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HUBERT ROBERT (PARIS 1733-1808)
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LA POÉTIQUE DES RUINES
HUBERT ROBERT (PARIS 1733-1808)

Caprice architectural avec un escalier en pierre monumental animé de personnages

Details
HUBERT ROBERT (PARIS 1733-1808) Caprice architectural avec un escalier en pierre monumental animé de personnages huile sur toile 261 x 196 cm. (102 ¾ x 77 1/8 in.)
Provenance
Partie du décor d’un Hôtel particulier du VIIème arrondissement à Paris (d’un ensemble de six toiles d’après la tradition familiale), avant le début du XXe siècle.
Transféré au début du XXe siècle au Château de Digoine (Saône-et-Loire), jusqu’à l’extrême fin du XXe siècle.
Resté depuis par descendance dans la famille dans une propriété angevine.


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HUBERT ROBERT, ARCHITECTURAL CAPRICCIO SHOWING A MONUMENTAL STONE STAIRCASE WITH FIGURES, OIL ON CANVAS

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Lot Essay

La plus grande version connue de composition descalier

A plusieurs reprises, le peintre Hubert Robert s’est attaché à décrire des escaliers monumentaux dans de puissantes compositions donnant à l’architecture une place triomphale. La version la plus proche de celle-ci, mais de moindre dimension (toile, ovale, 41 x 33 cm.), se trouvait dans la collection Jacques Doucet au début du XXe siècle1. La version Doucet présentait un palais italien très similaire sur la droite, avec un obélisque et un temple sur la gauche au lieu de la colonne inspirée de la colonne trajane dans notre tableau. D’autres compositions semblables existent également, articulées autour d’un escalier pris en légère contre-plongée comme si l’artiste les avait observés sur le motif, assis au pied des monuments, lors de son séjour à Rome. Citons notamment l'impressionnant escalier bordé d’un obélisque conservé au musée de l’Ermitage à Saint-Pétersbourg2, ou encore celui passé en 2016sur le marché new-yorkais3. Notre version se distingue cependant de ces dernières par son format volumineux, le plus imposant de tous, laissant présager une commande importante, certainement issue d’une série formant un grand décor.

"Robert des ruines"

Si le motif de l’escalier connaît une résurgence plus soutenue dans le corpus de l’artiste au tournant des années 1770-1775 alors qu'Hubert Robert travaillait au château de Versailles et observait régulièrement l’escalier - aujourd’hui disparu - des Ambassadeurs, notre peinture se comprend surtout comme un éclatant exemple de l’Art de Robert dans sa grande maturité, l’Art de « Robert des ruines ».

Plus encore que Piranèse ou Panini qui comptaient parmi les artistes admirés par le maître français et l’ayant largement incité à entreprendre le voyage à Rome, Robert donna aux ruines une dimension plus philosophique, presque émotionnelle, que Diderot décrivit sous le terme de « poétique des ruines ». « Nous attachons nos regards sur les débris d’un arc de triomphe, d’un portique, d’une pyramide, d’un temple, d’un palais ; et nous revenons sur nous-mêmes, nous anticipons les ravages du temps ; et notre imagination disperse sur la terre les édifices mêmes que nous habitons. (…) Et voilà la première ligne de la poétique des ruines. »4, écrivait-il au sujet d’un tableau de Salon d'Hubert Robert5.

En mêlant ainsi dans ses peintures la vie ordinaire aux ruines antiques, l'artiste montre en réalité la continuité de l’existence, le temps qui passe et laisse son empreinte dans l'histoire. Il confère aux ruines une sorte de rôle d’allié qui invite au dialogue, à une réflexion permanente entre la Beauté d’hier et d’aujourd’hui. Dans notre tableau, la poésie du quotidien participe à la grandeur des siècles passés ; une femme allaite son bébé, adossée à un obélisque renversé aux hiéroglyphes mystérieux.

