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James Ensor (1860-1949)
Provenant d’une importante collection privée belge
James Ensor (1860-1949)

Le visage des heures

Details
James Ensor (1860-1949)
Le visage des heures
50 pages illustrées et annotées par l'artiste; monogrammé 'JE' (sur la page de titre); signé 'Ensor' (sur 39 pages du recueil) et dédicacé 'Souhaits a [sic] Claude Bernières: une longue renommée durant ses courses vers les beautés son admirateur James Ensor' (au centre du colophon)
graphite, pierre noire, crayons de couleur et encre sur Le visage des heures, recueil de poèmes de Claude Bernières, édité par Les Éditions Robert Sand en 1922
Chaque feuille: 21.5 x 16.4 cm.
Exécuté vers 1922

50 pages illustrated and annotated by the artist; signed with the monogram 'JE' (on the title page); signed 'Ensor' (on 39 pages of the poetry collection) and dedicated 'Souhaits a [sic] Claude Bernières: une longue renommée durant ses courses vers les beautés son admirateur James Ensor' (at the centre of the colophon)
pencil, black chalk, coloured crayon and ink on Le visage des heures, poetry collection by Claude Bernières, edited by Les Éditions Robert Sand in 1922
Each sheet: 8 ½ x 6 3/8 in.
Executed circa 1922
Provenance
Vente, Sotheby's, Londres, 3 décembre 1986, lot 498.
Vente, Sotheby's, New York, 2 juin 1995, lot 41.
Collection particulière, Allemagne.
Acquis auprès de celle-ci par le propriétaire actuel, en 1995.
Post Lot Text
Claude Bernières (pseudonyme pour Hélène Avril) est née en 1884 à Zwevezele, petite commune de la province de la Flandre Occidentale, à 35 km d’Ostende. Très tôt, elle se passionne pour la poésie. En 1911, elle épouse le Dr Louf avec qui elle aura une fille. Lors de ses villégiatures à Ostende, elle fait la connaissance de Blanche Hertoge (1884-1951) qui – au-dessus de son magasin de lingerie féminine, rue Adolphe Buyl – tient sa galerie d’art, nommée «Studio». Entièrement dévouée aux artistes, elle y organise régulièrement des expositions consacrées aux œuvres de James Ensor, Léon Spilliaert et autres artistes belges et français, plus ou moins connus. C‘est là que, Claude Bernières rencontre James Ensor avec lequel elle entretiendra une relation amicale, qui perdurera jusqu’ à la mort du peintre en 1949. En 1923, elle obtient le prix Verhaeren pour son recueil Le visage des heures, publié par Sand (Bruxelles) en 1922. Suite à la remise du prix Verhaeren, James Ensor – en témoignage de son admiration – illustrera l’un des exemplaires de l’édition originale. En août 1939, Ensor fera son portrait [Tricot 823], au revers duquel il écrit la dédicace : “Pour Claude en pose / Pour Hélène anti-morose / Pour ses plumes et ses roses / ses coquilles, ses lauriers épanouis / un salut coloré et pictural / de James Ensor”. Claude Bernières meurt à Courtrai en 1960. Cet exemplaire, richement illustré par James Ensor aux crayons de couleur, présente des motifs et des thèmes inédits, ainsi que des sujets traités dans ses œuvres antérieures. En général, les dessins « illustrent » parfaitement - de façon parfois délicate, parfois grotesque - les poèmes teintés d’une tendre mélancolie. Le frontispice représente un cercle de masques de carnaval, semblable à celui qu’Ensor a dessiné pour la couverture de la monographie qui lui est consacrée, par Émile Verhaeren, en 1908. La page 9 est illustrée d’une procession de figures féminines symbolisant les heures de la vie humaine. Les pages 17 et 23 sont illustrées de tourelles et de flèches de villes imaginaires. À la page 30, Ensor se représente en squelette, faisant face au portrait «vivant», à la page 31. Ensor y fait allusion à sa célèbre gravure de 1889, Mon Portrait squelettisé (Taevernier 67). Les pages 34 et 35, illustrées de putti joufflus soufflant de toute leur force, font allusion à l’eau-forte Les Vents (Taevernier 52), de 1888. La page 39 est peut-être la plus surprenante et présente des totems et des idoles exotiques, d’inspiration amérindienne ou océanienne. Sur la page 61, Ensor a copié le sujet de sa lithographie La Mort coquette, publiée en 1922, par l’association anversoise L’Art contemporain. La page 64 présente une «danse macabre» où un squelette et une femme se battent, batifolent, s’enlacent sur un champ de bataille. Sur la page 73, Ensor a copié un masque chinois, à l’expression féroce, semblable à celui accroché aux murs de son «salon bleu». Enfin, une page non paginée à la fin de l’ouvrage, présente une série de têtes de juges, tous plus sanguinolents les uns que les autres. Sa critique de l’appareil judiciaire y trouve toute la verve, et fait référence à ses tableaux Les Bons juges (1891) [Tricot 345], Le Grand juge (1898) [Tricot 387] ou Le Juge rouge (1900) [Tricot 393]. Notons qu’en 1923, Ensor illustre un recueil de poèmes de Mallarmé, publié en 1899 par Edmond Deman (Bruxelles), à la demande de son ami anversois François Franck. Plusieurs dessins sont quasiment identiques dans les deux exemplaires. En guise d’apothéose, Ensor rend hommage à son amie dans le dessin, à la page 76, représentant un cortège à l’occasion de «La joyeuse entrée» de Claude Bernières, après avoir reçu le prix Verhaeren. Ensor y fait évidemment allusion à son tableau mondialement connu L’Entrée du Christ à Bruxelles (Getty Museum, Los Angeles), de 1888-89.

