Lot Content

Global notice COVID-19 Important notice
Details
LOUISE NEVELSON (1899-1988)
Royal Tide II
signé et daté 'NEVELSON 1960' (sur 13 des 14 éléments)
bois peint
150 x 140 cm. (59 x 55 1/8 in.)
Réalisé en 1960.
Provenance
Galerie Daniel Gervis, Paris.
Acquis auprès de celle-ci en 1967.
Exhibited
Paris, Galerie Daniel Gervis, Louise Nevelson, juin-juillet 1967, No. 36 (illustré au catalogue d'exposition, non paginé; détail illustré en couverture).
Paris, Centre National d'Art Contemporain, Louise Nevelson, avril-mai 1974.
Post Lot Text
'ROYAL TIDE II'; SIGNED AND DATED ON 13 OF THE 14 ELEMENTS; PAINTED WOOD.

Brought to you by

Clémentine Robert
Clémentine Robert Administratrice

Lot Essay

Louise Nevelson réalise ses premiers assemblages de bois dans les années 1940, utilisant des rebuts d'objets glanés - cageots, fragments de mobilier, éléments de bois brut - pour constituer des sculptures totémiques où transparaît autant l'influence des ready-made de Duchamp que celle des explorations du mouvement cubiste, que l'artiste étudie en Europe auprès de Hans Hofmann. La reconnaissance de Louise Nevelson survient cependant particulièrement tard dans la carrière de l'artiste, et c'est grâce à ses premiers 'environnements' muraux, réalisés en 1957, que l'artiste y accède. Deux ans plus tard, elle a soixante ans lorsqu'elle fait partie des Sixteen Americans exposés au MoMA de New York, aux côtés de Frank Stella (qui n'en a alors que vingt-trois), Mark Rothko, Robert Rauschenberg ou Jasper Johns.

Les sculptures murales de Louise Nevelson, dont Royal Tide II est emblématique, sont constituées d'une multitude d'éléments disparates agencés dans des caisses de bois au format carré ou rectangulaire, juxtaposées les unes aux autres. Cette diversité formelle des morceaux assemblés, associée à la rigueur des boîtes dans lesquels ils sont présentés, incarne pour l'artiste la 'rencontre de l'Est et de l'Ouest, de la géométrie et de la magie' (citée in C. Roberts, Louise Nevelson, Paris, 1964, p. 16), et rappelle également la double identité de Louise Nevelson, née dans la Russie tsariste et ayant émigré avec sa famille aux États-Unis dans les premières années du XXe siècle.

En peignant la totalité des éléments d'une seule et même couleur - noir d'abord (Sky Cathedral, 1958, collection du MoMA), puis blanc (Dawn's Wedding Chapel II, 1959, collection du Whitney Museum of American Art) et enfin doré (An American tribute to the British people, 1960-1965, collection de la Tate Modern de Londres), Louise Nevelson les unifie visuellement en même temps qu'elle masque l'origine de chaque fragment: la sculpture forme alors une structure autonome dont l'aspect monochrome la rapproche des recherches menées par les artistes du Color field painting, avec lesquels l'artiste cohabite à l'époque. Puzzle complexe et mystérieux, dont la couleur dorée souligne le caractère éminemment baroque, Royal Tide II a fait partie des oeuvres présentées lors de l'exposition inaugurale de la galerie Daniel Gervis en 1967, dont certaines seront acquises par des institutions prestigieuses - Tropical Garden II par le Centre Pompidou et Sky Cathedral par le musée Kröller-Müller aux Pays-Bas. Construite comme un autel ou un retable d'église, Royal Tide II revêt une dimension presque religieuse que vient accentuer l'usage de la peinture dorée, transfigurant chacun des éléments de l'oeuvre et renvoyant à la façon dont Louise Nevelson envisageait ses assemblages: 'Ces pièces de vieux bois ont toutes leur histoire et leur drame. Pour moi c'est comme si l'on prenait quelqu'un qui serait resté dans le caniveau sur le Bowery pendant des années, laissé pour compte et méprisé. Et soudain quelqu'un arrive qui voit comment prendre cet être pour le transformer en un être complet.' (citée in L. Nevelson, Dawns + Dusks: Taped Conversations with Diana MacKown, 1976, p. 81)



Louise Nevelson produced her first assemblies from wood during the 1940s, using odds and ends she came across - crates, fragments of furniture, pieces of untreated wood - to construct totemic sculptures revealing the influence of Duchamp's ready-mades as well as the explorations of the Cubist movement, which the artist had studied in Europe under Hans Hofmann. For Louise Nevelson recognition came particularly late in her career, as a result of her first 'environmental' murals in 1957. Two years later, she was already 60 when she was included in the Sixteen Americans exhibited at the MoMA in New York, alongside Frank Stella (aged just 23), Mark Rothko, Robert Rauschenberg and Jasper Johns.
Louise Nevelson's mural sculptures, of which Royal Tide II is emblematic, comprise an assortment of disparate elements laid out in square or rectangular wooden boxes, juxtaposed alongside one another. For the artist, the diversity of the assembled pieces, combined with the formal nature of the boxes in which they are presented, embodies the 'meeting of East and West, geometry and magic' (quoted in C. Roberts, Louise Nevelson, Paris, 1964, p. 16) and also serves as a reminder of the dual identity of Louise Nevelson, who was born in Tsarist Russia before emigrating with her family to the United States in the first years of the 20th century.
By painting all elements in just one colour, starting with black (Sky Cathedral, 1958, MoMA collection), then white (Dawn's Wedding Chapel II, 1959, Whitney Museum of American Art collection) and finally gold (An American Tribute to the British People, 1960-1965, Tate Modern collection in London), Louise Nevelson unifies them visually while at the same time concealing the origin of each fragment, the sculptures therefore forming autonomous structures whose monochrome appearance connects them to work by the Color Field Painting artists, with whom she was living at the time. A complex and mysterious puzzle, whose golden colour emphasises its eminently Baroque nature, Royal Tide II was among the works displayed at the inaugural exhibition of the Daniel Gervis Gallery in 1967, some of which went on to be acquired by prestigious institutions - Tropical Garden II by the Pompidou Centre and Sky Cathedral by the Kröller-Müller Museum in the Netherlands. Resembling an altar or an altarpiece for a church, Royal Tide II has an almost religious dimension, accentuated by the use of gold paint, transfiguring each element of the work and evoking the way in which Louise Nevelson envisaged her assemblies: 'These pieces of old wood have a history and drama that to me is - well, it's like taking someone who has been in the gutter on the Bowery for years, neglected and overlooked. And someone comes along who sees how to take these things and transform them into total being.' (quoted in L. Nevelson, Dawns + Dusks: Taped Conversations with Diana MacKown, 1976, p. 81)

More from Collection Henri-Georges et Inès Clouzot - Vente au profit du Secours Catholique

View All
View All