ALFONSO OSSORIO (1916-1990)
"+" VAT at a rate of 20% will be payable on both t… Read more ANCIENNE COLLECTION MICHEL TAPIÉ, PARIS
ALFONSO OSSORIO (1916-1990)

Sans titre

Details
ALFONSO OSSORIO (1916-1990)
Sans titre
huile et encre sur toile
162 x 130 cm. (63 ¾ x 51 1/8 in.)
Peint vers 1951.
Provenance
Collection Michel Tapié, Paris
Puis par descendance
Acquis auprès de celle-ci par le propriétaire actuel
Literature
Un art autre / un autre art, catalogue d'exposition, Artcurial, Paris, 1984 (une vue d'exposition illustrée p. 6).
Exhibited
Turin, International center of aesthetic research, 1961.
Special notice

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Valentine Legris
Valentine Legris

Lot Essay

Figure à part de la scène artistique de l’après-guerre parisienne, la personnalité de Michel Tapié a sans conteste été l’une des plus marquantes de la critique d’art française. Défricheur de nouveaux courants artistiques, explorateur des nouvelles tendances au cœur d’une des périodes de création les plus intenses du XXème siècle, ce petit neveu de Toulouse-Lautrec fut le théoricien de l’Art autre, d’un art informel qui trouve sa ligne entre abstraction et figuration et qui regroupe les préoccupations artistiques de tout un ensemble de peintres et sculpteurs ne se reconnaissant pas ni dans le dogme de l’abstraction, ni dans une tradition figurative.
Collaborant avec les galeries qui présentaient ce qui était alors l’Avant-Garde, aux côtés de René Drouin, Paul Facchetti et enfin Rodolphe Stalder, il fut celui qui mit en mots toute la richesse et la diversité d’une production artistique qu’il considérait sans frontières, s’intéressant autant aux français Dubuffet, Mathieu, Soulages Fautrier, aux européens Fontana, Tàpies, Serpan, Boillé, Capogrossi ou Accardi, aux japonnais du groupe Gutaï avec entre autres Shiraga, Murakami, Tanaka, Yoshihara, Shimamoto ou Suzuki, ou encore aux américains à travers Pollock, Marca-Relli, Francken, Bluhm, Dixon ou Ossorio.

Sans titre qui a appartenu à Tapié témoigne parfaitement de l’amitié et de l’enthousiasme que vouait le critique aux artistes attachés à défendre un univers singulier. En effet, cette importante et rare toile d’Alfonso Ossorio montre à quel point Tapié fit preuve d’ouverture dans sa recherche constante de nouveaux artistes à présenter. La rencontre entre les deux hommes eut lieu par l’entremise d’un ami commun : Jean Dubuffet. Depuis 1945, Tapié et Dubuffet se sont liés d’amitiés notamment grâce à leurs goûts communs pour le jazz et pour l’Art brut que défend ardemment le peintre. Ossorio, de son côté, rencontre pour la première fois Dubuffet en 1949 lorsqu’il se rend à Paris sur les recommandations de son ami Jackson Pollock qui trouve dans la peinture du français une liberté qui le séduit. Tous sont réunis par un intérêt commun pour cet Art brut qui les fascine. C’est ainsi Ossorio qui, en 1951 à la dissolution de la Compagnie de l’Art Brut, recueillera l’ensemble de la collection constituée par Dubuffet chez lui dans les Hamptons.

L’art d’Ossorio est le fruit d’un des syncrétismes les plus riches de l’après-guerre. En effet, se mêlent dans sa peinture surréalisme, expressionisme abstrait, art brut, culture catholique, hispanique et asiatique, produisant l’une des œuvres les plus originales et atypiques de son temps. Comme le souligne Dubuffet dans un des premiers textes qui lui est consacré : « Oui je suis sûr qu'il y a, chez M. Ossorio - je sens bien cela, et je connais ce sentiment et le comprends - comme un double vouloir de montrer ses trésors, et de les cacher. » (cité in Peintures initiatiques d'Alfonso Ossorio, 1951).

An outstanding member of the post-war Paris art scene, Michel Tapié was indisputably one of France’s most distinguished art critics. Unearthing new artistic currents and exploring new trends in the heart of one of the 20th century’s most intense creative periods, this great-nephew of Toulouse-Lautrec was the theoretician of Other Art, an informal art which found its place somewhere between the abstract and the figurative and brought together the artistic concerns of a whole group of painters and sculptors who did not recognise themselves either in the dogma of abstraction or in a figurative tradition.

In collaboration with the galleries which presented what was then the Avant-Garde, alongside René Drouin, Paul Facchetti and finally Rodolphe Stalder, it was he who put into words all the wealth and diversity of an artistic production which he considered boundless. He was as much interested in the French artists Dubuffet, Mathieu and Soulages Fautrier, the Europeans Fontana, Tàpies, Serpan, Boillé, Capogrossi and Accardi, the members of the Japanese Gutaï group with included Shiraga, Murakami, Tanaka, Yoshihara, Shimamoto and Suzuki, among others, as he was in American artists such as Pollock, Marca-Relli, Francken, Bluhm, Dixon and Ossorio.

Sans titre [Untitled] which used to belong to Tapié perfectly demonstrates the friendship and enthusiasm the critic devoted to artists eager to defend a singular world. In fact, this rare and important canvas by Alfonso Ossorio shows how extremely open Tapié was in his constant search for new artists to present. The two men met through a mutual friend, Jean Dubuffet. Tapié and Dubuffet had been friends since 1945 thanks in particular to their shared liking for jazz and for the Art Brut [Raw Art] which the painter ardently defended. For his part, Ossorio met Dubuffet for the first time in 1949 when he visited Paris on the recommendation of his friend Jackson Pollock who was charmed by the freedom he found in the French artist’s work. All of them were united by the fascination they shared with Art Brut. Thus, in 1951 on the dissolution of the Compagnie d’Art Brut, Ossorio received the whole collection constituted by Dubuffet at his home in the Hamptons.

Ossorio’s art was the fruit of one of the richest syncretisms of the post-war years. His painting is in fact a blend of surrealism, abstract expressionism, Art Brut and Catholic, Hispanic and Asian culture, producing one of most original and atypical works of his time. As Dubuffet emphasised in one of the first texts devoted to him: “Yes, I’m sure that, with Mr Ossorio, there is – I feel it very strongly, and I know that feeling and understand it – a kind of paradoxical wish to show off his treasures and to hide them”. (quoted in Peintures initiatiques d'Alfonso Ossorio, [The initiatory paintings of Alfonso Ossorio], 1951).

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