MARTIAL RAYSSE (NE EN 1936)
COLLECTION PRIVEE PARISIENNE
MARTIAL RAYSSE (NE EN 1936)

Françoise Hardy

Details
MARTIAL RAYSSE (NE EN 1936)
Françoise Hardy
signé deux fois 'MARTIAL RAYSSE' (sur le châssis)
assemblage: tableau portrait, transfert, huile et crayon sur papier marouflé sur toile
33 x 22 cm. (13 x 8¾ in.)
Réalisé en 1963.
Provenance
Succession René Montaigu, Tajan, Paris, 13 juin 1995, lot 26.
Acquis lors de cette vente par le propriétaire actuel
Exhibited
Amsterdam; Stedelijk Museum, Rétrospective Martial Raysse, maître et esclave de l'imagination, octobre-novembre 1965, No. 33 (illustré dans le catalogue d'exposition).
Post lot text
'FRANCOISE HARDY'; SIGNED TWICE ON THE STRETCHER; PORTRAIT PAINTING, SCREENPRINT OIL AND PENCIL ON PAPER LAID DOWN ON CANVAS.

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Eloïse Peyre
Eloïse Peyre

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Lot Essay

Peint en 1964, Françoise Hardy révèle le degré de parenté que l'oeuvre de Martial Raysse entretient dés les années 1960 avec le Pop Art qui commence à déferler sur les Etats-Unis. Peu étonnant dans ces conditions que l'artiste expose dés cette époque sur la côte Est et sur la côte Ouest, plus précisement à la Virginia Dwan Gallery de Los Angeles et à la Alexander Iolas Gallery de New York. Dans cette célébration stylisée de la jeune idole de la chanson et icône de la mode dont les titres caracolent en tête des hit-parades depuis deux ans, la relation que l'artiste entretient avec le Pop Art apparaît clairement. Pour autant, l'inclusion de collages laisse transparaître l'évolution logique du travail de Raysse et les liens qui le rattachent au Nouveau Réalisme dont il a été un pionnier avec ses amis Arman et Yves Klein, notamment dans des assemblages complexes d'objets trouvés, souvent reformés et reconfigurés de façon captivante et souvent drôle.

L'utilisation de l'image des stars permet de pénétrer plus profondément dans l'oeuvre de Raysse et de comprendre son désir, non seulement de représenter le monde qui les entoure mais aussi de les saisir et de les propulser sous un nouvel éclairage. Après avoir passé son enfance dans le Sud de la France, Raysse a expliqué que l'unique voie d'accès qu'il avait empruntée pour découvrir les chefs d'oeuvres de l'art avait été celle des reproductions. A la vue des orginaux, il s'est rendu compte que les reproductions étaient souvent tout aussi satisfaisantes, voire supérieures, d'où sa décision de recourir aux moyens modernes et aux médias dans ses créations figuratives. La traduction de ce concept saute aux yeux dans la combinaison de l'imprimé, de l'acrylique et du collage que l'on trouve dans Françoise Hardy. Là où dans certaines autres oeuvres de la même période Raysse s'approprie des oeuvres d'Ingres par exemple en les réincarnant par des couleurs criardes, il choisit ici une démarche inverse en créant l'image d'un symbole contemporain de la variété pop française en lui donnant l'apparence délicate d'un dessin d'un grand maître classique. La présence des verts donne au tableau une immédiateté qui lui permet de se fondre dans notre monde en devenant un objet à part entière, faisant écho aux principes du Nouveau Réalisme sur lesquels la renommée de Raysse venait récemment d'être fondée, révélant ainsi la continuité existant entre son oeuvre et les assemblages qu'il avait conçus à peine deux ans plus tôt.


Executed in 1964, Franise Hardy reveals the degree to which Martial Raysse's works from the 1960s provided an intriguing parallel to the Pop Art that was beginning to take the United States by storm. It is no coincidence that Raysse was exhibiting during this period on both sides of the States, both in the Virginia Dwan Gallery in Los Angeles and the Alexander Iolas Gallery in New York, and indeed that Andy Warhol was photographed visiting the latter show. In its stylish celebration of the young French singer and style icon Franise Hardy, who had had chart success over the previous two years with a range of songs, this picture shows its clear relationship to Pop, yet the inclusion of collage elements reveals the logical evolution of Raysse's work and its link to the Nouveau Réalisme he had pioneered with his friends such as Arman and Yves Klein, especially in the form of complex assemblages of found objects, often configured into intriguing, often playful new forms and configurations.

The use of the image of the starlet provides an insight into Raysse's work in its own right, not least his desire to present aspects of the world around him, taking them and thrusting them into a new light. Growing up in the South of France, Raysse explained that his only access to the masterpieces of art had been through reproductions. On seeing the originals, he realised that actually the reproductions were often as valid or, indeed, better, and therefore embraced modern means and media in his figurative works. His adaptation of this concept is clear in the combination of print, acrylic and collage object in Franise Hardy. Where in some of his other pictures of the period he was appropriating the works of, say, Ingres and granting them new incarnations in lurid colours, here he has in part carried out the reverse, creating an image of a current icon of the French pop music scene with the delicate appearance of an Old Master drawing. This effect is lightened, though, by the striking green background and the glasses, which reveal the fact that this work is very much the product of its own era. Indeed, the presence of the glasses grant this picture an immediacy, allowing it to bleed into our world, to stand as an object in its own right, echoing the tenets of the Nouveau Réalisme upon which Raysse's reputation had so recently been founded and revealing the continuity between this work and the assemblages that he had been creating only a couple of years earlier.


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