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ALEXANDRE NOLL (1890-1970)
"Fashion and art have become a kind of Esperanto - a global language in the truest sense of the term, one that can be understood" Né à Postdam le 18 novembre 1944, Wolfgang Joop fait des études de marketing à l'université de Brunswick (Basse-Saxe), avant de devenir lui-même professeur honoraire de stylisme à l'université de Berlin. Il travaillera en tant qu'illustrateur de mode, journaliste et styliste indépendant pour des maisons italiennes, françaises et allemandes. C'est en 1978 qu'il connaît son premier grand succès international avec sa première collection de fourrures, qui lui vaudra le qualificatif de 'Styliste prussien' de la part du New York Times. En 1981 il créé sa propre maison 'JOOP !', puis à partir de 1982 ses collections de prêt-à-porter féminin, suivies dès 1985 du prêt-à-porter masculin. Il connaîtra un rapide succès international, porté par ses collections au caractère provoquant et ses parfums primés dans le monde entier. En 1991 il s'installe à New York où il achète l'ancien appartement du couturier américain Bill Blass (1922-2002). Il vit alors pendant dix ans entre les Etats-Unis et l'Europe. En 2001 il se sépare définitivement de sa maison 'JOOP !' et ce n'est qu'en 2003 qu'il réapparaîtra sur la scène de la mode avec l'inauguration de son nouveau label 'WUNDERKIND', dont le lancement international intervient en septembre 2004. Invité par le CFDA (Council of Fashion Designers of America), il présente sa collection Automne/Hiver dans le cadre de la Fashion Week de New York, à laquelle il participe régulièrement jusqu'en 2006, avant de se tourner vers Paris, où il présente désormais ses collections. Refusant les stéréotypes et soucieux d'échapper à un monde trop codifié à son goût, il vend son appartement à New York et revient s'installer dans sa ville natale de Postdam, où il a acquis et restauré deux villas proches l'une de l'autre : la Villa Metz (1908), aujourd'hui Villa Wunderkind où il vit et la Villa Rumpf (fin 19ème) - anciennement propriété du peintre Fritz Rumpf (1856-1956) et salon des artistes expressionnistes allemands - qui abrite à présent la société WUNDERKIND et ses ateliers. Personnalité charismatique, complexe et singulière, à multiples facettes, Wolfgang Jopp aborde avec la même exigence de qualité et de sérieux mêlée de fantaisie, d'audace et d'irrévérence toutes ses entreprises. S'il jouit d'une réputation internationale en tant que couturier, il est également reconnu en tant que collectionneur d'art, d'arts décoratifs et de photographie. Tout à la fois ouvert sur le monde et nourri de la culture et de l'histoire de son pays, il a su réunir et faire dialoguer avec talent des oeuvres d'époque et de style très variés. Ses collections comprennent tout autant des tableaux et du mobilier classique des 17ème et 18ème siècles que des créations des plus grands noms des arts décoratifs de la première moitié du 20ème siècle, dont nous présentons une sélection ici : Eugène Printz, Jean Dunand, André Arbus mais aussi Serge Mouille, Jean Royère, George Nakashima et Alexandre Noll. Il y associe encore des oeuvres d'art contemporain, Jeff Koons, Tim Noble & Sue Webster, Martin Kobe ou Marc Quinn entre autres. Dans une même volonté d'allègement et de renouveau, qui le conduit à se séparer aujourd'hui d'un certain nombre de pièces de mobilier, objets et sculptures, il décide déjà en 2009 de disperser sa très belle collection d'oeuvres de Tamara de Lempicka. Si plusieurs expositions célèbrent la carrière de Wolfgang Joop et rendent hommage à ses illustrations et dessins (Musée des Beaux-Arts, Wolsfburg, 1995 ; Kunsthaus Apolda Avant-Guarde, Apolda, reprise à New York, Zurich, Vienne et Berlin ; Musée des Arts Appliqués, Hambourg), notons celle que lui consacre la Kunsthalle de Rostock au printemps 2009. Connue comme une réflexion sur l'ensemble de son parcours, elle rassemble non seulement créations de mode, croquis, dessins, mais aussi installations de textiles et sculptures. Plus récemment l'exposition que lui dédie la galerie Michael Schultz Soul, Death and Faith, en février-mars 2010, illustre sa volonté de se consacrer aujourd'hui à sa première vocation, à savoir développer son travail d'artiste dans une remise en question permanente. "As a collector, I was always most interested in the ones that allow for conflict" Wolfgang Joop, born in Potsdam on 18 November 1944, studied marketing and the psychology of advertising at the University of Brunswick, Lower Saxony; he was eventually appointed Emeritus Professor of Fashion Design at the University of Berlin. His career had found direction through his work as a fashion illustrator, journalist and freelance designer for Italian, French and German fashion houses. Joop enjoyed his first significant international success in 1978 with his maiden collection of furs; he was characterized as 'Prussian' in the New York Times. Three years later, in 1981, he launched his independent brand 'JOOP!'. The following year his women's ready-to-wear lines were launched, and in 1985 he introduced his ready-to-wear collections for men. Success was rapid and international in scope, underpinned by the provocative character of his designs and by the effective global distribution of his perfumes. Joop established a home in New York with the purchase in 1991 of the apartment of American couturier Bill Blass (1922-2002); for ten years he split his time between the United States and Europe. In 2001, he severed his association with 'JOOP!', relaunching himself in 2003 under the new label 'WUNDERKIND'. He rolled out this new brand internationally in September 2004 when he was invited by the CFDA (Council of Fashion Designers of America), to show his Autumn/Winter collection in New York's Fashion Week. His collections became a regular feature of the New York fashion season until his decision in 2006 to present in Paris, which remains his favoured venue. Ever wary of becoming typecast or trapped in the conventions of any one city or situation, he sold his New York apartment and moved back to his birthplace, Potsdam, where he bought and restored two near-by villas: the Villa Metz (1908), now his home and renamed Villa Wunderkind, and the late 19th century Villa Rumpf - formerly the home of artist Fritz Rumpf (1856-1956) and a salon for German Expressionist artists - which today houses his WUNDERKIND atelier and headquarters. Charismatic, individualistic, complex and multi-facetted, Wolgang Joop's powerful personality makes its distinctive mark on everything that he undertakes; his constant, focused pursuit of quality is always spiced with his unique blend of fantasy, bold imagination and irreverence. Joop's international profile as a fashion designer is matched by his reputation as an inspirational collector with a fresh eye for art, furnishings and photography. His breadth of knowledge, both of native German and international art and cultural history, has allowed him to make dynamic juxtapositions and connections, setting up surprising but stimulating dialogues between paintings and furnishings of the 17th and 18th centuries and works by leading creators from the first half of the 20th century, a fine selection of which we offer in the present catalogue - works by Eugène Printz, Jean Dunand, André Arbus, contrasted with pieces by Serge Mouille, Jean Royère, George Nakashima and Alexandre Noll. Joop's curiosity has attracted him also to the work of such