Lot Essay
À l'image de cette commode en vernis européen, le XVIIIe siècle se caractérise par une richesse chromatique sans précédent dans les textiles, les céramiques, les tapis, les tapisseries, le mobilier et les objets d'art. Des vernisseurs furent employés pour décorer des carosses et de fantaisistes boiseries, dont le château de Bagnolet constitue l'exemple ultime, aujourd'hui disparu. Les coloris extraordinairement vivants et harmonieux utilisés dans ces décors peuvent encore être observés sur la porcelaine de Vincennes ou de Sèvres, mais aussi sur les quelques meubles rares qui ont miraculeusement survécu sans être retouchés jusqu'à ce jour. Le plus remarquable de ces témoignages est sans doute la commode en vernis Martin bleu sur fond blanc livrée en 1743 par le marchand-mercier Thomas-Joachim Hébert pour Madame de Mailly au château de Choisy, aujourd'hui conservée au musée du Louvre (inv. OA 11292).
Le mobilier à décor de vernis européen figure en nombre dans les inventaires après décès des riches amateurs du XVIIIe siècle. Également fréquemment mentionnés dans le Livre-journal du marchand-mercier Lazare Duvaux, ces meubles témoignent du succès considérable que connaît ce type de production dans les années 1740-1750. Parmi les ateliers de vernisseurs parisiens, il est avéré que le célèbre atelier des frères Martin s'est illustré dans la production de décors en vernis "jonquille". Orné de scènes exotiques inspirées des laques chinoises et japonaises, ce mobilier est généralement décoré de compositions sur fond noir ou rouge rehaussées d’or, tandis que les décors à fond jaune demeurent beaucoup plus rares.
On retrouve ainsi la mention de trois meubles correspondant à ce dernier décor dans l’inventaire du château de Vanves, la résidence du prince de Condé, réalisé en 1778 :
« - Une commode à la Régence à deux tiroirs, peinte en façon de vieux laque fond jaune, garnie de cuivre ciselé et doré d'or moulu couverte de son dessus de marbre blanc et gris.
- Une toilette de campagne de même peinture que la commode avec garniture en verre et porcelaine.
- Un petit secrétaire en armoire avec peinture pareille à la commode couverte de marbre blanc. »
Seuls quelques très rares exemples de meuble en vernis européen à fond jaune ont survécu, dont :
- Une commode provenant de la collection Ball à New York ;
- Une commode d'époque Louis XV, estampillée François Rübestück, vente Palais Galliera, Paris, le 11 mars 1975, lot 55 ;
- Un secrétaire, estampillé François Rübestück, vente Hôtel Drouot, Paris, le 12 mars 1984, lot 65 ;
- Un secrétaire, estampillé François Rübestück, vente Ader, Picard, le 14 mars 1970, lot 122, puis vente Christie’s New York, collection de Monsieur et Madame Riahi, le 2 novembre 2000, lot 53 ;
- Une commode, estampillée Pierre Garnier, illustrée dans le catalogue de l’exposition « Les Secrets de la laque française, le Vernis Martin », Paris, 2014, p. 97 ;
- Une paire d’encoignures, estampillées Roger Vandrecruse dit Lacroix (R.V.L.C.), vente Sotheby’s Paris, le 4 novembre 2015, lot 514 ;
- Un secrétaire, estampillé François Rübestück, provenant de l'ancienne collection de Mrs. Hamilton Rice, vente Palais Galliera, Paris, le 24 juin 1965, lot 96, puis vente Ader Tajan, Paris, le 7 juin 1993, lot 46, puis vente Christie’s Paris, le 20 novembre 2024, lot 36 (Fig. 1).
FRANÇOIS RÜBESTÜCK (VERS 1722-1785)
Reçu maître en 1766, il semble s'être spécialisé dans la production de mobilier décoré de vernis à l'imitation des laques d'Extrême-Orient. Sa production, composée principalement de commodes, secrétaires et tables, se distingue fréquemment par des décors sur fond jonquille, plus rarement sur fond blanc camomille ou vert. Il se spécialise également dans les laques venus d'Orient, telle que la paire de commodes en laque de Chine provenant des collections du Ier comte Harcourt (1714-1777) présentées dans cette vente (lot 31).
Le mobilier à décor de vernis européen figure en nombre dans les inventaires après décès des riches amateurs du XVIIIe siècle. Également fréquemment mentionnés dans le Livre-journal du marchand-mercier Lazare Duvaux, ces meubles témoignent du succès considérable que connaît ce type de production dans les années 1740-1750. Parmi les ateliers de vernisseurs parisiens, il est avéré que le célèbre atelier des frères Martin s'est illustré dans la production de décors en vernis "jonquille". Orné de scènes exotiques inspirées des laques chinoises et japonaises, ce mobilier est généralement décoré de compositions sur fond noir ou rouge rehaussées d’or, tandis que les décors à fond jaune demeurent beaucoup plus rares.
On retrouve ainsi la mention de trois meubles correspondant à ce dernier décor dans l’inventaire du château de Vanves, la résidence du prince de Condé, réalisé en 1778 :
« - Une commode à la Régence à deux tiroirs, peinte en façon de vieux laque fond jaune, garnie de cuivre ciselé et doré d'or moulu couverte de son dessus de marbre blanc et gris.
- Une toilette de campagne de même peinture que la commode avec garniture en verre et porcelaine.
- Un petit secrétaire en armoire avec peinture pareille à la commode couverte de marbre blanc. »
Seuls quelques très rares exemples de meuble en vernis européen à fond jaune ont survécu, dont :
- Une commode provenant de la collection Ball à New York ;
- Une commode d'époque Louis XV, estampillée François Rübestück, vente Palais Galliera, Paris, le 11 mars 1975, lot 55 ;
- Un secrétaire, estampillé François Rübestück, vente Hôtel Drouot, Paris, le 12 mars 1984, lot 65 ;
- Un secrétaire, estampillé François Rübestück, vente Ader, Picard, le 14 mars 1970, lot 122, puis vente Christie’s New York, collection de Monsieur et Madame Riahi, le 2 novembre 2000, lot 53 ;
- Une commode, estampillée Pierre Garnier, illustrée dans le catalogue de l’exposition « Les Secrets de la laque française, le Vernis Martin », Paris, 2014, p. 97 ;
- Une paire d’encoignures, estampillées Roger Vandrecruse dit Lacroix (R.V.L.C.), vente Sotheby’s Paris, le 4 novembre 2015, lot 514 ;
- Un secrétaire, estampillé François Rübestück, provenant de l'ancienne collection de Mrs. Hamilton Rice, vente Palais Galliera, Paris, le 24 juin 1965, lot 96, puis vente Ader Tajan, Paris, le 7 juin 1993, lot 46, puis vente Christie’s Paris, le 20 novembre 2024, lot 36 (Fig. 1).
FRANÇOIS RÜBESTÜCK (VERS 1722-1785)
Reçu maître en 1766, il semble s'être spécialisé dans la production de mobilier décoré de vernis à l'imitation des laques d'Extrême-Orient. Sa production, composée principalement de commodes, secrétaires et tables, se distingue fréquemment par des décors sur fond jonquille, plus rarement sur fond blanc camomille ou vert. Il se spécialise également dans les laques venus d'Orient, telle que la paire de commodes en laque de Chine provenant des collections du Ier comte Harcourt (1714-1777) présentées dans cette vente (lot 31).
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