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CLAUDE CAHUN (1894-1954)
CLAUDE CAHUN (1894-1954)

Self-Observation, Aveux non avenus (planche I), 1929-1930

Details
CLAUDE CAHUN (1894-1954)
Self-Observation, Aveux non avenus (planche I), 1929-1930
signé, titré et inscrit 'photomontage terminé et rephotographié' à l'encre, annoté au crayon (verso)
tirage argentique
image: 38.5 x 26 cm.
feuille: 39.9 x 27.3 cm.
signed, titled and inscribed 'photomontage terminé et rephotographié' in ink, annotated in pencil (verso)
gelatin silver print
image: 15 1/8 x 10 ¼ in.
sheet: 15 5/8 x 10 ¾ in.
Literature
Claude Cahun: Photographe, Paris, catalogue d'exposition, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, 1995, pl. 226, p. 120.
Claude Cahun: Bilder, catalogue d'exposition, Kunstverein München, 1997, pl. 226, p. 47.
François Leperlier (ed.), Claude Cahun, Écrits, Jean Michel Place, Paris, 2002, p. 175.
Louise Downie (ed.), don’t kiss me: The Art of Claude Cahun and Marcel Moore, Aperture, New York, 2006, fig. 18, p. 33.
Claude Cahun, Paris, catalogue d’exposition, Editions Hazan / Editions du Jeu de Paume, 2011

Exhibited
Londres, Tate Modern (septembre-juin); New York, Metropolitan Museum of Art (février-mai), Surrealism desire unbound, 2001-2002, (illustré au catalogue de l’exposition n°189, p.193)

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Valentine LEGRIS
Valentine LEGRIS

Lot Essay

« Sous ce masque, un autre masque. Je n’en finirai pas de soulever tous ces visages »
Claude Cahun


Entre littérature, poésie et photographie, Claude Cahun fut une artiste à l’avant-garde à bien des égards. Ses autoportraits surréalistes et mystérieux seront une inspiration inépuisable pour de nombreux artistes contemporains. En outre, ses travestissements, jetant le trouble sur sa propre vision de son identité ont été et sont toujours un sujet de prédilection pour les gender studies.

Artiste protéiforme, elle commence à fréquenter le cercle surréaliste, d’abord littéraire puis artistique, dans les années 1920. Précoce, son insatiable quête de soi débute à cette période. Elle se rase le crâne, se déguise sans cesse, et questionne sa sexualité. Multipliant les ambiguïtés, l’artiste se transforme en homme, en buddha ou encore en personnage féérique. C’est via le travestissement qu’elle entame son processus de construction. Les Aveux non Avenus (1930), ouvrage réalisé à quatre mains, (avec Suzanne Malherbe dit Moore, sa compagne), mélange écriture et photographie entre quête de soi et camouflage indéchiffrable. En témoignent ses premières lignes :
« L’objectif suit les yeux, la bouche, les rides à fleur de peau… L’expression du visage est violente, parfois tragique. Enfin calme- du calme conscient, élaboré, des acrobates. Un sourire professionnel – et voilà ! Reparaissent la glace à main, Lerouge, et la poudre aux yeux. Un temps. Un point. Alinéa. Je recommence. Mais quel manège ridicule pour ceux qui n‘ont pas vu – et je n’ai rien montré - les obstacles, les abîmes, et les degrés franchis. »
Ce magnifique tirage d’époque correspond à la première des neuf illustrations qui compose le recueil des Aveux non Avenus. Ce photomontage surréaliste est un véritable autoportrait. En effet, l’œil et la bouche de l’artiste sont immédiatement identifiables. On reconnaît ensuite dans le miroir le reflet de son célèbre autoportrait double Que me veux-tu ? réalisé en 1929. La présence de tous ces bras pourrait être un clin d’œil à cette œuvre collaborative mais évoque également Kali la déesse indouiste de la création et de la destruction. De surcroît, l’omniprésence du cercle est un symbole du fini et de l’infini, de la perfection et donc du Créateur, ces quatre lettres inscrites au sommet de l’œuvre traversées par un oiseau à deux têtes. La grenade, elle, est une métaphore de la fertilité. Ce jeu de doubles symboles renvoie à la dichotomie homme-femme, afin de mieux déconstruire les idées préconçues sur le genre.
Les tirages associés aux textes ne sont jamais l’illustration des écrits. Entre prose, poème, morceau de lettres personnelles, ces photomontages reprennent la fragmentation des écrits. A la fois labyrinthique et superbe, ce travail introspectif, cette collaboration artistique est indéniablement une des œuvres clés de Claude Cahun.

“Beneath this mask is another mask. I’ll never stop removing all those faces”
Claude Cahun

To judge from her literary, poetic and photographic works, it is clear that Claude Cahun was an artist of the avant-garde in many respects. Her surreal and mysterious self-portraits have been an inexhaustible inspiration for many artists of today and her cross-dressing and troubled view of her own identity were and remain a favourite subject for “gender studies”.

A multi-disciplinary artist, in the 1920s Cahun aligned herself with the surrealists, first joining literary circles and then artistic ones.Truly precocious in this time, her insatiable search for herself began then. She shaved her head, constantly wore disguises and questioned her sexuality. Endlessly ambiguous, the artist transformed herself into a man, a Buddha or even a fairylike creature. It was through cross-dressing that she embarked on her construction process. Les Aveux non Avenus (1930), a work created by four hands (with Suzanne Malherbe known as Moore, her life partner) is a blend of writing and photography somewhere between a search for self and an indecipherable camouflage, as its opening lines demonstrate: “The objective follows the eyes, the mouth, the wrinkles in the skin. The facial expression is violent, sometimes tragic. Finally calm – the conscious, deliberate calm of acrobats. A professional smile – and there it is! The hand-mirror, rouge and eye shadow are back again. For a moment. Full stop. New paragraph. I start again. What a ridiculous little game for those who have not seen – and I haven’t shown anything – the obstacles, the chasm, the steps I’ve climbed”.

This magnificent period print is the first of the nine illustrations comprising the anthology of Aveux non Avenus. The surrealist photomontage is a true self-portrait. The artist’s eye and mouth are immediately identifiable. Then, in the mirror, we recognise the reflection of her famous double self-portrait Que me veux-tu? [What do you want of me?] created in 1929. The presence of so many arms could be a wink at that collaborative work but it also evokes Kali, the Hindu goddess of creation and destruction. Moreover, the omnipresence of the circle symbolises the finite and the infinite, and hence the perfection of the Creator, those four letters inscribed at the top of the picture, crossed by a two-headed bird, while the pomegranate is a metaphor for fertility. This set of twin symbols refers the viewer to the man-woman dichotomy so as better to deconstruct preconceived ideas about sex.
The prints associated with the texts are never illustrations of the written words. Including prose, poetry and scraps of personal letters, these photomontages reflect the fragmentation of the writing. Simultaneously labyrinthine and superb, this introspective work, this artistic collaboration, is undeniably one of Claude Cahun’s most important works.




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