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SAM SZAFRAN (Né en 1934)
SAM SZAFRAN (Né en 1934)

Sans titre

Details
SAM SZAFRAN (Né en 1934)
Sans titre
signé 'Szafran' (en bas au centre)
aquarelle sur soie
78 x 56.5 cm. (30 5/8 x 22¼ in.)
Réalisé en 1991.
Provenance
Galerie Vallois, Paris
Acquis auprès de celle-ci par le propriétaire actuel
Exhibited
Paris, Galerie Vallois, Sam Szafran - Dessins, pastels et aquarelles, octobre 1992-janvier 1993.
Post lot text
'UNTITLED'; SIGNED LOWER CENTRE; WATERCOLOUR ON SILK.

Brought to you by

Alexandre Carel
Alexandre Carel

Lot Essay

Un certificat d'authenticité de l'artiste sera remis à l'acquéreur.

"Ainsi sont les escaliers, écrit Jean Clair, frappés d'ingratitude: on ne les gravit que pour mieux les oublier. Il est bon que les artistes, enchantés de leur complexité, s'emploient à nous en rappeler la forme et la fonction." (Jean Clair in Saint-Paul de Vence, Fondation Maeght, Sam Szafran, février-mars 2000, p. 47). Il a vu chez Sam Szafran le potentiel de ce sujet exploré et dépassé par le peintre, questionnant sans cesse les mêmes formes, comme il l'a fait pour ses séries des Ateliers et des Philodendrons. L'escalier est, en effet, un sujet inépuisable qui offre au peintre jeux de lumières changeants, profondeur et perspective, réseaux de lignes et plans de couleurs à arranger chaque fois dans une nouvelle composition. Il explique d'ailleurs comment lui est venue cette envie de peindre : "Un soir, je travaillais dans cet escalier - j'ai toujours vécu dans les escaliers - et je m'étais endormi. Il faisait nuit. Et j'ai eu un cauchemar. Je me suis réveillé. C'était la pleine lune, et il y avait une ombre portée de la fenêtre sur les marches de l'escalier. J'ai vu d'un seul coup." (S. Szafran entretien avec J. Clair in Martigny, Fondation Pierre Gianadda, Sam Szafran, novembre 1999-janvier 2000, p. 13).
Sans titre s'inscrit dans cette série des escaliers, qui trouve un essor nouveau, à partir de 1986, avec le choix de réaliser de grandes aquarelles plutôt que l'huile ou le pastel. La spécificité de cette oeuvre est d'être réalisée sur soie, matière découverte par l'intermédiaire d'Henri Cartier-Bresson qui lui avait présenté le peintre chinois Lap Sze-To et pour laquelle il éprouve instantanément un véritable coup de foudre. Ce support offre un aspect très différent du papier par une texture ivoirée, lumineuse, qui permet de mettre en valeur les couleurs et les transparences tout en conservant le dessin du tracé. Exercice délicat qui n'autorise aucun repenti, la soie donne une teinte spécifique, chaude, qui adoucit la composition tout en rehaussant les couleurs. Cette découverte technique l'amène à de nouvelles interrogations esthétiques, pour Szafran "l'apprentissage du grain mène à une réflexion neuve de l'espace figuré" (Entretien avec Daniel Marchesseau in Paris, Musée de la Vie Romantique, Sam Szafran, L'Atelier dans l'atelier, 1960-2000, octobre 2000-janvier 2001, p. 25).
Sans titre est particulièrement représentatif de cette faculté, chez Szafran, de saisir dans sa composition l'essentiel, les éléments visuels forts qui frappent l'oeil et que le spectateur retient de manière instinctive: la rampe d'escalier, le plafond, le sol pavé, la fenêtre, les marches et le vide de cette cage d'escalier. Créant une composition en spirale, il plonge le regard dans ces escaliers, jouant sur le détail du sol pavé au premier plan que l'on retrouve au second plan, à l'étage inférieur, pour renforcer cette impression de plongée. Sans titre est ici remarquable par cette diffraction, cette déconstruction précoce de la composition dans laquelle Szafran ne conserve les éléments figuratifs que dans leur forme pure, travail qu'il pousse à son paroxysme dans les années 1997-1998, avec notamment Sans titre (Paliers, escaliers et rampes). Ces escaliers chers à l'artiste présentent, par conséquent, la possibilité d'une recherche constante de synthèse formelle, comme l'a souligné Jean Clair :
"Ce ne sont là que prétextes à un jeu abstrait, d'une parfaite maîtrise, qui anime l'inanimé et qui donne, dans la vibration de la flagelle, la puissance de la vie à l'inerte." (Fondation Gianadda, Sam Szafran,op. cit. p. 13).

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