GERMAINE RICHIER (1902-1959)
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GERMAINE RICHIER (1902-1959)

Le Griffu

Details
GERMAINE RICHIER (1902-1959)
Le Griffu
signé et numéroté 'G. Richier H.C.1' (sur le pied droit) et porte le cachet du fondeur 'Susse Fondeur Paris' (sur le pied gauche)
bronze avec patine foncée
90.1 x 88.9 x 66 cm. (35½ x 35 x 26 in.)
Réalisée en 1951-52, cette oeuvre porte le numéro HC1 du tirage original comprenant onze épreuves : 1/6 à 6/6 et HC1, HC2, HC3, EA, 0/6.
Provenance
Galerie Beaubourg, Paris
Acquis auprès de celle-ci par le propiétaire actuel en 1985
Literature
R. Solier, "Germaine Richier", Les Cahiers d’art, Paris, juin 1953, No. 28, pp. 123-129 (un plâtre original illustré).
P. Francastel, "La nouvelle sculpture, Richier Germaine", Les Sculptures célèbres, Paris, 1954, pp. 316-320 et 399.
W. George, "Germaine Richier", Prisme des arts, Paris, avril 1956, No. 2.
A. Chastel, "Au musée d’Art moderne : « Germaine Richier : la puissance et le malaise »", Le Monde, Paris, 13 octobre 1956.
R. Barotte, "Les expositions – Au musée d’Art moderne : « Germaine Richier sculpteur de l’inaccessible »", Plaisir de France, Paris, novembre 1956.
A. Watt, "Paris commentary", The Studio, Londres, janvier 1957, No. 153, pp. 22-25.
H.H. Arnason, préface du catalogue de l’exposition Sculpture by Germaine Richier, Minneapolis, Walker Art Center, 1958.
R. Barotte, "Germaine Richier... a mêlé la réalité à l'imaginaire", Le Journal des Arts, Paris, 4 août 1959, p. 6E.
J. Cassou, Richier, Paris, 1961.
R. Varia, "Un poet tragic", in Secolul 20, Bucarest, 1968, No. 3.
R. Barotte, “A la rencontre de Germaine Richier (1904-1959), le sculpteur qui va… au-delà de", Vision sur les arts, Béziers, novembre 1978.
Brassaï, "Germaine Richier", Les Artistes de ma vie, Paris, 1982, pp.194-197.
I. Jianou, G. Xurigura et A. Lardera, "Germaine Richier", La Sculpture moderne, Paris, 1982, p. 178.
J-L. Ferrier et Y. Le Pichon, "Adieu à Germaine Richier, Sculpture 1959", L’Aventure de l’art au XXème siècle, Paris, 1988, p. 563.
E. Lebovici, "L'atelier de Germaine Richier vu par Pierre-Olivier Deschamps", Beaux-Arts magazine, Paris, novembre 1989, No. 73, pp. 94-99.
F. Morris, "Germaine Richier (1902-1959)", in catalogue de l’exposition Paris Post War : Art and Existentialism, 1945-1955, Tate Gallery, Londres, 1993, pp. 161-162.
P. Levy, "London’s Frenetic Gallery Scene: O’Keeffe sinks; Freud is missing”, The Wall Street Journal Europe, 11 juin 1993.
D. Gébé, "Philatelie : Bon à savoir’', Le Républicain Lorrain, Woippy, 10 Avril 1994.
''De l'art déco à Germaine RICHIER'', La Gazette de l'Hôtel Drouot, No. 25, Paris, 17 juin 1994, pp. 21-22.
M. Frechuret, "L’enfouissement", catalogue de l’exposition L’envolée, l’enfouissement, Musée Picasso, Antibes, 1995, pp. 88-89 et 117-118.
G. Breerette, ''Les étranges créatures de Germaine Richier enfin rassemblées'', Le Monde, Paris, 17 avril 1996 (un autre exemplaire illustré).
P. Piguet, ''Dans ses sculptures, Germaine Richier réconcilie l'homme et la nature'', La Croix, Paris, 18 avril 1996.
B. Heitz, ''Rétrospective Germaine Richier : Le chaos debout'', Télérama, Paris, mai 1996, p. 92-94 (un autre exemplaire illustré).
A. Spire, ''Germaine Richier ou la stratégie de la mante religieuse'', L'Humanité, Saint-Denis, 9 mai 1996, p. 20.
I. Goldberg, ''Les bêtes humaines de Germaine Richier'', Beaux-arts magazine, Paris, mai 1996, p. 64-68 (un autre exemplaire illustré).
