PAIRE DE FAUTEUILS D'ÉPOQUE LOUIS XVI
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ESTAMPILLE DE LOUIS DELANOIS, VERS 1770

Details
PAIRE DE FAUTEUILS D'ÉPOQUE LOUIS XVI
ESTAMPILLE DE LOUIS DELANOIS, VERS 1770
En hêtre mouluré, sculpté et doré, à châssis, le dossier droit dit à la Reine en anse de panier à décor d'une frise d'entrelacs, d'une frise de rais-de-coeur et d'une frise de feuilles, les accotoirs munis de manchettes rembourrées se terminant par un enroulement, les supports en cavet ornés d'une frise d'entrelacs, feuille d'acanthe et enroulement, l'assise ornée de canaux, rais-de-coeur et frise de perles reposant sur des pieds fuselés à cannelures rudentées, estampillée 'L.DELANOIS' sur la traverse avant, estampillée 'L' au centre de chaque traverse excepté une, la couverture de velours de soie rayé crème
H. 103,5 cm. (40 ¾ in.) ; L. 72 cm. (28 ½ in.) ; P. 60 cm. (23 in.)
Louis Delanois, menuisier reçu maître en 1761.
Provenance
Collection privée belge
Literature
Bibliographie comparative :
S. Eriksen, Louis Delanois. Menuisier en sièges (1731 -1792), Paris, 1968
S. Eriksen, Early Neoclassicism in France, Londres, 1974
B. Pallot, L'Art du siège au XVIIIe siècle en France, Paris, 1987
Further details
A PAIR OF LOUIS XVI GILTWOOD ARMCHAIRS, BY LOUIS DELANOIS, CIRCA 1770

Louis Delanois (1731–1792) was one of the foremost Parisian chair-makers of the 1760s and 1770s, and among the first to embrace the Neoclassical taste then captivating the most discerning connoisseurs, including Madame du Barry, the King of Poland and the Comte d’Orsay. His innovative decorative vocabulary developed under the influence of ornamental designers such as Jean-Charles Delafosse (1734–1789) and Jean-Louis Prieur (c. 1725–c. 1785), whose designs very likely inspired the present armchairs.

A REMARKABLE EXAMPLE OF THE EMERGING NEOCLASSICAL TASTE IN THE WORK OF LOUIS DELANOIS

Our pair of armchairs perfectly illustrates Louis Delanois’s distinctive style in the years 1765–1770, when the so-called à la grecque taste was gaining prominence in the decorative arts, particularly in seat furniture. The design of our armchairs, already strongly Neoclassical in character, recalls the ink-wash drawings of armchairs and sofas executed by Jean-Louis Prieur around 1765, from which the celebrated chair-maker Louis Delanois drew inspiration. The inverted-console form of the arm supports is echoed in the frieze of small, stop-fluted channels adorning the seat rail. Both features, devised by Jean-Louis Prieur, were adopted by Delanois for our pair, as well as for other seat furniture models produced by the maker during these years.
A pair of armchairs by Louis Delanois from the Rothschild family collections (Christie’s, New York, 11 October 2023, lot 48), still Transitional in style, features the same Neoclassical decorative motif of successive stop-fluted channels on the seat rail as that found on our pair.

We also find Neoclassical features devised by Jean-Louis Prieur in the important suite of furniture made by Louis Delanois in 1768 for Stanisław August Poniatowski, King of Poland (1764–1795), for his summer residence at Łazienki Palace near Warsaw. The seating furniture preserved at the palace (inv. ŁKr 146⁄2–8), although fitted with medallion-shaped backs, features the same scroll-ended arm supports and a closely related decorative vocabulary. Another suite of armchairs with medallion-shaped backs, comparable to those made for the King of Poland but decorated with an interlaced frieze similar to that on the backs of our armchairs, is preserved at the Metropolitan Museum of Art in New York (inv. 57.65.2–57.65.7). This design formula enjoyed immediate success in the second half of the 1760s. Also worth noting is the delivery, circa 1767–1768, of seating furniture by Louis Delanois for the Comte Grimod d’Orsay, conceived in the same spirit.

Slightly later than the aforementioned suites, our armchairs may also be compared with the pair delivered to Madame du Barry for the Château de Louveciennes circa 1770–1771, formerly in the Rothschild collections and sold at Christie’s, New York, on 11 October 2023 (lot 50). The basket-handle shape of the à la reine back, the treatment of the arm supports as inverted consoles and the overall elegance of the design all invite comparison. These similarities with the armchairs made for Madame du Barry at Louveciennes suggest a date for our examples in the same period, around 1770.

A CHAIR-MAKER SERVING A PRINCELY AND ARISTOCRATIC CLIENTELE

As formal seating furniture, our pair of armchairs was almost certainly not originally conceived as an isolated pair, but rather formed part of a larger suite, most likely intended to furnish a drawing room. This hypothesis is supported by the existence of another known, strictly identical pair, forming a suite with ours, sold at Christie’s, London, on 13 June 2002 (lot 167) and originating, before 1946, from the English collection of Lionel de Rothschild (1882–1942). Both pairs share identical dimensions and carving, are stamped by the maker and bear the same workshop mark, “L”, presumably that of a sculptor responsible for their execution. It is possible that all four armchairs belonged to the Rothschild collections before being separated into two pairs.

Although Louis Delanois never held the title of chair-maker to the Garde-Meuble de la Couronne, he established himself as one of the greatest chair-makers of the second half of the eighteenth century, serving a distinguished clientele, as evidenced by his account book. His patrons included Madame d’Aguesseau, Monsieur Mallet, the Comtesse du Barry, favourite of King Louis XV, and the Comte d’Orsay, already mentioned, as well as the Prince de Beauvau, the Prince de Condé, the Duc de Chartres and, somewhat later in the 1770s, the Comte d’Artois. The quality of execution of our armchairs, the finesse of their carving and their probable original inclusion in a larger suite all point to the prestigious nature of this commission.

