons neither Impressionism nor Classicism, but transforms them into a personal pictorial language founded on the warmth of colour, the fluidity of contours and the power of form. This reconciliation, the fruit of several decades of experimentation and reassessment, is precisely one of the most distinctive features of his mature painting.
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