TABLE D’ARCHITECTE D’EPOQUE LOUIS XVI
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TABLE D’ARCHITECTE D’EPOQUE LOUIS XVI

PAR DAVID ROENTGEN, NEUWIED, VERS 1785-1790

Details
TABLE D’ARCHITECTE D’EPOQUE LOUIS XVI
PAR DAVID ROENTGEN, NEUWIED, VERS 1785-1790
En acajou et placage d’acajou, incrustation de laiton et ornementation de bronze ciselé et doré, le plateau rectangulaire se déployant à double évolution, la ceinture à décor d’une frise de milleraie, les poignées en forme de draperie, ouvrant à un tiroir central découvrant une tablette écritoire gainée de cuir vert se déployant et révélant deux compartiments à quatre tiroirs secrets et un tiroir latéral avec un encrier et un sablier, les montants sommés de cannelures et de rosettes, les pieds dévissables en gaine à décor d’une frise de bretté et se terminant par des sabots, inscrit en dessous No 8, 9 et avec une marque d’inventaire AF
Hauteur : 77 cm. (30 in.) ; Largeur : 104 cm. (41 in.) ; Profondeur : 66 cm. (26 in.)
Provenance
Probablement livrée à Ernst Frederick, Duc de Saxe-Cobourg-Saalfeld (1724-1800), et par descendance à Coburg à sa petite-flle, la Princesse Juliane of Saxe-Cobourg-Saalfeld (1781-1860), devenue ultériement Grande Duchesse Anna Feodorovna de Russie, ou livrée à Catherine II de Russie à St-Pétersbourg, vers 1784-88, et donnée à la Princesse Juliane de Saxe-Cobourg-Saalfeld, devenue ultérieurement Grande Duchesse Anna Feodorovna de Russie, par son mariage avec le Grand Duc Constantin Pavlovitch de Russie (1779-1831) en 1796 ; déplacée à Elfenau, Suisse, vers 1814, à l’occasion de l’émigration de la Grande Duchesse, puis par descendance à son fls, Baron Edouard von Löwenfels (1808-1892), vendue en 1861 à Bernhard von Wattenwyl-de Portes (1801-1881) et par descendance jusqu’au début du XXe siècle.
Vente Christie’s, Londres, 4 July 2013, lot 11.
Literature
Bibliographie comparative :
W. Koeppe, Extravagant Inventions, the Princely Furniture of the Roentgens, New Haven et Londres, 2012, cat. 44, pp. 160-162.
D. Fabian, Abraham und David Roentgen, Bad Neustadt, 1996, pp. 111 et 116, ill. 112 et 113-116.
D. Fabian, Roentgenmöbel aus Neuwied, Bad Neustadt, 1986, pp. 70-71.
J.M. Greber, Abraham und David Roentgen: Möbel für Europa, Starnberg, 1980, pp. 321-323, ills. 643-651.
H. Huth, Abraham und David Roentgen: European Cabinetmakers, Londres et New York, 1974, p. 33, ill. 146-148.
T. Bichsel, Grossfürstin Anna - Flucht vom Zarenhof in die Elfenau, Bern, 2012.
Special notice

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Post lot text
THE GRAND DUCHESS ANNA FEODOROVNA’S WRITING-TABLE, A GERMAN ORMOLUMOUNTED
AND BRASS-INLAID MAHOGANY ARCHITECT’S TABLE, BY DAVID ROENTGEN,
NEUWIED, CIRCA 1785-1790, WITH INVENTORY BRAND ‘AF

Lot Essay

Illustration parfaite de l’oeuvre de David Roentgen, cette élégante table d’architecte combine un dessin ingénieux et une construction de parfaite qualité à l’utilisation de très beaux placages et de bronzes dorés remarquablement ciselés. Faisant partie de la collection de la Grande-Duchesse Anna Feodorovna jusqu’à sa mort en 1860, la table reste dans sa famille en Suisse jusqu’au début de ce siècle et ce dans un merveilleux état de conservation.

