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SERGE POLIAKOFF (1900-1969)
SERGE POLIAKOFF (1900-1969)

Composition abstraite

Details
SERGE POLIAKOFF (1900-1969)
Composition abstraite
signé et daté 'Serge Poliakoff 54 III' (en bas à droite); signé et daté 'Serge Poliakoff 54' (au dos)
huile sur toile
116.5 x 89 cm. (45 7/8 x 35 in.)
Peint en 1954.
Provenance
Galerie Ariel, Paris
Galerie Werner Rusch, Cologne
Vente anonyme, Maîtres Perrin, Royère & Lajeunesse, Palais des Congrès, Versailles, 24 juin 1990, lot 27
Acquis lors de cette vente par le propriétaire actuel
Literature
Maisons et Jardins, No. 237, Paris, 1977 (illustré en couleurs en couverture et p. 110).
G. Durozoi, Poliakoff, Paris, 1984 (illustré p. 45).
A. Poliakoff, Serge Poliakoff, Catalogue Raisonné: 1922-195, vol. I, Paris, 2004, No. 54-24 (illustré en couleurs p. 491).
Exhibited
Seoul, Gallery Artbeam, Masters of the European Abstract Painting, novembre-décembre 1991 (illustré en couleurs au catalogue d’exposition, non paginé).
Post lot text
'COMPOSITION ABSTRAITE'; SIGNED AND DATED LOWER RIGHT; SIGNED AND DATED ON THE REVERSE; OIL ON CANVAS.

Brought to you by

Valentine Legris
Valentine Legris

Lot Essay

Cette œuvre est enregistrée dans les Archives de Serge Poliakoff sous le No. 954052.

« Dans la nature il y a des formes définies, parentes entre elles mais jamais identiques. ces formes géométriques, plastiques, organiques, et celles qui précèdent l’histoire, toutes ces formes doivent se retrouver dans la composition du tableau. »

“In nature there are defined forms, related with one another, but never identical. these geometric, plastic, organic shapes and those that precede history, all these forms should be found in the composition of the painting.”

Serge Poliakoff

Lorsqu’il peint Composition abstraite, en 1954, Serge Poliakoff jouit d’une reconnaissance critique et publique désormais incontestée. Il fait en effet parti des rares artistes contemporains à avoir été sélectionnés pour l’exposition Tendances actuelles de l’Ecole de Paris de la Kunsthalle de Berne pour laquelle une salle entière lui est consacrée et qui connaît un succès important. Il est ainsi, à l’âge de 54 ans, en pleine possession de ses moyens artistiques et atteint une expérience et une maturité qui se dégagent particulièrement des œuvres qu’il entreprend.
Composition abstraite par l’harmonie de sa structure, l’équilibre de sa composition, souligne en effet tout le chemin parcouru par l’artiste. Quinze ans auparavant déjà, la rencontre avec Kandinsky avait agi comme une confirmation. “Pour l’avenir, je mise sur Poliakoff” déclarait ainsi le père de l’abstraction en 1939 lorsqu’il découvrait la première toile abstraite du jeune peintre russe. Cependant, Poliakoff sut très tôt où devait aller sa peinture et comment y parvenir : “Kandinsky à cette époque approchait l’art comme un mathématicien ou un ingénieur. Mais pour moi, l’art devrait couler de source. Il y a un millier de façons de faire de l’art, et trop de science peut le tuer.”.

