SERVICE À DÉJEUNER EN VERMEIL SUR PLATEAU D'ÉPOQUE EMPIRE
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COLLECTION PRIVÉE
SERVICE À DÉJEUNER EN VERMEIL SUR PLATEAU D'ÉPOQUE EMPIRE

PAR MARTIN-GUILLAUME BIENNAIS, PARIS, 1798-1809; LES CUILLÈRES PAR PIERRE-BENOIT LORILLON

Details
SERVICE À DÉJEUNER EN VERMEIL SUR PLATEAU D'ÉPOQUE EMPIRE
PAR MARTIN-GUILLAUME BIENNAIS, PARIS, 1798-1809; LES CUILLÈRES PAR PIERRE-BENOIT LORILLON
Sur plateau circulaire à âme en bois reposant sur quatre pieds-griffes, la galerie ciselée d'une bande de feuilles de laurier et bordure perlée, appliquée de dix supports, comprenant
- deux bouillons et leurs couvercles, chacun circulaire sur piédouche ciselé de feuilles d'eau et à bordure de feuilles de chêne et glands, le couvercle ciselé de feuilles d'eau et centré d'une prise en aigle,
- une cafetière égoïste de forme ovoïde sur trois pied-griffes, ciselée au centre d’une large bande amatie décorée en relief de putti tenant des guirlandes de vigne,
- une chocolatière piriforme ciselée sur la panse de feuilles d'eau alternées de feuilles d'acanthe et sur le col d'une bande amatie décorée de profils de déesses dans des couronnes de laurier et au centre d'un masque de Méduse, le couvercle avec prise sur pivot en aigle, le manche en poirier noirci avec embout en nacre,
- une théière de section ovale sur piédouche, le corps uni ciselé au centre d'une bande amatie décorée de deux médaillons figurant les Trois Grâces flanquées de putto tenant un paon, le bec en tête de canard, la prise en bois noirci,
- un pot à lait ovoïde sur piédouche bordé de feuilles de laurier, ciselé sur l'épaulement d'une bande amatie décorée de Trois Grâces flanquées de Junon et Apollon,
- un confiturier/sucrier de forme Campana sur piédouche carré et bordé de feuilles de laurier avec six cuillères modèle palmette et masque de Cérès
- un flacon et un verre sur pied en cristal taillé en pointes de diamants,
poinçons: titre, garantie, maître-orfèvre et poinçon de l'association des orfèvres, gravé dans le couvercle du sucrier/confiturier BIENNAIS ORFÈVRE DE S. M. L'EMPEREUR ET ROI À PARIS; toutes les pièces gravées d'une initiale C modifiée en A dans un manteau impérial sous couronne princière
D. du plateau 42.5 cm. (16 ¾ in.); H. de la cafetière égoïste: 17.2 cm. (6 7⁄8 in.)
Poids brut de l'argent pesable 2,534 gr. (81 oz. 9 dwt.)
Provenance
probablement Caroline Murat (1782-1839) offert à
Marie-Antoinette Murat (1793-1847) puis par descendance.
Further details
AN EMPIRE SILVER-GILT LUNCH SERVICE ON STAND, BY MARTIN-GUILLAUME BIENNAIS, PARIS, 1798-1809; THE SPOONS PAR PIERRE-BENOIT LORILLON
On a circular wooden-core tray raised on four claw feet, the chased gallery decorated with a band of laurel leaves and a beaded border, fitted with ten supports for the following pieces:
two covered bouillon cups, each circular on a spreading foot chased with water leaves and bordered with oak leaves and acorns, the covers chased with water leaves and centred by an eagle finial;
a small ovoid coffee pot on three claw feet, chased around the centre with a broad matte-ground band in relief depicting putti holding vine garlands;
a pear-shaped chocolate pot, the body chased with alternating water leaves and acanthus leaves, the neck with a matte-ground band decorated with profiles of goddesses within laurel wreaths and centred by a mask of Medusa, the hinged cover surmounted by an eagle finial, the handle of ebonised pearwood with a mother-of-pearl terminal;
an oval-section teapot on a spreading foot, the plain body chased around the centre with a matte-ground band decorated with two medallions depicting the Three Graces, flanked by putti holding a peacock, the spout modelled as a duck’s head, the handle of ebonised wood;
an ovoid milk jug on a spreading foot bordered with laurel leaves, the shoulder chased with a matte-ground band decorated with the Three Graces flanked by Juno and Apollo;
a campana-shaped sugar bowl or jam pot on a square spreading foot bordered with laurel leaves, with six spoons in the palmette and mask of Ceres pattern;
a cut-crystal decanter and a stemmed glass, both cut with diamond-point facets.
Marked: with standard, guarantee, maker’s and silversmiths’ association marks. The cover of the sugar bowl or jam pot engraved BIENNAIS ORFÈVRE DE S. M. L’EMPEREUR ET ROI À PARIS. All pieces engraved with the initial C, altered to A, within an imperial mantle surmounted by a princely crown.

