Pablo Picasso (1881-1973)
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Provenant du cercle de l’artiste
Pablo Picasso (1881-1973)

Portrait d'Olga au chignon

Details
Pablo Picasso (1881-1973)
Portrait d'Olga au chignon
graphite sur papier
23.4 x 13.8 cm.
Exécuté en 1917

pencil on paper
9 1⁄8 x 5 3⁄8 in.
Executed in 1917
Provenance
Succession Pablo Picasso.
Collection particulière, France (don de celle-ci vers 1981-82).
Collection particulière, France (par descendance).
Acquis auprès de celle-ci par le propriétaire actuel en 2025.
Further details
Le Comité Picasso a confirmé l’authenticité de cette œuvre.

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Lot Essay

Dessiné au crayon en 1917, cet intime portrait d’Olga Khokhlova appartient à un moment particulièrement significatif de la vie et de l’œuvre de Picasso, au tout début de sa relation avec la ballerine russe. Tous deux s’étaient rencontrés à Rome au printemps de cette même année, alors que Picasso travaillait aux décors et aux costumes de Parade avec les Ballets Russes de Serge Diaghilev. Leur relation évolue rapidement et Olga quitte bientôt la compagnie pour suivre Picasso ; ils se marieront à Paris l’année suivante, le 12 juillet 1918.
Le présent dessin se distingue par la remarquable vivacité du travail au crayon de Picasso. Plutôt que de définir les traits d’Olga par un contour unique et continu, il construit son visage au moyen de lignes successives et superposées, dont l’accumulation et la densité créent les zones d’ombre et modèlent subtilement les différents plans du visage. Certaines lignes sont reprises, renforcées, parfois laissées apparentes, donnant à la feuille l’immédiateté d’un artiste qui semble réfléchir à travers l’acte même de dessiner. Le visage paraît ainsi émerger progressivement du papier, par l’accumulation du trait et des nuances.
Cette spontanéité est particulièrement perceptible dans le traitement du cou et de la chevelure d’Olga. Rassemblés dans son chignon caractéristique, ses cheveux sont loin d’être parfaitement ordonnés ; quelques mèches souples et légèrement rebelles, esquissées avec légèreté, contrastent avec le traitement plus concentré du visage. Ce détail apporte une touche d’informalité inattendue au portrait, tempérant l’apparence par ailleurs posée d’Olga et conférant à l’image une véritable intimité. Picasso ne cherche pas ici une ressemblance idéalisée, mais saisit la présence vivante de la femme qui se tient devant lui.
La présence d’Olga dans l’œuvre de Picasso marque une étape importante dans l’évolution de son approche du portrait. Après les expériences radicales du cubisme, il revient progressivement à la figure humaine et aux particularités de la ressemblance individuelle. Ses portraits de cette période ne sont toutefois jamais de simples descriptions. La tension entre observation et invention demeure palpable, la personnalité du modèle se révélant à travers le rythme du trait, les contours changeants et l’accumulation de marques en apparence spontanées.
Le dessin offre à Picasso un moyen particulièrement direct d’explorer ce dialogue entre perception et invention. Ici, le crayon suit, reprend et module les contours du visage d’Olga, créant une surface à la fois extrêmement sensible et profondément personnelle. Le geste même du dessin demeure visible tout au long de la feuille, conférant au portrait une fraîcheur particulièrement en accord avec sa date : c’est Olga telle que Picasso la découvre au tout début de leur vie commune.
Leur relation s’étendra sur près de deux décennies. Après leur mariage, Olga devient l’un des modèles les plus importants et les plus fréquemment représentés par Picasso, et le couple accueille leur fils unique, Paulo, en 1921. Leur relation se détériore progressivement à la fin des années 1920, notamment après la liaison de Picasso avec Marie-Thérèse Walter, et ils se séparent en 1935, tout en restant légalement mariés jusqu’à la mort d’Olga en 1955. La présente feuille appartient toutefois à un tout autre moment : elle conserve l’image d’Olga au commencement de leur histoire commune, alors que leur relation est encore nouvelle et que le crayon de Picasso pouvait saisir sa présence avec une immédiateté qui demeure aujourd’hui profondément perceptible.


Drawn in pencil in 1917, this intimate portrait of Olga Khokhlova belongs to a particularly significant moment in Picasso’s life and work, at the very beginning of his relationship with the Russian ballerina. The two had met in Rome in the spring of that year, where Picasso was working on the sets and costumes for Parade with Sergei Diaghilev’s Ballets Russes. Their relationship developed rapidly, and Olga would soon leave the company to follow Picasso; they married in Paris the following year, on 12 July 1918.
The present drawing is distinguished by the remarkable liveliness of Picasso’s pencil work. Rather than defining Olga’s features with a single continuous contour, he builds the face through successive, overlapping lines, allowing the accumulation and density of the strokes to create areas of shadow and subtly model the planes of the face. Lines are retraced, reinforced and occasionally left visible, giving the sheet the immediacy of an artist thinking through the act of drawing. The face seems to emerge from the paper through the gradual build-up of line and tone.
This spontaneity is particularly evident in Olga’s neck and in her hair. Gathered into her characteristic bun, it is far from perfectly ordered; loose and slightly unruly, the softly sketched strands contrast with the more concentrated treatment of the face. This small detail brings an unexpected informality to the portrait, tempering Olga’s otherwise composed appearance and giving the image a sense of intimacy. Picasso captures not an idealized likeness, but the living presence of the woman before him.
Olga’s presence in Picasso’s work marks an important moment in his evolving approach to portraiture. Following the radical experiments of Cubism, he increasingly returned to the human figure and to the particularities of individual likeness. Yet his portraits from this period are never simply descriptive. The tension between observation and invention remains palpable, with the sitter’s personality emerging through the rhythm of the line, the shifting contours and the accumulation of seemingly spontaneous marks.
Drawing offered Picasso an especially direct means of pursuing this dialogue between perception and invention. Here, the pencil traces, retraces and modulates the contours of Olga’s face, creating a surface that is both highly responsive and intensely personal. The physical act of drawing remains visible throughout, lending the portrait a freshness that is particularly appropriate to its date: this is Olga as Picasso knew her at the very beginning of their life together.
Their relationship would span nearly two decades. After their marriage, Olga became one of Picasso’s most important and frequently depicted models, and the couple welcomed their only child, Paulo, in 1921. Their relationship gradually deteriorated during the late 1920s, following Picasso’s involvement with Marie-Thérèse Walter, and they separated in 1935, although they remained legally married until Olga’s death in 1955. The present sheet, however, belongs to a very different moment: it preserves the image of Olga at the beginning of their shared story, when their relationship was still new and Picasso’s pencil could register her presence with an immediacy that remains palpable today.

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