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EILEEN GRAY 1878-1976
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This item will be transferred to an offsite wareho… Read more Le lit Persan, d'Eileen Gray :Le premier document illustrant le modèle du ‘Lit Persan’, dont il existe trois exemplaires, est une photographie n’en montrant qu’un détail au sein d’un intérieur publié dans les Feuillets d’Art n°5, février-mars 1922. Une variante de cette prise de vue, nous en dévoilant un peu plus, paraît en 1924 dans un numéro spécial du journal d’art hollandais Wendingen, dédié à l’artiste. Ces images monochromes illustrent le lit dans l’appartement de la rue de Lota, largement réaménagé par Eileen Gray entre 1919 et 1922 pour madame Juliette Lévy. Le ‘Lit Persan’, probablement conçu avant la commande de la rue de Lota, rend clairement compte de l’exotisme des premières réalisations en laque d’Eileen Gray. L’exemplaire de madame Lévy (en laque bleue et feuille d’argent), plus tard propriété d’Hélène Rochas, est aujourd’hui en mains privées. Soulignons que les expériences menées par Eileen Gray quant aux couleurs de ses laques, associées à de la feuille d’argent ou d’or, donnent à chacune de ces trois variantes un caractère propre. Eileen Gray inaugurera sa galerie Jean Désert en 1922. Bien que sa curiosité soit de plus en plus stimulée par les nouvelles idées émergentes en architecture, elle y présentera en majorité des créations en laque, tout au moins pour un temps donné. Les archives font état de deux autres exemplaires du ‘Lit Persan’ en dehors de l’exemplaire acquis par madame Lévy. Elles mentionnent la vente d’un ‘Lit de repos (Lit Persan)’ – notre exemplaire (en laque corail, marron et feuille d’or) – à madame Marthe Régnier pour FF6.500. La seule autre transaction notée à cette même date du 17 mars 1924 correspond à un ‘Bol laqué marron’ vendu à Henri de Rothschild – dont Marthe Régnier est la maîtresse et deviendra l’épouse – pour la somme de FF500. Cette inscription purement comptable sur le registre des ventes de la galerie n’en évoque pas moins leur liaison. Un troisième et dernier ‘Lit Persan’, est référencé sur la liste de l’état du stock de la galerie lors de sa fermeture en 1930. Ce dernier exemplaire (en laque principalement marron souligné de laque corail), listé au même prix de FF6.500, sera acquis par madame Henri-Labourdette, qui fait déjà partie des principaux collectionneurs des créations en laque d’Eileen Gray. Il est également aujourd’hui en mains privées. Philippe Garner The earliest known document of a ‘Lit Persan’, of which three versions are recorded, is a photograph showing just a detail of the model within an interior, published in Feuillets d’Art no. 5, February-March 1922. A variant photograph, revealing more of the piece, was published in 1924 in the special issue of the Dutch art journal Wendingen devoted to the artist. These monochrome images show it in the rue de Lota apartment extensively refurbished by Gray between 1919 and 1922 for Mme Juliette Lévy. The ‘Lit Persan’, possibly conceived before the rue de Lota commission, perfectly expresses the exoticism of Gray’s early exercises in lacquer. The Lévy ‘Lit Persan’ (in blue lacquer and silver leaf), later owned by Hélène Rochas, is today in a private collection. It is worth noting that Gray’s experiments with different colours and silver or gold leaf gives each of the three versions its individual character. Gray opened her gallery, Jean Désert, in 1922; her curiosity, however, was increasingly drawn to new ideas in architecture. The gallery nonetheless extended, at least for a while, her commitment to lacquer. Surviving records detail two versions of the ‘Lit Persan’ beyond that already acquired by Mme Lévy. A register entry for March 17th 1924 records the sale of a ‘Lit de repos (Lit Persan)’ – the present example (in coral and brown lacquer and gold leaf) – to Marthe Régnier for 6,500 Francs. The only other transaction recorded for that date is of a ‘Bol laque marron’ to Henri de Rothschild for 500 Francs. Régnier was the mistress, ultimately the wife of de Rothschild. The dry data of the sale register brings to life an evocative vignette of their liaison. A third and last ‘Lit Persan’ (in brown and coral lacquer) is recorded in the listing of the residual gallery stock at the time of its closure in 1930. This latter piece, also priced at 6,500 Francs, was acquired by Mme Henri-Labourdette, already a significant collector of Gray’s lacquer work, and is today in a private collection.
EILEEN GRAY 1878-1976

