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Jacques Adnet (1900-1984)
MÉTAL, VERRE ET NOUVEAUX MATÉRIAUX Les lingots d'aluminium présentés dans le cadre de l'Exposition Universelle de 1855 ont une valeur supérieure à celle de l'or. Trois quarts de siècle plus tard, vers 1930, l'aluminium sera devenu le plus répandu des matériaux nouveaux, utilisé non seulement pour la fabrication de mobilier et de luminaires, mais aussi dans l'industrie aéronautique, automobile et maritime. L'aluminium poli qui ressemble à l'argent, évocateur du luxe, symbolise ces avancées technologiques. Les lampes de Jacques Le Chevallier, et plus particulièrement sa lampe de table 'Sphère éclatée', en sont le parfait exemple. Composée d'une sphère orientable d'inspiration cubiste, elle est posée sur un socle comme un échantillon métallurgique précieux. L'utilisation de l'aluminium pour la fabrication de meubles sera néanmoins limitée, l'acier offrant une alternative beaucoup plus appropriée et robuste. Nourri par les recherches de Marcel Breuer, alors qu'il est au Bauhaus, l'emploi des plaques et tubes d'acier dans le mobilier sera très répandu auprès des tenants de l'avant-garde française. Le traitement de sa surface, tout d'abord nickelée, puis chromée, double ses qualités industrielles d'une portée plus symbolique, devenant un emblème presque imperceptible d'une Modernité aux lignes épurées. La petite table d'appoint en métal nickelé et aluminium d'Eileen Gray, datée 1927, ainsi que la chaise longue ajustable 'B306' de Le Corbusier, Charlotte Perriand et Pierre Jeanneret, vers 1928-1930, demeurent des exemples aboutis de cette nouvelle esthétique industrielle. Si les métaux polis, nickelés ou chromés jouent avec l'idée d'une structure réfléchissante invisible, c'est seulement l'utilisation du verre qui permettra d'atteindre une réelle 'invisibilité'. La collaboration de René Coulon avec les Glaceries de Saint-Gobain donnera lieu en 1937 à une remarquable série de meubles en verre trempé, mis au point pour l'industrie automobile. Et bien qu'aucun des meubles de Coulon ne dépassera le stade du prototype, ces recherches rendent compte de l'approche méthodique qui lie esthétique rationnelle et procédés industriels. À l'emploi de ces nouveaux matériaux, s'ajoutent des matériaux et techniques détournés de leur fonction initiale, et jugés jusque là inappropriés à leur nouvelle utilisation. Ainsi en 1931 Jean Fouquet choisira un roulement à billes en acier chromé associé à de l'ébonite - un isolant électrique - pour orner le poignet des femmes (lot 35). En 1930 Charlotte Perriand posera quant à elle un tapis de caoutchouc sur le plateau de sa table extensible, actionné par une manivelle sur un côté, lui conférant les propriétés d'un objet industriel, presque 'automoteur' (lot 20). Enfin Émile-Jacques Ruhlmann lui-même sera sensible aux influences de l'esthétique et de la technologie automobile. Sa chaise 'aux skis' (lot 18), de 1929, si elle ne peut manquer d'évoquer le glissement d'une luge, està rapprocher d'un siège d'automobile, quand on connaçt le confort de son assise et la complexité du tableau de commande électrique. Quant aux frères Martel, ils optent pour des matériaux inattendus, tels que le Lakarmé, l'aluminium ou le zinc découpé en plaques, dont ils créent des sculptures. Les trente cinq premières années du 20ème siècle connaçtront un développement sans précédent de matériaux nouveaux et de techniques de production performantes. En adoptant ces avancées techniques, les architectes, les artistes, les décorateurs et les industriels créent un langage, puissant et expressif, témoignage d'une véritable modernité. METAL, GLASS AND NEW MATERIALS At the Paris Exposition Universelle of 1855, solid aluminium bars - which at the time held a value greater than that of gold - were exhibited. And yet by 1930, aluminium had become the most ubiquitous of all modern materials, used for the manufacture not only of lighting and furniture, but also of aircraft, automobiles, and ships. Polished aluminium resembled silver, thus emphasizing a luxurious quality, whilst underlining an industrial, modern heritage. The lamps