Roman Opalka (1931-2011)
Artist's Resale Right ("droit de Suite"). If the … Read more
Roman Opalka (1931-2011)

OPALKA 1965 / 1 - 8 Détail 5446535 – 5462919

Details
Roman Opalka (1931-2011)
OPALKA 1965 / 1 - 8
Détail 5446535 – 5462919
signé, titré et daté 'OPALKA '1965 / 1-8 DETAIL 5446535 – 5462919' (au dos)
acrylique sur toile
196 x 135 cm.
Conçu en 1965.

signed, titled and dated 'OPALKA '1965/1-8 DETAIL -5446535-5462919' (on the reverse)
acrylic on canvas
77 1/8 x 53 1/8 in.
Conceived in 1965.
Provenance
Acquis directement auprès de l'artiste par le propriétaire actuel
Exhibited
Madrid, Musée national Centre d'Art Reina Sofia, Monocromos. Desde Malevich hasta hoy, juin-septembre 2004.
Mouans-Sartoux, Espace de l'art concret, Avant-Garde polonaise, hier et aujourd'hui, octobre 2004-janvier 2005.
Paris, Grand-Palais, La force de l'art, un nouveau avec la création en France, mai-juin 2006.
Special notice

Artist's Resale Right ("droit de Suite"). If the Artist's Resale Right Regulations 2006 apply to this lot, the buyer also agrees to pay us an amount equal to the resale royalty provided for in those Regulations, and we undertake to the buyer to pay such amount to the artist's collection agent.
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Post lot text
« Je voulais manifester le temps, son changement dans la durée, celui que montre la nature, mais d'une manière propre à l'homme, sujet conscient de sa présence définie par la mort : émotion de la vie dans la durée irréversible. Le temps arbitraire des calendriers, des horloges ne m'intéresse pas. Il s'efface de lui-même par la répétition qui le définit, focalisation seule du présent. »
“I wanted to represent time as well as how it changes over the long term, which can be seen in the natural world. However, I wanted to do so in a way that was specific to humans, who are aware that their presence is defined by death. I chose to depict the emotions associated with life within an irreversible span of time. I wasn't interested in the arbitrary conception of time proposed by clocks and calendars. This type of time erases itself through repetition and focuses our attention solely on the present. ”
Roman Opalka

En 1965, Roman Opalka pose le premier jalon de l’une des entreprises artistiques les plus radicales du XXe siècle. En mettant en place ce qu’il appelle son « programme », alignant méthodiquement les chiffres les uns à côté des autres et commençant une toile là où il avait achevé la précédente, il engendre un corpus d’œuvres potentiellement sans fin, que seule la mort de l’artiste viendra un jour interrompre : « si je meurs aujourd’hui, ce travail de numération qui, parce qu’il tend vers l’infini, ne connaît pas d’autres limites temporelles que ma vie d’homme, trouvera logiquement son achèvement dans son accomplissement même. (Roman Opalka, cité in J. Roubaud, « Le nombre d’Opalka », Roman Opalka, Paris, 1996, p. 34).
L’ascèse est maximale ; la rigueur du procédé absolue : chaque œuvre est réalisée avec un pinceau identique, à usage unique ; les toiles sont quant à elles toutes de format identique (196 x 135 cm, aux dimensions du corps-même et des bras de l’artiste). La première toile – celle commençant par le chiffre 1 – présente un fond noir sur lequel viennent se détacher les chiffres peints au blanc de zinc. À partir de 1972, l’artiste introduit une variable nouvelle à son travail, en décidant d’ajouter désormais systématiquement 1% supplémentaire de peinture blanche (un blanc de titane cette fois-ci) à ses fonds. Dès lors, tandis que les années passent et que les œuvres se succèdent, les toiles tendent de plus en plus vers le monochrome, ce que le peintre appelle « le blanc absolu » et qu’il chérit comme une quête infinie. 1965/1-∞ ; détail 5446535-5462919, où les chiffres se distinguent encore mais semblent prêts à se fondre dans l’arrière-plan, est un exemple poignant de cette exploration abyssale.
L’œuvre de Roman Opalka trouve son origine dans l’enfance : « J’étais alors âgé de 5 ou 6 ans et pourtant je devais rester seul des journées entières dans la petite pièce qui nous servait de logement […] Je fixais assidûment mon regard sur la pendule accrochée au mur. Le mouvement de son balancier m’intéressait beaucoup, il était normalement la seule chose qui, bien que répétitive par nature, ponctuait néanmoins quelque peu l’atmosphère pesante qui m’entourait. Un jour alors que, comme à l’accoutumée je le regardais, le balancier mécanique s’arrêta net. Mon âme d’enfant fut immédiatement persuadée d’avoir par son seul regard arrêté le déroulement du temps. » (C. Desprats-Péquignot, Roman Opalka : une vie en peinture suivi de Création et trauma, Paris, 1998, p. 77). Depuis ce souvenir originel, à la manière d’On Kawara – commençant quasiment à la même période sa série des Date paintings – Roman Opalka n’aura de cesse de poursuivre une unique obsession : celle de fixer sur la toile la fuite irrémédiable du temps.

In 1965, Roman Opalka laid the groundwork for one of the 20th century’s most radical artistic feats. By starting what he dubbed his “programme”, which consisted of methodically painting numbers one after another and continuing the series on the next canvas, he created a potentially endless body of work that only the artist’s death would one day bring to an end. “If I die today, this list of numbers, which, because it is infinite, has no time limit except for the span of my own life, will come to a logical conclusion through its very completion.” (Roman Opalka, quoted in J. Roubaud, “Le nombre d’Opalka”, Roman Opalka, Paris, 1996, p. 34).
Opalka’s works exhibit an extreme sense of asceticism. His approach never wavers: each piece is made with the same type of one-use brush and the canvases are all the same size (196 x 135 cm, i.e. the same dimensions as the artist's body and arm span). The first canvas starts with the number 1. Numbers painted in zinc white stand out against a black background. After 1972, the artist incorporated a new variable to his work by deciding to add 1% more white paint (titanium white, in this case) to the background. From that point, the canvases took on an increasingly monochromatic look, becoming closer and closer to the painter’s endless quest towards “absolute white”. 1965/1-∞ ; détail 5446535-5462919, in which the numbers can still be seen but seem on the verge of being swallowed up by the background, is a poignant example of this infinite exploration.
The origins of Roman Opalka’s work can be traced back to his childhood. “When I was five or six, I had to stay by myself in the tiny room that served as our house all day long…. I would stare at the clock on the wall. I was fascinated by the movement of the pendulum. Even though it was repetitive, it was the only thing that broke up the heavy atmosphere around me. Then one day, I was watching the clock like I always did when the pendulum suddenly stopped dead. As a child, my immediate thought was that I had succeeded in stopping time through my gaze alone.” (C. Desprats-Péquignot, Roman Opalka : une vie en peinture suivi de Création et trauma, Paris, 1998, p. 77). Since this formative moment, along the same vein as On Kawara who started his series of Date paintings at practically the same time, Roman Opalka never stopped pursuing a single obsession—that of capturing the inexorable passage of time on canvas.

Brought to you by

Paul Nyzam
Paul Nyzam

Lot Essay

Cette œuvre figurera au prochain catalogue raisonné des œuvres de Roman Opalka, actuellement en préparation par Michel Baudson, sous le No. D496.
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