拍品專文
L’APOGEE DE LA MAISON BARBEDIENNE
Ce superbe lustre fondu par Barbedienne est un parfait exemple de la qualité de production à laquelle savait s’élever la célèbre maison parisienne. Avec son ingénieux système de suspension à contrepoids, permettant de recharger la lampe à pétrole sans décrocher le lustre, il est aussi l’illustration, non moins parfaite, de la devise « Le Beau dans l’utile » prônée à cette époque par l’Union centrale des Beaux-Arts appliqués à l’Industrie.
Très proche du modèle exposé en 1867 lors de l’Exposition Universelle qui se tint à Paris, notre lustre à crémaillère fut créé en même temps que le modèle du célébrissime miroir conservé au musée d’Orsay (OAO 1308), fruit d’une collaboration entre Ferdinand Barbedienne, Albert-Ernest Carrier-Belleuse et Constant Sevin.
CONSTANT SEVIN, ARTISTE
Le dessin de notre lustre est également attribuable à Constant Sevin, principal ornemaniste de la maison. Considéré comme un véritable artiste, ses œuvres sont généralement présentées sous le libellé suivant « Composé par Constant Sévin, exécuté par Barbedienne ».
Sévin travailla pour Barbedienne pendant trente-trois ans. Il succéda au dessinateur en chef Cahieu, mort du choléra en 1855, et resta en poste jusqu’à sa mort en 1888. Il créa les objets les plus variés et les plus novateurs pour les stands de Barbedienne aux expositions internationales. Récompensé par une pluie de médailles, il répondit aux commandes les plus prestigieuses : « les bronzes du roi de Hollande, les bains du roi des Belges, la chapelle et le tombeau du prince Albert à Frogmore, les candélabres du Kremlin, les portes du tombeau de Nicolas à Odessa … » (V. Champier, Revue des Arts Décoratifs, Neuvième année, 1888-1889, Tome IX, p. 164.., p. 174).
UN ART NOVATEUR ET PRECURSEUR
Contrairement aux autres œuvres évoquées plus haut et aux créations contemporaines, ce lustre exceptionnel s’affranchit des canons de l’époque, des courants historicistes et de l’éclectisme qui sont alors les dogmes de la création artistique. On y cherchera en vain les références mythologiques, les cuirs découpés bellifontains, les ornements tirés du répertoire antique ou les techniques ressuscitées des temps passés.
Certes le dessin général évoque celui de certains lustres des cathédrales orthodoxes et byzantines… mais subtilement ; et l’on devine à peine l’influence d’Iznik au regard des superbes éléments végétaux qui sont son principal ornement. Le choix du bronze argenté, la sobriété de l’ornementation, la clarté du dessin confèrent à ce véritable objet d’art une élégance toute particulière. Cet esthétisme particulier semble annoncer, avec quelques années d’avance, les courants décoratifs de l’Aesthetic movement, de l’Arts and Craft et de l’Art Nouveau.
Correspondant à une production à contre-courant et avant-gardiste, ce type de lustre semble être relativement rare. Peu d’exemplaires sont connus et tous se singularisent par quelques détails. A titre de comparaison, citons comme exemple un lustre très similaire vendu par Christie’s, à Paris, le 17 décembre 2009 (lot 271).
Ce superbe lustre fondu par Barbedienne est un parfait exemple de la qualité de production à laquelle savait s’élever la célèbre maison parisienne. Avec son ingénieux système de suspension à contrepoids, permettant de recharger la lampe à pétrole sans décrocher le lustre, il est aussi l’illustration, non moins parfaite, de la devise « Le Beau dans l’utile » prônée à cette époque par l’Union centrale des Beaux-Arts appliqués à l’Industrie.
Très proche du modèle exposé en 1867 lors de l’Exposition Universelle qui se tint à Paris, notre lustre à crémaillère fut créé en même temps que le modèle du célébrissime miroir conservé au musée d’Orsay (OAO 1308), fruit d’une collaboration entre Ferdinand Barbedienne, Albert-Ernest Carrier-Belleuse et Constant Sevin.
CONSTANT SEVIN, ARTISTE
Le dessin de notre lustre est également attribuable à Constant Sevin, principal ornemaniste de la maison. Considéré comme un véritable artiste, ses œuvres sont généralement présentées sous le libellé suivant « Composé par Constant Sévin, exécuté par Barbedienne ».
Sévin travailla pour Barbedienne pendant trente-trois ans. Il succéda au dessinateur en chef Cahieu, mort du choléra en 1855, et resta en poste jusqu’à sa mort en 1888. Il créa les objets les plus variés et les plus novateurs pour les stands de Barbedienne aux expositions internationales. Récompensé par une pluie de médailles, il répondit aux commandes les plus prestigieuses : « les bronzes du roi de Hollande, les bains du roi des Belges, la chapelle et le tombeau du prince Albert à Frogmore, les candélabres du Kremlin, les portes du tombeau de Nicolas à Odessa … » (V. Champier, Revue des Arts Décoratifs, Neuvième année, 1888-1889, Tome IX, p. 164.., p. 174).
UN ART NOVATEUR ET PRECURSEUR
Contrairement aux autres œuvres évoquées plus haut et aux créations contemporaines, ce lustre exceptionnel s’affranchit des canons de l’époque, des courants historicistes et de l’éclectisme qui sont alors les dogmes de la création artistique. On y cherchera en vain les références mythologiques, les cuirs découpés bellifontains, les ornements tirés du répertoire antique ou les techniques ressuscitées des temps passés.
Certes le dessin général évoque celui de certains lustres des cathédrales orthodoxes et byzantines… mais subtilement ; et l’on devine à peine l’influence d’Iznik au regard des superbes éléments végétaux qui sont son principal ornement. Le choix du bronze argenté, la sobriété de l’ornementation, la clarté du dessin confèrent à ce véritable objet d’art une élégance toute particulière. Cet esthétisme particulier semble annoncer, avec quelques années d’avance, les courants décoratifs de l’Aesthetic movement, de l’Arts and Craft et de l’Art Nouveau.
Correspondant à une production à contre-courant et avant-gardiste, ce type de lustre semble être relativement rare. Peu d’exemplaires sont connus et tous se singularisent par quelques détails. A titre de comparaison, citons comme exemple un lustre très similaire vendu par Christie’s, à Paris, le 17 décembre 2009 (lot 271).