RENÉ HERBST (1891-1982)
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Provenant de l'appartement de René Herbst
RENÉ HERBST (1891-1982)

Guéridon, réalisé pour l'appartement de René Herbst, Paris, vers 1932

Details
RENÉ HERBST (1891-1982)
Guéridon, réalisé pour l'appartement de René Herbst, Paris, vers 1932
Frêne et métal chromé / ash and chrome plated metal
69,5 x 65 cm / 27 3⁄8 x 25 5⁄8 in
Provenance
Appartement de René Herbst, Paris.
Galerie Maria de Beyrie, Paris.
Collection Stéphane et Catherine de Beyrie, Paris, acquis auprès de cette dernière.
Literature
Pour notre exemplaire :
S. Goguel, René Herbst, éditions du regard, Paris, 1990, p. 66.
La maison de René Herbst : prototypes and rare pieces by René Herbst from 1925 to 1949, catalogue d'exposition, Galerie de Beyrie, New York, 29 septembre-25 novembre 1999, p. 30.
S. Boudin-Lestienne et A. Mare, Hélène Henry, les tissus de la modernité, Gourcuff Gradenigo, Montreuil, 2021, p. 43.
Exhibited
La maison de René Herbst : prototypes and rare pieces by René Herbst from 1925 to 1949, Galerie de Beyrie, New York, 29 septembre-25 novembre 1999.

Brought to you by

Capucine Tamboise
Capucine Tamboise Specialist, Head of Sale

Lot Essay

Ce modèle a été présenté sur le stand de René Herbst au Salon d'Automne de 1933.

Figure majeure du design français du XXᵉ siècle, René Herbst développe dès les années 1920 une approche résolument moderne du mobilier.
Artiste visionnaire, il fonde son travail sur l’expérimentation technique, la fonctionnalité et l’emploi de matériaux industriels, précurseur, notamment dans l’utilisation de l’acier tubulaire nickelé ou chromé et les bandes élastiques. Cette recherche d’une esthétique affranchie des conventions lui vaut le surnom de « Man of Steel ». La rigueur des lignes, la justesse des proportions et la pureté des volumes caractérisent son vocabulaire, où l’innovation constructive s’allie à une remarquable maîtrise des matériaux. Ses assises « sandows », composées de bandes élastiques tendues, figurent parmi ses créations emblématiques.
Animé par la volonté de faire émerger un nouvel art de vivre, René Herbst s’engage activement dans le mouvement moderniste. En 1930, il participe à la création de l’Union des Artistes Modernes (UAM), aux côtés notamment de Robert Mallet-Stevens et Francis Jourdain. Cette association rassemble plusieurs personnalités de l’avant-garde, parmi lesquelles Pierre Chareau, Eileen Gray, Le Corbusier, Charlotte Perriand et Jean Prouvé. Succédant à Robert Mallet-Stevens, il en devient le président de 1946 à 1958.
Son activité d’ensemblier s’étend à d’importantes commandes privées pour une clientèle prestigieuse, parmi lesquelles la rénovation de l’hôtel particulier du prince Aga Khan, rue Scheffer à Paris, réalisée entre 1930 et 1932.
Parallèlement, son appartement rue Châteaubriand devient le laboratoire intime de sa pensée : meubles, luminaires, objets et prototypes en tous genres dialoguent. Dans cet espace d’expérimentation et de recherche naît une conception globale de l’habitat moderne.
C’est au début des années 70 que la galeriste Maria de Beyrie rencontre René Herbst. De cette rencontre naît une estime profonde pour un homme discret, dont la personnalité extraordinaire s’accompagne d’amitiés fidèles, parmi lesquelles Jean Badovici, Eileen Gray et encore Pierre Chareau. Ce moment marquera le début de dix années de profonde amitié, faite d’une riche collaboration intellectuelle et artistique. En 1976, la Galerie Maria de Beyrie à Paris accueille l’exposition Meubles et objets d’architectes des années 1925, consacrée à la création moderniste. Cette initiative s’inscrit dans un travail de redécouverte et de mise en valeur de l’Oeuvre de René Herbst. Par la suite, Catherine et Stéphane de Beyrie continueront à faire découvrir le travail singulier de l’artiste. Le mobilier de son appartement personnel fera notamment l’objet de l’exposition éponyme La Maison de René Herbst, organisée à New York par la Galerie de Beyrie.
Préservé dans son environnement d’origine jusqu’à la disparition de l’artiste, l’ensemble exceptionnel présenté ici constitue un rare témoignage du processus créatif de l’artiste. L’innovation règne en maître et donne à voir des prototypes et pièces uniques comme ce tourne-disque réinterprété à partir d’un piètement de chaise.
Cet ensemble cohérent contribue à réaffirmer la place fondamentale de René Herbst dans l’histoire du design moderne : celle d’un pionnier dont l’exigence intellectuelle et la liberté d’invention ont durablement marqué la conception du mobilier au XXᵉ siècle.