A. Dreyfus, ''Germaine Richier, des spectres familiers'', Libération, Paris, 18 juin 1996, p. 37.
P. Piguet, ''Saint-Paul de Vence : Germaine Richier'', Art Press, Paris, juin 1996, pp. 60-61.
J.-M. Tasset, ''Germaine Richier, la dame de bronze'', Le Figaro, Paris, 2 juillet 1996 (un autre exemplaire illustré).
H. Bellet, ''Germaine Richier'', Atelier International, Tokyo, juillet 1996, No. 828, pp. 15-25 (un autre exemplaire illustré).
''Imagination geht von organischer Wahrheit aus - In der Berliner Akademie: Das Lebenswerk der Bildhauerin Germaine Richier'', Neues Deutschland, 26 septembre 1997 (un autre exemplaire illustré p. 10).
C. Blechen, ''Das Bestiaruim der Gottesanbeterin - Die Stunde des Krallenwesens : Germaine Richier, eine Zelebrität der Nachkreigskunst' in Der Berliner Akademie der Künste'', Frankfurter Allgemeine Zeitung, Francfort, 4 octobre 1997, No. 230, p. 37.
L. Ditzen, ''Insekt und in Bronze - Gefühl und Ratio : Germaine Richier in einer Ausstellung in Berlin'', Süddeutsche Zeitung, 9 octobre 1997 (un autre exemplaire illustré).
Exhibited
Bâle, Kunsthalle, Germaine Richier, Bissière, H.R. Schiess, Vieira da Silva, Raoul Ubac, juin-juillet 1954, No. 13 (un plâtre original exposé et illustré au catalogue de l’exposition).
Amsterdam, Stedelijk Museum, Vieira da Silva, Germaine Richier, février-mars 1955, No. 38 (un autre exemplaire exposé).
Lille, Roubaix, Galerie Marcel Evrard, Germaine Richier, Roger Vieillard, 1955, No. 8 (un autre exemplaire exposé).
Paris, Musée Rodin, Exposition internationale de sculpture contemporaine, juin 1956, No. 66 (un autre exemplaire exposé et illustré au catalogue de l’exposition).
Paris, Musée National d’Art moderne, Germaine Richier, octobre-décembre 1956, No. 29 (un autre exemplaire exposé et illustré pl. VIII ).
New York, Museum of Modern Art, New acquisitions, 1957, No. 1342 (un autre exemplaire exposé et illustré au catalogue de l’exposition).
New York, Martha Jackson Gallery, The Sculptures of Germaine Richier, novembre-décembre 1957, No. 9 (un autre exemplaire exposé et illustré au catalogue de l’exposition).
Nice, Palais de la Méditerranée, Sculptures de Henri Laurens, Jacques Lipchitz, Germaine Richier, Ossipe Zadkine, 1957-1958, No. 32 (un autre exemplaire exposé et illustré au catalogue de l’exposition pl. V).
Zurich, Kunsthaus, Germaine Richier, juin-juillet 1963, No. 48 (un autre exemplaire exposé).
Arles, Musée Réattu, Germaine Richier, juillet-septembre 1964, No. 26 (un autre exemplaire exposé).
Paris, Galerie Creuzevault, Germaine Richier 1904-1959, 1966 (un autre exemplaire exposé et illustré au catalogue de l’exposition p. 72).
Paris, Musée Rodin, Formes humaines, IIIe Biennale internationale de sculpture contemporaine, mai-juin 1968, No. 5 (un autre exemplaire exposé).
Arles, Musée Réattu, L'olivier et l'art, mai 1970 (un autre exemplaire exposé).
Cologne, Museen der Stadt, Westkunst, mai-août 1981, No. 494 (un autre exemplaire exposé et illustré au catalogue de l’exposition).
Paris, Centre Georges Pompidou, Le siècle de Kafka, juin-septembre 1984 (un autre exemplaire exposé et illustré au catalogue de l’exposition).
Saint-Etienne, Musée d’Art moderne, L’Art en Europe et les années décisives : 1945-1953, décembre-février 1988 (un autre exemplaire exposé et illustré au catalogue de l’exposition pp. 91-94).
Humlebaeck, Louisiana Museum of Modern Art, Germaine Richier, août-septembre 1988, No. 17, pp. 20-32 (un autre exemplaire exposé et illustré en couleurs au catalogue de l’exposition p. 22).
