COMMODE D'ÉPOQUE TRANSITION
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COLLECTION HÉLÈNE ARPELS ET ANDRÉ AZRIA
COMMODE D'ÉPOQUE TRANSITION

ESTAMPILLE DE FRANÇOIS RÜBESTÜCK, VERS 1770

Details
COMMODE D'ÉPOQUE TRANSITION
ESTAMPILLE DE FRANÇOIS RÜBESTÜCK, VERS 1770
En vernis européen à fond jonquille, ornementation de bronze ciselé et doré, dessus de marbre Portor, la façade à léger ressaut central ouvrant par deux tiroirs sans traverse apparente, à décor de scènes de palais et de branches fleuries, les montants arrondis ornés de têtes de mufle, le tablier centré d'une cassolette et de feuillages stylisés, reposant sur des pieds galbés munis de sabots en forme de patte de lion, estampillée 'F.RUBESTUCK' et 'JME' sous le montant avant droit
H. 88,5 cm. (34 ¾ in.) ; L. 119 cm. (46 ¾ in.) ; P. 58 cm. (22 ¾ in.)
François Rübestück, reçu maître en 1766.
Provenance
Collection Hélène Arpels et André Azria.
Literature
H. Huth, « La laque de l'Ouest, histoire d'un artisanat et d'une industrie, 1550-1950 », dans The University of Chicago Press, Allemagne, 1971, fig. 243. (ill.)

Bibliographie comparative :
J. Nicolay, L'Art et la Manière des Maîtres Ebénistes Français au XVIIIe Siècle, Paris, 1956, pp. 414-415, 422-423.
P. Kjellberg, Le mobilier français du XVIIIe siècle, Paris, 1989, pp. 744-756.
T. Wolvesperges, Le meuble français en laque au XVIIIe siècle, Paris, 2000, pp. 305-306.
A. Forray-Carlier, M. Kopplin, Les Secrets de la laque française, Paris, 2014, p. 97.
Further details
A LATE LOUIS XV ORMOLU-MOUNTED JAPANNED COMMODE, BY FRANÇOIS RÜBESTÜCK, CIRCA 1770

Like the present commode decorated with European varnish, the eighteenth century was characterised by an unprecedented richness of colour across textiles, ceramics, carpets, tapestries, furniture and works of art. Varnishers were employed to decorate carriages and fantastical boiseries, the now-vanished Château de Bagnolet representing the ultimate example of this practice. The extraordinarily vivid and harmonious colours used in these schemes can still be seen on Vincennes and Sèvres porcelain, as well as on the few rare pieces of furniture that have miraculously survived to this day without retouching. Perhaps the most remarkable surviving example is the blue-and-white vernis Martin commode delivered in 1743 by the marchand-mercier Thomas-Joachim Hébert for Madame de Mailly at the Château de Choisy, now preserved at the Louvre (inv. OA 11292).

Furniture decorated with European varnish features prominently in the posthumous inventories of wealthy eighteenth-century collectors. Frequently mentioned in the account book of the marchand-mercier Lazare Duvaux, such pieces testify to the considerable success enjoyed by this type of production during the 1740s and 1750s. Among Parisian varnishing workshops, the celebrated atelier of the Martin brothers is known to have specialised in vernis jonquille decoration. Adorned with exotic scenes inspired by Chinese and Japanese lacquer, this furniture was generally decorated with compositions on black or red grounds highlighted in gold, while yellow-ground decoration remains considerably rarer.

Three pieces featuring this latter type of decoration are mentioned in the 1778 inventory of the Château de Vanves, the residence of the Prince de Condé:
“A Régence-style commode with two drawers, painted to imitate old lacquer on a yellow ground, fitted with chased and gilt-bronze mounts and topped with a white and grey marble slab.
A campaign dressing table with the same painted decoration as the commode, fitted with glass and porcelain accessories.
A small cabinet-secretary with matching painted decoration, topped with white marble.”

Only a very small number of pieces of furniture decorated with European varnish on a yellow ground have survived, including:
A commode formerly in the Ball collection in New York;
A Louis XV commode stamped by François Rübestück, Palais Galliera, Paris, 11 March 1975, lot 55;
A secretary stamped by François Rübestück, Hôtel Drouot, Paris, 12 March 1984, lot 65;
A secretary stamped by François Rübestück, Ader, Picard, 14 March 1970, lot 122, subsequently sold at Christie’s, New York, from the collection of Mr and Mrs Riahi, 2 November 2000, lot 53;
A commode stamped by Pierre Garnier, illustrated in the exhibition catalogue Les Secrets de la laque française, le Vernis Martin, Paris, 2014, p. 97;
A pair of corner cupboards stamped by Roger Vandercruse, known as Lacroix (R.V.L.C.), Sotheby’s, Paris, 4 November 2015, lot 514;
A secretary stamped by François Rübestück, formerly in the collection of Mrs Hamilton Rice, Palais Galliera, Paris, 24 June 1965, lot 96, subsequently sold at Ader Tajan, Paris, 7 June 1993, lot 46, and then at Christie’s, Paris, 20 November 2024, lot 36 (Fig. 1).

