Henri Jayer

Henri Jayer reste une légende en Bourgogne. Il a produit certains des vins les plus recherchés non seulement de la région, mais aussi du monde viticole en général.

Bien qu'il soit né et ait grandi à Vosne-Romanée, Henri n'avait pas prévu, au départ, de devenir vigneron. On lui a demandé de s'occuper des vignobles de Camuzet pendant la Seconde Guerre mondiale et il a suivi des études d'œnologie à l'université de Dijon. Il a ensuite planté ses propres vignes et s’est occupé de celles de ses frères Georges et Lucien, devenant l’un des meilleurs vignerons que la Bourgogne ait jamais connus.

Henri était chargé d’élaborer tous les vins issus des vignobles de ses frères, bien qu’ils aient été mis en bouteille sous les noms respectifs de leurs domaines : Domaine Lucien Jayer, Domaine Georges Jayer et Domaine Henri Jayer. L'étiquette « Réserve » désignait les vins du Domaine Henri Jayer, produits et mis en bouteille par Henri Jayer lui-même.

Officiellement, Henri a pris sa retraite en 1995 et son neveu Emmanuel Rouget lui a succédé. Cependant, il a continué à jouer un rôle actif dans la vinification et a continué à mettre en bouteille la moitié de la production sous son propre nom. Le dernier millésime d'Henri Jayer remonte à 2001 et il est malheureusement décédé en 2006.

Les vins issus du petit domaine de 6,30 hectares d’Henri, situé à Vosne-Romanée et dans ses environs, sont considérés comme parmi les meilleurs jamais produits en Bourgogne, notamment les légendaires Richebourg, Échezeaux et Cros Parantoux.

Henri était un pionnier dans sa conviction que le soin apporté au vignoble était fondamental pour produire de grands vins de Bourgogne. Il réduisait au minimum les traitements, supervisait une sélection rigoureuse des raisins et maintenait des rendements très bas. Un égrappage total et une macération à froid de quatre ou cinq jours avant la fermentation étaient utilisés pour extraire davantage de couleur et d’arômes. Seules des levures naturelles étaient utilisées pour la fermentation, ajoutant complexité et individualité aux vins. Un nombre réduit au minimum de soutirages et l’absence de filtration garantissaient la conservation intégrale des nuances, de la profondeur, de la complexité et de la concentration.

Les vins d’Henri Jayer ont acquis un statut culte parmi les amateurs de Bourgogne. Ils sont mondialement connus pour leur intensité aromatique, leur extraordinaire complexité et leur soyeux séduisant.

Le Cros Parantoux est l’exemple le plus recherché de la magie d’Henri Jayer ; il a été produit pour la première fois lors du millésime 1978 — auparavant, les raisins de ce vignoble d’un hectare étaient assemblés dans son Vosne-Romanée. Bien que classé Premier Cru, le Cros Parantoux produisait un Bourgogne rouge incroyablement complexe et de longue garde, qui n’avait rien à envier aux Grands Crus plus illustres de son domaine.

Tous les millésimes des Richebourg, Échezeaux et Cros Parantoux d’Henri Jayer sont très prisés, mais ceux-ci le sont tout particulièrement : 1959, 1978, 1985, 1986, 1987, 1989, 1990, 1993, 1995, 1996, 1999 et 2001.

Il est de plus en plus difficile de trouver des caisses complètes aux enchères. Lorsqu’elles sont proposées chez Christie’s, les enchères sont intenses et les prix d’adjudication atteints sont impressionnants. La vente de 2012 à Hong Kong, intitulée « Fine and Rare Wines From the Private Cellar of Henri Jayer », reste à ce jour une référence en matière d’enchères. Lorsque des vins issus de cette vente sont remis en vente chez Christie’s, la demande est incroyablement forte.


Henri Jayer, Echézeaux 1991

12 bottles per lot

Henri Jayer, Echézeaux 1993

9 bottles per lot

Henri Jayer, Echézeaux 1995

3 magnums per lot

Henri Jayer, Vosne-Romanée Cros Parantoux 1993

10 bottles (75cl) per lot - (cc)