This model was presented on the booth of René Herbst at the Salon d'Automne, 1933.

A major figure in 20th-century French design, René Herbst developed a resolutely modern approach to furniture as early as the 1920s.
A visionary designer, he based his work on technical experimentation, functionality and the use of industrial materials. He was a pioneer in the use of nickel-plated or chromed tubular steel and elastic straps. His pursuit of an aesthetic free from convention earned him the nickname “Man of Steel.” The precision of his lines, the balance of his proportions and the purity of his forms define his visual language, in which structural innovation is combined with a remarkable mastery of materials. His “sandows” seating, made from taut elastic straps, ranks among his most iconic creations.
Driven by a desire to shape a new art of living, René Herbst became actively involved in the modernist movement. In 1930, he established the
Union des Artistes Modernes (UAM), alongside figures including Robert Mallet-Stevens and Francis Jourdain. The association brought together several leading avant-garde personalities, among them Pierre Chareau, Eileen Gray, Le Corbusier, Charlotte Perriand and Jean Prouvé. Succeeding Robert Mallet-Stevens, Herbst served as its president from 1946 to 1958.
His work as an interior designer extended to major private commissions for a distinguished clientele, including the renovation of Prince Aga Khan’s private mansion on Rue Scheffer in Paris, carried out between 1930 and 1932.
At the same time, his apartment on Rue Châteaubriand became an intimate laboratory for his ideas, where furniture, lighting, objects and prototypes of all kinds coexisted in dialogue. This space of experimentation and research gave rise to a holistic vision of modern living.
It was in the early 1970s that the gallerist Maria de Beyrie first met René Herbst. The encounter fostered a profound admiration for this discreet man, whose extraordinary personality was complemented by enduring friendships with figures such as Jean Badovici, Eileen Gray and Pierre Chareau. It marked the beginning of a decade-long friendship, characterised by a rich intellectual and artistic collaboration.
In 1976, the Galerie Maria de Beyrie in Paris hosted the exhibition
Meubles et objets d’architectes des années 1925, devoted to modernist design. The initiative formed part of a broader effort to rediscover and bring renewed recognition to René Herbst’s oeuvre. Later, Catherine and Stéphane de Beyrie, continued to introduce audiences to the distinctive work of the designer. The furniture from his personal apartment was notably featured in the eponymous exhibition La Maison de René Herbst , organised in New York by Galerie de Beyrie.
Preserved in its original setting until the designer’s death, the exceptional collection presented here offers a rare insight into his creative process. Innovation takes centre stage, revealing prototypes and unique pieces, such as this record player reimagined using the base of a chair.
This cohesive collection reaffirms René Herbst’s fundamental place in the history of modern design: that of a pioneer whose intellectual rigour and freedom of invention left a lasting mark on the design of furniture throughout the 20th century.

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