S’éloignant ainsi de l’abstraction dit froide, Poliakoff trouve dans la recherche d’un équilibre entre couleurs et formes la pleine expression de son art. Composition abstraite est à ce titre un formidable exemple de sa maîtrise d’une palette incomparable où les rouges, les jaunes, les blancs parviennent à trouver une harmonie parfaite. C’est que l’artiste entend trouver à travers la peinture ce qu’il appelle le “silence complet”, c’est à dire trouver la composition parfaite entre la couleur et la forme, une alchimie qui confère à la toile une pleine existence : “ce n’est pas simplement une absence de bruit mais un silence positif qui ouvre les yeux des gens à un monde différent”. Il conçoit le tableau comme une architecture où les couleurs s’articulent les unes par rapport aux autres. “Je pourrais utiliser mes formes pour des sculptures mais c’est avant tout un poème plastique” explique-t- il. Ici la juxtaposition des tons chauds tend également à rappeler la fascination qu’ont opérée les icônes russes des églises de son enfance sur sa vision de la peinture. Comme il le rappelle à ce sujet : “J’en ai sucé l’impression de beauté dans mon enfance et l’ai toujours gardée en moi et vous en trouvez peut-être des traces dans mon art”. Indéniablement il est vrai, Composition abstraite possède une présence quasi hiératique qui s’impose au spectateur, une puissance silencieuse qui irradie de son centre. C’est que Poliakoff se livre depuis des années à une pratique de la peinture proche de l’ascétisme où l’exploration de la matière, notamment en fabriquant ses propres couleurs, cherche à créer une vibration des tonalités sans commune mesure. Cette recherche menée dans l’ombre de l’atelier trouve d’ailleurs un formidable écho lorsqu’il découvre pour la première fois, en 1952, Carré blanc sur fond blanc de Malevitch : “Il m’a démontré une fois de plus le rôle capital de la vibration de la matière”. Le blanc est ici au cœur de l’architecture de Composition abstraite, telle la clef de voûte d’un ensemble dont se dégage la sensation d’une peinture à la fois présente et atemporelle et que Poliakoff exprime comme une évidence : “Je cherche la vie au travers des formes les plus simples”.


After he painted Composition abstraite, in 1954, Serge Poliakoff henceforth enjoyed uncontested critical and public recognition. In fact he was one of the very few contemporary artists to be selected for the Tendances actuelles de l’Ecole de Paris [Current trends of the Paris School] exhibition at the Bern Kunsthalle where an entire room was devoted to his work and proved very successful. So he was 54 years old, in full command of his artistic media and practice with an experience and maturity particularly evident in the works he made. In the harmony of its structure and balanced composition, Composition abstraite indeed highlights the whole of the path taken by the artist. Fifteen years earlier, a meeting with Kandinsky acted as confirmation. “In future I’m investing in Poliakoff” declared the father of abstraction in 1939 when he saw the first abstract painting by the young Russian painter. However, Poliakoff very quickly learned where his painting should go and how to get there: “Kandinsky at that time approached art like a mathematician or an engineer. But for me, art should come naturally. There are a thousand ways of making art, and too much science can kill it.”

Thus distancing himself from ‘cold’ or geometric abstraction, Poliakoff found the full expression of his art in the search for balance between colours and forms. As such Composition abstraite is a fine example of his mastery of an unrivalled palette in which reds, yellows and whites achieve perfect harmony. This is what the artist intended to fnd through painting, that he calls “complete silence”, in other words to find the perfect composition of colour and form, an alchemy that gives the picture a life of its own: “it is not simply the absence of sound but a positive silence that opens people’s eyes to a different world.” He thought of the picture as architectural work in which the colours hang together. “I could use my forms for sculptures but it is first and foremost a visual lyric” he explained. Here the juxtaposition of warm tones also tends recall the fascination that the Russian icons of the churches of his childhood had for him and their effect on his view of painting. As he recalled on this subject: “I suckled on it and the impression of beauty in my childhood and I have always kept it within me and you may perhaps find traces of it in my art.” It is undeniably true that Composition abstraite has an almost hieratical presence that imposes itself on the viewer, a silent power that radiates from its center. This is because for years Poliakoff engaged in a painting practice very close to asceticism which included exploration of the material, especially making his own colours attempting to create a vibration of tones quite unlike any other. This research conducted in the gloom of the studio found a wonderful echo when, in 1952, he saw Malevitch’s Carré blanc sur fond blanc [white square on a white background] for the first time: “He demonstrated to me once more the vital role of the vibration of the material”. The white here is central to the architecture of Composition abstraite, like the keystone of a building that gives the feeling of a painting both resent and timeless and that Poliakoff expresses as obvious: “I look for life through the simplest forms”.

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