FRANÇOIS RÜBESTÜCK (CIRCA 1722–1785)

Received as a master in 1766, François Rübestück appears to have specialised in furniture decorated with varnish imitating East Asian lacquer. His output, consisting primarily of commodes, secre­taries and tables, frequently features decoration on a jonquil-yellow ground, and more rarely on a camomile-white or green ground. He also specialised in lacquer imported from the East, as exemplified by the pair of Chinese lacquer commodes from the collection of the 1st Earl Harcourt (1714–1777) presented in this sale (lot 31).

Brought to you by

Hippolyte de la Féronnière
Hippolyte de la Féronnière Head of European Furniture Department

Lot Essay

À l'image de cette commode en vernis européen, le XVIIIe siècle se caractérise par une richesse chromatique sans précédent dans les textiles, les céramiques, les tapis, les tapisseries, le mobilier et les objets d'art. Des vernisseurs furent employés pour décorer des carosses et de fantaisistes boiseries, dont le château de Bagnolet constitue l'exemple ultime, aujourd'hui disparu. Les coloris extraordinairement vivants et harmonieux utilisés dans ces décors peuvent encore être observés sur la porcelaine de Vincennes ou de Sèvres, mais aussi sur les quelques meubles rares qui ont miraculeusement survécu sans être retouchés jusqu'à ce jour. Le plus remarquable de ces témoignages est sans doute la commode en vernis Martin bleu sur fond blanc livrée en 1743 par le marchand-mercier Thomas-Joachim Hébert pour Madame de Mailly au château de Choisy, aujourd'hui conservée au musée du Louvre (inv. OA 11292).

Le mobilier à décor de vernis européen figure en nombre dans les inventaires après décès des riches amateurs du XVIIIe siècle. Également fréquemment mentionnés dans le Livre-journal du marchand-mercier Lazare Duvaux, ces meubles témoignent du succès considérable que connaît ce type de production dans les années 1740-1750. Parmi les ateliers de vernisseurs parisiens, il est avéré que le célèbre atelier des frères Martin s'est illustré dans la production de décors en vernis "jonquille". Orné de scènes exotiques inspirées des laques chinoises et japonaises, ce mobilier est généralement décoré de compositions sur fond noir ou rouge rehaussées d’or, tandis que les décors à fond jaune demeurent beaucoup plus rares.

On retrouve ainsi la mention de trois meubles correspondant à ce dernier décor dans l’inventaire du château de Vanves, la résidence du prince de Condé, réalisé en 1778 :
« - Une commode à la Régence à deux tiroirs, peinte en façon de vieux laque fond jaune, garnie de cuivre ciselé et doré d'or moulu couverte de son dessus de marbre blanc et gris.
- Une toilette de campagne de même peinture que la commode avec garniture en verre et porcelaine.
- Un petit secrétaire en armoire avec peinture pareille à la commode couverte de marbre blanc. »

Seuls quelques très rares exemples de meuble en vernis européen à fond jaune ont survécu, dont :
- Une commode provenant de la collection Ball à New York ;
- Une commode d'époque Louis XV, estampillée François Rübestück, vente Palais Galliera, Paris, le 11 mars 1975, lot 55 ;
- Un secrétaire, estampillé François Rübestück, vente Hôtel Drouot, Paris, le 12 mars 1984, lot 65 ;
- Un secrétaire, estampillé François Rübestück, vente Ader, Picard, le 14 mars 1970, lot 122, puis vente Christie’s New York, collection de Monsieur et Madame Riahi, le 2 novembre 2000, lot 53 ;
- Une commode, estampillée Pierre Garnier, illustrée dans le catalogue de l’exposition « Les Secrets de la laque française, le Vernis Martin », Paris, 2014, p. 97 ;
- Une paire d’encoignures, estampillées Roger Vandrecruse dit Lacroix (R.V.L.C.), vente Sotheby’s Paris, le 4 novembre 2015, lot 514 ;
- Un secrétaire, estampillé François Rübestück, provenant de l'ancienne collection de Mrs. Hamilton Rice, vente Palais Galliera, Paris, le 24 juin 1965, lot 96, puis vente Ader Tajan, Paris, le 7 juin 1993, lot 46, puis vente Christie’s Paris, le 20 novembre 2024, lot 36 (Fig. 1).

FRANÇOIS RÜBESTÜCK (VERS 1722-1785)

Reçu maître en 1766, il semble s'être spécialisé dans la production de mobilier décoré de vernis à l'imitation des laques d'Extrême-Orient. Sa production, composée principalement de commodes, secrétaires et tables, se distingue fréquemment par des décors sur fond jonquille, plus rarement sur fond blanc camomille ou vert. Il se spécialise également dans les laques venus d'Orient, telle que la paire de commodes en laque de Chine provenant des collections du Ier comte Harcourt (1714-1777) présentées dans cette vente (lot 31).

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