Charlotte Perriand (1903-1999)
LE CORBUSIER - CHARLOTTE PERRIAND- 'L'ESPRIT NOUVEAU' Marqu par le célèbre essai d'Adolf Loos, 'Ornement et Crime', publié en 1908, Le Corbusier intégre rapidement les concepts de socialisme et d'humanisme dans sa réflexion sur l'architecture et l'architecture d'intérieur. Il en pose les fondements dans la revue de 'L'Esprit Nouveau', créée avec Amédée Ozenfant en 1925. Cette publication cherche à offrir une lecture du monde moderne, préconisant une simplification formelle et ouvrant la voie à la production en série. Parti pris rationnel qui atteint son apogée lors de l'Exposition Internationale de 1925 avec le pavillon de 'l'Esprit Nouveau', dans lequel le refus de tout ornement superflu contraste avec le classicisme de la plupart des exposants. Cherchant à promouvoir cette nouvelle esthétique, Le Corbusier collabore avec son cousin Pierre Jeanneret dès 1922, ainsi qu'avec Charlotte Perriand à partir de 1927. Il est impressionné par son utilisation des matériaux modernes, lorsqu'elle réalise le mobilier de son 'Bar sous le Toit', exposé au Salon d'Automne de 1927. Le mobilier qu'elle y expose propose une redéfinition de la conception, de la production et de la rationalisation stylistique du mobilier moderne. Aidée par Le Corbusier, Charlotte Perriand produira toute une série de meubles entre 1928 et 1929, dont la chaise longue ajustable, la première version de la table extensible - sans roulettes -, des casiers métalliques, ainsi que le fauteuil club 'Grand Confort'. Le succès que vont rencontrer nombre de ses créations leur vaudra d'être incorporées dans plusieurs projets de Le Corbusier, notamment les Villas La Roche et Church, où leur dessin moderne et rationnel s'accorde parfaitement avec l'architecture de l'ensemble. Toutes ses créations sont en acier tubulaire chromé, alors un matériau nouveau. L'emploi en est initié par le Bauhaus, et plus particulièrement par Marcel Breuer, dont les premiers projets de mobilier en acier tubulaire chromé sont exposés à la Weissenhofseidlung de Stuttgart en 1927. En 1929, Charlotte Perriand démissionne du Salon des Artistes Décorateurs, conjointement avec René Herbst et Robert Mallet-Stevens, pour fonder l'Union des Artistes Modernes (UAM). Lors de la première exposition de l'UAM en 1930, elle présente plusieurs projets : une variante de sa table extensible - produite à un seul exemplaire, les pieds équipés de roulettes (lot 20) - ainsi qu'une des toutes premières versions de sa chaise longue (lot 22). Leur mise en scène ne cherche pas à recréer un intérieur, mais les assimile plutôt aux composants d'un environnement minimaliste, qui fait écho à l'esthétique architecturale puriste de Le Corbusier. C'est à partir de 1935, avec sa 'Maison du Jeune Homme', présentée dans le cadre de L'Exposition Internationale de Bruxelles, qu'elle commencera à envisager différemment la Modernité. À cette occasion, elle imagine en collaboration avec Le Corbusier et Pierre Jeanneret, des meubles à partir d'un matériau plus traditionnel, à savoir le bois. LE CORBUSIER - CHARLOTTE PERRIAND - 'L'ESPRIT NOUVEAU' Motivated by Adolf Loos's celebrated and influential 1908 text, 'Ornament and Crime', Le Cobusier swiftly began to integrate concepts of socialism and humanism within his developing strategy for interior design and architecture, which were further advanced with the creation, together with Amédée Ozenfant, of the publication 'L'Esprit Nouveau', in 1925. This journal sought to interpret the modern world through the advocation of a formal purification of architecture and interior design, with a view towards serial production. This streamlined attitude reached its apogee at the 'l'Esprit Nouveau' pavillion of the 1925 Exposition Internationale, where the rejection of all superficial ornament contrasted with the Classicism of many of the other exhibitors. Working towards the promotion of a rational design aesthetic, Le Corbusier collaborated with his brother, Pierre Jeanneret from 1922, and with Charlotte Perriand from 1927 - having been impressed by the latter's use of modern materials for her furniture, 'Bar sous le Toit', exhibited at the Salon d'Automne of 1927. Included in this exhibition were designs that offered new concepts in the interpretation, production, and rational styling of modern furniture. With the support of Le Corbusier, Perriand produced a series of furniture between 1928 and 1929, to include the adjustable chaise longue, the first version of the extending dining table - without castors -, metal cabinets, and the 'Grand Confort' club chair. The success of many of these designs ensured their use in several of Le Corbusier's architectural projects, including the villas La Roche and Church, where their rational modern styling perfectly complimented the architectural whole. All made use of chromed tubular steel, then a new material whose use had been pioneered by the Bauhaus, most eloquently by Marcel Breuer whose first designs for tubular steel furniture had been exhibited at the Weissenhofseidlung, Stuttgart, in 1927. Marking her departure from the Salon des Artistes Décorateurs, Charlotte Perriand, together with Réné Herbst and Robert Mallet-Stevens, founded the UAM in 1929. For the first UAM exhibition, 1930, Perriand presented several furniture designs, including the initial production model of her extending dining table (lot 20) - now fitted with castors to the legs produced only in one example - and a version of her chaise longue (lot 22). These exhibits were not presented in a domestic setting, but rather as components of a minimalist environment that echoed Le Corbusier's Purist architectural aesthetic. It was not until the Exposition Internationale of Brussels, 1935, that Perriand - with her designs for the 'apartment of a young man' - began to interpret modernism through the use of more traditional materials, such as wood, in her furnishings co-designed with Le Corbusier and Pierre Jeanneret.
Charlotte Perriand (1903-1999)