GRANDE-DUCHESSE ANNA FEODOROVNA DE RUSSIE
Née princesse Juliane Henriette Ulrike de Saxe-Cobourg-Saalfeld en 1781, la Grande-Duchesse Anna Feodorovna de Russie est la troisième flle de Franz Frederick Anton, duc de Saxe-Cobourg-Saalfeld et de la comtesse Augusta Caroline Reuss de Ebersdort. En 1796, à l’âge de 15 ans, la princesse Juliane accepte avec sa mère et ses deux sÏurs l’invitation de Catherine II de Russie de venir s’installer à la cour de Saint-Pétersbourg. Elle épouse alors le deuxième petit-fls de l’Impératrice, le Grand-Duc Constantin Pavlovitch de Russie (1779-1831), fls de Tsarevitch Paul Pétrovitch et Marie Feodorovna, également princesse allemande de Wurtemberg.
La jeune Anna Feodorovna, malheureuse en mariage, se sépare de Constantin une première fois en 1799, puis défnitivement en 1801 et quitte la Russie pour regagner Cobourg puis sa propriété à Elfenau située près de Berne. Elle y crée un célèbre salon où elle reçoit les personnalités les plus prestigieuses des sphères culturelles, politiques et aristocratiques de son époque. A sa mort en 1860, sa propriété ainsi que sa collection d’Ïuvres d’art sont vendues par son fls, le baron Edouard von Löwenfels, à Bernhard von Wattenwyl-de Portes, membre d’une famille aristocratique suisse.

LA PROVENANCE
C’est à Cobourg que la jeune princesse voit très probablement pour la première fois les spectaculaires meubles de David Roentgen livrés, selon les documents, aux ducs de Saxe-Cobourg et la famille de sa mère, les princes de Reuss.
Les lettres de David RÏntgen et de sa femme Dorothea parlent de leur visite à Cobourg en juin-juillet 1797 et mentionnent un paiement pour des livraisons antérieures ainsi que la vente d’autres meubles supplémentaires au duc.
A cette époque la princesse est déjà installée à Saint-Pétersbourg où elle vit entourée de nombreux meubles de RÏntgen dont quelques-uns des plus somptueux. En effet, le goût de l’impératrice pour les meubles de l’ébéniste allemand est très prononcé, comme le rapporte une facture de transport datée de 1786 mentionnant la livraison de neuf tables de ce type « pour l’écriture en position assise et debout » (reproduite dans D. Fabian, Les archives de St. Pétersbourg, 1996, pp. 365-366). Catherine II avait également offert en 1784 à ses petits-fls - le Grand-Duc Constantin, l’époux du mari d’Anna Feodorovna, et le Grand-Duc Alexandre - une table comparable adaptée à la taille d’un enfant ; l’une d’elles a été exposée au Metropolitan Museum, voir W. Koeppe, op. cit., cat. 43, pp. 158-159.
Il reste alors à établir si la présente table a été livrée à Saint-Pétersbourg et offerte à la jeune princesse à son arrivée ou à l’occasion de son mariage avec le jeune Grand-Duc, ou si elle faisait partie d’une livraison à Cobourg. La marque au feu « AF » présente sur la table se trouve également sur un meuble ayant appartenu à la Grande-Duchesse à Elfenau. Il s’agit d’une commode d’époque Empire réalisée par l’ébéniste suisse Christophe Hopfengärtner – aujourd’hui conservée au musée d’Histoire de Berne, inv. N. 38570 – qui établit ainsi un lien entre cette marque et la collection suisse de la Grande-Duchesse.

DAVID ROENTGEN
Né à Neuwied, fls de l’ébéniste Abraham Roentgen (1711-1793), David Roentgen (1743-1807) est l’un des plus grands ébénistes de son époque. David rentre dans l’atelier de son père en 1757 et en prend la direction en 1772. Doté d’un vrai sens des affaires, il transforme l’atelier familial en une véritable entreprise pan-européenne, surpassant ainsi tous ses pairs au XVIIIe siècle, proposant des meubles particulièrement raffnés également caractérisés par des mécanismes et des dessins élaborés.
L’un de ses premiers clients internationaux est Charles, duc de Lorraine (1712-1780), gouverneur des Pays-Bas autrichiens, frère de l’empereur François Ier, époux de Marie-Thérèse et également oncle de la reine de France Marie- Antoinette. En 1774, RÏntgen se rend à Paris pour se familiariser avec le néoclassicisme - dernier style en vogue dans la capitale européenne du goût – qu’il retranscrit dans ses meubles à partir de la fin des années 1770. C’est très probablement Charles de Lorraine qui lui procure l’invitation tant souhaitée à la cour française lors de son deuxième séjour à Paris en 1779. Il vend quelques meubles à Louis XVI et à Marie-Antoinette qui lui accordent alors le titre d’ébéniste-mécanicien du Roi et de la Reine. Tel un sésame, ce titre lui ouvre les portes de toutes les cours européennes tout comme les châteaux des électeurs de Hesse, de Saxe, des ducs de Wurtemberg et des marquis de Baden. Il livre également une table d’architecte très proche de la nôtre au roi Frédéric-Guillaume II de Prusse (illustrée ouverte près de la Madone Sixtine de Raphaël sur l’aquarelle de F. W. Klose représentant le bureau du roi de Prusse, H. Huth, op. cit., 1974, pl. 147).

