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MEUBLE D'APPUI D'EPOQUE LOUIS XVI
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MEUBLE D'APPUI D'EPOQUE LOUIS XVI

ESTAMPILLE DE JOSEPH BAUMHAUER OU DE GASPARD JOSEPH BAUMHAUER, DERNIER QUART DU XVIIIEME SIECLE

Details
MEUBLE D'APPUI D'EPOQUE LOUIS XVI
ESTAMPILLE DE JOSEPH BAUMHAUER OU DE GASPARD JOSEPH BAUMHAUER, DERNIER QUART DU XVIIIEME SIECLE
En placage d'ébène, marqueterie Boulle d'écaille de tortue Caret, de laiton, d'étain et d'ébène en contrepartie, ornementation de bronze ciselé et doré, le dessus rectangulaire à angles en ressaut en marbre portor restauré, la ceinture ornée de rosaces dans des entrelacs, la façade ouvrant par deux vantaux découvrant deux tiroirs à l'anglaise en placage de satiné et d'amarante, les montants sommés de masques de faune reposant sur des consoles de feuilles d'acanthe et terminés par des pieds ornés de feuilles d'acanthe, estampillé sous le plateau à quatre reprises JOSEPH sur chaque montant ; les panneaux de marqueterie Boulle d'époque Louis XIV et réadaptés
Hauteur: 90,5 cm. (35¾ in.) ; Largeur: 113,5 cm. (44¾ in.) ; Profondeur: 51,5 cm. (20 1/3 in.)
Provenance
Vente Me Lair-Dubreuil, Paris (Galerie Georges Petit), 13 mars 1922, lot 83.
Literature
Bibliographie :
Paul Guth, "Le Palais Abbatial de Royaumont" in Connaissance des Arts, Février 1957, p.26.
Special Notice

Prospective purchasers are advised that several countries prohibit the importation of property containing materials from endangered species, including but not limited to coral, ivory and tortoiseshell. Accordingly, prospective purchasers should familiarize themselves with relevant customs regulations prior to bidding if they intend to import this lot into another country.
Post Lot Text
A LOUIS XVI ORMOLU-MOUNTED TORTOISESHELL, BRASS, PEWTER AND EBONY BOULLE MARQUETRY COMMODE STAMPED BY JOSEPH BAUMHAUER, LAST QUARTER 18TH CENTURY

Brought to you by

Nicolas Couvrand
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Lot Essay

La présente commode se singularise par sa remarquable ornementation de bronze doré et plus particulièrement par ses chutes à décor de têtes de satyres surmontant une volute feuillagée se prolongeant par des feuilles de laurier nouées. Il est intéressant de souligner que, fait extrêmement rare dans l'histoire de l'ébénisterie de la seconde moitié du XVIIIème siècle, ses chutes ne semblent figurer que sur des meubles de Joseph et ne sont pas des modèles employés par d'autres ébénistes. On trouve d'ailleurs, dans l'oeuvre de Joseph, quelques autres modèles de bronzes qui lui sont propres (comme ceux figurant sur le secrétaire à abattant faisant partie de la donation Grog-Carven au Musée du Louvre).

Les chutes qui ornent les montants de cette commode la rapprochent de l'emblématique commode de Joseph livrée par Simon-Philippe Poirier en 1766 au marquis de Marigny. Cette commode a été vendue, Christie's Londres, jeudi 3 juillet 1975, no. 66 avant de figurer dans les collections de la galerie Aveline. Cette commode, initialement destinée à la chambre de l'épouse du marquis de Marigny, est livrée par le Poirier, pour le prix considérable de 4.000 livres. En mars 1782, la commode figure dans la vente des collections du marquis. Elle a fait l'objet de très nombreuses publications, et est notamment illustrée dans Alexandre Pradère, "L'ameublement du marquis de Marigny vers 1780", in L'Estampille - L'Objet d'Art, Juin 1986, p. 44-57, Pierre Kjellberg, Le Mobilier Français du XVIIIe siècle, Les Editions de l'Amateur, Paris, 1988, p. 447 ou encore Thibaut Wolversperges, Le Meuble Français en Laque au XVIIIe siècle, Editions Racine, Bruxelles, p. 198-199.

Les chutes de la présente commode et de celle du marquis de Marigny se retrouvent sur également sur un bas d'armoire en marqueterie Boulle en contrepartie, ouvrant à deux portes ( cf. Jean Dominique Augarde, "1749. Joseph Baumhauer. Ebéniste privilégié du roi", L'Estampille, Juin 1987, p. 32)

Puisqu'il est question de bronze doré, précisions que l'on trouve, dans l'inventaire après décès de Joseph, cinq ouvriers travaillant le métal au chapitre des créanciers (Jean Dominique Augarde, op. cit., p. 32). Il y a trois ciseleurs, Piault, Crampon et Tielman ainsi que deux fondeurs, Oblet et Prévost. Le ciseleur Piault fut également le créancier de Latz.