contemporary artists as Jeff Koons, Tim Noble & Sue Webster, Martin Kobe and Marc Quinn. He draws energy from a constant need to evolve and to renew, as evidenced in 2009 in his decision to let go of his distinguished holding of works by Tamara de Lempicka. Numerous exhibitions have celebrated the career of Wolfgang Joop and put the spotlight on his talent as illustrator and designer (Musée des Beaux-Arts, Wolsfburg, 1995; Kunsthaus Apolda Avant-Guarde, Apolda, touring to New York, Zurich, Vienna and Berlin; Museum of Applied Arts, Hamburg etc). Notable among these was the exhibition at the Kunsthalle in Rostock in the spring of 2009. Conceived as an overview of every aspect of his creative life, this embraced not just his fashion work, but other aspects of his artistry including his textiles and sculpture. A more recent exhibition, 'Death and Faith', staged at the gallery of Michael Schultz in Seoul in February-March 2010, showed Joop's current determination to pursue his primary vocation as an independent artist in work characterized and energized, as ever, by his unbridled curiosity. Si les oeuvres d'Alexandre Noll rythment de façon aussi marquée la collection de Wolfgang Joop, c'est qu'elles sont l'expression d'un véritable choc visuel et émotionnel qui se transformera en une quête obsessive pour notre collectionneur. Lorsqu'il découvre ses objets usuels, ses meubles et ses sculptures, en poussant la porte de la galerie DeLorenzo à New York à la fin des années 1980-début des années 1990, Wolfgang Joop y trouve un parfait écho à ses propres préoccupations esthétiques. Alexandre Noll qui commencera par réaliser des bois gravés à partir des nombreux croquis et aquarelles qu'il rapporte de sa période de mobilisation, se consacre dès 1920 au tournage sur bois, quittant rapidement un poste d'employé de banque. Progressivement il explore son matériau de prédilection en réalisant à partir de 1935 des objets usuels, avant de créer ses premiers meubles en 1943 - diffusés par la Compagnie des Arts Français, et d'aborder enfin la sculpture en 1946. Mais dès ses premières créations, Noll pense et agit déjà en sculpteur, creusant la masse du bois et la sculptant pour la transformer en autant de plateaux, vide-poches, cruches, coupes et boîtes. Ses oeuvres expriment toutes un fort univers personnel qui ne se soucie pas des modes et courants de son temps. Wolfgang Joop qui lui-même s'interroge sur les frontières entre art et artisanat, fonction et forme,établira ainsi un dialogue au quotidien avec le travail d'Alexandre Noll qu'il associe non seulement aux créations de ses contemporains, Jean Royère, George Nakashima, Serge Mouille ainsi qu'aux grands noms de l'Art Déco, tels Jean Dunand et Eugène Printz, mais encore à la préciosité du mobilier et de la peinture des 17ème et 18ème siècles. C'est de ses contrastes que naît la dynamique d'une collection dans laquelle l'oeuvre de Noll, chargée d'une profonde humanité, contribue pleinement à l'art du contrepoint. Véritable amoureux du bois, Alexandre Noll aime à s'exercer sur ses diverses essences et à en découvrir les caractéristiques spécifiques, qu'il intègre dans ses créations. "Matière pleine de métamorphoses", il y trouve le vecteur idéal à la traduction de sa quête spirituelle, de son amour de la Nature - dont l'arbre est un parfait symbole - et de son opposition à un monde d'industrialisation et de production de masse. Il travaillera autant des essences locales comme le hêtre, le sycomore, le poirier, le merisier, l'alisier, que des essences exotiques de Madagascar ou d'Afrique, dont bien sûr l'ébène, et plus particulirement encore l'ébène du Gabon. Bois très dur, d'une grande densité et d'un noir profond, il révèle par excellence les rapports entre forme, volume et lumèire - fondements même de la sculpture auxquels l'artiste se confronte en permanence dans son désir d'exprimer au plus près la vérité de sa pensée. In the works of Alexandre Noll our collector Wolfgang Joop found the perfect pieces through which to add those notes of visual and emotional surprise that are so forceful a signature feature of his approach to assembling works of art; such tactics of visual and sensual shock define Joop's obssesive quest for possibilities within and among objects. Such was his fascination with Noll that he organised a dedicated exhibition at Charlottenburg, Berlin, in 2000 that brought together a hundred or so works, including those in the present catalogue. Wolfgang Joop first encountered Noll's objects, furniture and sculptures in the DeLorenzo gallery in New York in the early 1990s. He immediately recognised in these pieces the exact echo of his own aesthetic concerns. Alexandre Noll's first ventures in working in wood were the engravings made from the many sketches and watercolours that he had executed during his years in the army. In 1920, he graduated from this flat work to wood turning, giving up his job in a bank to pursue this craft full-time. He steadily refined his skills within his chosen medium. From the mid-1930s he was modelling objects, progressing to his first pieces of furniture - retailed by the Compagnie des Arts Français from 1943 - and eventually, in 1946, taking up the challenge of pure sculpture. This latter destiny was surely evident from the start in the way in which he cut into and freely modelled blocks of wood to transform them into trays, vide-poches, pitchers, dishes or boxes, creating expressive objects that were the pure product of his imagination and paid no heed to prevailing fads or fashions. In the work of Alexandre Noll, Wolfgang Joop appreciated and took inspiration from the expression and resolution of precisely those concerns that challenged him within his own career as an artist and designer, notably the search for balance between vision and execution - art and craft - and for harmony between form and function. Joop made his own connections, siting pieces by Noll alongside the work of his contemporaries such as Jean Royère, George Nakashima and Serge Mouille as well as among pieces by the great names of Art Deco such as Jean Dunand and Eugène Printz, and even beside the highly refined furniture and paintings of the 17th and 18th centuries. Such contrasts have given its forceful character to the Joop collection and created a surprising but highly effective context within which to appreciate the humanity and authority of the oeuvre of Alexandre Noll. Alexandre Noll was truly passionate about wood and loved nothing more than to discover and exploit the specific characteristics of different wood types. There was a powerful spiritual dimension to his approach; for Noll, wood - 'a material charged with transformative potential' - provided the perfect basis for his celebration of Nature - of which the tree was surely the archetypal metaphor - and for his rejection of the increasingly industrialised world of mass-production. He personally selected and purchased the woods that he liked to work, among them beech, sycomore, pear, as well as such precious woods as amaranth and, of course, the Gabon ebony that he especially favoured. His 1966 exhibition of recent work at the Messine gallery, Paris, was entitled ' Ebène' and was dedicated to his pieces in this hard, dense and intensely black material. Ebony proved an ideal substance within which to explore the potential of form, of mass and of light, the elements through which Noll so effectively expressed his personal sense of artistic truth.
ALEXANDRE NOLL (1890-1970)