Brought to you by

Hippolyte de la Féronnière
Hippolyte de la Féronnière Head of European Furniture Department

Lot Essay

Louis Delanois (1731-1792) figure parmi les plus éminents menuisiers parisiens en sièges des années 1760 et 1770 et fut l’un des premiers à embrasser le goût néoclassique qui séduisait alors les amateurs les plus éclairés, dont Madame du Barry, le roi de Pologne et le comte d'Orsay. Son langage décoratif novateur s’élabora sous l’influence d’ornemanistes tels que Jean-Charles Delafosse (1734-1789) et Jean-Louis Prieur (v. 1725 – v. 1785), dont le dessin de nos fauteuils est très certainement issu.

UN REMARQUABLE EXEMPLAIRE DU GOÛT NÉOCLASSIQUE NAISSANT CHEZ LOUIS DELANOIS

Notre paire de fauteuils illustre parfaitement le style affirmé de Louis Delanois dans les années 1765-1770, au moment où le goût dit « à la grecque » s'impose dans les arts décoratifs et plus spécifiquement dans l’art du siège. Le dessin de nos fauteuils, déjà très néoclassique, n’est pas sans rappeler les lavis d’encre de fauteuils et canapés réalisés par Jean-Louis Prieur autour de 1765, et dont notre célèbre menuisier Louis Delanois s’inspire. Nous retrouvons ainsi le principe des supports d’accotoir en console renversée mais également le motif de frise composée de petites cannelures rudentées ornant la ceinture. Ces deux éléments imaginés par Louis Prieur sont repris par Delanois pour notre paire de fauteuils, comme sur d’autres modèles de sièges du menuisier réalisés dans ces années-là.
La paire de fauteuils de Louis Delanois provenant des collections de la famille Rothschild (vente Christie’s à New York, le 11 octobre 2023, lot 48), bien de style encore Transition, est ornée en ceinture du même motif décoratif néoclassique composé d’une succession de cannelures rudentées que nous retrouvons sur notre paire de fauteuils.
Nous observons également certaines caractéristiques néoclassiques imaginées par Jean-Louis Prieur sur l’important mobilier réalisé en 1768 par Louis Delanois pour Stanislas- Auguste Poniatowski, roi de Pologne (1764-1795), destiné à sa résidence d'été, le palais de Łazienki près de Varsovie. Les sièges conservés dans ce palais (inv. ŁKr 146⁄2-8), bien qu’à dossier médaillon, présentent les mêmes supports d'accotoir se terminant en volute et un vocabulaire décoratif proche du nôtre. Notons également une suite de sièges à dossier médaillon proches de ceux du roi de Pologne, cette fois-ci ornée d’une frise d’entrelacs similaire à la frise des dossiers de nos fauteuils, conservée au Metropolitan Museum à New York (inv. 57.65.2 à 57.65.7). Cette formule connaît un succès immédiat dans la seconde moitié des années 1760. Citons encore la livraison, vers 1767-1768, des sièges de Louis Delanois conçus pour le comte Grimod d'Orsay dans le même esprit.
Légèrement plus tardifs que les séries précitées, nous pouvons rapprocher également nos fauteuils de la paire livrée à Madame du Barry pour le château de Louveciennes vers 1770-1771, provenant des collections Rothschild et vendue chez Christie’s à New York le 11 octobre 2023 (lot 50). La forme en anse de panier du dossier à la reine, le traitement des accotoirs en console renversée ainsi que l'élégance générale du dessin sont à mettre en parallèle. Ces similitudes avec les fauteuils de Madame du Barry pour Louveciennes nous permettent de dater les nôtres de ces mêmes années, autour de 1770.

UN MENUISIER AU SERVICE D’UNE CLIENTÈLE PRINCIÈRE ET ARISTOCRATIQUE

Sièges d’apparat par définition, notre paire de fauteuils ne constituait pas à l’origine une paire isolée mais appartenait à un ensemble plus important, certainement destiné à meubler un salon. Cette hypothèse est renforcée par l'existence d'une autre paire connue strictement identique, en suite avec la nôtre, vendue chez Christie's à Londres le 13 juin 2002 (lot 167) et provenant avant 1946 de la collection de Lionel de Rothschild en Angleterre (1882-1942). Les deux ensembles présentent les mêmes dimensions, la même sculpture, ils sont tous deux estampillés du menuisier et portent la même marque d'atelier « L », vraisemblablement celle d’un sculpteur chargé de leur exécution. Il est possible que les quatre fauteuils aient été dans les collections Rothschild avant d'être séparés en deux paires.
Bien que Louis Delanois n’ait jamais été menuisier du Garde-meubles de la Couronne, il s'imposa comme l'un des plus grands menuisiers en sièges de la seconde moitié du XVIIIe siècle, répondant à la demande d’une clientèle de premier rang comme l’indique la lecture de son livre-journal. Parmi ses commanditaires figurent notamment Madame d'Aguesseau, Monsieur Mallet, la comtesse du Barry favorite du roi Louis XV et le comte d'Orsay déjà mentionnés, mais aussi le prince de Beauvau, le prince de Condé, le duc de Chartres ou encore, un peu plus tard dans les années 1770 le comte d'Artois. La qualité d'exécution de nos fauteuils, la finesse de leur sculpture et leur appartenance probable à un ensemble plus important sont autant d’indices qui permettent d’avancer l’origine prestigieuse de cette commande.

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