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Gustave Moreau (1826-1898)
Les satyres
signé '-Gustave Moreau-' (en bas à gauche) et titré '-Les Satyres-' (en bas au centre)
aquarelle et gouache sur papier
39.5 x 28.2 cm.
signed '-Gustave Moreau-' (lower left) and inscribed '-Les Satyres-' (lower center)
watercolour and gouache on paper
15½ x 11 in.
Provenance
Galerie Allard et Noël, Paris.
Collection M. Baillehache, France (en 1898).
Collection Bernheim, France.
Vente, Galerie Georges Petit, Paris, 4-5 mars 1921, lot 32.
Madame Henri Jonas, France.
Daniel Wildenstein, New York (jusqu'en 1976).
Galerie Hopkins-Custot, Paris.
Triton Collection Foundation, Pays-Bas (acquis auprès de celle-ci, en 1999).
Literature
P. Flat, 'Gustave Moreau', in Revue de l'art ancien et moderne, 10 mars 1898, p. 238 et 240.
P.-L. Mathieu, Gustave Moreau, sa vie, son oeuvre. Catalogue raisonné de l'oeuvre achevé, Paris, 1976, p. 165 et 357-358, no. 396.
P.-L. Mathieu, Gustave Moreau. Monographie et nouveau catalogue de l'oeuvre achevé, Paris, 1998, p. 411, no. 433.
G. Lacambe, Gustave Moreau, catalogue exposition, Paris, Galeries Nationales du Grand Palais, 1998, p. 243-244.
S. van Heugten, Avant-gardes, 1870 to the Present, the Collection of the Triton Foundation, Bruxelles, 2012, p. 556 (illustré en couleurs, p. 128).
Exhibited
Paris, Galerie Georges Petit, Gustave Moreau, 1906, no. 5.
Tokyo, Sentoraru Bijutsukan, Moreau-Bourdelle, octobre-décembre 1971, no. 10.
Yamanashi, Musée départemental d'Art; Kamakura, Musée d'Art moderne et Mie, Musée départemental d'Art, Gustave Moreau et le symbolisme, septembre-décembre 1984, no. 98.
Zurich, Kunsthaus, Gustave Moreau. Symboliste, mars-mai 1986, no. 396.
Seishin, Sogo Department Store Museum et Toyota, Sogo Department Store, septembre-octobre 1992 (sans catalogue).
Rotterdam, Boijmans van Beuningen Museum, From Monet to Picasso, Masterpieces on Paper 1860-1960 from the Triton Foundation Collection, novembre-février 2002 (sans catalogue).
Rotterdam, Kunsthal, 15 jaar Marlies Dekkers, mai-juin 2008 (sans catalogue).

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Natacha Muller
Natacha Muller

Lot Essay

Variously entitled Les Satyres or Muse sacrée, this work seamlessly combines various sources of inspiration for Gustave Moreau: the Italian Renaissance, a Medieval revival and symbolism.
Be it at the Louvre or during his stay in Italy (1857-1859), the artist copied the Old Masters, notably the Venitian Vittore Carpaccio, Leonardo da Vinci and Michelangelo's work in the Sistine Chapel. The background in the present drawing recalls Leonardo da Vinci's enigmatic rocky landscapes immersed with sfumato. From the 1880s onwards the artist's work increasingly reflected a search for formal beauty, often represented in the form of a young, graceful figure with blond hair and thin features. Just as with Leonardo's Saint John (Musée du Louvre, inv. no. 780), the model's sex is deliberately androgynous.
A decade after his Italian journey, Gustave Moreau explored the sumptuousness and richness of colours presented by certain objects and medieval motifs (architecture, textiles, enamels) which he studied at the Louvre and in engraving books of the period. The gold highlights, the motifs which adorn the muse's drapery and the finely worked lyre of the present drawing were thus reminicences of the Middle Ages.
The spirituality incarnated here by a muse with a lyre, probably attributable to Terpsichore, contrasts with the medieval note evoked by Satyrs who gravitate around the androgynous figure. This watercolor can be compared with another drawing by Gustave Moreau with a similar technique where an haloed female musician also stands surrounded by small Satyrs: Sainte Cécile endormant un satyre à ses pieds.
As the present drawing illustrates, a highly tuned palette and textured surface were central themes in Gustave Moreau's graphic work. As in Les satyres, colour does not completely dominate line: the underlying drawing remains present and very elaborate. Gustave Moreau summed up cogently his graphic ideal in these words: "the evocation of the thought by the line, the arabesque and the plastic mediums, here is my purpose." (P. Bittler, P.-L. Mathieu, Catalogue des dessins de Gustave Moreau, Paris, 1983, p. 11). This watercolour was probably executed to satisfy the demand of Moreau's collectors who sought highly finished works such as in this example. Amongst the four hundred and fifty works sold by the artist during his lifetime, almost half of them were watercolours. These works, unlike simple studies, were considered by the artist to occupy an equal place in terms of status and importance as his paintings, as testified by the artist's decision to present several drawings at the Salon of 1876 and at the Exposition Universelle of 1878, proof of the importance and place that they had in his oeuvre (Mathieu, op.cit., 1998, p. 244).