Xavier Tricot, auteur du catalogue raisonné

Claude Bernières (a pseudonym of Hélène Avril) was born in 1884 in Zwevezele, a small commune in the province of Western Flanders 35 kilometres from Ostend. From an early age she developed a passion for poetry. In 1911 she married Dr Louf by whom she had a daughter, Suzanne (1913-2002). While on holiday in Ostend, Claude Bernières met Blanche Hertoge (1884-1951) who ran an art gallery called “Studio” above her ladies’ lingerie shop in Rue Adolphe Buyl. Blanche Hertoge was wholly devoted to artists. In her gallery, she regularly held exhibitions of the works of James Ensor, Léon Spilliaert and other well-known Belgian and French artists. There, Claude Bernières met James Ensor and they struck up a friendship which lasted until the painter’s death in 1949. In 1923, she won the Verhaeren prize for her anthology Le Visage des heures, published by Sand (Brussels) in 1922. Following the award of the Verhaeren prize, James Ensor illustrated a copy of the original edition, as a mark of his esteem and admiration for Claude Bernières. In August 1939, Ensor painted a portrait of her [Tricot 823], on the back of which he wrote his dedication: “For Claude posing / a gloom-banisher for Hélène / for her feathers and roses / her shells, her flowering laurels / a colourful pictorial greeting, from James Ensor”. Claude Bernières died in Courtrai in 1960. The present copy, richly illustrated by James Ensor using coloured crayons, presents previously unseen motifs and themes in addition to the subjects treated in his previous works. Sometimes delicate, sometimes grotesque, in general the drawings perfectly “illustrate” the poems with their hints of tender melancholy. The frontispiece presents a ring of carnival masks like the one Ensor had drawn for the cover of the monograph dedicated to him by Émile Verhaeren in 1908. Page 9 is illustrated with a procession of female figures symbolising the phases of human life. Pages 17 and 23 are illustrated with the turrets and spires of imaginary towns. On page 30, Ensor depicts himself as a skeleton facing the “living” portrait on page 31. Here, Ensor was alluding to his well-known engraving of 1889, Mon Portrait squelettisé (Taevernier 67). Pages 34 and 35, illustrated with chubby-cheeked cherubs blowing with all their might, allude to the etching Les Vents (Taevernier 52) produced in 1888. Page 39 presents perhaps the book’s most unexpected illustration comprising exotic totems and idols of Amerindian or Oceanic inspiration. On page 61, Ensor copied the subject of his lithograph La Mort coquette, published in 1922 by the Antwerpbased association L’Art contemporain. Page 64 presents a “danse macabre” in which skeletons and living beings fight one another, romp around and intertwine on a battlefield. On page 73, Ensor copied a ferocious-looking Chinese mask like the one which hung on the walls of his “blue drawingroom”. Finally, an unnumbered page at the end of the book presents a series of judges’ heads, each more bloodthirsty than the last. All the vigour of Ensor’s disapproval of the judicial system is expressed here and refers to his pictures Les Bons juges (1891) [Tricot 345], Le Grand juge (1898) [Tricot 387] or Le Juge rouge (1900) [Tricot 393]. It is interesting that in 1923 Ensor illustrated an anthology of poems by Mallarmé, published in 1899 by Edmond Deman (Brussels), at the request of his Antwerp friend François Franck. Several of the drawings are almost identical in the two books. In the guise of an apotheosis, Ensor paid homage to his friend in the drawing on page 76, depicting a procession on the occasion of the “Joyful Entry” of Claude Bernières, after receiving the Verhaeren prize. Here, Ensor was clearly alluding to his picture known worldwide as L’Entrée du Christ à Bruxelles (Getty Museum, Los Angeles), 1888-89.

Xavier Tricot, author of the catalogue raisonné

Brought to you by

Adélaïde Quéau
Adélaïde Quéau

Lot Essay

Le Comité Ensor a confirmé l’authenticité de cette œuvre.

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