By virtue of its composition, the present service is a breakfast service rather than a luncheon service, of which at least six examples are known. The alteration of the engraved initial on each piece suggests that it may have been a gift from Caroline Murat to her niece by marriage, Antoinette Murat, whom she and her husband, Joachim Murat, raised after she was orphaned.

A STYLE TYPICAL OF THE BONAPARTE FAMILY’S EARLY COMMISSIONS
Stylistically, the service remains close to Biennais’s work at the beginning of the Empire, both in its forms, notably the concave-sided teapot, and in its decoration, enhanced by matte-ground backgrounds and characteristic iconography. It may be compared with Josephine’s tea service and the service presented to Pauline Bonaparte on the occasion of her marriage to Prince Camillo Borghese. In both cases, the designs have been attributed to Charles Percier, based on engravings from the Recueil de décorations intérieures. The same decorative repertoire appears on the present service, including the Three Graces, figures of Cupid, peacocks and classical masks.

By this time, Biennais had become the official goldsmith to Napoleon Bonaparte and his family, to whom Napoleon presented some of his creations independently of direct commissions.

CAROLINE MURAT: AN AMBITIOUS AND CULTIVATED WOMAN
Caroline Murat commissioned numerous pieces from Biennais herself, although not all these commissions are documented. These include a series of busts depicting members of her family, as well as several travelling necessaires. Her celebrated “silver boudoir” at the Élysée Palace, together with her private apartments, also featured works by Biennais.

Caroline Bonaparte (1782–1839) was the youngest of Napoleon I’s sisters and the one of whom he said, after becoming emperor, “Of my entire family, she is the one who most resembles me.” She was among the most ambitious women and politically influential figures of the First Empire.
In 1800, she married Marshal Joachim Murat, one of Napoleon’s closest companions. Appointed Governor of Paris in January 1804, Murat and his wife acquired the Hôtel de l’Élysée in August 1805, formerly the residence of the Marquise de Pompadour, and undertook extensive renovations. They installed part of their collections of works of art and objets d’art there, as well as at their Château de Villiers. In 1808, Joachim Murat became King of Naples, and Caroline reigned as Queen of Naples from 1808 to 1815.

Possessed of keen political acumen, she actively participated in governing the kingdom during her husband’s absences. Following Napoleon’s downfall in 1815 and the execution of Joachim Murat, she lived in exile under the title of Countess of Lipona, an anagram of Napoli. She settled first in Austria and then in Florence, where she died in 1839.

A GIFT TO ANTOINETTE MURAT
Marie-Antoinette Murat (1793–1847), commonly known as Antoinette Murat, was the posthumous daughter of Pierre Murat, Joachim Murat’s elder brother. She was raised under the protection of her illustrious uncle until her marriage in 1808.

The present breakfast service is engraved with the monogram “C”, subsequently altered to “A”, suggesting that it initially belonged to Caroline Murat before being given to Antoinette Murat for her personal use, probably while the latter was still living in her aunt and uncle’s household. This hypothesis is reinforced by the close bond between the young woman and Joachim Murat and Caroline Bonaparte, who raised her as their own daughter.

