Ensayo del lote
Gilles Genty, historien de l'art, octobre 2026.
Ce tableau appartient à une série d’annonciations commencée dès avril 1889 avec un Mystère catholique (première version).
Maurice Denis s’est par la suite expliqué sur l’originalité du titre même du tableau : « Je fréquentais Adolphe Retté, dont on sait depuis la retentissante conversion. J’avais exposé aux Indépendants une Annonciation que j’appelais, par crainte d’être banal, Mystère Catholique. “Denis, me disait Retté, j’aime votre tableau, j’en ferai le thème de mon haschich”. » Adolphe Retté, qui avait rencontré Denis par l’intermédiaire de Lugné-Poe, avait été l’un des premiers à faire l’éloge de ses dessins destinés à illustrer Sagesse de Verlaine, et publiés en mai 1891 dans la revue L’Ermitage. Cette première « version », d’inspiration presque « primitiviste » au sens où l’entendaient les peintres italiens du Duecento et du Trecento, sera suivie la même année d’une seconde version gardée par l’artiste sa vie durant (1889, Saint-Germain-en-Laye, musée départemental Maurice Denis), plus grande, plus classique presque avec ses touches fondues les unes dans les autres, et parcourue d’une lumière mordorée.
Dans cette troisième « version », Maurice Denis adopte une facture résolument néo-impressionniste. Un an avant la disparition prématurée de Georges Seurat qui avait porté le mouvement sur ses fonds baptismaux, Denis recourt à une touche pointillée qui accentue la vibration des couleurs et la luminosité de la matière picturale ; cela dit d’ailleurs la précocité de l’influence du néo-impressionnisme sur la peinture moderne. La lumière et la couleur sont utilisées avec raffinement ; la toile, laissée partiellement en réserve (en bas à gauche), est construite comme une douce mélodie de rose (les fleurs sur le mur) et de jaune (l’église vue à travers le carreau de la fenêtre en haut à gauche) que vient ponctuellement animer quelques petites touches de rouge posées sur du noir (la poignée de la fenêtre). Si Maurice Denis réinterprète l’un des motifs favoris de la peinture impressionniste, à savoir l’intrusion d’une lumière extérieure dans un espace intérieur, cette scène n’est profane qu’en apparence ; le rai de lumière qui, traversant la fenêtre, vient frapper le livre tenu par le prêtre avant que d’éclairer la Vierge donne ainsi tout son sens à la scène. Denis réinvente ici l’iconographie ancestrale des annonciations, le rôle de l’ange Gabriel étant tenu par un prêtre assisté de deux enfants (de choeur), et le rôle fécondant de la parole étant dévolu à la lumière. Dans le sillage de Gauguin et de l’École de Pont-Aven, il s’agit pour Denis en particulier de « baptiser l’art moderne », mais aussi de faire de la parole sacrée éternelle quelque chose de contemporain.
Dans ce Mystère catholique, Denis réussit en définitive admirablement cette double convergence entre la modernité esthétique du temps présent et l’éternité du message révélé. La branche du lys se dédouble, comme le christianisme procède du judaïsme, tandis qu’un livre tombe de la main de la Vierge pour montrer le passage entre le Pentateuque et le nouveau Testament, ici tenu par le prêtre. L’on peut découvrir également, en contrepoint de la modernité du système chromatique employé, quelques références classiques ; tandis que la pose de la Vierge n’est pas sans rappeler celle de Francesca dans le Paolo et Francesca (1819) d’Ingres auquel Denis voue une grande admiration, l’inscription en grec « ASPAMOS » (salutation) renvoie à la fois à la culture linguistique de l’artiste et à l’idée d’une idéale fusion réalisée par le christianisme à partir des philosophies antiques.
Exposée au Salon des Indépendants en 1891, cette troisième version du Mystère catholique est louée par le poète et critique d’art Adolphe Retté : « Le Mystère catholique est d’une suavité extraordinaire : quelle mélodie de lignes et quelle douceur de ton ! La Vierge surtout, un grand lys incliné un peu vers le Verbe proche ; une presque enfance étonnée et attendrie – et le pur ovale du visage. Le paysage entrevu à travers la fenêtre a des lignes onduleuses et fuyantes qui complètent à miracle ce symbole de la grâce. » Adolphe Retté inspirera par ailleurs à Maurice Denis en 1891, avec son poème Soir trinitaire, un tableau du même nom.