LES TABLES D’ARCHITECTE DE DAVID ROENTGEN
Cette remarquable table d’architecte est un exemple de la sophistication et de l’élégance de l’Ïuvre de David Roentgen alliant une construction de très grande qualité à l’utilisation de placages rares soulignés par des montures de bronze doré fnement ciselé. Elle est par ailleurs dans un état de conservation exceptionnel avec un intérieur qui semble avoir été très peu restauré. Le quasiparfait état de cette table est à mettre en rapport avec celui des meubles de Roentgen pour les princes de Saxe-Cobourg-Weimar à Cobourg et au
château de Weimar. Comme mentionné plus haut, RÏntgen a effectué d’importantes livraisons à Catherine la Grande à Saint-Pétersbourg dont neuf tables de ce modèle ; deux sont aujourd’hui au palais de Pavlovsk (ill. JM Greber, op.cit., 1980, vol. II, ill. 643-645 et D. Fabian, op. cit., 1996, cat. 91 et 95, pp. 59-60) et deux autres, comme mentionné plus haut, étaient de taille réduite puisque destinées à ses petits-fils.
Table majeure, on la retrouve représentée sur différents supports. Citons par exemple l’important portrait de famille d’Edouard Colbert de Maulévrier – archevêque plénipotentiaire, électeur de Cologne ou encore une gravure faite d’après le dessin de RÏntgen dans le Journal des Luxus und der Moden de 1795 qui était l’un des tous premiers magazines de mode allemand, publié à Weimar (J.M. Greber, op. cit., vol. I, p. 261).
Typique du raffnement de sa production des années 1785-1790, David Roentgen utilise l’acajou pour toutes les surfaces visibles tout comme pour les éléments de construction, y compris ceux du dessous du plateau qui se déploie, le chevalet, les tiroirs et les compartiments destinés à accueillir les encriers.
Cette construction est à rapprocher de tout un corpus de tables connues : celle de Frédéric-Guillaume II de Prusse, celle d’Edouard René de Colbert, marquis de Maulévrier, celle de la collection David à Copenhague et celle
du musée Cooper-Hewitt de New York.
Le plateau de la table est plaqué d’un précieux acajou moucheté, variété de l’acajou très recherchée par la clientèle de Roentgen. Le plateau de la présente table est fxé par des charnières pour permettre son élévation et son positionnement ; il n’est donc pas supporté par la frise, mais il est néanmoins soutenu élégamment de manière sophistiquée. On retrouve ce système sur des tables à plateau coulissant que RÏntgen a livrées aux cours de Berlin et de Weimar. Le plateau est ainsi plaqué des deux côtés d’acajou sur un panneau en chêne, le tout stabilisé par une moulure de laiton d’environ 12x20 mm et fxée au moyen de chevilles discrètes en acajou, évitant ainsi l’apparition de fentes ou de déformations dues aux mouvements du bois. Il est intéressant de noter que deux tables (la « Tablartische » de Weimar, Stiftung Weimarer Kassik, inv. 1905 et celle du Kunstgewerbemuseum à Berlin, inv. 175) sont toutes les deux plaquées d’une seule feuille d’acajou moucheté sans la bordure à damier que l’on retrouve souvent sur les tables de Roentgen.
D’autres tables identifées, comme celles conservées aux châteaux de Ludwigslust et de Chatsworth, ne sont également pas ornées de cette bordure ; le plateau est cependant muni de deux bras de lumière articulés. Une publicité de 1795 parue dans le Journal des Luxus und der Moden représente l’une de ces tables. Citons également une table du musée
Copper-Hewitt.
Les coins arrières du plateau de la table présentent par ailleurs de légères érafures que l’on pourrait expliquer grâce à un dessin de 1795 où est représenté un encrier à abattant destiné à être relevé lorsqu’on utilise la
table en position debout.
Citons parmi les tables passées en ventes publiques : celle de la collection Strogannoff, vente en mai 1931, aujourd’hui conservée dans la collection David de Copenhague ; celle de l’un des Grands-Ducs d’Oldenburg, château Anholt, vente Christie’s, 20-21 novembre 2011, lot 572 (614.800 DM) ; et celle d’une collection noble belge, vente Christie’s, Londres, 5 juillet 2007, lot 257 (132.000 £).






