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Maurice Denis (1870-1943)
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Maurice Denis (1870-1943)

Légende de chevalerie ou Trois jeunes princesses (Première version à la gouache)

Details
Maurice Denis (1870-1943)
Légende de chevalerie ou Trois jeunes princesses (Première version à la gouache)
monogrammé et daté 'MAVD 93' (en bas à droite)
gouache sur carton
45 x 40 cm.
Exécuté en 1893

signed with the monogram and dated 'MAVD 93' (lower right)
gouache on board
17 5/8 x 15 ¾ in.
Executed in 1893
Provenance
Jos et Lucy Hessel, Paris (acquis après de l'artiste, le 11 janvier 1894).
Lucie Grandjean-Hessel, Paris (par descendance).
Puis par descendance au propriétaire actuel.
Literature
J. Meier-Graefe, Entwicklungsgeschichte der modernen Kunst, vergleichende Betrachtung der bildenden Künste, als Beitrag zu einer neuen Aesthetik, Stuttgart, 1904, vol. I, p. 361.
T. Bernard, 'Jos Hessel' in La Renaissance de l'Art, XIIIe année, no. 1, Paris, janvier 1930, p. 17 (illustré).
J.-P. Bouillon, Maurice Denis, Genève, 1993, p. 56 (illustré en couleurs).
A. Kostenevitch, in 'Catalogue' in L'invitation au voyage. L'avant-garde française de Gauguin à Matisse de la collection du musée de l'Ermitage, Toronto, Montréal et Paris, 2002, cat. exp., p. 168-214.
J.-J. Lévêque, Maurice Denis, Le peintre de l'âme, Paris, 2006, p. 98 (illustré en couleurs).
J.-P. Bouillon, Maurice Denis. Six essais, Paris, 2006, p. 88, no. 10 (illustré en couleurs en couverture et de nouveau, p. 88).
Exhibited
Paris, Hôtel de la Chambre Syndicale de la Curiosité et des Beaux-Arts, L'Art français au service de la science française, avril-mai 1923, no. 243.
Paris, Union centrale des Arts Décoratifs, Pavillon de Marsan, Exposition Maurice Denis, avril-mai 1924, p. 4, no. 44.
Paris, Musée des Arts Décoratifs, Le décor de la vie sous la IIIe République, de 1870 à 1900, avril-juillet 1933, no. 118.
Paris, Les Cadres, Peintres de la Revue Blanche, juin 1936, no. 21.
Paris, Petit Palais, Les maitres de l'art indépendant, 1895-1937, juin-octobre 1937, p. 52, no. 16.
New York, Pavillon Français, Five Centuries of History Mirrored in Five Centuries of French Art, Groupe A: Beaux-Arts, Art Français contemporain, 1939, no. 45.
Buffalo, Albright-Knox Art Gallery; Cincinnati et St. Louis, French paintings of the twentieth century (1900-1939), 1944, p. 43, no. 17.
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Post lot text
Peint à l’été 1893 à Perros-Guirec, où Marthe et Maurice Denis effectuent leur voyage de noces, Légende de chevalerie ou Trois jeunes princesses synthétisent les motifs les plus emblématiques de la vie du peintre. Il y a en premier lieu la Bretagne, lieu des villégiatures estivales de l’enfance, où Denis ne cessera de revenir. Elle agit comme une matrice personnelle et un lieu fécond d’inspiration pou l'artiste. Si cette Bretagne tant aimée est ici transposée hors du temps, elle n’en demeure pas moins précisément représentée; la mince bande de terre en forme d’arc, sur laquelle s’avancent les cavaliers - écho visuel de celle du jardin du registre inférieur - délimite les deux bassins du Lin-Kin à Perros-Guirec (fig. 1).
Dans ce décor «naturel», Denis peint trois jeunes femmes dans un jardin clos, tandis que deux cavaliers viennent à leur rencontre. L’une des sources du tableau pourrait être une chanson d’amour populaire du XVIe siècle régulièrement chantée dans la famille de l’artiste. L’on y découvre pareillement trois princesses attendant sous des pommiers doux, l’amour de chevaliers partis à la guerre… mais vers lesquels le cœur des belles volera toujours! Cet univers légendaire est toutefois accompagné de symboles qui renvoient aux convictions intimes de l’artiste; les princesses, entourées de lys - associés à la pureté - sont assises devant un plat de fruit - associé à la fécondité - sous des pommiers stylisés, comme ceux du Verger des vierges sages (1893; collection particulière).
La présente gouache très aboutie offre peu de variantes par rapport au tableau définitif, si ce n’est l’éventail dans la main de la jeune femme, évoquant celui que Denis avait peint en 1891 pour ses propres fiançailles avec Marthe. La matité de sa matière renforce sa préciosité qui semble avoir été inspirée par des miniatures médiévales que Denis admirait tant. Le peintre déploie ici toute une poétique de l’attente et de la révélation, de la pureté et de la fécondité, de l’amour et du sacré. La trinité féminine, motif symboliste par excellence, est déjà présente chez Puvis de Chavannes dans Jeunes Filles au bord de la mer (1879; Musée d'Orsay), et fut le sujet central de Soir Trinitaire (1891; collection particulière) de Maurice Denis, inspiré d’un poème d’Adolphe Retté.
Cette poétique, qui part de l’intime pour aboutir au spirituel, trouvera un écho inattendu chez le jeune Kandinsky duquel Jean-Paul Bouillon rapproche les cavaliers peints par Denis dans les années 1893-1895 (J.-P. Bouillon, Maurice Denis, Genève, 1993, p. 56); mais ce chant symboliste nous émeut d’abord et avant tout par la synthèse ici parfaitement réussie entre les avancées formelles de l’École de Pont-Aven (frontalité, aplats de couleurs) et les exigences décoratives de l’Art Nouveau (arabesques, composition en miroir). Ce n’est pas un hasard si Denis en reprendra les motifs en 1898 dans une grande peinture à la matière légère et aux teintes assourdies, à l’imitation de la tapisserie comme il le précisera lui-même. L’Art qui, selon lui doit «sanctifier la nature», devient le rénovateur de nos vies.

