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JEAN-PAUL RIOPELLE (1923-2002)
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JEAN-PAUL RIOPELLE (1923-2002)

Sans titre

Details
JEAN-PAUL RIOPELLE (1923-2002)
Sans titre
signé 'Riopelle' (sur le châssis)
huile sur toile
89.2 x 142.2 cm. (35 1/8 x 56 in.)
Peint en 1951.
Provenance
Collection Shirley Jaffe, Paris
Puis par descendance au propriétaire actuel
Literature
Y. Riopelle, Jean Paul Riopelle. Catalogue raisonné: Tome 2 1954-1959, Addendum au Tome 1, 1939-1953, Montréal, 2004, No. 1951.015H.1951 (illustré en couleur p. 421).
Exhibited
Philadelphie, Hendler Gallery, Group Exhibition, 1952.
Special notice

VAT at a rate of 5.5% will be payable on both the hammer price and the Buyer’s premium. It will be refunded to the Buyer upon proof of export of the lot outside the European Union within the legal time limit. (Please refer to section VAT refunds).
This item will be transferred to an offsite warehouse after the sale. Please refer to department for information about storage charges and collection details.
Post lot text
'UNTITLED'; SIGNED ON THE STRETCHER; OIL ON CANVAS.

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Valentine Legris
Valentine Legris

Lot Essay

« Shirley Jaffe : ma relation personnelle avec Jean Paul était de peintre à peintre. Il s’intéressait à mon travail comme au travail des autres en général, sans se soucier d’autre chose que de peinture, et indifféremment du fait que j’étais une femme artiste. Ce qui était rare, à l’époque, parmi les hommes.(…)

- Michel Waldberg : de quelle façon regardiez-vous sa peinture à l’époque ?

- Shirley Jaffe : j’étais impressionnée. Elle était comme lui d’une extrême générosité. (…) sensible et généreux, c’est ainsi que jean paul et sa peinture me sont toujours apparus. »

“Shirley Jaffe: My personal relationship with Jean Paul was painter to painter. He was interested in my work, as he was in other people’s work in general, without concerning himself about anything other than painting or about the fact that I was a woman artist. That was rare in those days, among men. (…)
- Michel Waldberg: How did you see his painting at the time?
- Shirley Jaffe: I was impressed. Like him, it had an extreme generosity. (…) Sensitive and generous, that was how Jean Paul and his painting always appeared to me.”

Shirley Jaffe, quoted in M. Waldberg, Riopelle vu par…, Paris, 2004, p. 67.



La scène artistique parisienne de l’après-guerre est marquée par une effervescence sans pareille, qui fera dire à l’historienne d’art Geneviève Bonnefoi que cette période fut celle des « années fertiles ». Comme beaucoup d’autres jeunes artistes étrangers, Jean-Paul Riopelle s’installe à Paris en 1950, quittant le Canada où il avait débuté sa carrière artistique quelques années plus tôt. Il commence alors à fréquenter certaines des figures les plus importantes de la peinture française de l’époque : Georges Mathieu, Maria-Helena Vieira Da Silva, Zao Wou-Ki, Henri Michaux. Au même moment, les artistes américains affluent massivement vers la capitale française, bénéficiant du « GI’s Bill » pour venir étudier en France. C’est dans ce contexte que Riopelle fait la connaissance de Sam Francis, Norman Bluhm, Saul Steinberg, Ruth Francken et donc Shirley Jaffe. Cette dernière, qui fut la propriétaire de Sans titre, jouera un rôle décisif dans la vie du peintre canadien, non seulement en tant qu’amie et artiste respectée, mais également parce que c’est elle qui lui présentera Joan Mitchell, avec qui il débutera dès lors une longue relation à la fois artistique et amoureuse, comme le rappelle Joan Mitchell dans une interview réalisée par Linda Nochlin en 1986 : « C’est grâce à Shirley que j’ai débuté une relation longue de vingt-quatre ans ».

Sans titre est un exemple éclatant de l’apport de Jean-Paul Riopelle à l’histoire de l’art. Lorsqu’il découvre l’œuvre de Vincent Van Gogh, à Montréal au milieu des années 1940 dans le cadre de l’exposition Cinq Siècles d’art hollandais, le jeune peintre, alors essentiellement influencé par le Surréalisme, voit sa vision de l’art profondément chamboulée. « C’est là que je me suis mis à mettre en doute tout ce que j’avais fait, toute ma conception de l’art. Je suis retourné les voir quatre-vingt fois » (Jean-Paul Riopelle cité in Jean-Paul Riopelle Peinture 1946-1977, catalogue d’exposition, Paris, Centre Pompidou - Musée National d’Art Moderne, septembre-novembre 1981, p. 13). Cette expérience décisive l’entrainera vers une peinture exprimant la synthèse de l’automatisme surréaliste et de la sensibilité singulière à la nature du maître hollandais. Souvent comparé à Jackson Pollock et sa technique du dripping (où la peinture n’est plus déposée sur le tableau par l’intermédiaire d’un pinceau mais projetée directement sur la toile depuis le pot), l’art de Jean-Paul Riopelle s’en distingue pourtant sensiblement : quand l’Américain trace sur la surface des arabesques et des courbes fluides entrelacées les unes dans les autres, le Canadien, lui, tire des traits épais et droits, orientés en vecteurs qui se croisent. Chez Pollock, l’énergie circule dans l’espace clos de la toile ; chez Riopelle, elle déborde des limites du tableau. En outre, la matière occupe une place importante dans l’approche artistique de Riopelle : épaisseurs, empâtements, profondeurs et transparences jouent un rôle décisif dans ses œuvres. Ainsi que le décrit son ami et critique d’art Patrick Waldberg : « Parfois la surface de la toile se filigrane d’un réseau de fibrilles échevelées, entrelacs arachnéens dont les teintes d’un raffinement extrême accentuent la somptuosité grave du fond, ici et là entrevu, et que modulent les splendeurs du ciel lunaire ou les éclats du plein soleil ».