Combining ingenious design and exacting quality of construction with the use of splendid veneers and fnely chased gilt-bronze mounts, this superb architect’s table is a very sophisticated and elegant example of David Roentgen’s oeuvre. Having remained in the hands of Grand Duchess Anna Feodorovna until her death in 1860 and then in the care of the purchasers of her Swiss estate Elfenau until the early 21st century, it is also one of the most beautifully-preserved examples of its type.

GRAND DUCHESS ANNA FEODOROVNA OF RUSSIA
Born Princess Juliane Henriette Ulrike of Saxe-Coburg-Saalfeld in 1781, she was the third daughter of Franz Frederick Anton, Duke of Saxe-Coburg-Saalfeld, and Countess Augusta Caroline Reuss of Ebersdorf. In 1796, at the tender age of 15, Princess Juliane with her mother and two sisters followed the invitation of Catherine the Great to St Petersburg where she was chosen as the future bride of Catherine’s second grand-son, Grand Duke Constantin Pavlovich of Russia (1779-1831), son of Tsarevich Paul Petrovich and Maria Feodorovna, herself a German princess of Würtemberg. The young Anna Feodorovna was unhappy in the marriage and frst separated from Constantin in 1799 and permanently in 1801, initially moving back to her native Coburg and later to the country Estate Elfenau, which she had acquired near Berne in Switzerland. It was at this beautiful estate that the Russian Grand Duchess was host to many cultural, political and aristocratic guests until her death in 1860 and the estate with most of its art and furnishing was sold by her son, Baron Edouard von Löwenfels to the Swiss patrician Bernhard von Wattenwyl-de Portes.

THE EARLY PROVENANCE
In Coburg the young Princess probably frst encountered the striking furniture of David RÏntgen, with deliveries to both the Dukes of Saxe-Coburg and her mother’s family, the Princes of Reuss, well documented. Letters by David Roentgen and his wife Dorothea even report of a personal visit to Coburg in June/July 1797 mentioning both payment for past deliveries and the successful sale of further furniture to the Duke. By then though the young princess was already installed in St Petersburg, where she was surrounded by not only enormous quantities of but also some of the most sumptuous pieces of furniture to have come from RÏntgen’s workshops. The Empresses’ fondness for RÏntgen’s furniture was such that an invoice for a shipment in 1786 documents the delivery of no less than nine tables of this type ‘for writing while sitting and standing’ (see D. Fabian’s 1996 facsimile from the archives at St Petersburg, pp.365-66). Anna Feodorovna’s husband, Grand Duke Constantin, as well as his older brother Grand Duke Alexander, had
both already been presented with a child-sized version of such a table by their grandmother in 1784 (one of these was exhibited at the Metropolitan Museum, see W. Koeppe, op. cit., cat. 43, pp. 158-9). It remains to be established whether the present table was originally delivered to St Petersburg and given to the young Princess on her arrival or her marriage to
the young Grand Duke, or if it was part of a delivery to Coburg and part of the furnishings Anna Feodorovna was given by her family having fed St Petersburg. The marque au feux with the cypher ‘AF’, with which this table is branded, can also be found under another piece of furniture from the Grand Duchess’ collection at Elfenau - an Empire commode by the Swiss cabinet-maker Christophe Hopfengärtner (now in the Bernisches Historisches Museum, Inv. Nr. 38570), identifying it as an inventory brand from her time in Switzerland.

DAVID ROENTGEN
Born in Neuwied and son of the cabinet-maker Abraham Roentgen (1711-1793), David Roentgen (1743-1807) was one of the greatest ébénistes of his age. He joined his father’s workshop in 1757 and offcially took control in 1772. Under his leadership it developed into a truly pan-European enterprise and he expanded his business in an unprecedented campaign no other 18th century furniture-maker could ever match. He developed extreme sophistication of woodwork, mechanism, and design and coupled this with a sound instinct for business. One of his frst great international patrons was Charles, Duke of Lorraine (1712-1780), Governor of the Austrian Netherlands, brother of the Emperor Francis I who was married to Maria Theresa, and uncle of, among many other Princes and Princesses, Queen Marie-Antoinette. In 1774 Roentgen visited Paris to get acquainted with the new neoclassical style, the latest development in the European capital of taste and fashion and by the late 1770s his furniture shows him to have adopted this new style entirely. It may have been Charles of Lorraine who procured him the highly coveted entry to the French court during his second visit to Paris, in 1779, when he sold several pieces of furniture both to King Louis XVI and to Marie-Antoinette who rewarded his efforts with the courtesy title of ébéniste-mécanicien du Roi et de la Reine. This title opened doors to all the other European courts and RÏntgen soon supplied furniture to many of the most discriminating aristocrats throughout Europe, including King Friedrich Wilhelm II of Prussia, to whom he delivered a closely related architect’s table (recorded in F.W. Klose’s watercolour of Friedrich-Wilhelm’s study, where it is placed with its top raised beneath Raphael’s Sistine Madonna, ill. H. Huth, op. cit., 1974, pl. 147), as well as the Electors of Hessen and Saxony, the Dukes of Wurtemberg and the Margraves of Baden.

