Lot Essay
Louis Delanois (1731-1792) figure parmi les plus éminents menuisiers parisiens en sièges des années 1760 et 1770 et fut l’un des premiers à embrasser le goût néoclassique qui séduisait alors les amateurs les plus éclairés, dont Madame du Barry, le roi de Pologne et le comte d'Orsay. Son langage décoratif novateur s’élabora sous l’influence d’ornemanistes tels que Jean-Charles Delafosse (1734-1789) et Jean-Louis Prieur (v. 1725 – v. 1785), dont le dessin de nos fauteuils est très certainement issu.
UN REMARQUABLE EXEMPLAIRE DU GOÛT NÉOCLASSIQUE NAISSANT CHEZ LOUIS DELANOIS
Notre paire de fauteuils illustre parfaitement le style affirmé de Louis Delanois dans les années 1765-1770, au moment où le goût dit « à la grecque » s'impose dans les arts décoratifs et plus spécifiquement dans l’art du siège. Le dessin de nos fauteuils, déjà très néoclassique, n’est pas sans rappeler les lavis d’encre de fauteuils et canapés réalisés par Jean-Louis Prieur autour de 1765, et dont notre célèbre menuisier Louis Delanois s’inspire. Nous retrouvons ainsi le principe des supports d’accotoir en console renversée mais également le motif de frise composée de petites cannelures rudentées ornant la ceinture. Ces deux éléments imaginés par Louis Prieur sont repris par Delanois pour notre paire de fauteuils, comme sur d’autres modèles de sièges du menuisier réalisés dans ces années-là.
La paire de fauteuils de Louis Delanois provenant des collections de la famille Rothschild (vente Christie’s à New York, le 11 octobre 2023, lot 48), bien de style encore Transition, est ornée en ceinture du même motif décoratif néoclassique composé d’une succession de cannelures rudentées que nous retrouvons sur notre paire de fauteuils.
Nous observons également certaines caractéristiques néoclassiques imaginées par Jean-Louis Prieur sur l’important mobilier réalisé en 1768 par Louis Delanois pour Stanislas- Auguste Poniatowski, roi de Pologne (1764-1795), destiné à sa résidence d'été, le palais de Łazienki près de Varsovie. Les sièges conservés dans ce palais (inv. ŁKr 146⁄2-8), bien qu’à dossier médaillon, présentent les mêmes supports d'accotoir se terminant en volute et un vocabulaire décoratif proche du nôtre. Notons également une suite de sièges à dossier médaillon proches de ceux du roi de Pologne, cette fois-ci ornée d’une frise d’entrelacs similaire à la frise des dossiers de nos fauteuils, conservée au Metropolitan Museum à New York (inv. 57.65.2 à 57.65.7). Cette formule connaît un succès immédiat dans la seconde moitié des années 1760. Citons encore la livraison, vers 1767-1768, des sièges de Louis Delanois conçus pour le comte Grimod d'Orsay dans le même esprit.
Légèrement plus tardifs que les séries précitées, nous pouvons rapprocher également nos fauteuils de la paire livrée à Madame du Barry pour le château de Louveciennes vers 1770-1771, provenant des collections Rothschild et vendue chez Christie’s à New York le 11 octobre 2023 (lot 50). La forme en anse de panier du dossier à la reine, le traitement des accotoirs en console renversée ainsi que l'élégance générale du dessin sont à mettre en parallèle. Ces similitudes avec les fauteuils de Madame du Barry pour Louveciennes nous permettent de dater les nôtres de ces mêmes années, autour de 1770.
UN MENUISIER AU SERVICE D’UNE CLIENTÈLE PRINCIÈRE ET ARISTOCRATIQUE
Sièges d’apparat par définition, notre paire de fauteuils ne constituait pas à l’origine une paire isolée mais appartenait à un ensemble plus important, certainement destiné à meubler un salon. Cette hypothèse est renforcée par l'existence d'une autre paire connue strictement identique, en suite avec la nôtre, vendue chez Christie's à Londres le 13 juin 2002 (lot 167) et provenant avant 1946 de la collection de Lionel de Rothschild en Angleterre (1882-1942). Les deux ensembles présentent les mêmes dimensions, la même sculpture, ils sont tous deux estampillés du menuisier et portent la même marque d'atelier « L », vraisemblablement celle d’un sculpteur chargé de leur exécution. Il est possible que les quatre fauteuils aient été dans les collections Rothschild avant d'être séparés en deux paires.
Bien que Louis Delanois n’ait jamais été menuisier du Garde-meubles de la Couronne, il s'imposa comme l'un des plus grands menuisiers en sièges de la seconde moitié du XVIIIe siècle, répondant à la demande d’une clientèle de premier rang comme l’indique la lecture de son livre-journal. Parmi ses commanditaires figurent notamment Madame d'Aguesseau, Monsieur Mallet, la comtesse du Barry favorite du roi Louis XV et le comte d'Orsay déjà mentionnés, mais aussi le prince de Beauvau, le prince de Condé, le duc de Chartres ou encore, un peu plus tard dans les années 1770 le comte d'Artois. La qualité d'exécution de nos fauteuils, la finesse de leur sculpture et leur appartenance probable à un ensemble plus important sont autant d’indices qui permettent d’avancer l’origine prestigieuse de cette commande.