Le premier collectionneur de notre tableau est lié à plus d’un titre au cercle que fréquente Maurice Denis. Né à Paris, Henry Lerolle (1848-1929) débute sa formation à l’académie Suisse puis, en 1864, dans l’atelier du peintre Louis Lamothe (1822-1869) mais fréquente assez peu l’École des beaux-arts. Indépendant de nature, il préfère s’adonner au Louvre à la copie d’oeuvres anciennes, notamment de Poussin, Véronèse et Rubens et c’est au musée qu’il rencontrera les peintres Albert Besnard et Jean-Louis Forain. Il expose au Salon à partir de 1868 des scènes de la vie contemporaine dans un style proche de Jules Bastien-Lepage, d’Henri Gervex ou encore d’Alfred Roll. Il réalisa en outre en 1889 la décoration Le Couronnement et l’Enseignement de la science pour l’Hôtel de Ville de Paris, année au cours de laquelle il devint chevalier de la Légion d’honneur. C’est toutefois son activité de collectionneur qui le fera passer à la postérité ; amateur d’oeuvres de Fantin-Latour, de Corot, de Degas ou encore de Renoir, il commande en 1892 à Maurice Denis une décoration murale L’Échelle dans le feuillage (Saint-Germain-en-Laye, musée départemental Maurice Denis) dont l’artiste fera poétiquement dédicacer le cadre par sa fiancée Marthe Meurier de deux « M » accolés. Dans les années 1930, Denis publiera un ouvrage sur Lerolle, rassemblant pour l’occasion plusieurs lettres d’amis peintres, tels que Puvis de Chavannes, Degas, Debussy pour lesquels ils avaient tous deux une grande admiration; la demeure des Lerolle, située au 20, avenue Duquesne, était un lieu de rencontre entre les écrivains, peintres et compositeurs de musique tels que Vincent d’Indy, Claude Debussy, Paul Dukas ou encore Ernest Chausson.
This painting belongs to a series of Annunciations begun as early as April 1889 with a first version of Mystère catholique (Catholic Mystery).
Maurice Denis later explained the unusual choice of title: “I was acquainted with Adolphe Retté, whose resounding conversion has since become well known. I had exhibited an Annunciation at the Salon des Indépendants which, for fear of appearing commonplace, I had called Catholic Mystery. ‘Denis,’ Retté would say to me, ‘I like your painting; I shall make it the subject of my hashish.’”
Adolphe Retté, who had met Denis through Lugné-Poe, had been among the first to praise his drawings intended to illustrate Verlaine’s Sagesse, published in May 1891 in the journal L’Ermitage. This first version, almost “primitivist” in inspiration, in the sense associated with Italian painters of the Duecento and Trecento, was followed that same year by a second version, which the artist retained throughout his life (1889, Saint-Germain-en-Laye, Musée départemental Maurice Denis). Larger and almost more classical in its treatment, with softly blended brushstrokes, this second composition is suffused with a warm, golden light.
In this third version, Maurice Denis adopts a distinctly Neo-Impressionist technique. A year before the premature death of Georges Seurat, one of the founding figures of the movement, Denis employs a pointillist touch that heightens the vibration of colour and the luminosity of the painted surface, revealing the early influence of Neo-Impressionism on modern painting. Light and colour are handled with particular refinement. The canvas, left partially unpainted in the lower left corner, is composed like a gentle melody of pinks (the flowers on the wall) and yellows (the church visible through the windowpane in the upper left), punctuated by small touches of red against black (the window handle).
Although Maurice Denis reinterprets one of the favourite motifs of Impressionist painting -the interplay of exterior light and interior space - the scene is secular only in appearance. The shaft of light entering through the window first strikes the book held by the priest before illuminating the Virgin, thereby revealing the deeper meaning of the composition. Denis reinvents the age-old iconography of the Annunciation: the role of the Archangel Gabriel is assumed by a priest accompanied by two altar boys, while the generative power of the divine Word is entrusted to light. Following in the footsteps of Gauguin and the Pont-Aven School, Denis sought not only to “baptise modern art”, but also to give the eternal sacred Word a contemporary expression.
In Mystère catholique, Denis ultimately achieves a remarkable synthesis between the aesthetic modernity of his time and the timelessness of divine revelation. The stem of the lily divides into two, just as Christianity grew out of Judaism, while a book slips from the Virgin’s hand, symbolising the transition from the Pentateuch to the New Testament, here held by the priest.
Alongside the modernity of his chromatic approach, several classical references may also be discerned. The Virgin’s pose recalls that of Francesca in Ingres’s Paolo and Francesca (1819), a work by an artist whom Denis greatly admired. Meanwhile, the Greek inscription “ASPAMOS” (“greeting”) alludes both to Denis’s linguistic learning and to the notion of an ideal synthesis of ancient philosophical traditions within Christianity.
