Lot Essay
Le raffinement de son décor peint sous verre et son majestueux encadrement font de ce miroir un exemple particulièrement intriguant de l'art de la chinoiserie en Europe centrale.
Son encadrement mouluré et sculpté de somptueux décors fantaisistes, enrichis de treillages, de rubans, de feuillages et de fleurs constitue le premier indice de son lieu de création. Bien que le motif du dais et baldaquin à passementeries surmontant ce miroir se retrouve également sur des miroirs hollandais ou allemands (G. Child, Les miroirs 1650 - 1900, Paris 1991, p. 224, p. 228 et p. 234 et S. Roche, Miroirs, Passau, 1986, p. 92), ce type de sculpture est caractéristique du mobilier autrichien de la première moitié du XVIIIe siècle. Ce décor n’était pas seulement réservé aux encadrements, mais était également appliqué sur des meubles plaqués, tels que des cabinets ou des bureaux. La remarquable qualité d’exécution de ce cadre suggère une création viennoise, bien qu'à cette époque en Autriche des meubles somptueux aient également été produits par des artisans locaux, notamment pour les grandes abbayes. Parmi celles-ci figure notamment le monastère Saint Florian, qui conserve encore aujourd’hui un remarquable ensemble de mobilier du début du XVIIIe siècle réalisé pour ses appartements d’apparat (voir Otto Wurzel, Das Augustiner-Chorherrenstift St. Florian, Linz 1996).
Le miroir est centré d’une chinoise, une « meiren », ou beauté, lisant un rouleau. Celui-ci a certainement été réalisé en Europe, probablement en Autriche, comme le rappellent le style des visages et la forme des nuages enveloppant le cartouche flottant. Il semble être d’une grande rareté : peu de miroirs peints sous verre d’une telle qualité sont répertoriés. Vienne a sans aucun doute été un important centre de la chinoiserie européenne, comme en témoigne de manière particulièrement frappante la porcelaine produite par la manufacture Du Paquier, fondée en 1718. Soutenue par l’empereur Charles VI, puis acquise par sa fille, l’impératrice Marie-Thérèse, la manufacture développe rapidement une interprétation très personnelle des modèles et motifs chinois.
Dès 1725, une pièce extraordinaire, entièrement décorée de porcelaines de Du Paquier, fut aménagée pour le palais Dubsky. Plus remarquable encore, vers 1730, le prince Eugène de Savoie, grand amateur d’œuvres d’art exotiques, fait décorer sa chambre au château de Hof de textiles brodés représentant des figures orientales, qui ont peut-être été commandées en Inde ou réalisées à Vienne même (voir cat. exp. Barocker Luxus Porzellan, Liechtenstein Museum, Vienne, 2005).
Son encadrement mouluré et sculpté de somptueux décors fantaisistes, enrichis de treillages, de rubans, de feuillages et de fleurs constitue le premier indice de son lieu de création. Bien que le motif du dais et baldaquin à passementeries surmontant ce miroir se retrouve également sur des miroirs hollandais ou allemands (G. Child, Les miroirs 1650 - 1900, Paris 1991, p. 224, p. 228 et p. 234 et S. Roche, Miroirs, Passau, 1986, p. 92), ce type de sculpture est caractéristique du mobilier autrichien de la première moitié du XVIIIe siècle. Ce décor n’était pas seulement réservé aux encadrements, mais était également appliqué sur des meubles plaqués, tels que des cabinets ou des bureaux. La remarquable qualité d’exécution de ce cadre suggère une création viennoise, bien qu'à cette époque en Autriche des meubles somptueux aient également été produits par des artisans locaux, notamment pour les grandes abbayes. Parmi celles-ci figure notamment le monastère Saint Florian, qui conserve encore aujourd’hui un remarquable ensemble de mobilier du début du XVIIIe siècle réalisé pour ses appartements d’apparat (voir Otto Wurzel, Das Augustiner-Chorherrenstift St. Florian, Linz 1996).
Le miroir est centré d’une chinoise, une « meiren », ou beauté, lisant un rouleau. Celui-ci a certainement été réalisé en Europe, probablement en Autriche, comme le rappellent le style des visages et la forme des nuages enveloppant le cartouche flottant. Il semble être d’une grande rareté : peu de miroirs peints sous verre d’une telle qualité sont répertoriés. Vienne a sans aucun doute été un important centre de la chinoiserie européenne, comme en témoigne de manière particulièrement frappante la porcelaine produite par la manufacture Du Paquier, fondée en 1718. Soutenue par l’empereur Charles VI, puis acquise par sa fille, l’impératrice Marie-Thérèse, la manufacture développe rapidement une interprétation très personnelle des modèles et motifs chinois.
Dès 1725, une pièce extraordinaire, entièrement décorée de porcelaines de Du Paquier, fut aménagée pour le palais Dubsky. Plus remarquable encore, vers 1730, le prince Eugène de Savoie, grand amateur d’œuvres d’art exotiques, fait décorer sa chambre au château de Hof de textiles brodés représentant des figures orientales, qui ont peut-être été commandées en Inde ou réalisées à Vienne même (voir cat. exp. Barocker Luxus Porzellan, Liechtenstein Museum, Vienne, 2005).
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