Painted in the summer of 1893 in Perros-Guirec, where Marthe and Maurice Denis were spending their honeymoon, the present work, Légende de chevalerie or Trois jeunes princesses includes all the most emblematic motifs of the painter's life. Firstly it is set in Brittany, where Denis spent his summer vacations as a child and where he continually returned throughout his life. The area forged his personality and was a fertile source of inspiration for him. While his beloved Brittany is shown here as timeless, it remains just as precisely represented: the narrow curved strip of land on which the horseback riders are moving – a visual echo of the garden in the foreground – separates the two parts of the Lin-Kin harbour in Perros-Guirec (fig. 1).
In this "natural" setting, Denis depicts three young women in an enclosed garden, while two horseback riders come to meet them. One of the sources of inspiration for this work might have been a popular love song from the 16th century that was regularly sung in the artist's family. As in the song, the work portrays three princesses waiting under apple trees and the love of knights away at war... but who remain in the hearts of these beauties! This legendary world is, however, accompanied by symbols that make reference to the artist's intimate convictions: the princesses, surrounded by lilies – associated with purity – are seated in front of a plate of fruit – associated with fertility – under stylised apple trees like those of the Verger des vierges sages (1893; private collection).
This highly accomplished gouache reveals few variations from the definitive work in oil, except for the fan in the young lady's hand that evokes the one that Denis painted in 1891 for his own engagement to Marthe. The matte texture reinforces the work's preciosity, which appears to be inspired by the medieval miniatures that Denis so admired. The painter uses a full poetic language of waiting and revealing, purity and fertility, love and sacredness. The feminine trinity, a quintessential symbolist theme, had already been explored by Puvis de Chavannes in Jeunes Filles au bord de la mer (1879; Musée d'Orsay), and was the central subject of Maurice Denis' Soir Trinitaire (1891; private collection) inspired by a poem by Adolphe Retté.
This poetic symbolism, which uses a private scene to express a spiritual message, is unexpectedly echoed by the young Kandinsky, with whom Jean-Paul Bouillon compares the horseback riders painted by Denis in the years between 1893 and 1895 (J.-P. Bouillon, Maurice Denis, Geneva, 1993, p. 56); but this symbolism moves us first and foremost by this work's perfectly successful combination of the formal approach of the School of Pont-Aven (frontality, solid colours) with the decorative demands of Art Nouveau (arabesques, mirror composition). It is no accident that Denis returns to these themes in 1898 in a large painting with light strokes and muted hues imitating the appearance of a tapestry, as he himself explained. Art which, in his words, should "sanctify nature", becomes the source of renewal for our lives.`

Gilles Genty, historien de l’art / Art historian.

Nous remercions Claire Denis et Fabienne Stahl pour les informations apportées concernant la chanson régulièrement chantée dans la famille de l'artiste et qui viendrait de Franche Comté selon Henri Poulaille.

Brought to you by

Adélaïde Quéau
Adélaïde Quéau

Lot Essay

Cette œuvre sera incluse au catalogue raisonné de l'œuvre de Maurice Denis actuellement en préparation par Claire Denis et Fabienne Stahl.

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