Les diverses sources d'inspiration de Gustave Moreau se conjuguent très harmonieusement dans cette gouache appelée Les Satyres ou Muse sacrée: la Renaissance italienne, le Moyen âge recréé et le Symbolisme. Que ce soit au musée du Louvre ou lors de son séjour en Italie (1857-1859), l'artiste a beaucoup copié les maîtres anciens notamment le vénitien Vittore Carpaccio, Léonard de Vinci et Michel-Ange vu à la chapelle Sixtine. Le décor de l'arrière-plan du présent dessin n'est pas sans rappeler les paysages rocheux énigmatiques aux effets de sfumato qui peuplent les tableaux de Léonard de Vinci. A partir des années 1880, en recherche d'une beauté formelle, Moreau introduit dans son oeuvre une figure jeune, gracieuse, aux longs cheveux blonds et au visage fin. A l'image du Saint Jean de Léonard de Vinci (musée du Louvre, inv. no. 780) l'artiste cultive l'ambiguïté sur le sexe de cet être androgyne.
Une dizaine d'années après son périple italien, Gustave Moreau découvre la richesse des palettes colorées de certains objets et motifs médiévaux (architecture, textile, émaux) qu'il étudie au Louvre et dans des recueils de gravures d'époque. Les rehauts d'or, les motifs qui ornent le haut du drapé de la muse et la lyre très ouvragée du présent dessin sont ainsi des réminiscences de l'art du Moyen Âge.
Dans les années 1880, alors que les néo-impressionnistes sont sur le devant de la scène artistique, Paul Gauguin, dans son ouvrage de 1902 sur les artistes majeurs de la seconde moitié du XIXe siècle, Racontars de rapin, accorde une place marginale à Gustave Moreau. Il est classé avec Puvis de Chavannes et Odilon Redon parmi les symbolistes, dont le mouvement se rattache avant tout au courant littéraire spiritualiste, centré sur la notion d' "idéal". La spiritualité incarnée ici par une muse à la lyre, probablement Terpsichore, s'oppose à la note médiévale évoquée par les satyres qui gravitent aux pieds de la figure androgyne. Cette aquarelle peut être comparée avec une autre feuille de Gustave Moreau à la technique similaire où une musicienne auréolée se tient également debout entourée de petits satyres: Sainte Cécile endormant un satyre à ses pieds%.
A l'instar de la présente feuille, la recherche du coloris le plus juste et l'accumulation de matière - qui caractérise également ses toiles - sont les fils conducteurs de l'oeuvre graphique de Gustave Moreau. Mais ici la couleur ne s'oppose pas à la ligne, le tracé sous-jacent demeure bien présent et très construit. Moreau résumera lui-même très bien son idéal graphique en ces mots: "L'évocation de la pensée par la ligne, l'arabesque et les moyens plastiques, voilà mon but" (P. Bittler et P.-L. Mathieu, Catalogue des dessins de Gustave Moreau, Paris, 1983, p. 11).
Cette aquarelle au caractère très abouti a probablement été réalisée pour satisfaire les demandes pressantes de sa clientèle. En effet, parmi les quatre cent cinquante oeuvres que l'artiste vendit de son vivant, près de la moitié sont des aquarelles. Considérées ainsi comme des oeuvres à part entière, Gustave Moreau en présenta aussi au Salon de 1876 et à l'Exposition Universelle de 1878 (Mathieu, op. cit., p. 244).

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