Jean-Honoré Fragonard (1732-1806)
Jean-Honoré Fragonard (1732-1806)

Le nain Bajocco debout entre deux bornes

Details
Jean-Honoré Fragonard (1732-1806)
Le nain Bajocco debout entre deux bornes
inscrit et daté par Bergeret 'Rome 1774'
craie noire, pinceau et encre brune, lavis brun
362 x 285 mm.
Provenance
Pierre-Jacques-Onésyme Bergeret, avec son inscription.
Vente du Duc de Chabot et Duc de la Mure ou Desmarets; Paris, 17-22 décembre 1787, lot 175 (36 livres 4 sols, comme 'Une autre figure d'après le même personnage bien drapé et touchée aussi largement que la précédente').
Acheté par Pierre Decourcelle en juin 1911 de Kraemer pour 4,000 francs.
Literature
A. Ananoff, L'oeuvre dessiné de Jean-Honoré Fragonard, Paris, 1961, I, no. 264, fig. 89.
J.Q. van Regteren Altena, 'Bajocco', Festschrift E. Trautscholdt, 1965, pp. 136-42.
S. Laveissière, Bégnine Gagneraux, cat. expo. Rome, 1981, p. 102.
J.-P. Cuzin, 'De Fragonard à Vincent', Bulletin de la Société de l'Histoire de l'Art Français, 1983, p. 111, note 36, fig. 14.
M. Stuffman, Französische Zeichnungen im Städelschen Kunstinstitut, cat. expo., Francfort, Städtische Galerie im Städelschen Kunstinstitut, 1986, p. 156, fig. 125a.
P. Rosenberg, Fragonard, cat. expo, Paris, Galeries Nationales du Grand Palais, 1987, p. 377, fig. 1.
J.-P. Cuzin et P. Rosenberg, J.H. Fragonard e H. Robert a Roma, cat. expo., Rome, Villa Medici, 1991, p. 244, fig. b.

Lot Essay

Ce portrait du nain Bajocco a été dessiné par Fragonard à Rome en 1774 lors de son second voyage en Italie qu'il fit pour accompagner le financier Pierre-Jacques-Onésyme Bergeret (1715-1785). Bergeret, sa femme de chambre, Fragonard et sa femme quittèrent Paris le 5 octobre et exactement deux mois plus tard ils arrivèrent à Rome. Les voyageurs habitèrent à Rome tout le mois de décembre 1773 et encore les mois de mars et juin 1774. Le reste du temps il firent des excursions à Tivoli, Frascati, Gaëte et Naples. Début juillet 1774 Bergeret, Fragonard et toute la compagnie quittèrent Rome pour retourner à Paris en passant par Florence, Venise, Vienne, Dresde et Strasbourg.
De retour à Paris, Bergeret confisca tous les dessins de Fragonard sous prétexte que Fragonard n'avait rien déboursé pour le voyage. Fragonard fit un procès au financier, qu'il gagna et Bergeret fut obligé de rendre les dessins ou de payer 30,000 livres. Bergret préféra payer.
Beaucoup des dessins éxécutés par Fragonard en 1773-4 durant son voyage italien ont été annotés par Bergeret quand ils sont passés par ses portefeuilles. Bergret a ainsi précisé le lieu et la date d'éxécution des dessins. Le présent dessin est inscrit 'Rome 1774' comme le sont quatre autres portraits au lavis, tous de même taille (P. Rosenberg, op. cit., nos. 174-7). Ces cinq dessins ont sans doute quitté les portefeuilles de Bergeret avant sa mort en 1785: la paire de portraits du Louvre fit partie de la vente Vassal de Saint-Hubert dès 1779 et d'autres furent vendus en 1787 et 1791.
La première mention du présent dessin remonte à 1787, quand il fut vendu aux enchères en paire avec la feuille maintenant au Städelsches Kunstinsintitut à Franckfort (P. Rosenberg, op. cit., no. 176). Le dessin de Franckfort fut décrit en 1787 comme 'Une étude de deux figures représentant un mendiant de taille raccourcie et grotesque, il est arrêté devant une jeune femme assise qui tient un chapeau sur elle', la vente anonyme du 31 mai 1790 rajouta 'le portrait d'un mendiant de Rome et celui de sa femme; il est connu sous le nom de Bajocco'. Dans le dessin de Franckfort le nain est vu de profil, en conversation avec une jeune fille assise. Les deux personnes sont devant deux bornes, les mêmes qui dans le présent dessin sont derrière le nain et donnent une idée de sa taille.
Bajocco, de son vrai nom Francesco Ravai, reçut son surnom du type de pièces de monnaies qu'il sollicitait des passants. Il était en général installé à l'entrée du fameux café Grecco ou place d'Espagne. L'aspect pittoresque du personnage attira beaucoup d'artistes contemporains comme Vincent, Gagneraux, Philip Wickstead, Sablet, Appiani, Juel et d'autres. Mais contrairement à d'autres artistes, Fragonard représenta son modèle posant avec une certaine fierté, tenant son bâton comme un chevalier tiendrait son épée, avec un regard droit et légèrement moqueur.

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