Lot Essay
UNE PENDULE ORIGINALE ATTRIBUÉE À FRANÇOIS RÉMOND
Cette superbe pendule en porcelaine de Chine et bronze doré est est d'autant plus rare qu'elle provient des collections du château de Dampierre. Héritée du goût grec audacieux des années 1760, notre pendule plus aboutie s’inspire d’un modèle proche réalisé à partir d’un vase couvert en porcelaine de Sèvres émaillée vert ou bleu, le couvercle surmonté d’une prise en pomme de pin, le vase orné sur les côtés de sirènes dans le goût d’Étienne-Maurice Falconet reposant sur un piédouche. Citons la pendule à fond vert vendue chez Christie’s à Paris le 17 juin 2026 (lot 81). Pour une pendule à fond bleu, citons l’exemplaire de la collection de James A. de Rothschild, conservée dans le Morning Room à Waddesdon Manor en Angleterre (G. de Bellaigue, op.cit., vol. II, no 208).
Notre pendule se distingue néanmoins du modèle précédemment cité tant par la forme que par la porcelaine employée et la richesse de sa monture. La composition est ici dictée par un vase balustre en porcelaine de Chine et non de Sèvres. Ses dimensions plus imposantes lui confèrent une silhouette plus élancée, notamment grâce à son haut piédouche. Enfin, l’ornementation de bronze doré, particulièrement vigoureuse et finement ciselée, rattache indéniablement cette œuvre au célèbre ciseleur-doreur François Rémond (1747-1812). Proche de Pierre Gouthière pour qui il travailla, Rémond se hisse dans les années 1780 parmi les meilleurs bronziers et réalise ainsi de nombreuses pièces pour le marchand-mercier Dominique Daguerre, et pourquoi pas celle-ci. Outre l’excellence de la ciselure, les motifs décoratifs utilisés permettent d’attribuer les bronzes au célèbre ciseleur. Le motif de passementerie composé de cordons et glands utilisé autour du col se retrouve dans l’ornementation de la table à écrire de Jean-Henri Riesener et de François Rémond conservée à Waddesdon Manor (G. de Bellaigue, op.cit., vol. II, no 106). Le coq chantant figure également parmi les motifs chers à François Rémond. Citons la paire de candélabres provenant de la collection Dreyfus-Gonzalès vendue chez Christie’s à New York le 2 novembre 2000 (lot 43). Les figures de femmes aux nattes nouées et les cornes d’abondance à cannelures torses sont encore des motifs de Rémond. Un modèle comparable de forme balustre a été vendu dans la vente de la collection Djahanguir Riahi chez Christie's à Londres, le 2 novembre 2000 (lot 44).
UNE PENDULE PROVENANT DU CHÂTEAU DE DAMPIERRE
Présentée dans l’un des salons de réception du château de Dampierre, installée au centre du linteau de la cheminée comme nous le montre une photographie datant du début du XXe siècle, notre pendule fait alors partie de l’une des plus grandes collections aristocratiques françaises, les Luynes.
Dampierre, situé au cœur de la vallée de Chevreuse à l’ouest de Paris, est un ancien domaine aristocratique dont l’histoire remonte au XIIIe siècle. Avant la Renaissance, deux maisons ont été succéssivement construites. Au début du XVIe siècle, Jean Duval, proche de François Ier, modernise l’ensemble créant une maison de plaisance dans l’esprit de la Renaissance. Dans la seconde moitié du XVIe siècle, le cardinal Charles de Lorraine, de la famille de Guise, aménage des jardins à l’italienne, creuse des canaux et fait réaliser des décors par le peintre Francesco Salviati.
Le château est ensuite transmis au XVIIe siècle à la famille d’Albert de Luynes à la suite du mariage avec une descendante de Colbert. Charles-Honoré d’Albert lance alors une reconstruction complète confiée à architecte du roi Louis XIV, Jules Hardouin-Mansart (1646-1708), tandis que les jardins sont redessinés par André Le Nôtre (1613-1700). Le château prend sa forme classique que nous connaissons toujours aujourd’hui, les façades élégamment composées de briques et grès entourées d’eau. C’est alors que Dampierre, situé à quelques encablures de Versailles, accueille des séjours royaux et sert de lieu de réception. L’intérieur et l’ameublement évoluent tout au long du siècle des Lumières au gré des modes et de l’évolution du confort.
