MIROIR À PARECLOSES D'ÉPOQUE RÉGENCE
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MIROIR À PARECLOSES D'ÉPOQUE RÉGENCE

ATTRIBUÉ À CHARLES CRESSENT, VERS 1720

Details
MIROIR À PARECLOSES D'ÉPOQUE RÉGENCE
ATTRIBUÉ À CHARLES CRESSENT, VERS 1720
En bronze ciselé et doré, de forme rectangulaire, dans un encadrement à parecloses ceint d'une frise d'entrelacs feuillagés stylisés, appliqué aux angles d'agrafes ajourées de feuillages et de branchages fleuris, la bordure intérieure godronnée ; fêles et une agrafe détachée ; restaurations
H. 204 cm. (80 1⁄3 in.) ; L. 142 cm. (59 ½ in.) ; P. 8 cm. (2 in.)
Provenance
Doña Graziella Patiño de Ortiz Linares (1900-1980) et Son Excellence Don Jorge Ortiz Linares (1894-1965) ;
Puis par descendance.
Literature
Bibliographie comparative :
S. Roche et al., Miroirs, Paris, 1986, p. 25.
P. Hugues, The Wallace Collection, vol. II, 1986, Londres, p. 740.
G. Child, Les Miroirs 1650-1900, Paris, 1991, p. 183.
A. Pradère, Charles Cressent, sculpteur, ébéniste du Régent, Dijon, 2003, pp. 8-43, 201-204.
Further Details
A REGENCE ORMOLU MIRROR, ATTRIBUTED TO CHARLES CRESSENT, CIRCA 1720

Offerto da

Paul Gallois
Paul Gallois Head of European Furniture, EMEA

Descrizione dettagliata lotto

The present mirror belongs to the rare corpus of monumental trumeaux attributed to Charles Cressent. An example of comparable dimensions —1.80 metres high and 1.17 metres wide— was supplied to the Château de Saint-Cloud in 1724 for the Duc d’Orléans. Although some mirrors of this group are surmounted by a cresting, lot 105 in the sale of Cressent’s workshop stock in 1765 records “a trumeau with two mirror plates and a gilt-bronze border measuring six pieds three pouces high and four pieds three pouces wide, without the cresting”, almost certainly closely related to the present example.

The monumental scale of such works was made possible by advances in mirror-making achieved at the turn of the seventeenth and eighteenth centuries. Technical innovations developed by the Manufacture royale des glaces, established in 1665 under the patronage of Louis XIV and Colbert, allowed for the production of mirrors of unprecedented dimensions, whose decorative possibilities Cressent fully exploited.

Several comparable mirrors, formerly in the collection of Hubert de Givenchy, have appeared at auction in recent years. These include a mirror, dated circa 1720, sold at Christie's Paris, 14 June 2022, lot 21, and another, attributed to Charles Cressent, sold at Christie's Paris, 30 June 2022, lot 54. The latter features foliate mounts whose design is comparable to those on the present mirror.

Very few other gilt-bronze mirrors of comparable scale have survived. One should nevertheless note the example formerly in the Galleria di Castro, Rome, dating from circa 1700 and incorporating verre églomisé (probably illustrated in G. Child, Les Miroirs 1650-1900, Paris, 1991, p. 183, fig. 322). Contemporary documentation also records “two large mirrors measuring 15 by 18 feet, their borders of chased and gilt bronze, cast and chased by Caffieri after designs by Gabriel”, commissioned by Louis XV and presented as a diplomatic gift to Sultan Mahmud I, now lost.

CHARLES CRESSENT, SCULPTOR-ÉBÉNISTE

Trained as a sculptor by his father, François Cressent, in the family's workshop in Amiens, Charles Cressent settled in Paris around the turn of the eighteenth century. He was received as a maître-sculpteur by the Académie de Saint-Luc in 1714 and appears to have worked as a ciseleur (chaser) of gilt-bronze mounts for François Girardon and Robert Le Lorrain. His marriage in 1719 to the widow of the cabinet-maker Joseph Poitou enabled him to take over a small ébénisterie workshop, which he successfully expanded. By the 1720s, his talent had attracted a clientele among the most influential figures in the kingdom, including Philippe d'Orléans, Duke of Orléans and Regent of France, from whom he received the title Ébéniste du Régent, as well as Pierre Crozat, Jean de Boullongne, and several leading financiers and members of the aristocracy. This remarkable rise established Cressent as an artist whose dual training as both sculptor and cabinet-maker enabled him to develop a distinctive decorative vocabulary, in which gilt bronze became a fundamental structural element of his designs rather than merely an ornamental embellishment.

