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Max Ernst (1891-1976)
Max Ernst (1891-1976)

La Plus Belle

Details
Max Ernst (1891-1976)
La Plus Belle
plâtre peint
Hauteur: 186 cm. (73¼ in.)
Exécuté en 1967
Provenance
Galerie Alexandre Iolas et Yotis Skinas, Milan (acquis auprès de l'artiste).
Puis par descendance au propriétaire actuel.
Literature
W. Spies, Max Ernst: Sculptures, Maisons, Paysages, Paris, 1998, pp. 269, 273 et 297 (version en pierre illustré).
J. Pech, Max Ernst-Plastriche Werke, Cologne, 2005, no. 192-193.
W. Spies, Max Ernst-Leben und Werk, Cologne, 2005, p. 301.
W. Spies, S. et G. Metken, J. Pech, Max Ernst Werke 1964-1969, Cologne, 2007, p. 380, no. 4594-II (version en pierre illustrée).
Post Lot Text
'The Most Beautiful Girl'; painted plaster; executed in 1967.

Brought to you by

Jeanne Rigal
Jeanne Rigal

Lot Essay




Après avoir quitté l'Europe pour l'Amérique au déclenchement de la seconde guerre mondiale, Max Ernst revint en France en 1953 accompagné de sa quatrième épouse, Dorothea Tanning. Dès son retour, la critique internationale l'ovationna comme un matre de l'Art Moderne. Quand il réalisa La plus belle en 1967, il s'était installé avec son épouse à Huismes dans la vallée de la Loire pour poursuivre ses travaux artistiques dans une relative intimité. Ses dernières oeuvres, sculptures ou autres formes, révèlent un langage profondément imaginatif d'images et de figures récurrentes. Bien que l'écho de son engagement dans les mouvements surréaliste et dadaste résonne dans ses dernières créations, on perçoit qu'une évolution tout à fait personnelle a conduit à leur genèse.
Max Ernst expliqua ainsi le rôle de la sculpture dans sa vie: "Je sens que je suis en vacances. La peinture ressemble à un jeu d'échecs: vous devez vous y consacrer complètement. Vous vivez dans un état de concentration qui est presque intolérable. Mais avec la sculpture, je puis me détendre. Elle m'amuse de la même façon que je m'amusais lorsque je faisais des chteaux de sable, sur la plage, quand j'étais petit garçon." (cité in W. Spies, op.cit., 1998, pp. 296-298).
Max Ernst se montra particulièrement intéressé par les possibilités esthétiques qu'offrait la technique du pltre. Le pltre original (Spies nos. 4594 et 4594, I) à partir duquel a été réalisée la version en pierre (fig. 1) atteste du plaisir évident que l'artiste éprouvait à sculpter directement avec ce matériau (fig. 2). De nombreuses créations dans l'oeuvre de Max Ernst en témoignent - Ernst fit cadeau du moulage en plâtre du Roi jouant avec la reine (Spies n. 2465,I) a son ami le peintre Robert Motherwell. Les Asperges de la lune (Spies n. 2161,I) est également un excellent exemple de l'importance que Max Ernst attachait à l'aspect physique du support - il peignit le bronze en blanc pour imiter la couleur du plâtre d'origine (fig. 3). La plus belle est l'une des neuf sculptures monumentales autonomes que Max Ernst exécuta à Huismes. Dans cette oeuvre transparat l'influence des grands matres de la sculpture que sont Brancusi, Picasso et Giacometti. Cela étant, Ernst apporta à cette tendance monumentale une interprétation individuelle fort rafrachissante.
La plus belle intègre l'univers visuel de l'artiste en posant un accent particulier sur les influences des arts primitifs. La composition rappelle la structure d'un totem tribal et la silhouette traduit une simplification de la forme similaire à la sculpture cycladique. Des exemples de ces oeuvres abondaient dans les expositions mondiales et il ne fait guère de doute qu'Ernst les ait contemplées.
Une grande partie de ses sculptures réalisées à maturité intègre ces influences et La plus belle est un exemple remarquable de la capacité de l'artiste à combiner cette révérence intellectuelle à ses prédécesseurs avec une sensibilité enjouée et très imaginative. Plusieurs oeuvres en pltre figurent dans d'importantes institutions, tels que Capricorne conservé à la Neue Nationalgalerie de Berlin ainsi qu'au Museum of Contemporary Art à Los Angeles; ou encore Les asperges de la Lune qui figure dans les collections du Museum of Modern Art à New York.



After having fled Europe for America at the outbreak of World War II, Ernst returned to France in 1953 with his fourth wife, Dorothea Tanning. Upon his return, Ernst was welcomed with international acclaim as a Master of Modern Art. By the time he executed the present work in 1967, the couple had settled in Huismes, in the Loire Valley in France so that Ernst could pursue his artistic concerns in relative privacy. The artist's late works, sculptural and 137 otherwise, reveal a profoundly imaginative vocabulary of recurring images and figures. Though the echoes of his involvement in both the Dada and Surrealist movements are resonant in these late works, there is a wholly personal evolution that leads to their genesis.
As Max Ernst explained the role of sculpture in his life: "Je sens que je suis en vacances. La peinture ressemble à un jeu d'échecs: vous devez vous y consacrer complètement. Vous vivez dans un état de concentration qui est presque intolérable. Mais avec la sculpture, je puis me détendre. Elle m'amuse de la même façon que je m'amusais lorsque je faisais des chteaux de sable, sur la plage, quand j'étais petit garçon. " (quoted in W. Spies, op.cit., 1998, pp. 296-298) Max Ernst was particularly attracted to the aesthetics of plaster sculpture. The original plaster (Spies nos. 4594 et 4594, I) of the stone version (fig. 1) shows to what degree the artist relished sculpting directly into the medium (fig. 2). Many works in Ernst's oeuvre attest to this simple fact - Ernst gifted the plaster cast of the Le Roi jouant avec la Reine (Spies no. 2465-I) to his friend the painter Robert Motherwell. Les asperges de la lune (Spies no. 2161-I) is also an excellent example as to the important Ernst attached to the physical aspect of the medium - he painted the bronze white to reflect the colors of the original plaster (fig. 3).
La plus belle is one of a group of nine monumental freestanding sculptures that Max Ernst executed in Huismes. The influence of this work reverberates through the oeuvre of master sculptors such as Brancusi, Picasso and Giacometti. However Ernst's appropriation of this trend provided an individual and fresh interpretation. La plus belle incorporates the artist's personal lexicon of imagery with a notable emphasis on the influences of primitive and tribal art. The composition recalls the structure of a tribal totem pole and the figure reveals a simplification of form similar to early Cycladic sculpture. Examples of such works were omnipresent at World Fairs, and Ernst was undoubtedly exposed to this imagery. Much of his later work in sculpture incorporates these influences and La plus belle is an outstanding example of his ability to combine this intellectual nod to artistic precedence with a playful and imaginative sensibility.
Several of Ernst's other plasters are housed in important institutions such as examples of Capricorne in the collection of the Neue Nationalgalerie in Berlin and of the Museum of Contemporary Art in Los Angeles, or Les asperges de la lune, whose plaster is part of the Museum of Modern Art collection in New York.

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