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GUSTAVE MOREAU (PARIS 1826-1898)
GUSTAVE MOREAU (PARIS 1826-1898)

Léda, le cygne, et l'amour

Details
GUSTAVE MOREAU (PARIS 1826-1898)
Léda, le cygne, et l'amour
signé 'Gustave Moreau.-' (en bas à gauche)
huile sur panneau, avec un sceau portant le monogramme TP au revers
25,5 x 17 cm.
Provenance
Collection Paul Tesse; sa vente, Paris, Hôtel Drouot, 11 mars 1876, lot 40.
Collection John Saulnier (de Bordeaux); sa vente, Paris, Hôtel Drouot, 5 juin 1886, lot 67.
Collection Charles Hayem, en 1889. Collection Louis Mante; sa vente, Paris, galerie Charpentier, 28 novembre 1956, lot 9.
Literature
P. Leprieur, 'Gustave Moreau, et son oeuvre', 1889, p. 446.
P. Flat, 'Gustave Moreau', dans La Revue de l'Art ancien et moderne, 10 mars 1898, p. 232.
G. Rouault, 'Gustave Moreau' dans L'Art et les Artistes, avril 1926, p. 242, repr.
P.-L. Mathieu, Gustave Moreau, sa vie, son oeuvre, catalogue raisonnée de l'oeuvre achevé, Paris, 1976, no. 145, p. 313.
P.-L. Mathieu, Gustave Moreau, Monographie et nouveau catalogue de l'oeuvre achevé, Paris, 1998, no. 166.
Exhibited
Paris, galerie Georges Petit, Gustave Moreau, 1906, no. 79.
Post Lot Text
LEDA, THE SWAN AND CUPID, OIL ON PANEL, SIGNED BY GUSTAVE MOREAU

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Sarah de Maistre
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Lot Essay

Qu'elle soit vénéneuse et charnelle, bourreau ou victime, muse ou amante, la femme a toujours occupé une place déterminante et centrale dans l'oeuvre de Gustave Moreau. L'orgueilleuse Sémélé, la glorieuse Hélène, la vénéneuse Salomé, l'impudique Messaline, toutes ces figures pourtant souvent représentées dans la peinture occidentale prennent un sens nouveau à travers l'esprit chimérique du peintre.
Léda compte évidemment au nombre de ces héroïnes légendaires qui ont hanté l'imaginaire de Moreau. Il a exécuté au moins quatre variations peintes autour de ce même thème. Si la première date de 1846, une époque où Moreau n'a pas encore développé le style si singulier qui fera sa gloire, les trois autres sont à dater des alentours de 1875. La plus importante par la taille (220 x 205 cm), gardée par l'artiste et conservée au Musée Gustave Moreau (fig. 1), ne fut en réalité jamais achevée. Des deux autres, d'un format plus restreint (32 x 23 cm) pour l'une et 25 x 17 cm pour celle-ci), c'est la présente version qui offre sans doute la vision la plus accomplie. Dans un paysage crépusculaire Léda, assise sur un rocher, reçoit avec humilité les faveurs du dieu des dieux métamorphosé en grand cygne blanc. A ses pieds Cupidon observe la scène d'un air réjoui. Loin de tirer un simple prétexte érotique de cette iconographie déjà fréquente dans la peinture occidentale, Gustave Moreau transforme cette amourette divine en une scène mystérieuse et poétique, que l'on pourrait assimiler, selon P.-L. Mathieu, "à [celle] de l'Incarnation dans la religion chrétienne " (P.-L. Mathieu, Gustave Moreau, 1998, p. 176).
Peu de temps avant sa mort, survenue en avril 1898, le peintre sentit le besoin de revenir sur cette figure de Léda, rédigeant à propos de la version qu'il conservait encore ces quelques lignes qui pourraient tout aussi bien s'appliquer à notre tableau qu'à la version du Muse Gustave Moreau :
'Le cygne-roi, auréolé, au regard sombre, pose sa tête sur celle de la blanche figure, toute repliée en elle-même dans la pose hiératique d'initiée, humble sous ce sacre divin.
L'immacule blancheur sous la blancheur divine.
L'incantation se manifeste, le Dieu pénètre, s'incarne en cette beauté pure.
Le mystère s'accomplit'.
Gustave Moreau, L'Assembleur de rêves - Ecrits complets de Gustave Moreau, Fontfroide, 1984, p. 91 (8 août 1897).
Peinte dans le style délicat et raffiné de Moreau, soustraite aux regards depuis son passage en vente dans les années 1950, l'oeuvre a conservé, derrière un vernis assombri, tout son éclat sombre de bijou symboliste.

Poisonous or carnal, executioner or victim, a muse or a lover - the woman has forever been a decisive and key figure in the work of Gustave Moreau. The proud Semele, the glorious Helen, the poisonous Salome or the immodest Messaline: these figures, however often represented in Western painting, take on a new meaning through the chimerical mind of the artist.
Leda is unsurprisingly one of those legendary heroines who have haunted Moreau's imaginary world. He has indeed painted at least four variations around this same theme. If the first one is dated 1846, at a time when Moreau has not yet developed this very particular style that will be his signature, the three others are dated around 1875. The largest (220 cm. high x 205 cm. wide), retained by the artist and kept in the Musee Gustave Moreau (fig. 1), was actually never completed. Of the two others, which are of smaller size (respectively 32 cm high x 23 cm wide and 25 cm high x 17 cm wide for this one), our painting certainly offers the most accomplished vision.
In a crepuscular landscape, Leda, sat on a rock, receives, with humility, the god of gods who has transformed into a large white swan. At her feet, Cupid watches the scene with a cheerful air. Far from using this iconography, already common in Western painting, as a mere erotic alibi, Gustave Moreau changes this divine love affair into a mysterious and poetic scene that could be, according to Mathieu, compared to 'the Incarnation of Christianity' (P.-L. Mathieu, Gustave Moreau, 1998, p. 176).
Not long before his death in April 1898, the artist felt the need to return to the character of Leda. He thus wrote about the version he still owned in these few sentences which could just as well apply to our picture or to the one kept in the Musée Gustave Moreau:

'The swan-King, haloed, with a dark gaze, lay his head on the head of the white figure, who is reflecting in the hieratic pose of the enlightened one, humbled under this divine coronation.
The immaculate purity under that of the divine.
The incantation is under way, the god is penetrating, and is incarnated in this pure beauty.
The mystery is accomplished.'
Gustave Moreau, L'Assembleur de rêves - Ecrits complets de Gustave Moreau, Fontfroide, 1984, p. 91 (8 août 1897).
Painted with the dainty and refined style of Moreau, unseen since it was last sold in the 1950's, the work has retained, the deep radiance of a symbolist jewel, beneath a discolored varnish.

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