Les meubles de Joseph ornés de marqueterie Boulle sont particulièrement rares. Citons les premiers d'entre eux, par ordre chronologique, la paire d'encoignures, d'époque Louis XV, anciennement avec la Galerie Segoura.
Mentionnons aussi un bas d'armoire à deux portes, en marqueterie Boulle en contrepartie (cité par Jean Dominique Augarde, op. cit., p. 28).
Citons également les deux bas d'armoire du duc d'Aumont. La façade et les côtés sont ornés de plaques de pietra dura ; la marqueterie Boulle est réservée aux encadrements et surtout au revers des vantaux et aux façades des tiroirs qu'ils révèlent. La paire fût achetée par Paillet pour Louis XVI en 1782 lors de la vente du duc d'Aumont ; le roi les destinaient au futur musée du Louvre. Ils sont aujourd'hui à Versailles et sont étudiés dans Daniel Meyer, Le Mobilier de Versailles. XVIIe et XVIIIe siècles. Tome 1, Editions Faton, Dijon, 2002, p. 212-215.
Terminons par les bas d'armoire Vaudreuil, qui sont en première partie pour l'un et contrepartie pour l'autre. Le premier était avec Alexander et Berendt à Londres ; il est illustré dans Alexandre Pradère, Les Ebénistes Français de Louis XIV à la Révolution, Editions du Chêne, Paris, 1989, fig. 244. Le second est à la Wallace Collection à Londres ; il est reproduit en particulier dans Peter Hughes, The Wallace Collection. Catalogue of Furniture., Vol. II, The Wallace Collection, Londres, 1996, p. 574.

Il est intéressant de mentionner que ces meubles, contrairement à la présente commode, ne semblent pas réemployer des panneaux antérieurs. A ce sujet, mentionnons que la marqueterie ornant cette commode semble être de deux "générations" différentes ; aux côtés des panneaux des vantaux et des côtés Louis XIV, la frise qui orne la ceinture est tout à fait Louis XVI, et contraste avec sa marqueterie de métaux avec celle qu'elle surmonte.

Cette commode est un exemple passionnant de mobilier illustrant le réemploi de panneaux de marqueterie Boulle sous Louis XVI. Il faut savoir, en effet, que la vogue de la marqueterie Boulle ne s'éteint pas avec Louis XIV. Tout au long du XVIIIème siècle, les ébénistes parisiens continuent à réaliser des meubles Boulle. Mais, à côté de ces créations, on recycle -pour reprendre le mot d'Alexandre Pradère (cf. Alexandre Pradère, "Boulle. Du Louis XIV sous Louis XVI", L'Objet d'Art, Février 1988) - du mobilier ancien.

Or le mobilier ancien en question ne manque pas, en particulier dans les ventes publiques. Rares sont les ventes du troisième quart du XVIIIeme qui ne comportent pas de "meubles de Boulle" ou "genre de Boulle". La plupart des acheteurs, dont les noms figurent dans les catalogues annotés encore conservés, sont des marchands tels que Paillet et Lebrun et Julliot. Le rôle de ce dernier a pu être majeur dans la création de la présente commode. En effet, il confie la réalisation de meubles à deux ateliers, celui d'Etienne Levasseur et celui des Joseph. On trouve, dans l'inventaire de son fonds en 1777, des "dessus de tables en ancienne marqueterie d'écaille et de cuivre propres à être réemployés" (cité par Jean Dominique Augarde, op.cit., p.30).

D'origine allemande, comme de nombreux ébénistes parisiens, Joseph Baumhauer s'installe à Paris où il épouse vers 1745 Reine Chicot, fille et soeur de menuisiers. Ce mariage aurait dû lui permettre d'accéder plus aisément à la maîtrise, mais quelques difficultés l'en empêchent. Ainsi, en février 1767, il est encore ouvrier aux gages de son compatriote François Reizell.

Le brevet d'ébéniste privilégié du Roi qu'il obtient lui confère les prérogatives des maîtres ébénistes sans l'incorporer à la communauté. Il semble qu'il en soit redevable au duc d'Aumont.

Son estampille, que l'on retrouve sur chacun des montants du présent meuble, se compose de son prénom flanqué de deux fleurs de lys ; c'est une allusion à son privilège royal.
Joseph installe alors, faubourg Saint Antoine, un atelier à l'enseigne de La Boule Blanche. Il décède prématurément, en mars 1772.
Son fils, Gaspard Joseph, lui succède et s'établit rue de la Roquette. Il conserve l'estampille de son père ; il est donc difficile de savoir, pour les meubles néoclassiques, qui de Joseph Baumhauer ou de son fils Gaspard Joseph Baumhauer en est l'auteur.

L'oeuvre de Joseph comprend de nombreux meubles employant les plus coûteux des matériaux : panneaux de pierres dures, plaques de porcelaine de Sèvres ou encore panneaux de laque de Chine ou du Japon. L'ébéniste travaille pour les marchands merciers et plus particulièrement Lazare Duvaux, Léger Bertin et Simon-Philippe Poirier.

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