Exhibited at the Salon des Indépendants in 1891, this third version of Mystère catholique was praised by the poet and art critic Adolphe Retté: “Mystère catholique possesses an extraordinary sweetness: what a melody of lines and what delicacy of tone! Above all, the Virgin, a tall lily inclining slightly towards the Word beside her; an almost childlike figure, astonished and tender - and the pure oval of her face. The landscape glimpsed through the window is composed of undulating, receding lines which wonderfully complete this symbol of grace.”
Adolphe Retté would also inspire Denis’s painting Soir trinitaire in 1891, through his poem of the same title.
The first collector to own the present painting was closely connected in several respects to the artistic and intellectual circle frequented by Maurice Denis. Born in Paris, Henry Lerolle (1848-1929) began his artistic training at the Académie Suisse before entering the studio of the painter Louis Lamothe (1822-1869) in 1864, although he attended the École des Beaux-Arts only infrequently.
Independent by nature, he preferred to devote himself to copying Old Master paintings at the Louvre, particularly works by Poussin, Veronese and Rubens. It was at the museum that he met the painters Albert Besnard and Jean-Louis Forain. From 1868 onwards, he exhibited scenes of contemporary life at the Salon, painted in a style close to that of Jules Bastien-Lepage, Henri Gervex and Alfred Roll. In 1889, he also executed the decorative composition Le Couronnement et l’Enseignement de la science for the Hôtel de Ville in Paris, the same year in which he was appointed Chevalier of the Légion d’honneur.
It was, however, as a collector that Lerolle would secure his lasting reputation. An admirer and collector of works by Fantin-Latour, Corot, Degas and Renoir, among others, he commissioned Maurice Denis in 1892 to create the mural decoration L’Échelle dans le feuillage (Saint-Germain-en-Laye, Musée départemental Maurice Denis). The artist had the frame poetically inscribed by his fiancée, Marthe Meurier, with two interlocking initials, “M”.
In the 1930s, Denis published a book devoted to Lerolle, bringing together letters from several artist friends, including Puvis de Chavannes and Degas, as well as the composer Debussy, all figures for whom both men shared a profound admiration. The Lerolle residence at 20 avenue Duquesne in Paris was a gathering place for writers, painters and composers, including Vincent d’Indy, Claude Debussy, Paul Dukas and Ernest Chausson.
Ce tableau appartient à une série d’annonciations commencée dès avril 1889 avec un Mystère catholique (première version).
Maurice Denis s’est par la suite expliqué sur l’originalité du titre même du tableau : « Je fréquentais Adolphe Retté, dont on sait depuis la retentissante conversion. J’avais exposé aux Indépendants une Annonciation que j’appelais, par crainte d’être banal, Mystère Catholique. “Denis, me disait Retté, j’aime votre tableau, j’en ferai le thème de mon haschich”. » Adolphe Retté, qui avait rencontré Denis par l’intermédiaire de Lugné-Poe, avait été l’un des premiers à faire l’éloge de ses dessins destinés à illustrer Sagesse de Verlaine, et publiés en mai 1891 dans la revue L’Ermitage. Cette première « version », d’inspiration presque « primitiviste » au sens où l’entendaient les peintres italiens du Duecento et du Trecento, sera suivie la même année d’une seconde version gardée par l’artiste sa vie durant (1889, Saint-Germain-en-Laye, musée départemental Maurice Denis), plus grande, plus classique presque avec ses touches fondues les unes dans les autres, et parcourue d’une lumière mordorée.
Dans cette troisième « version », Maurice Denis adopte une facture résolument néo-impressionniste. Un an avant la disparition prématurée de Georges Seurat qui avait porté le mouvement sur ses fonds baptismaux, Denis recourt à une touche pointillée qui accentue la vibration des couleurs et la luminosité de la matière picturale ; cela dit d’ailleurs la précocité de l’influence du néo-impressionnisme sur la peinture moderne. La lumière et la couleur sont utilisées avec raffinement ; la toile, laissée partiellement en réserve (en bas à gauche), est construite comme une douce mélodie de rose (les fleurs sur le mur) et de jaune (l’église vue à travers le carreau de la fenêtre en haut à gauche) que vient ponctuellement animer quelques petites touches de rouge posées sur du noir (la poignée de la fenêtre). Si Maurice Denis réinterprète l’un des motifs favoris de la peinture impressionniste, à savoir l’intrusion d’une lumière extérieure dans un espace intérieur, cette scène n’est profane qu’en apparence ; le rai de lumière qui, traversant la fenêtre, vient frapper le livre tenu par le prêtre avant que d’éclairer la Vierge donne ainsi tout son sens à la scène. Denis réinvente ici l’iconographie ancestrale des annonciations, le rôle de l’ange Gabriel étant tenu par un prêtre assisté de deux enfants (de choeur), et le rôle fécondant de la parole étant dévolu à la lumière. Dans le sillage de Gauguin et de l’École de Pont-Aven, il s’agit pour Denis en particulier de « baptiser l’art moderne », mais aussi de faire de la parole sacrée éternelle quelque chose de contemporain.
