GERMAINE RICHIER (1902-1959)
GERMAINE RICHIER (1902-1959)

La ville

Details
GERMAINE RICHIER (1902-1959)
La ville
signé et numéroté 'G. Richier HC3' et porte le cachet du fondeur 'Sussse fondeur Paris' (sur la base)
bronze à patine foncée
135.5 x 60 x 62 cm. (53 3/8 x 23 5/8 x 24 3/8 in.)
Réalisé en 1951, cet exemplaire porte le numéro Hors Commerce trois d'une édition de sept exemplaires numérotés de 0/6 à 6/6, trois Hors Commerce et un Exemplaire d'Artiste.
Provenance
Collection Pierre Grandidier, Arles sur Rhône
Acquis auprès de celui-ci en 1999
Literature
Germaine Richier 1904-1959, Paris, Galerie Creuzevault (éd.), 1966 (illustré, non paginé).
Germaine Richier, catalogue d'exposition, Saint-Paul-de-Vence, Fondation Maeght, 1996, No. 44 (illustré en couleurs p.103).
Post lot text
'LA VILLE'; SIGNED AND NUMBERED ON THE BASE, FOUNDRY MARK; BRONZE WITH DARK PATINA.

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Clémentine Robert et Capucine Tamboise
Clémentine Robert et Capucine Tamboise

Lot Essay

Un certificat d'authenticité de Madame Françoise Guiter sera remis à l'acquéreur.





La sculpture de Germaine Richier, par son extraordinaire multiplicité , sous-tend l'une des analyses les plus pertinentes et abouties de la figure humaine dans sa compréhension et sa traduction plastique.
A Paris, elle s'est installée dans un atelier de l'avenue de Chatillon depuis 1933 et dans lequel elle passe ses journées entiè res à travailler entourée de ses dernières créations, cadre de vie et d'inspiration qu'elle conservera jusqu'à la fin de sa vie. Trouvant refuge pendant la guerre en Suisse, elle fréquente Giacometti, Le Corbusier ou encore Marino Marini. C'est à son retour à Paris, en octobre 1946, qu'elle laisse véritablement exploser sa créativité avec sa série des "Nouveaux Personnages", dont La Vierge folle est le premier exemple réalisé. Avec cette sculpture, Richier entend faire de la figure féminine l'essence mê me de l'oeuvre et joue alors sur un corps à la fois imposant par ses proportions mais qui dégage une légèreté et une grâce tant par la finesse du traitement de ses jambes que par la délicate manière dont les mains viennent se poser sur son giron. Par contraste, le visage est ici déformé, comme brutalisé, confé rant à la sculpture une intensité, une profondeur qui fait rejaillir toutes les questions existentialistes d'une époque partagée entre le traumatisme et l'élan du renouveau de l'après-guerre.
Richier s'impose progressivement comme l'une des figures majeures de la sculpture contemporaine en France mais aussi à l'international. En 1951, elle reçoit le Premier Prix de sculpture de la Biennale de Sao Paulo et l'année suivante elle bénéficie d'une exposition d'envergure la Biennale de Venise où La Vierge folle est d'ailleurs exposée. Entre temps, comme l'a souligné Georges Limbour, "une lutte s'engage [...] maintenant en elle entre ses facultés réalistes et classiques et son imagination qui la pousse à inventer de nouvelles formes." (in "Quelques sculptures de Germaine Richier", Actions, Paris, 5 septembre 1947). L'artiste réalise ainsi, en 1951, La Ville, autre sculpture emblématique de son oeuvre. La silhouette est ici longiligne, étirée et ne conserve de l'apparence humaine que cette synthèse de la forme. " Toutes mes sculptures, même les plus imaginées partent toujours de quelque chose de vrai, d'une vérité organique." explique-t-elle (in Germaine Richier, Rétrospective, catalogue d'exposition, Saint-Paul-de Vence, Fondation Maeght, 1996, p. 33). Dans cette optique, Richier accorde beaucoup d'importance au modelé de la surface, à ce grain si spécifique de sa sculpture: "Leurs formes déchiquetées ont toutes été conçues pleines et complètes. C'est ensuite que je les ai creusées, déchirées, pour qu'elles soient variées de tous les côtés et qu'elles aient un aspect changeant et vivant. J'aime la vie, j'aime ce qui bouge." (ibid.). Cependant, La Ville est aussi l'objet d'une nouvelle recherche pour l'artiste. En 1952, elle fait ainsi fondre deux exemplaires de la sculpture en plomb qu'elle place devant des fonds peints par ses amis Vieira da Silva et Hartung. Cette introduction de la couleur dans sa sculpture par le choix d'une collaboration avec des peintres prouve à quel point l'artiste souhaite explorer tous les moyens possibles d'expression offerts par la sculpture.
Précurseur d'un renouveau incontestable de la sculpture, Richier appartient à cette catégorie d'artistes qui sondent sans relâche leur propre oeuvre pour en faire jaillir l'étincelle, cette pré sence incontestable qui habite ses sculptures. "Ma nature ne me permet pas le calme; on est comme on est, et l'âge ne me rend pas douce et sereine, non pas que je bataille, mais c'est en moi, avec moi. Plus je vais, plus je suis certaine que seul l'humain compte." (G. Richier, Lettres au sculpteur Bänninger, 1950-56 in, Galerie Creuzevault (éd.),Germaine Richier 1904-1959, Paris, 1966)






