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Pablo Picasso (1881-1973)
Artist's Resale Right ("droit de Suite"). If the … Read more
Pablo Picasso (1881-1973)

Autoportrait

Details
Pablo Picasso (1881-1973)
Autoportrait
signé et daté '23.6.55. Picasso' (en bas à gauche)
encre de Chine sur carton
39.9 x 32 cm.
Peint le 23 juin 1955

signed and dated '23.6.55. Picasso' (lower left)
India ink on board
15 ¾ x 12 5/8 in.
Painted on 23 June 1955
Provenance
Vincent Price, Los Angeles (acquis directement auprès de l'artiste).
T. W. Bresler (en 1968).
Selected Artists Galleries, New York.
Vente, Christie's, Londres, 29 juin 2000, lot 624.
Collection particulière.
Galerie Hopkins-Custot, Paris.
GdB Fine Arts, Genève.
Acquis auprès de celle-ci en octobre 2004.
Literature
P. Mac Orlan et M. Cot, La glace à 2 faces, Châtillon, 1957, p. 127 (illustré).
Ed. Vallès et I. Cendoya, Yo Picasso: Autoretrats, cat. exp., Museu Picasso, Barcelone, 2013, p. 130 (illustré, fig. 4).
Exhibited
Paris, Musée du Luxembourg, Moi ! Autoportraits du XXe siècle, mars-juillet 2004 (hors catalogue).
Special notice

Artist's Resale Right ("droit de Suite"). If the Artist's Resale Right Regulations 2006 apply to this lot, the buyer also agrees to pay us an amount equal to the resale royalty provided for in those Regulations, and we undertake to the buyer to pay such amount to the artist's collection agent.
Post lot text
Part essentielle de l'œuvre de Picasso, les autoportraits ouvrent une fenêtre édifiante sur la personnalité du maître. Envoûtants, saisissants, ils sont le plus souvent chargés d'une portée psychologique remarquable, comme en témoigne cette œuvre exceptionnelle en noir et blanc exécutée le 23 juin 1955. Picasso est alors internationalement connu et considéré, déjà, comme l'un des artistes les plus importants du XXe siècle ; à la veille de ses soixante-quatorze ans, son travail a fait le tour du monde et rempli plusieurs tomes du très exhaustif catalogue raisonné que le critique d'art Christian Zervos lui consacre à partir de 1932. Année décisive de son parcours artistique, 1955 verra aussi la conception de quelques-unes des séries les plus emblématiques de Picasso : notamment les quinze toiles sur le thème des Femmes d'Alger (achevées en février 1955) qui rendent hommage à Delacroix mais aussi aux odalisques de Matisse, disparu en novembre 1954, ainsi que L'Atelier (octobre 1955) une suite de tableaux qui célèbrent l'achat de la villa La Californie, à Cannes.
Cet autoportrait issu de la collection Valkier, dans lequel on reconnaît aisément Picasso à sa coiffure et à sa marinière légendaires, vient fièrement synthétiser l'accomplissement de toute une carrière. Muni de quelques formes géométriques grâce auxquelles il jongle avec les contrastes du noir et du blanc, l'artiste traduit habilement les traits de son visage qui semble ici sans âge, comme nimbé d'une aura intemporelle. Intrigante, très expressive, c'est sans doute la contenance du personnage qui fait toute la singularité de cet autoportrait dans lequel Picasso paraît tiraillé entre l'inquiétude et l'étonnement ; avec ses grands yeux écarquillés, il évoque à bien des égards les portraits égyptiens du Fayoum, mais plus encore les masques africains et autres objets d'art primitif qui révolutionnèrent son style au tournant du siècle. L'air à la fois stupéfait et désarçonné, ici l'Espagnol paraît presque pousser un cri tandis qu'il regarde par-delà l'image, vers l'avenir peut-être. D'un point de vue personnel, l'année 1955 est marquée par la mort de la première épouse de Picasso en février, la danseuse russe Olga Khokhlova, sa muse des années 1920. S'ensuivent deux grands événements au mois d'avril : après un an de vie commune, le peintre épouse Jacqueline Roque, alors âgée de vingt-neuf ans, et devient propriétaire de La Californie, sa célèbre demeure cannoise.
Pour couronner cette productivité débordante et l'aplomb du maître de soixante-treize ans, manifestement épanoui dans sa maturité, 1955 est aussi l'année où Henri-Georges Clouzot porte la virtuosité de l'artiste à l'écran dans son incontournable documentaire Le Mystère Picasso. Peu de temps après l'exécution du présent autoportrait, le peintre et le cinéaste vont en effet se retrouver huit heures par jour aux studios de la Victorine, à Nice, de juillet à septembre 1955, pour le tournage de ce qui devait initialement prendre la forme d'un court-métrage de dix minutes. Or au bout d'une semaine, Clouzot se retrouve avec tant de matière qu'il se résout à concevoir un film de 77 minutes dont il confie notamment la direction de la photographie au petit-fils de Pierre-Auguste Renoir, Claude. Derrière la caméra, le réalisateur saisit le peintre au travail, sur le vif, pour plonger au plus près de l'esprit de Picasso et tenter d'en percer le génie créatif. Le film sort en France le 18 mai 1956 et reçoit le Prix Spécial du Jury au Festival de Cannes le mois suivant. L'Autoportrait de la collection Valkier semble annoncer, déjà, le constat que Clouzot fera au cinéma : voici Picasso, l'un des plus grands artistes de tous les temps.

