Louis Soutter (1871-1942)
Louis Soutter (1871-1942)

L'encombrement perpetuel

Details
Louis Soutter (1871-1942)
L'encombrement perpetuel
daté et titré 'L'encombrement perpetuel 1939' (au revers)
encre de Chine sur papier
50.7 x 64.7 cm.
Exécuté au pinceau et au doigt en 1939

dated and titled 'L'encombrement perpetuel 1939' (on the reverse)
India ink on paper
20 x 25 ½ in.
Executed with brush and fingers in 1939
Provenance
Collection Rivoire, Genève.
Collection particulière, La Chaux-de-Fonds (avant 1976).
Collection particulière, Paris.
Literature
M.Thévoz, Louis Soutter, Catalogue de l’œuvre, Zurich, 1976, p. 314, no. 2500 (illustré).
Post lot text
L’encombrement perpétuel, titre inscrit par Louis Soutter au dos de ce dessin se prête à plusieurs interprétations. Dans le sens le plus immédiat, il se rapporte à la situation douloureuse dans laquelle se trouve la figure centrale du dessin, courbée pour l’éternité sous le poids de la croix qu’elle porte. Soutter a quant à lui également eu une vie extrêmement éprouvante, surtout pendant ses vingt dernières années, qu’il a vécues dans une isolation presque totale, enfermé dans une institution. Le cumul de frustrations ressenties par l’artiste dans cette réclusion l’a conduit à créer, à cette période de sa vie, un corpus de dessins exécutés d’une manière particulière. Exécuté en 1939, L’encombrement perpétuel fait partie d’un ensemble d’œuvres de grandes dimensions qualifiées de peintures au doigt, technique que l’artiste a pratiqué de 1937 jusqu’à sa mort, survenue en 1942. Hautement idiosyncratiques et témoignant de son intérêt pour des sujets aussi divers que l’anthropologie et les fioritures maniéristes, les peintures au doigt de Soutter sont considérées comme la plus puissante de ses prises de position artistiques. Venant après une période d’oubli relatif, ses contributions à des mouvements comme l’Art Brut - également appelé Outsider Art - sont de plus en plus mises en lumière comme le note Julie Borgeaud dans son article accompagnant l’exposition Louis Soutter, le tremblement de la modernité à la
Maison Rouge de Paris en 2012:

« L’intérêt manifesté pour les œuvres [de Soutter] par des personnages aussi importants que Roberto Matta (1911- 2002), et l’impact qu’elles devaient avoir sur l’art d’Arnulf Rainer (1929), de Julian Schnabel (1951), d’A.R. Penck (1939) et d’Elmar Trenkwalder (1959), confirme qu’il était un artiste du vingtième siècle dont l’œuvre prend place parmi les réflexions d’artistes contemporains »
(J. Borgeaud, dans une lettre à A.R. Penck, mai 2012).

L’encombrement perpetuel (perpetual congestion), the title inscribed by Louis Soutter on the reverse of the present drawing, is a title open to interpretation. In an immediate sense it refers to the plight of the central figure labouring for eternity under the weight of the cross he bears. Soutter, too, however was subject to a life of immense hardship, particularly the last twenty years of which he spent in almost total isolation having been incarcerated in an institution. The accumulation of frustrations the artist felt at this confinement acted as a driving force in his creation of a singularly characteristic body of art work during this period. Executed in 1939, L’encombrement perpetuel belongs to a group of large-scale works referred to as the finger paintings, a technique Soutter practiced from 1937 until his death in 1942. Highly idiosyncratic, but also informed by his interests in subjects as diverse as anthropology and mannerist embellishment, the finger paintings are considered Soutter’s most powerful artistic statement. Following a period of relative obscurity, Soutter’s contributions to movements such as Art Brut and Outsider Art are increasingly acknowledged, as was noted by Julie Borgeaud in her text accompanying the exhibition Louis Soutter, le tremblement de la modernité (Maison Rouge, Paris, 2012):

“The interest shown in [Soutter’s] work by such important figures as Roberto Matta (1911-2002), and the impact it would have on the art of Arnulf Rainer (1929), Julian Schnabel (1951), A.R. Penck (1939) and Elmar Trenkwalder (1959), confrm him as an artist of the twentieth century whose work has its place in refections by contemporary artists
(J. Borgeaud, in a letter written to A.R. Penck, May 2012).

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Valentine Legris
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