The singularity of Cressent’s work lies in the prominent role accorded to gilt bronze. He developed a highly personal ornamental vocabulary drawing upon a rich repertory of masks, trophies, palm fronds and stylised foliate compositions. To ensure the quality of their execution, he collaborated with leading fondeurs-ciseleurs, among them Léon-Jacques Cazobon and François Bruyer.

Defying the regulations of the guild system, which imposed a strict separation between trades, Cressent oversaw within his own workshop the production of both the furniture and its gilt-bronze mounts. This practice led to several lawsuits brought against him by the guild of fondeurs-ciseleurs. The inventory drawn up during the seizure of his workshop in 1723 notably records components intended for trumeaux de glace, testifying to the importance of this aspect of his production.


Le présent miroir appartient au rare corpus des grands trumeaux attribués à Charles Cressent (1685-1767). Un exemplaire aux proportions comparables - 1,80 m de hauteur par 1,17 m de largeur - est livré au château de Saint-Cloud en 1724 pour le duc d’Orléans. Bien que certains miroirs soient dotés d’un fronton, on trouve la trace au lot 105 de la vente de son fonds d’atelier en 1765 d’« un trumeau en deux glaces avec sa bordure de bronze doré portant six pieds trois pouces de haut sur quatre pieds trois pouces de large, sans le couronnement », certainement très proche du nôtre.

La monumentalité de ces ouvrages est rendue possible par les progrès accomplis dans la fabrication des glaces au tournant des XVIIe et XVIIIe siècles. Les perfectionnements techniques développés par la Manufacture royale des glaces, créée en 1665 sous l’impulsion de Louis XIV et Colbert, permettent alors l'exécution de miroirs de dimensions jusqu'alors inédites, dont Cressent exploite pleinement les possibilités décoratives.

Plusieurs miroirs analogues, issus des collections Hubert de Givenchy, sont passés à l’encan ces dernières années. Citons ainsi un miroir, daté vers 1720, vendu chez Christie’s Paris, le 14 juin 2022, lot 21, ainsi qu’un autre, attribué à Charles Cressent, vendu également chez Christie’s Paris, le 30 juin 2022, lot 54. Ce dernier présente des agrafes feuillagées dont le dessin est comparable à celles présentes sur notre miroir.

Peu d’autres miroirs en bronze d’une telle dimension nous sont malheureusement parvenus, notons néanmoins celui autrefois dans la galerie di Castro, Rome, daté vers 1700, en verre églomisé (probablement illustré dans G. Child, Les Miroirs 1650-1900, Paris, 1991, p. 183, fig. 322). La documentation ancienne mentionne aussi « deux grands miroirs de 15 x 18 pieds, la bordure en bronze ciselé et doré, fondue par et ciselée par Caffieri sur le dessin de Gabriel » commandés par Louis XV et offerts en présent diplomatique à Mahmoud Ier, aujourd’hui disparus.

CHARLES CRESSENT, UN SCULPTEUR ÉBÉNISTE

Formé à la sculpture auprès de son père François Cressent dans leur atelier familial d’Amiens, Charles Cressent s’installe à Paris au tournant du XVIIIe siècle. Reçu maître sculpteur à l’Académie de Saint-Luc en 1714, il semble avoir travaillé comme ciseleur de bronzes pour François Girardon et Robert Le Lorrain. Son mariage, en 1719, avec la veuve de l’ébéniste Joseph Poitou lui permet de prendre la direction d'un petit atelier d'ébénisterie qu’il fait prospérer. Dès les années 1720, son talent lui attire une clientèle parmi les plus influentes du royaume, comprenant Philippe d’Orléans, duc d’Orléans et Régent de France, dont il reçoit le titre d'Ébéniste du Régent, mais également Pierre Crozat, Jean de Boullongne ou encore plusieurs grandes figures de la finance et de l’aristocratie. Cette ascension fulgurante consacre un artiste dont la double formation de sculpteur et d’ébéniste lui permet de développer un langage décoratif inédit, faisant du bronze doré un élément structurant de ses créations plutôt qu’un simple ornement.

La singularité de son œuvre réside en effet dans la place prépondérante accordée au bronze doré. Il met en place un vocabulaire ornemental personnel qui s’appuie sur un répertoire riche de masques, trophées, palmes et compositions végétales stylisées. Afin d'en maîtriser l'exécution, il s'entoure de fondeurs-ciseleurs de premier plan, parmi lesquels Léon-Jacques Cazobon et François Bruyer.

Défiant les règlements corporatifs qui imposent une stricte séparation des métiers, Cressent assure au sein de son atelier la réalisation conjointe des meubles et de leurs bronzes d'ornement. Cette pratique lui vaut plusieurs procès intentés par la corporation des fondeurs-ciseleurs. L’inventaire dressé lors de la saisie de 1723 mentionne notamment la présence d’éléments destinés à des trumeaux de glace, attestant de l’importance de cette production.

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