Lot Essay
Francesco Bertos peut se vanter d'être l'un des sculpteurs les plus individuels et les plus mystérieux qui aient jamais vécu. Documenté comme apprenti à Rome en 1694, il est ensuite présent à Venise en 1710. Des témoignages de son activité à Venise et ses environs prouvent qu'il y vécut. Les commandes du Maréchal von der Schulenburg, de la Basilique du Santo à Padoue et de la Villa Manin à Passariano, soulignent le fait que ses oeuvres étaient admirées par les protecteurs des arts les plus éminents et les plus distingués de la région. Les dernières références d'archives le concernant datent de 1739: une année auparavant, il vendit une paire de groupes en bronze à la famille royale de Savoie, et huit groupes en marbre, se trouvant au Palazzo Reale à Turin, témoignent de leur enthousiasme pour ses oeuvres (Planiscig, op. cit.).
Bertos était aussi à l'aise comme tailleur de marbre que comme fondeur de bronze; cependant sa contribution la plus personnelle dans ces deux genres a été de créer des compositions, dans lesquelles les figures sont posées en pyramide comme des acrobates. L'iconographie de ces oeuvres est souvent allégorique, et parfois d'une obscurité voulue. Etant donné que ces compositions ne ressemblent en rien à la sculpture de l'époque, il semblerait que l'on se trouve en présence d'une création de Bertos.
Dans l'étude actuelle la plus approfondie de la carrière et de l'oeuvre de Bertos, Ettore Viancini (op. cit., p. 151) émet l'hypothèse que le tourbillonement vers le haut de la Sabine de Giambologna, dont il existe une copie par Bertos (Viancini, op. cit, fig. 11), a dû être une source d'inspiration fondamentale pour les idées de composition si personnelles de ce dernier. Viancini a d'autre part soutenu que Bertos avait été très impressionné par le marbre antique, le Taureau Farnèse, pendant son séjour à Rome, et que ce dernier aurait laissé une empreinte indélébile sur ses oeuvres.
Cette ÿsupposition est pleinement justifiée par la découvertedes ces deux bronzes inédits, qui se rangent parmi les chefs-d'oeuvre du maître. Le premier est une version assez fidèle du Taureau Farnèse, qui avec une hauteur de 3.70 mètres, est le plus grandiose de tous les marbres antiques connus des artistes de la Renaissance et du baroque, et copié par d'autres sculpteurs illustres, tels Adrian de Fries et Gianfrancesco Susini. Actuellement au Musée National de Naples, où il a été transporté par bateau (escorté par un navire de guerre), il est documenté pour la première fois à Rome, au XVIème siècle. Il était connu de Vasari, et décrit par Federico Zuccaro comme cette 'magnifique montagne de marbre' (Haskell and Penny, op. cit, p. 165). La restauration du XVIème siècle en a fait une représentation de l'histoire de Dirce, dont la punition fut d'être attaché à un taureau sauvage. Dans le deuxième groupe, Bertos a voulu créer un pendant digne du Taureau Farnèse. Le sujet choisi fut le saut de Marcus Curtius, raconté par Tite-Live dans le 7ème livre de son Histoire Romaine (Ab Urbe Condita). Un gouffre béant, ici représenté avec des flammes jaillissantes, s'est ouvert dans le forum, et les devins ont déclaré que la République romaine ne pourrait survivre que si le peuple sacrifiait son plus grand trésor. A ce moment, un jeune soldat très courageux nommé Marcus Curtius enfourcha son cheval et se précipita dans le gouffre; des offrandes furent jetées derrière lui. Bien que s'agissant d'un thème aimé des peintres, il n'est pas surprenant que le saut de Marcus Curtius soit rarissime dans la sculpture monumentale; on pourrait même se demander si ce groupe n'est pas unique. Il représente cependant un sujet idéal pour la virtuosité intrépide de Bertos.
Le propriétaire original de ces groupes reste encore à identifier, mais le fait que chaque bronze porte des armoiries éminentes et des initiales, laisse à penser qu'il sera un jour possible de trouver une réponse à cette question.
Bertos était aussi à l'aise comme tailleur de marbre que comme fondeur de bronze; cependant sa contribution la plus personnelle dans ces deux genres a été de créer des compositions, dans lesquelles les figures sont posées en pyramide comme des acrobates. L'iconographie de ces oeuvres est souvent allégorique, et parfois d'une obscurité voulue. Etant donné que ces compositions ne ressemblent en rien à la sculpture de l'époque, il semblerait que l'on se trouve en présence d'une création de Bertos.
Dans l'étude actuelle la plus approfondie de la carrière et de l'oeuvre de Bertos, Ettore Viancini (op. cit., p. 151) émet l'hypothèse que le tourbillonement vers le haut de la Sabine de Giambologna, dont il existe une copie par Bertos (Viancini, op. cit, fig. 11), a dû être une source d'inspiration fondamentale pour les idées de composition si personnelles de ce dernier. Viancini a d'autre part soutenu que Bertos avait été très impressionné par le marbre antique, le Taureau Farnèse, pendant son séjour à Rome, et que ce dernier aurait laissé une empreinte indélébile sur ses oeuvres.
Cette ÿsupposition est pleinement justifiée par la découvertedes ces deux bronzes inédits, qui se rangent parmi les chefs-d'oeuvre du maître. Le premier est une version assez fidèle du Taureau Farnèse, qui avec une hauteur de 3.70 mètres, est le plus grandiose de tous les marbres antiques connus des artistes de la Renaissance et du baroque, et copié par d'autres sculpteurs illustres, tels Adrian de Fries et Gianfrancesco Susini. Actuellement au Musée National de Naples, où il a été transporté par bateau (escorté par un navire de guerre), il est documenté pour la première fois à Rome, au XVIème siècle. Il était connu de Vasari, et décrit par Federico Zuccaro comme cette 'magnifique montagne de marbre' (Haskell and Penny, op. cit, p. 165). La restauration du XVIème siècle en a fait une représentation de l'histoire de Dirce, dont la punition fut d'être attaché à un taureau sauvage. Dans le deuxième groupe, Bertos a voulu créer un pendant digne du Taureau Farnèse. Le sujet choisi fut le saut de Marcus Curtius, raconté par Tite-Live dans le 7ème livre de son Histoire Romaine (Ab Urbe Condita). Un gouffre béant, ici représenté avec des flammes jaillissantes, s'est ouvert dans le forum, et les devins ont déclaré que la République romaine ne pourrait survivre que si le peuple sacrifiait son plus grand trésor. A ce moment, un jeune soldat très courageux nommé Marcus Curtius enfourcha son cheval et se précipita dans le gouffre; des offrandes furent jetées derrière lui. Bien que s'agissant d'un thème aimé des peintres, il n'est pas surprenant que le saut de Marcus Curtius soit rarissime dans la sculpture monumentale; on pourrait même se demander si ce groupe n'est pas unique. Il représente cependant un sujet idéal pour la virtuosité intrépide de Bertos.
Le propriétaire original de ces groupes reste encore à identifier, mais le fait que chaque bronze porte des armoiries éminentes et des initiales, laisse à penser qu'il sera un jour possible de trouver une réponse à cette question.