Self-portraits are an essential part of Pablo Picasso’s oeuvre and provide a unique insight on the great master’s personality. They are most often striking, engaging and loaded with an unparalleled psychological dimension, as evident in this outstanding black and white self-portrait executed by Picasso on 23 June 1955. By that time, Picasso, aged almost 74 years old, was a well-established artist having exhibited worldwide, recognized as one of the greatest artists of the 20th century and his oeuvre was being referenced by Christian Zervos in several comprehensive volumes of catalogue raisonné since 1932. More than 20 years down the line, 1955 would also prove to be a pivotal year in Picasso’s artistic journey during which he produced some of his most important and iconic series, namely the 15 paintings on the theme Les Femmes d’Alger (completed in February 1955) paying tribute to Delacroix but also to the odalisques of Matisse, who had passed away in November 1954, and the Atelier series (October 1955) celebrating his newly purchased villa ‘La Californie’ in Cannes.
There is no doubt that the Valkier Picasso, easily recognizable as the artist himself with his hairstyle and legendary striped top, proudly and confidently encapsulates the artist’s highly accomplished career. With a few geometric shapes playing with the black and white contrast, Picasso ingeniously conveys his facial features, which are somehow devoid of signs of age, offering a sense of timelessness to the portrait. What probably distinguishes this self-portrait from others is the artist’s intriguing facial expression, so lively yet possibly caught between shock and worry, to some extent recalling the Egyptian wide-eyed Fayoum portraits but even more so the African masks and other primitive art objects which had been such a groundbreaking influence for Picasso’s artistic style at the turn of the century. At the same time, he seems to be letting out a cry and looking out of the picture - amazed or disconcerted – turning towards the future. In terms of personal life, 1955 had started with the death of Picasso’a first wife and his 1920s muse, Russian ballet dancer Olga Khokhlova, in February, followed in April by his wedding to his one year-old mistress Jacqueline Roque - then aged 29 years old - and his purchase of ‘La Californie’ that same month, his famous villa in Cannes.
Adding to Picasso’s 1955 frenetic artistic production and his self-assurance as a 73-year old man, was the recording of Picasso’s success through Henri-Georges Clouzot’s seminal documentary, Le Mystère Picasso. Shortly after the execution of the present self-portrait, Picasso and Clouzot met every day for eight hours from July to September 1955 at the studio ‘La Victorine’ in Nice to work on the movie. Clouzot’s initial project was a short ten-minute film but within a week, there was so much material that he ended up producing a 77 minute-long movie, whose photography director was no other than Claude Renoir, Pierre-Auguste Renoir’s grandson. Through Le Mystère Picasso, Clouzot sought to delve into the great master’s mind by filming him in the act of creating, attempting to unravel Picasso’s artistic genius. It was released in France on 18 May 1956, and was awarded the Special Jury Prize at the Cannes Film Festival a month later – the Valkier self-portrait seems to announce the statement made in Clouzot’s movie, that this is Picasso, one of the greatest artists of all time.

Brought to you by

Etienne Sallon
Etienne Sallon Head of Evening Sale

Lot Essay

Claude Picasso a confirmé l'authenticité de cette œuvre.

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