Saint-Etienne, Musée d’Art moderne, L’Ecriture griffée, décembre 1990-février 1991, No. 205 (un autre exemplaire exposé et illustré au catalogue de l’exposition pp. 163-171).
Paris, Musée de La Poste, Olivier Debré - 50 tableaux pour un timbre, Timbre Europa 1993, Découverte d’une autre édition artistique de La Poste : Germaine Richier, Timbre Europa 1993, avril 1993 (un autre exemplaire exposé).
Londres, Tate Gallery, Paris Post War: Art and Existentialism, 1945-1955, juin-septembre 1993, No. 101 (un autre exemplaire exposé et illustré au catalogue de l’exposition).
Paris, Galerie Odermatt, Hommage à Germaine Richier, avril 1992 (un autre exemplaire exposé et illustré en couleurs p. 43).
Saint-Paul, Fondation Maeght, Germaine Richier Rétrospective, avril-juin 1996, pp. 104-106 (un autre exemplaire exposé et illustré sur la couverture du catalogue de l’exposition et pp. 104-105).
Berlin, Akademie der Künste, Germaine Richier, 1997, No. 49 (un autre exemplaire exposé et illustré au catalogue de l’exposition p. 60; vue d'atelier illustré pp. 15, 36, 42, 158, 159, 176, 36, 158-159).
Luxembourg, Musée d'Art moderne Grand-Duc Jean - Préfiguration, L'Ecole de Paris ? 1945-1964, décembre 1998 - février 1999 (un autre exemplaire exposé et illustré au catalogue de l’exposition).
Venice, Guggenheim Museum, The Nasher Sculpture Garden at the Peggy Guggenheim Collection, 1999 (un autre exemplaire exposé).
Luxembourg, Grand-Duché du Luxembourg, Hommage à Germaine Richier, juin-août 2001 (un autre exemplaire exposé et illustré en couleurs p. 53).
Modène, Foro Boario, Da Modigliani al contemporaneo - Scultura dalle collezioni Guggenheim, novembre 2003 - mars 2004 (un autre exemplaire exposé).
Linz, Lentos Kunstmuseum Linz, Paris 1945-1965. Metropole der Kunst. Jahrzehnte des Aufbruchs. Malerei - Plastik - Grafik - Fotografie, décembre 2003 - mars 2004 (un autre exemplaire exposé et illustré au catalogue de l’exposition).
Durham, Nasher Museum of Art at Duke University, The Evolution of the Nasher Collection, octobre 2005-mai 2006 (un autre exemplaire exposé).
Venise, Peggy Guggenheim Collection, Richier, octobre 2006 - février 2007 (un autre exemplaire exposé et illustré au catalogue de l’exposition; vue de l’atelier avec un plâtre original illustré au catalogue de l’exposition).
Lyon, Musée des Beaux-Arts, Picasso, Matisse, Dubuffet, Bacon... Les modernes s'exposent au musée des Beaux-Arts de Lyon, octobre 2009 - février 2010 (un autre exemplaire exposé).
Cologne, Museum Ludwig, Before the law - Post-War Sculpture and Spaces of Contemporary Art, décembre 2011 - avril 2012 (un autre exemplaire exposé).
Berne, Kunstmuseum Bern, Germaine Richier Rétrospective, novembre 2013 – juin 2014, No. 53 (un autre exemplaire exposé et illustré au catalogue de l’exposition pp. 98 et 109).
Lausanne, Musée Cantonal des Beaux-Arts, Giacometti, Marini, Richier : la figure tourmentée, janvier-avril 2014 (un autre exemplaire exposé et illustré au catalogue de l’exposition pp. 24 et 45).
New York, Dominique Lévy Gallery - Galerie Perrotin, Germaine Richier - Sculptures 1934-1959, février-avril 2014 (un autre exemplaire exposé et illustré au catalogue de l’exposition p. 73; vue d’atelier illustré au catalogue de l’exposition p. 72).
Mannheim, Kunsthalle Mannheim, Germaine Richier Rétrospective, mai-août 2014 (un autre exemplaire exposé).
Special notice