TABLE EXTENSIBLE 'DE LUXE', 1930

Details
Charlotte Perriand (1903-1999)
Table extensible 'De Luxe', 1930
Le plateau rectangulaire enchâssé dans un cadre en aluminium chromé, doublé d'un tapis en bulgomme noir , se déroulant par mécanisme à manivelle fixée à un casier en tôle laquée crème, surmonté d'un plateau rectangulaire en opaline brune, le double piètement latéral tubulaire en acier chromé, terminé par quatre roulettes
Hauteur : 72 cm. (28 3/8 in.) ; Longueur minimale : 203 cm. (80 in.) ; Longueur maximale : 300 cm. (118 1/8 in.) ; Largeur : 99,5 cm. (39 1/8 in.)
Provenance
Collection Jean Rivier, Paris ;
Vente Sotheby's, Paris, Arts Décoratifs du XXème siècle et Design, 25 novembre 2009, lot 40.
Literature
G. Remon, Au Pavillon de Marsan : La 1ère Exposition de l'Union des Artistes Modernes dans Mobilier et Décoration, juillet- décembre 1930, id., p. I ;
Le Corbusier, Charlotte Perriand, Pierre Jeanneret : La Machine à s'asseoir, catalogue d'exposition, Palazzo dei Convegni, Rome, 1976, p. 27 ;
Christopher Wilk, Thonet : 150 years of furniture, Barron's, Woodbury, 1980, p. 105, n. 137 pour une publicité de de la maison Thonet vers 1932 illustrant la table ;
Arlette Barré-Despond, UAM, les éditions du regard, Paris, 1986, p. 61 ;
Les Années UAM 1929-1958, id., p. 212 ;
Charlotte Perriand, catalogue d'exposition, Centre Georges-Pompidou Paris, 7 décembre 2005-27 mars 2006, p. 101 pour la table illustrée en publicité pour Thonet.
Exhibited
Ière Exposition de l'UAM, Pavillon de Marsan, Paris, juin 1930.
Post lot text
A 'De Luxe' mechanised dining table, the extending top with rubber sheet surface within chromed metal frame, fixed to a cream-painted metal case with opaline glass surface and fitted with crank handle, opposed by a pair of chromed tubular steel uprights, on castors, by Charlotte Perriand, 1930


Consistent with the prevailing avant-garde tendencies that all furniture should be considered as functional apparatus, Charlotte Perriand created, for her small apartment in Saint-Sulpice, and initial version of her extending dining table; now in the collection of the Centre Georges Pompidou. The design was revised, most notably by the addition of castors to the extending leg supports, in anticipation of the UAM's first group exhibition at the Pavillion de Marsan, June 1930. With a retractable top featuring a rubberized surface, extending by means of a hand-cranked mechanism, this unique design for a table underlines the importance that machine systems held for the vanguard of the French avant-garde.

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Lot Essay

Cf. : Le XVIIIème Salon des Artistes Décorateurs dans Art et Décoration, janvier-juin 1928, id., p. 138 pour un croquis illustrant le premier modèle exposé en 1928


Dans la lignée des avant-gardes de l'époque, qui pensent que le mobilier doit être conçu comme des machines fonctionnelles, Charlotte Perriand dessine, pour son petit appartement de la Place Saint-Sulpice, une première version de la table extensible qui se trouve aujourd'hui dans les collections du Centre Georges Pompidou. Le concept en sera ensuite revu, en ajoutant des roulettes aux pieds de la partie extensible avant la première exposition de l'UAM en juin 1930, au Pavillon de Marsan. Le principe exceptionnel de cette table au plateau rétractable actionné par une manivelle, et à la surface en caoutchouc, atteste de l'importance de la mécanisation pour les pionniers de l'avant-garde française.

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