Germaine Richier's sculpture embodies a fascinating understanding - both conceptual and physical- of the human figure.
In 1933, the artist worked in Paris, avenue Chatillon, in an atelier where she spent all her time surrounded by her last creations. During the War, she moved away to Switzerland, where she became close to Giacometti, Le Corbusier and Marino Marini. In October 1946, she came back to Paris, where she began the " Nouveaux Personnages ", a particularly creative series which first element is La Vierge folle . The sculpture seems to celebrate the female figure, showing both a delicate attitude and an impressive scale. In contrast, the face looks distorted, as if it had been brutalized, which creates a kind of intensity that may remind of existential concerns.
Richier progressively became a key figure of Contemporary Sculpture, both nationally and internationally. In 1951, she was awarded the First Prize of Sculpture at the Biennale of Sao Paulo. The following year, she participated in a major exhibition at the Biennale of Venise, where La Vierge folle was exhibited. Meanwhile, as Georges Limbour underlined, " a struggle breaks out [] now in herself between her realistic and classical faculties, and her imagination that leads her to invent new forms." (in "Quelques sculptures de Germaine Richier ", Actions, Paris, 5 septembre 1947).
In 1951, the artist executed La Ville, another of her key sculptures. The artwork, very abstract, seems to evoke a longilineal silhouette : " All my sculptures, even the more imaginative, always come from something true, an organic truth." (in Germaine Richier, Rétrospective, exhibition catalogue, Saint-Paul-de Vence, Fondation Maeght, 1996, p. 33). The shape and the texture of the surface bear a particular importance for the artist : " The jagged forms are initially designed full and complete. It is afterwards that I dug, torn them, to make them look different from all sides, and appear lively. I like life, I like what moves." (ibid.). With La Ville the artist began to introduce colors - in 1952, she executed two leaden sculptures that she put in front of a background painted by her friends Vieira da Silva and Hartung - exploring the potentialities of Sculpture even further.
By tirelessly looking for a spark, a presence of life in her works, Richier participated in the renewal of Sculpture " My nature does no let me to be calm ; one is like one is, and the age does not turn the thing into a softer and more serene thing, not that I struggle, but it is in me, with me. The more I go, the more sure I am that only the human counts." Richier, Lettres au sculpteur Bänninger, 1950-56 in, Galerie Creuzevault (d.), Germaine Richier 1904-1959, Paris, 1966)

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