Dans ce Mystère catholique, Denis réussit en définitive admirablement cette double convergence entre la modernité esthétique du temps présent et l’éternité du message révélé. La branche du lys se dédouble, comme le christianisme procède du judaïsme, tandis qu’un livre tombe de la main de la Vierge pour montrer le passage entre le Pentateuque et le nouveau Testament, ici tenu par le prêtre. L’on peut découvrir également, en contrepoint de la modernité du système chromatique employé, quelques références classiques ; tandis que la pose de la Vierge n’est pas sans rappeler celle de Francesca dans le Paolo et Francesca (1819) d’Ingres auquel Denis voue une grande admiration, l’inscription en grec « ASPAMOS » (salutation) renvoie à la fois à la culture linguistique de l’artiste et à l’idée d’une idéale fusion réalisée par le christianisme à partir des philosophies antiques.
Exposée au Salon des Indépendants en 1891, cette troisième version du Mystère catholique est louée par le poète et critique d’art Adolphe Retté : « Le Mystère catholique est d’une suavité extraordinaire : quelle mélodie de lignes et quelle douceur de ton ! La Vierge surtout, un grand lys incliné un peu vers le Verbe proche ; une presque enfance étonnée et attendrie – et le pur ovale du visage. Le paysage entrevu à travers la fenêtre a des lignes onduleuses et fuyantes qui complètent à miracle ce symbole de la grâce. » Adolphe Retté inspirera par ailleurs à Maurice Denis en 1891, avec son poème Soir trinitaire, un tableau du même nom.
Le premier collectionneur de notre tableau est lié à plus d’un titre au cercle que fréquente Maurice Denis. Né à Paris, Henry Lerolle (1848-1929) débute sa formation à l’académie Suisse puis, en 1864, dans l’atelier du peintre Louis Lamothe (1822-1869) mais fréquente assez peu l’École des beaux-arts. Indépendant de nature, il préfère s’adonner au Louvre à la copie d’oeuvres anciennes, notamment de Poussin, Véronèse et Rubens et c’est au musée qu’il rencontrera les peintres Albert Besnard et Jean-Louis Forain. Il expose au Salon à partir de 1868 des scènes de la vie contemporaine dans un style proche de Jules Bastien-Lepage, d’Henri Gervex ou encore d’Alfred Roll. Il réalisa en outre en 1889 la décoration Le Couronnement et l’Enseignement de la science pour l’Hôtel de Ville de Paris, année au cours de laquelle il devint chevalier de la Légion d’honneur. C’est toutefois son activité de collectionneur qui le fera passer à la postérité ; amateur d’oeuvres de Fantin-Latour, de Corot, de Degas ou encore de Renoir, il commande en 1892 à Maurice Denis une décoration murale L’Échelle dans le feuillage (Saint-Germain-en-Laye, musée départemental Maurice Denis) dont l’artiste fera poétiquement dédicacer le cadre par sa fiancée Marthe Meurier de deux « M » accolés. Dans les années 1930, Denis publiera un ouvrage sur Lerolle, rassemblant pour l’occasion plusieurs lettres d’amis peintres, tels que Puvis de Chavannes, Degas, Debussy pour lesquels ils avaient tous deux une grande admiration; la demeure des Lerolle, située au 20, avenue Duquesne, était un lieu de rencontre entre les écrivains, peintres et compositeurs de musique tels que Vincent d’Indy, Claude Debussy, Paul Dukas ou encore Ernest Chausson.
This painting belongs to a series of Annunciations begun as early as April 1889 with a first version of Mystère catholique (Catholic Mystery).
Maurice Denis later explained the unusual choice of title: “I was acquainted with Adolphe Retté, whose resounding conversion has since become well known. I had exhibited an Annunciation at the Salon des Indépendants which, for fear of appearing commonplace, I had called Catholic Mystery. ‘Denis,’ Retté would say to me, ‘I like your painting; I shall make it the subject of my hashish.’”
