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GUSTAVE DORE (1832-1883)
GUSTAVE DORE (1832-1883)

Souvenir de Loch Carron, Ecosse

Details
GUSTAVE DORE (1832-1883)
Souvenir de Loch Carron, Ecosse
signé 'G. Doré' (en bas à droite)
huile sur toile
130 x 195 cm.
Provenance
Sans doute acquis à la Doré Gallery de Londres en 1881 par le général Charles Whittier; sa collection, Boston.
Galerie William Schauss, New York.
John de Menil Collection, Houston, en 1984 (prêté au Rice Museum, Houston).
Vente anonyme; Sotheby's, New York, 29 février 1984, lot 44.
Vente anonyme; Paris, Hôtel Drouot, 2 novembre 1993, lot 41, où acquis par les propriétaires actuels.
Literature
E. Zola, Le naturalisme au Salon, 1880 (éd. Ecrits sur l'art, Paris, 1991, pp. 436-437).
E. Chesneau, L'Education de l'artiste, Paris, 1880, p. 303 note 1. M. H. Spielmann, The Magazine of Art, Londres, vol. 3, p. 480; The Building News and Engineering Journal, 1881, vol. 39, p. 166.
C. Carroll, The Salon: A Collection of the Choicest Paintings recently executed by Distinguished European Artists, New York, 1881, p. 269.
B. Roosevelt, Life and Reminiscence of Gustave Doré, New York, 1885, p. 346.
R. Simon, 'Doré in the Highlands', dans The Journal of the Walters Art Gallery, 1989, n. 47, p. 57 et note 18 p. 60.
E. Zafran, R. Rosenblum, L. Small, Fantasy and Faith: The Art of Gustave Doré, New York, 2007, pp. 166-7.
Exhibited
Sans doute Paris, Salon de 1880, n. 1211.
Londres, Doré Gallery, 1880.
Peut-être, New York, Delmonico Gallery, en 1894.
Post Lot Text
THE LOCH CARRON, OIL ON CANVAS, SIGNED, BY GUSTAVE DORE

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Sarah de Maistre
Sarah de Maistre Administratrice

Lot Essay

Aujourd'hui principalement reconnu pour son talent fertile d'illustrateur et son imagination débridée, Gustave Doré fut également un peintre de premier ordre, injustement négligé, mais auquel l'actuelle exposition monographique qui lui est consacrée au Musée d'Orsay devrait rendre justice.

Souvenir de Loch Carron est, comme son titre l'indique, une réminiscence peinte, une évocation d'un des voyages de l'artiste en Ecosse, région où il fut primitivement invité par le colonel Teesdal pour pêcher le saumon, mais où il effectuera de nombreux séjours à but artistique entre 1873 et 1881. Il relate lui-même sa fascination pour les paysages d'Ecosse dès 1873 dans une lettre adressée à Amelia Edwards: "Désormais lorsque je peindrai des paysages, je crois que cinq sur six seront des réminiscences des Highlands, d'Aberdeenshire, Braemar, Balmoral, Ballater, etc. J'espère revenir ici encore et encore" (G. Doré, lettre à Amelia Edwards, juin 1873, dans cat. exp. Gustave Doré 1832-1883, Strasbourg, 1983, p. 64).
Ces voyages furent l'occasion pour Doré de prendre un grand nombre de croquis et de pratiquer l'aquarelle, deux moyens de garder en mémoire les paysages sublimes des Highlands qu'il devait, à son retour à Londres ou à Paris, coucher sur des toiles de grand format. Plusieurs autres grands paysages d'Ecosse conservés dans des collections publiques américaines et françaises en témoignent, le plus célèbre étant celui de Grenoble, mais citons également ceux de Strasbourg (Souvenir de Loch Leven, daté de 1878) et de Caen (daté de 1881), ceux de Toledo ou de Saint-Louis.
Le présent tableau fut exposé par Gustave Doré au Salon Parisien de 1880 (n. 1211: "Souvenir de Loch-Corron" [sic]; la dimension indiquée dans le livret du salon, relativement fantaisiste: H.250; L. 180 cm., laisse à penser à une erreur d'impression). Le prouvent plusieurs comptes-rendus de critiques, et en particulier ceux de Zola, qui reproche à l'artiste le caractère irréel de sa vision de la nature ('il peint en plein rêve, même lorsqu'il s'appuie sur une réalité"), et d'Ernest Chesneau. Souvenir de Loch Carron fut par la suite exposé à Londres, à la la Doré Gallery, où il fut acquis par Charles Whittier, qui ramena l'oeuvre avec lui à Boston. Le tableau devait ensuite rester aux Etats-Unis jusqu'au début des années 1990.
Renouant avec la vision romantique des paysages du début du XIXe siècle, Gustave Doré livre ici une vision imposante, magistrale du Loch Carron, qu'Ernest Chesneau décrivait dans des termes des plus inspirés : "Jamais dans l'art français pareil effet n'avait tenté l'audace de nos paysagistes, ou bien il les avait reculer. La montagne est encapuchonnée dans l'ouate des nuées flottantes, errantes, légères, suspendues dans l'espace, déchirées par les cimes et traversées par les feux en flèche du soleil déclinant qui imprime sur cet écran mouvant la courbe superbe d'un arc-en-ciel. Au centre de cette traînée de couleur orbiculaire, les vapeurs s'écartent et, s'ouvrant comme un rideau, laissent voir les irisations féeriques de la lumière au flanc des monts tapissés de verdure, sillonnés par des rubans d'argent et les fumées des torrents. [...] L'impression est merveilleuse, unique jusqu'à présent dans l'histoire du paysage. [...] Le crépuscule, du même peintre, a le même aspect de grandeur, mais n'a pas comme L'Arc-en-ciel, la saveur si rare d'une nouvelle et glorieuse victoire de l'art sur la nature".
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