LIT PERSAN, 1924

Details
EILEEN GRAY 1878-1976
Lit Persan, 1924
Laque et feuille d'or / lacquer and gold leaf
H 69,5 x L 207 x P 101 cm / 27 3/8 x 81 ½ x 39 ¾ in
Provenance
Galerie Jean Désert, Paris.
Madame Marthe Régnier, Paris, acquis le 17 mars 1924 dans de cette dernière.
Dans la famille par descendance.
Probablement passé en vente publique, Maître Constantin, 27 mai 1974, Caen.
Collection privée, France, acquis par la grande tante du propriétaire actuel dans cette dernière.
Literature
Pour notre exemplaire ou celui de Mme M.L :
P. Garner, Eileen Gray: Designer and Architect, Benedikt Taschen, Cologne, 1993, p. 69 pour une vue d'époque dans la Galerie Jean Désert.
F. Baudot, Eileen Gray, éditions Assouline, Paris, 1998, p. 52-53 pour la vue pré-citée/
P. Adam, Eileen Gray : architect designer, Thames & Hudson, Londres, 2000, p. 100 pour la vue pré-citée.
P. Adam, Eileen Gray : sa vie, son œuvre, éditions de la différence, Paris, 2012, p. 33 pour la vue pré-citée.
P. Garner, Eileen Gray: Designer and Architect, Benedikt Taschen, Cologne, 1993, p. 69 pour l'exemplaire en laque bleue et argent de Mme. Mathieu Lévy.
F. Baudot, Eileen Gray, éditions Assouline, Paris, 1998, p. 36-37 et p. 77 pour l'exemplaire en laque marron et orange de M. et Mme Henri-Labourdette.
P. Adam, Eileen Gray : sa vie, son œuvre, éditions de la différence, Paris, 2012, p. 33 pour l'exemplaire de Mme. Mathieu Lévy.
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Marthe Régnier & Eileen Gray

Célèbre comédienne et actrice, Marthe Régnier (1880-1967) rejoint la Comédie Française en 1901 où elle séjournera deux ans avant de se produire dans les différents théâtres de boulevard, alternant rôles classiques et comédies avec le même bonheur. Elle connaît une fortune critique remarquablement unanime et louangeuse. Sa beauté et sa grâce sont autant prisées que la subtilité et la palette de son jeu. Très demandée, elle travaille avec les plus grands, parmi lesquels au fil des années Chaliapine – car elle sera aussi cantatrice ‘à la voix d’or’ se produisant au théâtre de Monte-Carlo – Louis Jouvet, Jacques Deval, Jean Cocteau, Tristan Bernard, Anatole Litvak. Elle interprète les pièces du baron Henri de Rothschild, dont elle fait la connaissance au début des années 20. Elle en devient la maîtresse avant de l’épouser en troisième noce. Il lui vouera une réelle passion, faisant construire en 1929 le théâtre Pigalle en son honneur.
Personnalité ouverte sur le monde et la modernité de son époque, faisant preuve d’un tempérament affirmé, éprise de liberté, grande voyageuse – de l’Orient à l’Afrique et aux Indes – Marthe Régnier ne se limitera pas à sa carrière de comédienne et d’actrice.
Passionnée par la mode, elle posera dès les années 1900-1910 pour de grands couturiers, tels Jacques Doucet, Madame Agnès ou Jeanne Lanvin – portant leurs créations tant à la scène qu’à la ville – avant d’ouvrir sa propre maison de modes en mars 1924, rue François 1er, puis place Vendôme. Elle y présente ses créations et se fait modiste avec succès. C’est ce même mois de mars 1924, à très peu de jours d’intervalle, que Marthe Régnier achète, manifestement en compagnie du baron Henri de Rothschild, le ‘Lit Persan’ présenté ici, et dont le premier exemplaire meuble déjà depuis deux ans l’appartement d’une autre célèbre modiste : Suzanne Talbot ou madame Juliette Lévy à la ville.
Marthe Régnier appartient à cette société parisienne éclairée de la première moitié du 20ème siècle, qui partage un même goût pour le théâtre, l’opéra, le cinéma, les arts de la scène, la mode – pour l’art plus généralement. Elle est de ces femmes libres, qui inventent leur propre destinée, à l’image de ces autres femmes dont elles croisent le chemin et qui toutes marquent leur époque, voire au-delà.


Acclaimed comedienne and actress Marthe Régnier (1880-1967) joined the Comédie Française en 1901, spending two years with the company before staging her own shows in various popular theatres, alternating with equal pleasure between classical and comic roles. She attracted impressively unanimous and fulsome critical review. Her beauty and grace were appreciated as much as the subtlety and range of her stage presence. Very much in demand, she worked over the years with the foremost talents, among them Chaliapine – she was also a singer with ‘a voice of pure gold’, performing at the Théâtre de Monte-Carlo –, with Louis Jouvet, Jacques Deval, Jean Cocteau, Tristan Bernard, Anatole Litvak. She took roles in plays by Baron Henri de Rothschild, making his acquaintance in the early 1920s. She became his mistress before making him her third husband. His profound passion for her found expression when, in 1929, he built the Théâtre Pigalle in her honour.
Her openness to the world and to the modernity of her era was manifested in her confident, independent character, as in her appetite for travel – in the Middle East, Africa, and India. Marthe Régnier’s horizons were not limited by her stage career.
From the first decade of the century, her love of fashion led her to model for the great couturiers, the likes of Jacques Doucet, Madame Agnès or Jeanne Lanvin – showing off their creations both on stage and out and about –, before opening her own fashion business in March 1924, first in the rue François 1er and then in the place Vendôme, where she presented her own designs and enjoyed success as a milliner.
It was in that same month, March 1924, just a few days prior, that Marthe Régnier purchased, accompanied, it would appear, by the Baron Henri de Rothschild, the ‘Lit Persan’ presented here, the first example of which was in the apartement of another famous milliner, Juliette Lévy, known professionally as Suzanne Talbot.
Marthe Régnier was a member of that enlightened Parisian society of the first half of the 20th century that shared a taste for the theatre, for opera, film, the performing arts, for fashion – for the arts in their every manifestation. She ranks among those free-spirited women who shaped their own destinies, an interconnected web of like-minded figures who made their mark on their era, and beyond.

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François-Pierre Grossi-Meric
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