HANS HARTUNG (1904-1989)
HANS HARTUNG (1904-1989)

T1949-4

Details
HANS HARTUNG (1904-1989)
T1949-4
signé et daté 'Hartung 49' (en bas à droite)
huile sur toile
89 x 116 cm. (34 3/8 x 65¾ in.)
Peint en 1949.
Provenance
Madeleine Rousseau, Paris
Collection privée, Suisse
Galerie Mony Calatchi, Paris
Exhibited
Lyon, Chapelle du Lycée Ampère, Les Réalités Nouvelles, mai-juin 1949.
Copenhague, Galerie Arne Bruun Rasmussen en collaboration avec la Galerie Denise René, Linien 1949, août-septembre 1949.
Londres, New Burlington Galleries, Anglo-French Exhibits, mars-avril 1950.
Bâle, Kunsthalle Basel, Hans Hartung, Paris - Walter Bodmer, Basel, février-mars 1952.
Post lot text
'T1949-4'; SIGNED AND DATED LOWER RIGHT; OIL ON CANVAS.

Brought to you by

Clémentine Robert et Capucine Tamboise
Clémentine Robert et Capucine Tamboise

Lot Essay

Un certificat d'authenticité de Hans Hartung sera remis à l'acquéreur.
Cette oeuvre est enregistrée dans les archives de la Fondation Hans Hartung et Anna Eva Bergman et sera incluse au catalogue raisonné de l'oeuvre de Hans Hartung actuellement en préparation.

Dans l'atelier d'Arcueil qu'il partage avec sa femme, Roberta Gonzalez, depuis 1938, Hartung a trouvé un refuge où il parvient, dans ces années de l'immédiate après-guerre, à renouer avec sa peinture dans cet espace modeste où les manches de ses pinceaux semblent faire écho à ces diagonales noires qui fendent la surface de ses toiles. Isolé, Hartung l'est doublement dans ce paysage de l'art français au lendemain de la libération car il explore les voies de l'abstraction depuis plus de vingt ans en solitaire et ne parvient pas à trouver sa place dans les courants artistiques défendus alors par la critique.
En 1947, deux rencontres vont être déterminantes pour la future reconnaissance du peintre. En effet, Hartung fait alors la connaissance, lors du Salon des Réalités Nouvelles, du Docteur Ottomar Domnick, un amateur de peinture sans véritable connaissance avec l'art abstrait, mais chez qui se produit un véritable choc à la vue de ses toiles. Grâce à son soutien, l'artiste participe à l'une de ses premières expositions d'envergures d'art abstrait français en Allemagne, passant entre autre par Munich, Stuttgart, Hanovre et Francfort et dont l'affiche avait été réalisée par Soulages.
L'autre soutien décisif de cette période, l'artiste le trouve dans la personne de Madeleine Rousseau, qui fut la première propriétaire de T1949-4, sensible à la force de cette composition exceptionnelle. Elle est alors professeur à l'Institut des Hautes Etudes Cinématographiques et mène en parallèle une activité de critique d'art, dirigeant sa propre revue, Le Musée vivant. Décelant tout le potentiel de la peinture de Hartung elle lui avait déjà organisé une première exposition en 1946 aux côtés de Domela et Schneider, qui suscita notamment l'intérêt Denise René qui les exposa à son tour dans sa galerie.
Surtout, Madeleine Rousseau fur la première à vouloir mettre en avant la singularité de son approche de la technique picturale et permit ainsi la rencontre, en 1948, entre Hartung et un de ses élèves de l'époque, Alain Resnais, afin que celui-ci réalise le tout premier film consacré à l'artiste où l'on peut le découvrir en pleine création. Cette volonté de mettre en avant l'oeuvre de l'artiste aboutit l'année suivante à la publication de la toute première monographie qui lui est consacrée et pour laquelle le Docteur Domnick et Madeleine Rousseau ont cosignés les textes.
T1949-4 offre ainsi la parfaite synthèse des éléments qui composent sa peinture. Il est alors le seul de sa génération à travailler par le procédé de la mise au carreau qui lui permet de retranscrire - tout en augmentant l'échelle - les découvertes graphiques qu'il opère dans un premier temps sur papier. "N'y change rien. Gardes-en même les accidents, les imprévus qui ont surgit de la technique de l'aquarelle, du crayon, de l'encre et de la cire." (in P. Daix, Hans Hartung, Paris 1991, p. 170) lui avait un jour conseillé Hélion et Hartung n'a rien changé. Au contraire, il s'applique à reporter dans sa peinture la liberté que lui a procurée le travail sur papier. Renonçant à toute sollicitation de pure représentation du monde extérieur, d'influence de la nature, il s'applique à recueillir, dans les superpositions de ces lignes noires et les nuances subtiles de jaune et de brun orangé, ses propres impulsions, un monde intérieur libéré par le dessin et la couleur : "En peinture, il faut que tout soit juste : les lignes, les courbes, les formes, les angles, les couleurs, les valeurs pour former une image qui puisse durer, qui frappe l'attention, qui soit l'expression définitve d'un phénomène, d'une émotion." (in M. Lefèvre, Hans Hartung. Autoportrait, Paris 1976, p.96).




