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Georges Seurat (1859-1891)
Georges Seurat (1859-1891)

Dans un parc

Details
Georges Seurat (1859-1891)
Dans un parc
crayon Conté sur papier
31.2 x 24.1 cm. (12¼ x 9½ in.)
Exécuté vers 1883
Provenance
Camille Platteel, Paris.
Suzanne Verger, Bruxelles.
Pierre Berès, Paris.
Puis par descendance au propriétaire actuel.
Literature
G. Kahn, Les dessins de Georges Seurat, Paris, 1928, pl. 55 (illustré).
C.M. De Hauke, Seurat et son oeuvre, Paris, 1961, vol. II, p. 130, no. 542 (illustré, p. 131).
Exhibited
Paris, Galerie Bernheim-Jeune & Cie., Rétrospective Georges Seurat, décembre 1908-janvier 1909, no. 148.
Paris, Galerie Bernheim-Jeune, Les dessins de Seurat, novembre-décembre 1926, no. 70.
Bruxelles, Palais des Beaux-Arts, De Toulouse-Lautrec à Chagall: dessins, aquarelles, gouaches, mars-avril 1956, no. 165 (illustré). New York, The Museum of Modern Art, Georges Seurat: the drawings, octobre 2007-janvier 2008, p. 252, no. 90 (illustré, p. 160).
Post lot text
'Dans un parc'; Conté crayon on paper.

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Clémentine Robert
Clémentine Robert

Lot Essay

Le dessin Dans un Parc fut présenté à la première exposition rétrospective de Georges Seurat à la Galerie Bernheim-Jeune à Paris du 14 décembre 1908 au 9 janvier 1909. Il dépeint très probablement un paysage du Raincy, au nord-est de Paris où le père de Seurat possédait une maison. Dès 1879, Seurat s'inspire des paysages de banlieues parisiennes alors en plein essor, à mi chemin entre la ville et la campagne, et va réaliser entre 1881 et 1883 une trentaine d'huiles et une dizaine de dessins représentant des maisons avec jardin à la lisière de la forêt.

Seurat ne cherche cependant pas à retranscrire le paysage qu'il voit ; il se sert du sujet pour développer sa méthode sur l'harmonie et les effets de clair-obscur. Cela est particulièrement frappant dans le dessin Dans un parc. Par le cadrage resserré sur les troncs d'arbres très sombres qui scandent la composition, l'artiste joue avec la lumière qui passe à travers les arbres. En contrastant des zones d'ombre très foncées et des parties plus claires, voire totalement blanches - comme par exemple la façade de la maison - Seurat intensifie la luminosité. Les parties ombragées au sol sont créées par des zones en pointillés noirs et blancs. L'artiste laisse le grain inférieur du papier blanc sous la couche de crayon, faisant surgir la lumière de la texture de la feuille. Seurat arrive à retranscrire une lumière vibrante même dans les différentes nuances de noir. On a longtemps pensé que l'aspect brillant des parties totalement noires venait de la composition même du crayon, mais les études récentes de Karl Buchberg, restaurateur au Museum of Modern Art de New York nous ont montré que Seurat utilisait en fait un fixatif. Le crayon Conté composé de noir de fumée, d'argile et de graphite ne contient pas de cire. En fixant certaines parties l'artiste pouvait repasser plusieurs couches de crayon au même endroit afin d'accentuer l'intensité du noir, les contrastes formés par les troncs confèrent au paysage une profondeur et un sens de la perspective relativement inhabituels dans les dessins de Seurat. La géométrie de la composition est particulièrement marquée : les lignes verticales des arbres, l'ombre diagonale du premier plan et les zones claires délimitant la ligne d'horizon permettent à l'oeil de s'enfoncer progressivement dans le paysage.

Dans un parc a également une autre particularité sur le plan technique. L'artiste a tracé un quadrillage au crayon graphite probablement à la surface du dessin, sur la couche de crayon Conté. Or, il n'existe que deux dessins similaires dans toute l'oeuvre de Seurat. L'Invalide, vers 1881 et Tête de Clown, 1890-91. L'Invalide se décline sous trois techniques : un dessin et un pastel [Hauke 459 et 460] tous deux "mis aux carreaux" pour servir la composition finale, une huile sur panneau [Hauke 12]. Quant à la Tête de Clown, quadrillée en diagonale, elle fait partie d'une série d'études pour la dernière grande composition de Seurat Le Cirque, 1891 [Hauke 213], conservée au musée d'Orsay. Des photos infrarouges de l'huile ont montré qu'un système de lignes semblables au dessin avait été tracé au préalable sous la couche picturale. Ces deux oeuvres étaient les études des peintures à venir contrairement au dessin qui nous intéresse, aucune huile similaire à Dans un parc n'étant connue à ce jour. Nous pouvons imaginer que Seurat a changé d'avis devant l'oeuvre finie. Sur la façade de la maison, c'est à dire dans la partie la plus claire, les lignes ont été effacées, comme si l'artiste ne souhaitait plus qu'on les voit, voulant faire de ce dessin non pas une étude mais une oeuvre à part entière, totalement unique.

Nous remercions Madame Vérane Tasseau pour la rédaction de cette notice.

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