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Maria Helena Vieira da Silva (1908-1992)
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Maria Helena Vieira da Silva (1908-1992)

La ville tentaculaire

Details
Maria Helena Vieira da Silva (1908-1992)
La ville tentaculaire
signé 'Vieira da Silva' (en bas à droite)
huile sur toile
65 x 92 cm.
Peint en 1954

signed 'Vieira da Silva' (lower right)
oil on canvas
25 5/8 x 36.2/8 in.
Painted in 1954
Provenance
Collection particulière, Londres.
Galerie Pierre, Paris.
Galerie Boulakia, Paris.
Acquis auprès de celle-ci par le propriétaire actuel dans les années 1980.
Literature
J. Grenier, "Vieira da Silva", in l'Oeil, n°14, Paris, 1956 (illustré, p. 19).
G. Weelen & J-F. Jaeger, Vieira da Silva, Catalogue raisonné, Vol. I , Genève, 1994, no. 1212 (illustré, p. 239).
Special Notice

Artist's Resale Right ("droit de Suite"). If the Artist's Resale Right Regulations 2006 apply to this lot, the buyer also agrees to pay us an amount equal to the resale royalty provided for in those Regulations, and we undertake to the buyer to pay such amount to the artist's collection agent.
Post Lot Text
Tous les chemins vont vers la ville.
Du fond des brumes,
Là-bas, avec tous ses étages
Et ses grands escaliers et leurs voyages
Jusques au ciel, vers de plus hauts étages,
Comme d’un rêve, elle s’exhume.
Emile Verhaeren, « La Ville », Les Campagnes hallucinées, 1893

La Ville tentaculaire de Maria-Helena Vieira da Silva s’ancre dans une période singulière de l’artiste, traduisant l’alliance d’une maîtrise aboutie de la perspective et d’une sensibilité croissante, relative aux paysages urbains : « J’aime, dit-elle, ces paysages linéaires qu’on trouve dans les grandes villes » (cité in Jean Grenier, « Vieira da Silva », in L’œil, 1956, p.15). Apparait alors le motif d’une ville empreinte d’un effet de mouvement et composée de lignes, de dédales et de labyrinthes, qui s’enchevêtrent et se croisent dans une composition complexe où l’œil vient se perdre : « alors tout va de biais, tout chavire. Emportés que nous sommes dans cette aventure des lignes qui flanchent, qui culbutent, nous perdons pied. S'il venait idée de nous retourner alors, engloutis par le tableau, nous ne reconnaîtrions plus notre réalité trop sage. Telle Alice, Vieira nous a fait franchir le miroir. » (Jean-Jacques Lévêque, « Elle nous guide », Vieira da Silva - Peintures a tempera 1929-1979, catalogue d'exposition, Paris, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, février-mars 1977, non paginé).
Cet urbanisme rayonnant présente des formes qui s’associent jusqu’à suggérer un ordre. Elles finissent par s’esquiver, comme une multitude évasive de couloirs qui se muent et nous absorbent d’espaces en espaces, toujours traités avec la même gamme chromatique des gris colorés, ponctués çà et là de vives touches colorées : vert d’eau, orangé, ocre, jaune clair. Le territoire urbain représenté évoque la sensation d’une architecture cellulaire entrainante qui pourrait finalement s’apparenter, comme l’évoque Claude Esteban, à l’image de « l’architecture de nos pensées » (Claude Esteban, « La Conscience et l’Etoilement », Vieira da Silva - Peintures 1935-1969, catalogue d'exposition, Paris, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, septembre-novembre 1969, p.15). La construction obsédante de l’œuvre de Vieira da Silva, poursuit ainsi la conquête de l’espace par une singularité picturale qui lui est propre.

[…] All roads lead towards the city.
Out of mist it materialises –
over there, with all its storeys,
its great staircases, and their flights
up to the sky, towards yet higher storeys –
from the earth as from a dream, it rises. […]
Emile Verhaeren, « La Ville », Les Campagnes hallucinées, 1893

La Ville tentaculaire by Maria-Helena Vieira da Silva comes from a singular period in the artist’s work, reflecting a combination of her mastery of perspective and growing sensitivity to urban landscapes: “I like the linear landscapes found in big cities" (cited by Jean Grenier, 'Vieira da Silva', in L’œil, 1956, p.15). Next came the motif of a city imbued with the effect of movement and composed of intertwining and intersecting lines, mazes and labyrinths in a complex composition where the observer's eye does not know where to focus: “Everything is confused and disordered. Carried away as we are in this adventure of lines with no clear end, that fall over, we lose our footing. If we were to try to right ourselves, swallowed up by the painting, we would no longer recognise our conventional reality. Like Alice, Vieira takes us through the looking glass.” (Jean-Jacques Lévêque, 'Elle nous guide', Vieira da Silva - Peintures a tempera 1929-1979, exhibition catalogue, Paris, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, February-March 1977, unpaginated).
This radiant urbanism presents forms that, when combined, suggest an order. The forms end up slipping away, like an evasive multitude of corridors that evolve and swallow observers up, dropping them from space to space, always treated with the same chromatic range of coloured greys, punctuated here and there with bright coloured touches: sea-green, orange, ochre, light yellow. The urban territory represented evokes a sensation of a lively compartmentalised architecture that could ultimately be similar, as Claude Esteban said, to the image of "the architecture of our thoughts" (Claude Esteban, 'La Conscience et l'Etoilement', Vieira da Silva - Peintures 1935-1969, exhibition catalogue, Paris, Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, September-November 1969, p.15). The obsessive construction of Vieira da Silva's work thus continues the conquest of space through an artistic singularity all of its own.
Sale Room Notice
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Paul Nyzam
Paul Nyzam Post-War & Contemporary Art

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