Leonor Fini (1907-1996)
Leonor Fini (1907-1996)

Petite divinité chtonienne

Details
Leonor Fini (1907-1996)
Petite divinité chtonienne
signé deux fois et daté 'Leonor Fini 1946 Leonor FINI' (en bas à droite)
huile sur toile
49.2 x 55.7 cm.
Peint en 1946

signed twice and dated 'Leonor Fini 1946 Leonor FINI' (lower right)
oil on canvas
19 3/8 x 21 7/8 in.
Painted in 1946
1
Provenance
Georges Sébastien, Tunisie.
Renato Wild, Italie.
Collection particulière, Italie.
Acquis auprès de celle-ci par le propriétaire actuel.

Lot Essay

Richard Overstreet a confirmé l'authenticité de cette œuvre.

Caractéristique de la production du milieu des années 1940, Petite divinité chtonienne est l’une des œuvres les plus abouties et troublantes de Leonor Fini. Forte d’une référence à la tradition des mémento-mori, cette image d’une décrépitude foisonnante et bouillonnante est un bel exemple d’oxymore: l’artiste souligne ainsi la dualité de toute chose. Comme si nous regardions à travers un microscope «surréaliste» ou alors, comme plongé dans un rêve - libre de toute incursion de la raison ou des valeurs reçues -, on observe de l’humus avec minutie: des feuilles, des débris en putréfaction, des chenilles et des femmes-végétales. Dans la pénombre d’un décor aux tons verts et bruns, cette atmosphère mystérieuse est à mettre en relation avec les forêts d'Ucello et Pisanello que Fini admire tant. Au milieu de cette vision irréelle, apparaissent deux superbes visages féminins qui naissent et se fondent dans la nature.
Cette représentation de la femme et du monde végétal et animal sera un des thèmes très appréciés par d’autres artistes surréalistes ou dans la mouvance, tels que Magritte, Ernst, Brauner, Carrington, Kahlo ou Tanning. Bien que Leonor Fini ne fasse jamais partie du mouvement surréaliste, elle n’en demeure pas moins proche de leur pensée. D’ailleurs, Max Ernst décrira les œuvres de son amie: «l’audacieux se laisse volontiers aspirer par ce vide à l’envers et - exorbitante récompense - il y découvre que cet abime, qui paraissait ténébreux (gélatineux), est peuplé du plus étonnant musée d’êtres fabuleux. Qu’il est épuré de toute chose dangereuse, et de tout immondice» (cité in R. Overstreet, Leonor Fini, Paris, 2001, p. 166).

Characteristic of her work of the mid 1940s, Petite divinité chtonienne is an accomplished and fascinating illustration of Leonor Fini’s powerful creativity. A strong allusion to the tradition of the memento mori, this teeming and effervescent image of decay is a fine example of a visual oxymoron, whereby the artist underlines the duality of existence. As if looking through a “surrealist” microscope or immersed in a dream - free from the incursions of reason or received values ??- we are brought into close observation with a surface of leaves, rotting debris, caterpillars and vegetal-women. Twilight descends on a scene of dappled green and brown, the mysterious atmosphere bringing to mind the forests of Uccello and Pisanello which Fini so admired. Central to this unearthly vision, two magnificent feminine faces emerge, born in and fused to nature.
This dual depiction of woman and the vegetal or animal world would become one of the themes of predilection for other artists of the surrealist movement, such as Magritte, Ernst, Brauner, Carrington, Kahlo or Tanning. Although Leonor Fini would never officially join the movement, her approach remained remarkably similar to theirs. Max Ernst, friend to the artist, described the impact of her artwork as: “anyone bold enough is willingly sucked in by that inside-out void - excessively rewarding - to discover that the abyss, which seemed dark and viscous is populated by the most surprising museum of fabulous creatures. It is purified of any dangerous thing, and of all waste” (cited in R. Overstreet, Leonor Fini, Paris, 2001, p. 166).


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