MIROIR D'ÉPOQUE ROCOCO
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MIROIR D'ÉPOQUE ROCOCO

VERS 1740 - 1750, PROBABLEMENT AUTRICHE

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MIROIR D'ÉPOQUE ROCOCO
VERS 1740 - 1750, PROBABLEMENT AUTRICHE
En tilleul mouluré, sculpté et doré, miroir peint et verre églomisé probablement chinois réalisé pour l'exportation, le fronton à décor d'un dais à passementeries découvrant un bouquet de roses et de feuillages ajourés, les côtés et le bord inférieur ornés de treillages et feuillages enrubannés, le miroir figurant une femme pensive dans un décor luxuriant de soieries et paysages fleuris, rêvant une scène de combats traditionnels figurée dans un léger nuage au-dessus d'elle
H. 185 cm. (72 ¾ in.) ; L. 110 cm. (43 ¼ in.)
Provenance
Collection privée, Milan
Further details
A ROCOCO GILT WOOD AND EGLOMISED GLASS MIRROR, CIRCA 1740 - 1750, PROBABLY AUSTRIAN

The refinement of its reverse-glass painting and its majestic frame make this mirror a particularly intriguing example of the art of chinoiserie in Central Europe.

Its moulded frame, carved with sumptuous, fanciful ornament enriched with trelliswork, ribbons, foliage and flowers, provides the first clue to its place of creation. Although the motif of a canopy or baldachin adorned with passementerie above the mirror is also found on Dutch and German examples (G. Child, Les miroirs 1650–1900, Paris, 1991, pp. 224, 228 and 234; S. Roche, Miroirs, Passau, 1986, p. 92), this type of carving is characteristic of Austrian furniture of the first half of the eighteenth century. Such ornament was not confined to mirror frames, but was also applied to veneered furniture, including cabinets and bureaux. The remarkable quality of the carving suggests a Viennese origin, although sumptuous furniture was also produced at this time by local craftsmen elsewhere in Austria, particularly for major abbeys. Among these, the monastery of St Florian still preserves a remarkable ensemble of early eighteenth-century furniture created for its state apartments (see Otto Wurzel, Das Augustiner-Chorherrenstift St. Florian, Linz, 1996).

At the centre of the mirror is a Chinese woman, or meiren (beauty), reading a scroll. The painted panel was almost certainly produced in Europe, probably Austria, as suggested by the style of the faces and the form of the clouds enveloping the floating cartouche. Mirrors painted on glass of such quality appear to be exceedingly rare. Vienna was undoubtedly a major centre for European chinoiserie, as strikingly demonstrated by the porcelain produced by the Du Paquier manufactory, founded in 1718. Supported by Emperor Charles VI and subsequently acquired by his daughter, Empress Maria Theresa, the manufactory rapidly developed a highly distinctive interpretation of Chinese models and motifs.

As early as 1725, an extraordinary room entirely decorated with Du Paquier porcelain was created for Dubsky Palace. More remarkable still, around 1730, Prince Eugene of Savoy, a great connoisseur of exotic works of art, had his bedroom at Hof Palace adorned with embroidered textiles depicting Oriental figures. These may have been commissioned in India or produced in Vienna itself (see exhibition catalogue, Barocker Luxus Porzellan, Liechtenstein Museum, Vienna, 2005).

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Hippolyte de la Féronnière
Hippolyte de la Féronnière Head of European Furniture Department

Lot Essay

Le raffinement de son décor peint sous verre et son majestueux encadrement font de ce miroir un exemple particulièrement intriguant de l'art de la chinoiserie en Europe centrale.

Son encadrement mouluré et sculpté de somptueux décors fantaisistes, enrichis de treillages, de rubans, de feuillages et de fleurs constitue le premier indice de son lieu de création. Bien que le motif du dais et baldaquin à passementeries surmontant ce miroir se retrouve également sur des miroirs hollandais ou allemands (G. Child, Les miroirs 1650 - 1900, Paris 1991, p. 224, p. 228 et p. 234 et S. Roche, Miroirs, Passau, 1986, p. 92), ce type de sculpture est caractéristique du mobilier autrichien de la première moitié du XVIIIe siècle. Ce décor n’était pas seulement réservé aux encadrements, mais était également appliqué sur des meubles plaqués, tels que des cabinets ou des bureaux. La remarquable qualité d’exécution de ce cadre suggère une création viennoise, bien qu'à cette époque en Autriche des meubles somptueux aient également été produits par des artisans locaux, notamment pour les grandes abbayes. Parmi celles-ci figure notamment le monastère Saint Florian, qui conserve encore aujourd’hui un remarquable ensemble de mobilier du début du XVIIIe siècle réalisé pour ses appartements d’apparat (voir Otto Wurzel, Das Augustiner-Chorherrenstift St. Florian, Linz 1996).

Le miroir est centré d’une chinoise, une « meiren », ou beauté, lisant un rouleau. Celui-ci a certainement été réalisé en Europe, probablement en Autriche, comme le rappellent le style des visages et la forme des nuages enveloppant le cartouche flottant. Il semble être d’une grande rareté : peu de miroirs peints sous verre d’une telle qualité sont répertoriés. Vienne a sans aucun doute été un important centre de la chinoiserie européenne, comme en témoigne de manière particulièrement frappante la porcelaine produite par la manufacture Du Paquier, fondée en 1718. Soutenue par l’empereur Charles VI, puis acquise par sa fille, l’impératrice Marie-Thérèse, la manufacture développe rapidement une interprétation très personnelle des modèles et motifs chinois.

Dès 1725, une pièce extraordinaire, entièrement décorée de porcelaines de Du Paquier, fut aménagée pour le palais Dubsky. Plus remarquable encore, vers 1730, le prince Eugène de Savoie, grand amateur d’œuvres d’art exotiques, fait décorer sa chambre au château de Hof de textiles brodés représentant des figures orientales, qui ont peut-être été commandées en Inde ou réalisées à Vienne même (voir cat. exp. Barocker Luxus Porzellan, Liechtenstein Museum, Vienne, 2005).

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