ƒ: In addition to the regular Buyer’s premium, a commission of 5.5% inclusive of VAT of the hammer price will be charged to the buyer. It will be refunded to the Buyer upon proof of export of the lot outside the European Union within the legal time limit. (Please refer to section VAT refunds)
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Post lot text
'LE GRIFFU'; SIGNED AND NUMBERED ON THE RIGHT FOOT; WITH SUSSE FOUNDRY STAMP ON THE LEFT FOOT; BRONZE WITH DARK PATINA.

Lot Essay

Cette oeuvre figurera dans le Catalogue raisonné Vie et Oeuvre de Germaine Richier, actuellement en préparation et dont Françoise Guiter est l'auteur.

En 1952, année où Germaine Richier participe pour la troisième fois consécutive à la Biennale de Venise, confirmant ainsi sa reconnaissance internationale grandissante, l’artiste réalise l’une des sculptures les plus emblématiques de son œuvre : Le Griffu. Corps sec, lignes nerveuses, tension extrême de la posture, abdomen en creux, griffes et visage aux traits zoomorphes - cette étrange bête est le produit d’un étonnant mélange entre le monde des hommes et celui du règne animal. En effet, l’aspect hybride est l’une des expressions essentielles de la sculpture de Richier : ne pouvant plus se contenter de représenter seulement ce qu’elle percevait, elle fait surgir, à partir du Crapaud (1940), des formes qui mêlent l’humain, le végétal et l’animal et qui semblent plus à même de donner à voir l’étrangeté de la vie.

L’origine autobiographique de cet imaginaire hybride a été souvent soulignée et liée aux souvenirs de la campagne de son enfance provençale. Ainsi la créature mythique du Griffu, autrement baptisé Le Diable, s’inspire directement de la Tarasque d’Arles. Le dragon fabuleux, censé tout détruire sur son passage avant d’être dompté par Sainte-Marthe, incarne pour Richier un être hybride par excellence selon sa description folklorique. Elle traite par ailleurs ce thème à deux reprises, la première sculpture de 1946 ayant été détruite.

A l’origine conçu pour être suspendu au plafond, Le Griffu contrebalance sa silhouette nerveuse grâce aux fils tendus depuis les serres d’aigle qui lui servent de doigts. L’œuvre s’insère ainsi dans l’incessante et exigeante quête d’équilibre qui a amené Richier à faire usage de fils de bronze dans plusieurs de ses réalisations. Elle les introduit ainsi pour la première fois – et tout naturellement - dans L’Araignée I (1946), à la fois en tant que matérialisation des lignes de force et et réseau structurant la figure ; et ils deviennent alors rapidement emblématiques de sa personnalité artistique. Ainsi, malgré la position instable et le déhanchement accentué du Griffu, les lignes captent avec vivacité l’espace et le géométrisent, délimitant un vide dans un volume virtuel. Les fils de bronze, qui jouent un rôle constructif dans plusieurs des sculptures de Richier, évoqueraient également dans ce cas précis les liens qui réduisent le monstre à l’impuissance, toujours en référence au mythe de la Tarasque d’Arles.

Chez Richier, la technique s’exhibe, et cela n’est qu’un signe supplémentaire de sa modernité. L’artiste inclassable, seule élève particulière de Bourdelle, détourne la tradition académique qu’elle maîtrise parfaitement en multipliant les inventions techniques et en trouvant un équivalent à l’assemblage de Rodin ou des Surréalistes dans sa recherche de formes hybrides. L’art rompt ici avec les conventions; l’être humain en métamorphose est renvoyé à ses origines. S'arrêtant sur le caractère singulier de son œuvre, Richier soulignait-elle d'ailleurs : « Mes personnages sont des êtres à part. A part, indépendante, telle doit être pour moi la sculpture. »

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