designed by Jacques Le Chevallier acknowledged these qualities, notably his 'Sphère éclatée' table lamp, with an adjustable, Cubist-inspired sphere presented upon a platform as if it were a metallurgical sample. Aluminium found limited use in the manufacture of furniture, and for this purpose steel was found to be a far more suitable and robust alternative. Inspired by the developments initiated by Marcel Breuer whilst at the Bauhaus, the use of tubular and sheet steel for the creation of furniture was, by 1930, prolific amongst the French avant-garde. By plating the surface of the steel with nickel, and later chrome, the industrial properties of the metal were transformed into an almost invisible statement of clean-lined modernity. Eileen Gray's nickelled tubular steel and aluminium occasional table of 1927, and Charlotte Perriand's B306 adjustable chaise of 1928-1930, remain fluent and confident statements representative of this industrial, yet elegant, aesthetic. If polished, nickelled or chromed metals came close to suggesting a reflective, invisible structure, then it would be only through the use of glass that true invisibility could be achieved. René Coulon's collaboration with the Saint-Gobain glassworks in 1937 yielded a remarkable series of furniture that were almost entirely constructed from toughened glass. The glass had been developed for the automobile industry, and although none of Coulon's designs were developed beyond the stage of prototype, these experiments underlined the methodical alliance between rational design and industrial process. In addition to the use of these newly developed materials, the period also witnessed the appropriation of materials and techniques that had previously been considered unsuitable for the functions they now served. Chromed steel ball-bearings and ebonite - an electrical insulator - were chosen by Jean Fouquet to ornament a woman's wrist in 1931 (lot 35). Charlotte Perriand's extending dining table of 1930 features a retractable top of rubberized linoleum, with a crank-handle to the side, emphasising the table's qualities as an industrial, almost automotive object (lot 20). The influence of automobile styling and technology infused even the work of Emile-Jacques Ruhlmann - for whilst the supports of his Maharaja chaise of 1929 (lot 18) invites the forward motion of a sleigh, the relaxed sitting position and complex electronics again recall the automobile. Improbable materials were also to be found in the sculpture of Jan & Joël Martel, who were able to elevate Lakarmé, aluminium, and even zinc sheeting to a status appropriate for sculpture. The first thirty-five years of the twentieth century had witnessed unprecedented development in the creation of new materials, pre-fabrication, and the harnessing of effective manufacturing techniques. By responding to these developments, architects, artists, designers and manufacturers had been quick to recognise the potential that these new techniques offered, and through the creation of dramatic and expressive new forms, a new aesthetic language - one that was truly Modern - had been created.
Jacques Adnet (1900-1984)

SUSPENSION, VERS 1930

Details
Jacques Adnet (1900-1984)
Suspension, vers 1930
En métal tubulaire nickelé, le fût cylindrique terminé par une boule en verre incolore et agrémenté de deux cadres rectangulaires entrecroisés, chacun muni de six néons
Hauteur : 88 cm. (34½ in.) ; Longueur : 83,5 cm. (32 7/8 in.) ; Largeur : 83 cm. (32 5/8 in.)
Post lot text
A NICKELLED TUBULAR METAL SUSPENSION LIGHT, ARRANGED AS TWO INTERSECTING RECTANGLES, FITTED WITH TUBE LIGHTS, WITH GLASS SPHERE DROP, BY JACQUES ADNET, CIRCA 1930

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Lot Essay

Cf. : Art et Industrie, Paris, novembre 1926, p. 30 ;
Répertoire du Goût Moderne, éditions Albert Lévy, Paris, 1929, n. 2, pl. 26 pour le dessin d'un modèle similaire de plus grande taille ;
Art et Industrie, Paris, janvier 1929, p. 30 ;
Guillaume Janneau, Le Luminaire et les Moyens d'Eclairages Nouveaux, Editions d'Art Charles Moreau, Paris, 1930, pl. 1

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