DAVID ROENTGEN’S ARCHITECT’S TABLES
This superb architect’s table is a sophisticated and elegant example of David Roentgen’s oeuvre, combining exacting quality of construction with the use of splendid veneers and fnely chased gilt-bronze mounts. It is furthermore exceptionally well-preserved, with its beautifully-ftted interior appearing almost un-touched – similar in condition to those pieces of Roentgen furniture still in the collections of the princes Saxe-Coburg-Weimar at Coburg and in the collection at Schloss Weimar.
As mentioned above, RÏntgen’s large deliveries to Catherine the Great in St. Petersburg included nine tables of this model, two of which are now at the Palace Museum, Pavlovsk (ill. J.M. Greber, op.cit., 1980, vol. II, ills. 643-645 and D. Fabian, op. cit., 1996, cat. 91 and 95, pp. 59-60), two of which were in reduced scale for the use of her grandsons. An interesting 18th century documentation of the high regard with which Roentgen’s tables were seen even in Paris can be found in the family portrait of Edouard Colbert de Maulévrier, plenipotentiary to the Archbishop-Elector of Cologne - de Maulévrier’s elegant family portrait is centred by a table exactly like the one offered here. In fact, this type of table proved so popular that an engraving after RÏntgen’s original drawing was illustrated in a 1795 edition of the ‘Journal des Luxus und der Moden’, probably Germany’s first fashion magazine, which was published in Weimar (see J.M. Greber, op. cit., vol. I, p. 261).
As typical for the refned ‘late’ production of David Roentgen of circa 1785-1790 mahogany was used for all visible surfaces and constructional elements of this table, including those of the raising top, easel, drawers and even the inkwells. Such entirely mahogany-fronted construction is similarly found on the table delivered to Frederick Wilhem II of Prussia; the table acquired by Edouard Rene de Colbert, marquis de Maulévrier; as well as the closely comparable tables now in the David Collection, Copenhagen, and the Cooper-Hewitt Design Museum, New York. The top of the present table is veneered with one particularly wide sheet of attractively mottled
acajou moucheté’ veneer. These were highly priced in the late 18th century and specifcally sought and indeed discussed by RÏntgen with his clients. As the top is attached by hinges to allow raising and adjusting, it cannot rely on the frieze to provide stability, but is supported in a different sophisticated way, also found on the tables with sliding surfaces delivered by Roentgen to the courts at Berlin and Weimar. The oak panel and frame construction of the top is veneered to both sides with mahogany and further stabilised by a solid, circa 12x20 mm brass profle, which has been let into the edges of the frame and secured in with discreet mahogany pegs driven from the underside into tenon-like brass tongues of the moulding, thereby allowing shrinkage movement of the top without risk of either splitting nor warping. Interestingly, the two above-mentioned ‘Tablartische’ in Weimar (Stiftung Weimarer Klassik) and the Berlin Kunstgewerbemuseum (Inv. 1905,175) that share this feature also share the ‘acajou moucheté’ top without the chequer-band edge, often found on RÏntgen’s tables. Roentgen’s multi-functional tables at Schloss Ludwigslust and at Chatsworth similarly do not feature any chequer band inlay. The top of this table is ftted with concealed swivelling brackets intended to support adjustable candleholders – a feature illustrated in the 1795 advertisement of the abovementioned ‘Journal des Luxus und der Moden’ and preserved for example
on the table at the Cooper-Hewitt Museum. The back corners of the top of this table furthermore show slight scuff marks of another feature shown in the 1795 design, a sloping ink-well holder, which would have hooked over the back edge of the top when raised for working while standing, underlining the remarkably original condition this table is preserved in. Examples of this table that have appeared at auction include one sold from the Stroganov collection in May 1931, now in the C.H. David Collection, Copenhagen; one from the Grand Dukes of Oldenburg, sold at Schloss Anholt, Christie’s, 20-21 November 2001, lot 572 (DM 614,800); as well as one sold from the property of a Belgian Nobleman, Christie’s, London, 5 July 2007, lot 257 (£132,000).









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