Presentado por

Hippolyte de la Féronnière
Hippolyte de la Féronnière Head of European Furniture Department

Ensayo del lote

Le présent service est, de par sa composition, un service à petit-déjeuner plutôt qu'un service à déjeuner, dont on connaît au moins six exemplaires. La modification de l'initiale gravée sur chacune des pièces suggère qu'il pourrait s'agir d'un cadeau de Caroline Murat à sa nièce par alliance, Antoinette Murat, qu'elle éleva avec son époux, Joachim Murat, après que celle-ci fut devenue orpheline.

UN STYLE TYPIQUE DES PREMIÈRES COMMANDES DE LA FAMILLE BONAPARTE
Stylistiquement, ce service s'apparente encore, par ses formes, notamment celle de la théière à flancs concaves, mais également par son décor valorisé par des fonds amatis et une iconographie caractéristique à l'œuvre de Biennais au début de l'Empire. Il peut être ainsi rapproché du service à thé de Joséphine ainsi que du service offert à Pauline Bonaparte à l'occasion de son mariage avec le prince Camillo Borghèse. Pour chacun de ces ensembles, le dessin a été attribué à Charles Percier d'après les gravures du Recueil de décorations intérieures. On retrouve sur le présent service le même répertoire décoratif, avec les Trois Grâces, des figures d'Amour, des paons et des masques à l'antique.

À cette époque, Biennais est désormais l'orfèvre officiel de Napoléon Bonaparte et de sa famille, à laquelle Napoléon offre certaines de ses réalisations en dehors même des commandes directes.

CAROLINE MURAT : UNE FEMME AMBITIEUSE ET CULTIVÉE
Caroline Murat commande elle-même de nombreuses pièces à Biennais, bien que toutes ces commandes ne soient pas documentées. On connaît notamment une série de bustes à l'effigie des membres de sa famille ainsi que plusieurs nécessaires de voyage. Son célèbre « boudoir d'argent », aménagé au palais de l'Élysée, de même que ses appartements privés, intègrent également des œuvres de Biennais.

Caroline Bonaparte (1782-1839) est la plus jeune des sœurs de Napoléon Ier et celle dont il disait, une fois devenu empereur, que « de toute ma famille, c'est celle qui me ressemble le plus ». Elle compte parmi les femmes les plus ambitieuses et les plus influentes politiquement du Premier Empire.
En 1800, elle épouse le maréchal Joachim Murat, l'un des plus proches compagnons de Napoléon. Nommé gouverneur de Paris en janvier 1804, Murat acquiert avec son épouse, en août 1805, l'hôtel de l'Élysée, ancienne résidence de la marquise de Pompadour, dans lequel ils entreprennent d'importants travaux. Ils y installent une partie de leurs collections d'œuvres et d'objets d'art, ainsi que dans leur château de Villiers. En 1808, Joachim Murat devient roi de Naples et Caroline est reine de Naples de 1808 à 1815.
Dotée d'une vive intelligence politique, elle participe activement au gouvernement du royaume durant les absences de son mari. Après la chute de Napoléon en 1815 et l'exécution de Joachim Murat, elle vit en exil sous le titre de comtesse de Lipona, anagramme de Napoli. Elle s'installe successivement en Autriche puis à Florence, où elle meurt en 1839.

UN CADEAU À ANTOINETTE MURAT
Marie-Antoinette Murat (1793-1847), souvent appelée Antoinette Murat, est la fille posthume de Pierre Murat, frère aîné de Joachim Murat. Elle est élevée sous la protection de son illustre oncle jusqu'à son mariage, en 1808.

Ce service à déjeuner est gravé du monogramme « C », ultérieurement transformé en « A », ce qui suggère qu'il appartint d'abord à Caroline Murat avant d'être donné à Antoinette Murat pour son usage personnel, probablement alors que cette dernière résidait encore au sein du foyer de ses oncle et tante. Cette hypothèse est renforcée par le lien étroit unissant la jeune femme à Joachim Murat et à Caroline Bonaparte, qui l'élevèrent comme leur propre fille.

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