PETIT MEUBLE D'APPUI, VERS 1950

Details
ALEXANDRE NOLL (1890-1970)
PETIT MEUBLE D'APPUI, VERS 1950
En poirier massif, de forme rectangulaire, le plateau débordant, ouvrant en façade par une porte découvrant un intérieur aménagé de deux étagères, reposant sur quatre pieds de section carrée
Hauteur : 91 cm. (35¾ in.) ; Largeur : 67 cm. (26 3/8 in.) ; Profondeur : 40 cm. (15¾ in.)
Signé ANoll et portant une petite étiquette circulaire avec le numéro 97 au dos du meuble
Literature
Olivier Jean-Elie et Pierre Passebon, Alexandre Noll, éditions du regard, Paris, 1999, p. 30 pour une photographie d'époque ainsi qu'un croquis du modèle.
Exhibited
Alexandre Noll, Wunderkind.Art Gmbh & Co. KG, Château de Charlottenburg, Berlin, 30 juin-27 août 2000, n. 97.
Post lot text
A SOLID PEAR TREE CABINET BY ALEXANDRE NOLL, CIRCA 1950
We thank Olivier Jean-Elie for his help with the cataloguing of this lot

Brought to you by

Déborah Hasson
Déborah Hasson

Lot Essay

Nous remercions Olivier Jean-Elie de son aide à la rédaction de cette notice

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