HANS HARTUNG (1904-1989)
ƒ: In addition to the regular Buyer’s premium, a c… Read more IMPORTANTE COLLECTION PRIVÉE EUROPÉENNE
HANS HARTUNG (1904-1989)

T1947-47

Details
HANS HARTUNG (1904-1989)
T1947-47
huile sur toile
97 x 130 cm. (38 1/8 x 51 1/8 in.)
Peint en 1947.
Provenance
Galerie Lydia Conti, Paris
Collection Eleanor & Stanley Sinton, San Francisco
Collection privée, Belgique
Acquis auprès de celle-ci par le propriétaire actuel
Exhibited
Paris, Galerie Lydia Conti, Hans Hartung, 1947.
Munich, Städtische Galerie im Lenbachhaus; Düsseldorf, Kunsthalle; Hanovre, Kestner Museum; Hambourg, Kunsthalle; Francfort, Frankfurter Kunstkabinett; Wanderausstellung Französischer Abstrakter Malerei, 1948-1949.
Salon d'automne, Lyon, 1949.
San Francisco, San Francisco Museum of Art, Art in the twentieth century: commemorating, mars 1955.
San Francisco, San Francisco Museum of Art, Art from France, octobre 1956.
San Francisco, San Francisco Museum of Art, Modern Masters in West Coast Collections, octobre 1960.
Special notice

ƒ: In addition to the regular Buyer’s premium, a commission of 5.5% inclusive of VAT of the hammer price will be charged to the buyer. It will be refunded to the Buyer upon proof of export of the lot outside the European Union within the legal time limit. (Please refer to section VAT refunds)
Post lot text
'T1947-47'; OIL ON CANVAS.

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Lot Essay

Cette oeuvre est enregistrée dans les archives de la Fondation Hans Hartung et Anna Eva Bergman et figurera au catalogue raisonné de l'oeuvre de Hans Hartung actuellement en préparation.


'Les pionniers sont souvent découverts grâce à leurs suiveurs.' écrit Michel Ragon au sujet de l'oeuvre de Hans Hartung (in 50 ans d'art vivant, Chronique vécue de la peinture et de la sculpture, 1950-2000, Paris, 2001, p. 134). L'ensemble des six oeuvres présentées dans cette section et provenant toutes de la même collection ne peut que confirmer ce constat. Hartung est sans conteste un des artistes les plus importants pour l'abstraction du siècle passé, et, à ce titre, celui qui a bénéficié de la reconnaissance la plus tardive tant il est vrai que son travail est resté méconnu pendant de nombreuses années, notamment en raison de l'histoire personnelle de l'artiste et des circonstances tragiques de la seconde guerre mondiale. En effet, en 1945, il doit à nouveau tout recommencer et a tout à démontrer car ses travaux d'avant-guerre ont été oubliés voire détruits. Né en 1904, peut-être trop tôt, il devance d'une quinzaine d'années les jeunes abstraits de l'époque que sont Soulages, Hantaï ou Mathieu. Sa figure demeure à l'écart entre la génération des précurseurs - Hélion, Harp, Paalen et Kandinsky aux côtés desquels il expose en 1936 ses premières toiles à la galerie Pierre - et ses cadets qui formeront bientôt ce qu'on appelle la 'Nouvelle École de Paris'. Son parcours reflète ainsi la liberté inouïe avec laquelle il trace sa propre voie, dès 1921-1922 et ses premières aquarelles abstraites, dans un paysage artistique où il ne se reconnaît aucune véritable famille artistique ni mouvement.

Réalisées entre 1946 et 1951, ces six toiles constituent un échantillon particulièrement représentatif d'une des périodes de créations les plus intenses et les plus riches dans la vie de l'artiste. En effet, en 1946, il rencontre la jeune critique d'art Madeleine Rousseau qui, conquise par son travail, l'aide à se frayer un chemin parmi les difficultés de cette période de reconstruction. Elle le présente notamment à la galeriste Lydia Conti qui lui offre sa toute première exposition personnelle, mais elle aura également l'idée de le présenter à l'un de ses élèves, Alain Resnais, qui réalise alors une de ses tout premiers films sur l'artiste. Hartung a alors plus de vingt-cinq années de recherches esthétiques derrière lui et a parfaitement compris ce qui animait sa peinture lorsque le critique Charles Estienne l'interroge : 'Il s'agit d'un état émotionnel qui me pousse à tracer, à créer certaines formes afin d'essayer de transmettre et de provoquer une émotion semblable chez le spectateur. [...]. C'est cette envie qui me pousse : l'envie de laisser la trace de mon geste sur la toile, sur le papier. Il s'agit de l'acte de peindre, de dessiner, de griffer, de gratter.' (in Hans Hartung - Autoportrait, Paris, 1976, p. 180).