In the immediate post-war years, the studio in Arcueil that Hartung had been sharing with his wife Roberta Gonzalez, since 1938, existed as a kind of shelter. In this modest space, the artist progressively managed to reconnect with his painting - showing distinct use of brushwork which seems to echo the black diagonal lines sweeping through the surface of the canvas.
However, Hartung appeared further isolated from the French art landscape that followed the Liberation : having been exploring abstraction on his own for more than twenty years, his paintings definitively did not fit with the prevailing artistic trends.
In 1947, the artist however made two acquaintances that would proove to be decisive for his future recognition.

During the Salon des Réalités Nouvelles, Hartung first met Doctor Ottomar Domnick, connoisseur but who did not possess any knowledge of abstract art, but who was stunned when he first saw Hartung's paintings. Thanks to his support, the artist participated in one of the very first key exhibitions of French abstract art in Germany. The latter, whose advertising material was created by Soulages, was, among others, shown in Munich, Stuttgart, Hanover and Francfort .
Hartung's second important support throughout this period was Madeleine Rousseau. Sensitive to the strength created by the composition of the artist's paintings, Madeleine Rousseau, teacher at the Institute of Cinematography, was also an art critic, and directed her own review, called Le Musée vivant. Sensing the full potential of Hartung's painting, she became the first owner of the present work T1949-4. Prior to this she had already set up an exhibition for him in 1946 - together with Domela and Schneider - that arose, in particular, the interest of Denise Ren, who would thereafter exhibit Hartung's works in her gallery.
Madeleine Rousseau was the first critic able to highlight the singularity of the artist's pictural technique. In 1948, she organized for Hartung to meet one of her current students, Alain Resnais. The latter would later execute the very first film dedicated to the artist, highlighting in particular his creative process. The following year, Hartung's very first monograph was published. It was cosigned by the Doctor Domnick and Madeleine Rousseau.

T1949-4 highlights many of the characteristic to be found in Hartung's painting. At the time, no other artist began their creative process by laying down a grid. Such technique let Hartung to not only increase the scale of his preparatory works on paper, but also reproduce the graphic discoveries he had initially made. Hlion one day advised the artist : " Do not change anything. Even keep the accidents, the unexpected events that have arisen from the technique of watercolor, of pencil, of ink, of wax. "(in P. Daix, Hans Hartung, Paris 1991, p. 170) However, Hartung changed nothing. On the contrary, he kept on carefully reporting through his painting, the freedom that has resulted from his works on paper - forgetting about any pure representation of the outside world or of the influence of Nature. On the contrary, he carefully attempted to collect, through the superimposings of black lines and subtle nuances of yellow and brown-orange, his own impulses - an interior world released from drawing and colors : " In painting, everything has to be right : the lines, the curves, the forms, the angles, the colors, the values to form an image that can last, that strikes the attention, that is the definitive expression of a phenomenon, of an emotion. " (in M. Lefbvre, Hans Hartung. Autoportrait, Paris 1976, p. 96).

More from Collection Denise Lévy

View All
View All