UN REMARQUABLE EXEMPLAIRE DU GOÛT NÉOCLASSIQUE NAISSANT CHEZ LOUIS DELANOIS
Notre paire de fauteuils illustre parfaitement le style affirmé de Louis Delanois dans les années 1765-1770, au moment où le goût dit « à la grecque » s'impose dans les arts décoratifs et plus spécifiquement dans l’art du siège. Le dessin de nos fauteuils, déjà très néoclassique, n’est pas sans rappeler les lavis d’encre de fauteuils et canapés réalisés par Jean-Louis Prieur autour de 1765, et dont notre célèbre menuisier Louis Delanois s’inspire. Nous retrouvons ainsi le principe des supports d’accotoir en console renversée mais également le motif de frise composée de petites cannelures rudentées ornant la ceinture. Ces deux éléments imaginés par Louis Prieur sont repris par Delanois pour notre paire de fauteuils, comme sur d’autres modèles de sièges du menuisier réalisés dans ces années-là.
La paire de fauteuils de Louis Delanois provenant des collections de la famille Rothschild (vente Christie’s à New York, le 11 octobre 2023, lot 48), bien de style encore Transition, est ornée en ceinture du même motif décoratif néoclassique composé d’une succession de cannelures rudentées que nous retrouvons sur notre paire de fauteuils.
Nous observons également certaines caractéristiques néoclassiques imaginées par Jean-Louis Prieur sur l’important mobilier réalisé en 1768 par Louis Delanois pour Stanislas- Auguste Poniatowski, roi de Pologne (1764-1795), destiné à sa résidence d'été, le palais de Łazienki près de Varsovie. Les sièges conservés dans ce palais (inv. ŁKr 146⁄2-8), bien qu’à dossier médaillon, présentent les mêmes supports d'accotoir se terminant en volute et un vocabulaire décoratif proche du nôtre. Notons également une suite de sièges à dossier médaillon proches de ceux du roi de Pologne, cette fois-ci ornée d’une frise d’entrelacs similaire à la frise des dossiers de nos fauteuils, conservée au Metropolitan Museum à New York (inv. 57.65.2 à 57.65.7). Cette formule connaît un succès immédiat dans la seconde moitié des années 1760. Citons encore la livraison, vers 1767-1768, des sièges de Louis Delanois conçus pour le comte Grimod d'Orsay dans le même esprit.
Légèrement plus tardifs que les séries précitées, nous pouvons rapprocher également nos fauteuils de la paire livrée à Madame du Barry pour le château de Louveciennes vers 1770-1771, provenant des collections Rothschild et vendue chez Christie’s à New York le 11 octobre 2023 (lot 50). La forme en anse de panier du dossier à la reine, le traitement des accotoirs en console renversée ainsi que l'élégance générale du dessin sont à mettre en parallèle. Ces similitudes avec les fauteuils de Madame du Barry pour Louveciennes nous permettent de dater les nôtres de ces mêmes années, autour de 1770.
UN MENUISIER AU SERVICE D’UNE CLIENTÈLE PRINCIÈRE ET ARISTOCRATIQUE
Sièges d’apparat par définition, notre paire de fauteuils ne constituait pas à l’origine une paire isolée mais appartenait à un ensemble plus important, certainement destiné à meubler un salon. Cette hypothèse est renforcée par l'existence d'une autre paire connue strictement identique, en suite avec la nôtre, vendue chez Christie's à Londres le 13 juin 2002 (lot 167) et provenant avant 1946 de la collection de Lionel de Rothschild en Angleterre (1882-1942). Les deux ensembles présentent les mêmes dimensions, la même sculpture, ils sont tous deux estampillés du menuisier et portent la même marque d'atelier « L », vraisemblablement celle d’un sculpteur chargé de leur exécution. Il est possible que les quatre fauteuils aient été dans les collections Rothschild avant d'être séparés en deux paires.
Bien que Louis Delanois n’ait jamais été menuisier du Garde-meubles de la Couronne, il s'imposa comme l'un des plus grands menuisiers en sièges de la seconde moitié du XVIIIe siècle, répondant à la demande d’une clientèle de premier rang comme l’indique la lecture de son livre-journal. Parmi ses commanditaires figurent notamment Madame d'Aguesseau, Monsieur Mallet, la comtesse du Barry favorite du roi Louis XV et le comte d'Orsay déjà mentionnés, mais aussi le prince de Beauvau, le prince de Condé, le duc de Chartres ou encore, un peu plus tard dans les années 1770 le comte d'Artois. La qualité d'exécution de nos fauteuils, la finesse de leur sculpture et leur appartenance probable à un ensemble plus important sont autant d’indices qui permettent d’avancer l’origine prestigieuse de cette commande.
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