MARTIAL RAYSSE (NÉ EN 1936)
MARTIAL RAYSSE (NÉ EN 1936)

Make up

Details
MARTIAL RAYSSE (NÉ EN 1936)
Make up
signé, titré et daté 'MARTIAL RAYSSE 62 "Make up"' (au dos)
gouache, mine de plomb, mascara, plumes de paon sur photographie de magazine découpée et montée sur papier contrecollé sur carton, pinceau avec peinture collé sur vitre et cadre en métal de l'artiste
25.6 x 27 x 2 cm. (10 x 10 5/8 x 6/8 in.)
Réalisé en 1962.
Provenance
Galerie Schmela, Düsseldorf
Collection Geert Jan Visser, Pays-Bas (acquis en 1962)
Puis par descendance au propriétaires actuels
Literature
Martial Raysse, catalogue d'exposition, Paris, Centre Pompidou - Musée national d'art moderne, 2014 (la couverture du catalogue de l'exposition Martial Raysse à la Alexander Iolas Gallery illustrée en couleurs p. 249).
Collectif, Martin Visser verzamelaar ontwerper vrije geest, Maastricht, Bonnefantenmuseum, 2012 (illustré en couleurs p. 122 et illustré p. 135).
Exhibited
New York, Alexandre Iolas Gallery, Martial Raysse, novembre 1962 (illustré en couverture du catalogue d'exposition).
Eindhoven, Stedelijk van Abbemuseum (avril-mai); Ghent, Sint Pietersabdij (juin-août), Three blind mice de collecties : Visser, Peeters, Becht, 1968, No. 43 (illustré au catalogue d'exposition). Maastricht, Bonnefantenmuseum, Martin Visser, collector, designer, free spirit, mars-juin 2012.
Post lot text
'MAKE UP'; SIGNED, TITLED AND DATED ON THE REVERSE; GOUACHE, GRAPHITE, MASCARA, PEACOCK FEATHERS ON CUT-OUT MAGAZINE PHOTOGRAPHY LAID DOWN ON CARDBOARD, PAINTBRUSH WITH PAINT STUCK ON GLASS AND ARTIST'S FRAME.

Brought to you by

Christophe Durant-Ruel
Christophe Durant-Ruel

Lot Essay

Cette oeuvre est inscrite à l'inventaire de l'Oeuvre de Martial Raysse sous le numéro IMR-0115.
Un certificat de l'inventaire de l'Oeuvre de Martial Raysse sera remis à l'acquéreur.


"Les Prisunics sont les musées de l'art moderne."

(Martial Raysse cité dans Martial Raysse, catalogue d'exposition, Paris, Galerie nationale du Jeu de Paume, 1992, p. 36).

En juin 1962, Martial Raysse présente une nouvelle série de travaux à la galerie Schmela de Dussedorf dans lesquels il s'approprie et détourne pour la première fois les images stéréotypées de la féminité que véhiculent les médias contemporains. Ces visages de femmes qu'il représente ne sont pas ceux des icônes du cinéma auxquels rend hommage au même moment le Pop Art américain ; ils sont au contraire anonymes, ce sont ceux des publicités reproduites l'arrière des bus et en vitrine des Prisunics, porteurs de promesses d'un bonheur désormais à la portée de tous.

Oeuvre emblématique de cette période cruciale, reproduite en couverture du catalogue de l'exposition que consacre la galerie Alexander Iolas à Martial Raysse en 1962, Make Up ("maquillage" en anglais) porte un titre qui sonne comme une profession de foi : la beauté que célèbre l'artiste est celle des artifices de la modernité, du maquillage - fard à paupière bleu, mascara charbonneux, rouge à lèvres rose et vermeil - et des accessoires féminins, à l'instar de ce pinceau jouant ici le rôle de porte-cigarette, comme celui qu'utilisait Audrey Hepburn un an plus tôt dans Breakfast at Tiffany's.

Débordant du cadre, le pinceau vient bouleverser la lecture de l'oeuvre, rappelant en cela les combine paintings de Rauschenberg, que Martial Raysse rencontre en 1961 à Paris et qui exerce une influence déterminante sur son travail d'alors. Le choix du pinceau n'est pas anecdotique et procède à la façon d'une mise en abyme. Ainsi, en ayant recours à cet objet, l'artiste se représente lui-même dans son oeuvre et vient signifier ce qu'être peintre veut dire pour lui, à l'aune des années 1960 : "je suis un peintre qui utilise les techniques modernes pour exprimer un monde moderne." (extrait d'un entretien avec Jean-Jacques Lévêque, "La beauté c'est le mauvais goût", Arts, Paris, 16-22 juin 1965, p. 39).


"Prisunics [French supermarkets] are modern art museums."

(Martial Raysse quoted in
Martial Raysse, exhibition catalogue, Paris, Galerie Nationale du Jeu de Paume, 1992, p. 36).

In June 1962, Martial Raysse presented a new series of works at the Schmela gallery in Dusseldorf in which for the first time he appropriated and distorted the stereotypical images of femininity promoted in contemporary media. The faces of the women he presented were not those of the cinema icons American Pop Art was paying homage to at the time; they were anonymous, from advertisements displayed on the back of buses and in the windows of Prisunics, promising happiness which was now within everyone's reach.

An emblematic work from this crucial period, reproduced on the cover of the catalogue for the exhibition dedicated to Martial Raysse at the Alexander Iolas gallery in 1962,
Make Up's title resembles a creed. The beauty celebrated by the artist is that of the artifices of modernity, make-up - blue eye shadow, smoky mascara, pink and ruby red lipstick - and feminine accessories, like the brush, acting here as a cigarette holder, like the one used by Audrey Hepburn a year earlier in Breakfast at Tiffany's.

Breaking out of the frame, the brush disrupts the reading of the work in a way reminiscent of the Combine Paintings by Rauschenberg, who Martial Raysse met in Paris in 1961 and who exercised a decisive influence on his work at the time. The choice of the brush is also significant and stems from a sort of "mise en abyme". The artist uses this object to represent himself in his work, conveying what being a painter means for him at the dawn of the 1960s: "I am a painter who uses modern techniques to express a modern world." (extract from an interview with Jean-Jacques Lévêque, "La Beauté c'est le Mauvais Goût",
Arts, Paris, 16-22 June 1965, p. 39).
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