Dans Sans titre, la matière est appliquée au couteau, en touches courtes et nerveuses, dans lesquelles les couleurs se superposent pour engendrer de vastes mosaïques diaprées. Ici, ce sont des rouges, des blancs vifs et francs, des verts et des bleus aux tonalités maritimes qui viennent chevaucher des zones plus sombres de bruns et de noirs. En superposition, des drippings et éclaboussures de peinture blanche, outremer, ocre et rose pâle parcourent la surface et lui impriment comme une marbrure. Loin d’imiter la nature, Riopelle s’adonne ici à en retranscrire la vibration singulière, le scintillement polychrome et lumineux. Cette liberté fait écho aux vers de Victor Hugo, que Georges Duthuit cite pour décrire l’œuvre du peintre canadien : « Il regarde tant la nature /Que la nature a disparu ».



The art scene in post-war Paris was characterised by unparalleled feverish activity, that would lead art historian Geneviève Bonnefoi to say that this period was that of the “fertile years”. Like many other young, foreign artists, Jean-Paul Riopelle settled in Paris in 1950, leaving Canada where he had begun his artistic career a few years earlier. He then started to rub shoulders with some of the most important figures in French painting of the day: Georges Mathieu, Maria-Helena Vieira Da Silva, Zao Wou-Ki and Henri Michaux. At the same time large numbers of American artists flocked to the French capital, taking advantage of the “G.I. Bill” to come and study in France. It was against this background that Riopelle made the acquaintance of Sam Francis, Norman Bluhm, Saul Steinberg, Ruth Francken and so of Shirley Jaffe too. She was the owner of Untitled and was to play a decisive role in the Canadian painter’s life, not only as a friend a respected artist, but also because it was she who introduced him to Joan Mitchell, with whom he immediately began a long, both artistic and amorous relationship, as Joan Mitchell recalled in an interview with Linda Nochlin in 1986: “Shirley introduced me to the The Twenty-Four-Year- Live-In”.

Untitled is a striking example of Jean-Paul Riopelle’s contribution to the history of art. When he discovered the work of Vincent Van Gogh, in Montreal in the mid 1940s at the Cinq Siècles d'art hollandaise (Five Centuries of Dutch Art), the young painter’s view of art, then primarily influenced by Surrealism, was profoundly shaken. “It was then that I began to doubt everything I had done, my whole conception of art. I went back to see them twenty-four times.” (Jean-Paul Riopelle quoted in Jean-Paul Riopelle Peinture 1946-1977, exhibition catalogue, Paris, Centre Pompidou - Musée National d'Art Moderne, September-November 1981, p. 13). This decisive experience would lead him towards a kind of painting expressing the synthesis of Surrealist automatism and the special sensitivity to nature of the Dutch master. Often compared to Jackson Pollock and his ‘dripping’ technique (in which the paint is no longer applied to the picture with a brush but thrown on to the canvas straight from the pot), yet Jean-Paul Riopelle’s art differs from it significantly: while the American marks the surface with intertwined arabesques and flowing curves, the Canadian draws thick, straight lines to create intersecting vectors. In Pollock’s work, the energy circulates within the confined space of the canvas; in Riopelle’s, it overflows the edges of the picture. In addition, the material occupies an important place in Riopelle’s artistic approach: layers, impasto, depths and transparencies play a vital role in his works. As his friend and art critic, Patrick Waldberg, described it: “Sometimes the surface of the canvas is a filigree network of chaotic fibrils, a spider’s web of interlaced knots whose extremely elegant colours accentuate the deeply impressive background glimpsed here and there, that temper the splendours of the lunar sky or shards of bright sunlight”.

In Untitled, the paint is applied with a palette knife, in short, nervous strokes, in which the colours are superimposed to create vast multi-coloured mosaics. Here are reds, bright solid whites, sea greens and blues used to overlap the darker areas of browns and blacks. Superimposed “drippings” and splashes of white, ultramarine, ochre and light pink paint cover the surface and print it like a marble. Far from imitating nature, Riopelle here devotes himself to transcribing the distinctive vibration, the bright, multi-coloured shimmer. This freedom echoes a poem by Victor Hugo, quoted by Georges Duthuit to describe the Canadian painter’s works: “Il regarde tant la nature / Que la nature a disparu“ (He looks so much at nature / That nature disappears).

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