Adolphe Retté, who had met Denis through Lugné-Poe, had been among the first to praise his drawings intended to illustrate Verlaine’s Sagesse, published in May 1891 in the journal L’Ermitage. This first version, almost “primitivist” in inspiration, in the sense associated with Italian painters of the Duecento and Trecento, was followed that same year by a second version, which the artist retained throughout his life (1889, Saint-Germain-en-Laye, Musée départemental Maurice Denis). Larger and almost more classical in its treatment, with softly blended brushstrokes, this second composition is suffused with a warm, golden light.
In this third version, Maurice Denis adopts a distinctly Neo-Impressionist technique. A year before the premature death of Georges Seurat, one of the founding figures of the movement, Denis employs a pointillist touch that heightens the vibration of colour and the luminosity of the painted surface, revealing the early influence of Neo-Impressionism on modern painting. Light and colour are handled with particular refinement. The canvas, left partially unpainted in the lower left corner, is composed like a gentle melody of pinks (the flowers on the wall) and yellows (the church visible through the windowpane in the upper left), punctuated by small touches of red against black (the window handle).
Although Maurice Denis reinterprets one of the favourite motifs of Impressionist painting -the interplay of exterior light and interior space - the scene is secular only in appearance. The shaft of light entering through the window first strikes the book held by the priest before illuminating the Virgin, thereby revealing the deeper meaning of the composition. Denis reinvents the age-old iconography of the Annunciation: the role of the Archangel Gabriel is assumed by a priest accompanied by two altar boys, while the generative power of the divine Word is entrusted to light. Following in the footsteps of Gauguin and the Pont-Aven School, Denis sought not only to “baptise modern art”, but also to give the eternal sacred Word a contemporary expression.
In Mystère catholique, Denis ultimately achieves a remarkable synthesis between the aesthetic modernity of his time and the timelessness of divine revelation. The stem of the lily divides into two, just as Christianity grew out of Judaism, while a book slips from the Virgin’s hand, symbolising the transition from the Pentateuch to the New Testament, here held by the priest.
Alongside the modernity of his chromatic approach, several classical references may also be discerned. The Virgin’s pose recalls that of Francesca in Ingres’s Paolo and Francesca (1819), a work by an artist whom Denis greatly admired. Meanwhile, the Greek inscription “ASPAMOS” (“greeting”) alludes both to Denis’s linguistic learning and to the notion of an ideal synthesis of ancient philosophical traditions within Christianity.
Exhibited at the Salon des Indépendants in 1891, this third version of Mystère catholique was praised by the poet and art critic Adolphe Retté: “Mystère catholique possesses an extraordinary sweetness: what a melody of lines and what delicacy of tone! Above all, the Virgin, a tall lily inclining slightly towards the Word beside her; an almost childlike figure, astonished and tender - and the pure oval of her face. The landscape glimpsed through the window is composed of undulating, receding lines which wonderfully complete this symbol of grace.”
Adolphe Retté would also inspire Denis’s painting Soir trinitaire in 1891, through his poem of the same title.
The first collector to own the present painting was closely connected in several respects to the artistic and intellectual circle frequented by Maurice Denis. Born in Paris, Henry Lerolle (1848-1929) began his artistic training at the Académie Suisse before entering the studio of the painter Louis Lamothe (1822-1869) in 1864, although he attended the École des Beaux-Arts only infrequently.
Independent by nature, he preferred to devote himself to copying Old Master paintings at the Louvre, particularly works by Poussin, Veronese and Rubens. It was at the museum that he met the painters Albert Besnard and Jean-Louis Forain. From 1868 onwards, he exhibited scenes of contemporary life at the Salon, painted in a style close to that of Jules Bastien-Lepage, Henri Gervex and Alfred Roll. In 1889, he also executed the decorative composition Le Couronnement et l’Enseignement de la science for the Hôtel de Ville in Paris, the same year in which he was appointed Chevalier of the Légion d’honneur.
It was, however, as a collector that Lerolle would secure his lasting reputation. An admirer and collector of works by Fantin-Latour, Corot, Degas and Renoir, among others, he commissioned Maurice Denis in 1892 to create the mural decoration L’Échelle dans le feuillage (Saint-Germain-en-Laye, Musée départemental Maurice Denis). The artist had the frame poetically inscribed by his fiancée, Marthe Meurier, with two interlocking initials, “M”.
In the 1930s, Denis published a book devoted to Lerolle, bringing together letters from several artist friends, including Puvis de Chavannes and Degas, as well as the composer Debussy, all figures for whom both men shared a profound admiration. The Lerolle residence at 20 avenue Duquesne in Paris was a gathering place for writers, painters and composers, including Vincent d’Indy, Claude Debussy, Paul Dukas and Ernest Chausson.
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