Cette superbe pendule en porcelaine de Chine et bronze doré est est d'autant plus rare qu'elle provient des collections du château de Dampierre. Héritée du goût grec audacieux des années 1760, notre pendule plus aboutie s’inspire d’un modèle proche réalisé à partir d’un vase couvert en porcelaine de Sèvres émaillée vert ou bleu, le couvercle surmonté d’une prise en pomme de pin, le vase orné sur les côtés de sirènes dans le goût d’Étienne-Maurice Falconet reposant sur un piédouche. Citons la pendule à fond vert vendue chez Christie’s à Paris le 17 juin 2026 (lot 81). Pour une pendule à fond bleu, citons l’exemplaire de la collection de James A. de Rothschild, conservée dans le Morning Room à Waddesdon Manor en Angleterre (G. de Bellaigue, op.cit., vol. II, no 208).
Notre pendule se distingue néanmoins du modèle précédemment cité tant par la forme que par la porcelaine employée et la richesse de sa monture. La composition est ici dictée par un vase balustre en porcelaine de Chine et non de Sèvres. Ses dimensions plus imposantes lui confèrent une silhouette plus élancée, notamment grâce à son haut piédouche. Enfin, l’ornementation de bronze doré, particulièrement vigoureuse et finement ciselée, rattache indéniablement cette œuvre au célèbre ciseleur-doreur François Rémond (1747-1812). Proche de Pierre Gouthière pour qui il travailla, Rémond se hisse dans les années 1780 parmi les meilleurs bronziers et réalise ainsi de nombreuses pièces pour le marchand-mercier Dominique Daguerre, et pourquoi pas celle-ci. Outre l’excellence de la ciselure, les motifs décoratifs utilisés permettent d’attribuer les bronzes au célèbre ciseleur. Le motif de passementerie composé de cordons et glands utilisé autour du col se retrouve dans l’ornementation de la table à écrire de Jean-Henri Riesener et de François Rémond conservée à Waddesdon Manor (G. de Bellaigue, op.cit., vol. II, no 106). Le coq chantant figure également parmi les motifs chers à François Rémond. Citons la paire de candélabres provenant de la collection Dreyfus-Gonzalès vendue chez Christie’s à New York le 2 novembre 2000 (lot 43). Les figures de femmes aux nattes nouées et les cornes d’abondance à cannelures torses sont encore des motifs de Rémond. Un modèle comparable de forme balustre a été vendu dans la vente de la collection Djahanguir Riahi chez Christie's à Londres, le 2 novembre 2000 (lot 44).
UNE PENDULE PROVENANT DU CHÂTEAU DE DAMPIERRE
Présentée dans l’un des salons de réception du château de Dampierre, installée au centre du linteau de la cheminée comme nous le montre une photographie datant du début du XXe siècle, notre pendule fait alors partie de l’une des plus grandes collections aristocratiques françaises, les Luynes.
Dampierre, situé au cœur de la vallée de Chevreuse à l’ouest de Paris, est un ancien domaine aristocratique dont l’histoire remonte au XIIIe siècle. Avant la Renaissance, deux maisons ont été succéssivement construites. Au début du XVIe siècle, Jean Duval, proche de François Ier, modernise l’ensemble créant une maison de plaisance dans l’esprit de la Renaissance. Dans la seconde moitié du XVIe siècle, le cardinal Charles de Lorraine, de la famille de Guise, aménage des jardins à l’italienne, creuse des canaux et fait réaliser des décors par le peintre Francesco Salviati.
Le château est ensuite transmis au XVIIe siècle à la famille d’Albert de Luynes à la suite du mariage avec une descendante de Colbert. Charles-Honoré d’Albert lance alors une reconstruction complète confiée à architecte du roi Louis XIV, Jules Hardouin-Mansart (1646-1708), tandis que les jardins sont redessinés par André Le Nôtre (1613-1700). Le château prend sa forme classique que nous connaissons toujours aujourd’hui, les façades élégamment composées de briques et grès entourées d’eau. C’est alors que Dampierre, situé à quelques encablures de Versailles, accueille des séjours royaux et sert de lieu de réception. L’intérieur et l’ameublement évoluent tout au long du siècle des Lumières au gré des modes et de l’évolution du confort.
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