L'année suivante, en 1948, il cède aux avances de Louis Carré et accepte que le marchand dont la galerie est particulièrement en vue le représente désormais. Progressivement, la réputation de l'artiste s'installe et dépasse les frontières de la France. Certaines des oeuvres de cet ensemble témoignent de cette reconnaissance internationale au début des années 1950, en Allemagne, en Suisse ou encore aux Etats-Unis comme ce fut le cas pour cette composition exceptionnelle qu'est T1947-47.

A travers ces six tableaux, s'affiche toute la dialectique de l'oeuvre de Hans Hartung partagée entre un travail de la couleur par aplats, aux compositions structurées, dans T1946-26, T1947-47 et T1950-44, et une recherche de la ligne, du tracé nerveux dont le noir vibre et vient animer la surface dans T1946-33, T1950-43 et T1951-30. Tout son art est là: dans cet équilibre tendu qu'il parvient à trouver au sein de chaque oeuvre où le dessin trouve sa pleine expression à travers la peinture. 'Toujours, toujours, je cherchais une loi, la règle d'or, alchimie du rythme, des mouvements, des couleurs. Transmutation d'un désordre apparent dont le seul but était d'organiser un mouvement parfait, pour créer l'ordre dans le désordre, créer l'ordre par le désordre.' (cité in G. Bonnefoi, Les Années Fertiles 1940-1960, Villefranche-de-Rouergue, 1988, p.28).


"Pioneers are often discovered through their followers," wrote Michel Ragon about the work of Hans Hartung (in 50 Ans d'Art Vivant, Chronique Vécue de la Peinture et de la Sculpture, 1950-2000, Paris, 2001, p. 134). All six works presented in this section, all from the same collection, only help confirm this observation. Hartung was undoubtedly one of the most important artists of the last century for abstraction and yet his work was recognised most belatedly, as he remained undiscovered for many years. This was particularly due to the artist's personal history and the tragic circumstances of the Second World War, since after 1945 he had to begin again from scratch and had everything to prove since his pre-war work had been forgotten, even destroyed. Born in 1904, perhaps too early, he was 15 years younger than the young abstracts of the period such as Soulages, Hantaï and Mathieu. He was adrift between the generation of pioneers - Hélion, Harp, Paalen and Kandinsky alongside whom he exhibited his first works at the Galerie Pierre in 1936 - and the younger artists who would come to be referred to as the "New School of Paris". His career therefore mirrored the completely liberated way in which he forged his own path, from 1921-1922 and his first abstract watercolours, in an artistic landscape in which he did not belong to any artistic family or movement.

Produced between 1946 and 1951, these six are a particularly representative sample of one of the most intense and rich periods of creativity in the artist's life. In 1946, he met the young art critic Madeleine Rousseau who, won over by his work, helped him make his way through this difficult period of reconstruction. In particular she introduced him to the gallery owner Lydia Conti, who offered him his very first personal exhibition, but she also had the idea of introducing him to one of her pupils, Alain Resnais, who made one of his very first films about the artist. By then, Hartung had more than 25 years of artistic research behind him and a perfect understanding of what drove his painting when interviewed by the critic Charles Estienne: "It is an emotional state which drives me to draw, to create certain shapes in order to try to transmit and provoke a similar emotion in the spectator. [...]. It is this desire which drives me: the desire to leave a trace of my movement on the canvas or on the paper. It is the act of painting, drawing, scratching, scraping.' (in Hans Hartung - Autoportrait, Paris, 1976, p. 180).

The following year, in 1948, he gave in to the advances of Louis Carré and agreed to allow this dealer, with a particularly high-profile gallery, to now represent him. The artist's reputation gradually became established and spread beyond the borders of France. Some of the works in this group testify to this international recognition at the start of the 1950s, in Germany, Switzerland and even the United States, as is the case with the exceptional composition which is T1947-47.

These six paintings express the whole dialectic of Hans Hartung's work, between the use of blocks of colour, with structured compositions, in 1946-26, T1947-47 and T1950-44, and a search for lines, the hesitant marks whose black pulsates and breaks through the surface in T1946-33, T1950-43 and 1951-30. All his art is here, in this tense balance he manages to find in each work, where drawing finds its full expression through the paint. "Always, always I looked for a law, the golden rule, an alchemy of rhythm, movement and colour. Transmutation of an apparent disorder, the only goal of which was to organise a perfect movement, to create order in disorder, to create order through disorder."(quoted in G. Bonnefoi, Les Anneés Fertiles 1940-1960, Villefranche-de-Rouergue, 1988, p.28).
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