Lot Essay
Nautiles, porcelaines montées, et livres, s’offrent au spectateur dans une composition savamment orchestrée sur deux niveaux dans un cabinet de curiosités. Francesca Baldassari, spécialiste de l’artiste, présente cette œuvre comme le chef-d’œuvre de Cristoforo Munari (1667-1720) et émet l’hypothèse qu’elle aurait pu appartenir aux collections de la famille Médicis. Il pourrait s’agir d’une commande du Grand Prince Ferdinand (1663-1713) ou du cardinal Francesco Maria (1660- 1711). Entre la fin du XVIIe siècle et le début du XVIIIe siècle, Ferdinand de Médicis devient l’un des plus importants mécènes et collectionneurs d’Italie : en engageant d’importantes rénovations au Palais Pitti et dans ses villas Poggio a Caiano et Pratolino, il fait appel aux artistes de la région pour en réaliser la décoration. En grand amateur de natures mortes, il s’adresse notamment à Cristoforo Munari à qui il commande de grandes compositions en trompe-l’œil (voir F. Baldassari, Cristoforo Munari, 1667-1720: un maestro della natura morta, op. cit., p. 128).
La source lumineuse qui surgit de notre gauche produit un saisissant contraste de clair-obscur grâce à l’arrière-plan d’un noir profond sur lequel se détachent les objets de curiosité d’ici et d’ailleurs. Munari rythme sa composition, alternant entre ordre et désordre, teintes ocres et laiteuses, matières polies et texturées. C’est une véritable démonstration de richesse et d’érudition que nous offre l’artiste, qui exprime probablement le rang social du commanditaire. En effet, aux objets montés de bronzes ciselés se mêlent un ouvrage d’Euclide et le recueil de poésie toscane de Vincenzo da Filicaia (1642-1707), membre de l’importante Accademia della Crusca à Florence créée pour étudier et réviser la linguistique italienne. Le recueil de Filicaia fut publié en 1707, fournissant ainsi un terminus post quem pour ce tableau.
Ce trompe-l’œil est un témoin du goût des collectionneurs pour les petits objets précieux et exotiques qui perdure depuis le XVIIe siècle avec les nouveaux échanges commerciaux inaugurés entre l’Europe et les Indes. Ces mineralia et artificialia vont devenir des thèmes courus par les peintres qui les mêlent volontiers aux objets du quotidien ou imitations dans le goût de la Chine ou du Japon.
La source lumineuse qui surgit de notre gauche produit un saisissant contraste de clair-obscur grâce à l’arrière-plan d’un noir profond sur lequel se détachent les objets de curiosité d’ici et d’ailleurs. Munari rythme sa composition, alternant entre ordre et désordre, teintes ocres et laiteuses, matières polies et texturées. C’est une véritable démonstration de richesse et d’érudition que nous offre l’artiste, qui exprime probablement le rang social du commanditaire. En effet, aux objets montés de bronzes ciselés se mêlent un ouvrage d’Euclide et le recueil de poésie toscane de Vincenzo da Filicaia (1642-1707), membre de l’importante Accademia della Crusca à Florence créée pour étudier et réviser la linguistique italienne. Le recueil de Filicaia fut publié en 1707, fournissant ainsi un terminus post quem pour ce tableau.
Ce trompe-l’œil est un témoin du goût des collectionneurs pour les petits objets précieux et exotiques qui perdure depuis le XVIIe siècle avec les nouveaux échanges commerciaux inaugurés entre l’Europe et les Indes. Ces mineralia et artificialia vont devenir des thèmes courus par les peintres qui les mêlent volontiers aux objets du quotidien ou imitations dans le goût de la Chine ou du Japon.
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