Une provenance parisienne

Provenant d’un hôtel particulier du VIIème arrondissement de Paris, notre tableau aurait, selon la tradition familiale, fait partie d’une série de six toiles peintes pour le lieu. Un tableau de même format (260 x 196 cm.) a surgi sur le marché parisien en 2008 6 et pourrait avoir appartenu au même décor. Ce tableau représentait un paysage mettant en avant la nature et au second plan des bâtiments imaginaires, pouvant rappeler un aqueduc et une forteresse abandonnée. Formant un juste équilibre entre beauté de la nature et poétique des ruines, les deux tableaux faisaient probablement partie d'un décor imaginé par Hubert Robert qui cherchait, comme dans son décor peint pour 'épondre à la folie du comte d’Artois à Bagatelles, mettre tour à tour en avant nature et éléments d'architecture.

Au crépuscule du dix-huitième siècle, la symbolique de la nature et des paysages aux ruines imaginaires pouvaient en effet offrir des pistes de réflexion similaires sur les dernières heures de l'Ancien Régime qui allait se renouveler, tout comme la Nature et les grandes Civilisations qui forment également un cycle continu.

Notre tableau a ensuite orné les murs de la salle à manger du château de Digoine en Sôane-et-Loire pendant près d'un siècle, participant à la splendeur des lieux.


1. voir vente de la collection de Jacques Doucet, Paris, Galerie Georges Petit, 6 juin 1912, n°181.
2. voir I. S. Nemilova, The Hermitage Catalogue of Western European Painting. French Painting (…), Moscou, 1986, p. 283, cat. n°206, reproduit
3. Voir vente anonyme, New York, Sotheby’s, 29 janvier 2016, n°534, reproduit.
4. D. M. Bukdahl (éd.), Diderot. Salons III. Ruines et paysages. Salon de 1767, Paris, 1995, p. 335.
5. Voir A. Scnhapp “ ‘Robert des ruines’. Le peintre face aux monuments » dans Hubert Robert 1733-1808. Un peintre visionnaire, [cat. exp.], Paris, 2016, p. 86.
6. vente anonyme, Paris, Hôtel Drouot [Me Piasa], n°87, reproduit


The largest known version of a stairway composition

On several occasions, Hubert Robert dedicated his paintings to monumental flights of stairs in powerful compositions giving a triumphal place to architecture. The closest version to this one, but smaller in size (canvas, oval, 41 x 33 cm.), was part of Jacques Doucet’s collection at the beginning of the 20th century1. The Doucet version featured a very similar Italian palace on the right, with an obelisk and a temple on the left instead of the column inspired by the Trajan’s column in our painting. Other similar compositions also exist, composed around stairs taken in a slightly low angle as if the artist was actually painting from life, looking up at them, sat at the foot of the monuments, during his time in Rome. Great examples include the impressive stairway next to an obelisk conserved at the State Hermitage Museum in Saint Petersburg2, as well as the painting of the same subject that found itself on the New York market in 2016 3. However, our version stands out from the latter two by its large format, the most imposing of all, which suggests that it was part of a big commission, most certainly one of a series forming a large decor.

"Robert of the Ruins"

If the subject of stairways reappeared on several occasions in the corpus of the artist in the years 1770-1775 when Hubert Robert was working at the Château de Versailles and often observed the Ambassadors’ staircase, which no longer exists, our painting is above all a brilliant example of the Art of Robert in his period of great maturity, the Art of "Robert of the Ruins".

Even more than Piranesi or Panini who were amongst the artists that the French painter admired and who played a big part in his decision to visit Rome, Robert gave ruins a more philosophic, almost emotional dimension, that Diderot described as the "poetic of ruins". On the subject of a Salon painting by Hubert Robert4, he wrote, "Our gaze is drawn to the debris of an arc de triomphe, a gateway, a pyramid, a temple, a palace; and we come back to ourselves, we anticipate the ravages of time; and our imagination disperses onto the earth the very edifices that surround us. (…) And that is the first line of the poetic of ruins.".5

By combining in his paintings the ordinary life and ancient ruins, in reality Robert shows the continuity of existence, time that passes and leaves its mark in History. He gives the ruins something of the role of an ally, encouraging dialogue and constant reflection upon the Beauty of the past and of the present. In our painting, the poetry of everyday life participates in the grandeur of bygone centuries; a woman breastfeeding her baby, turning her back to an obelisk engraved with mysterious hieroglyphs.

A Parisian provenance

Our painting comes from a private hôtel particulier in the 7th arrondissement of Paris and, according to family tradition, was part of a series of six works painted for the premises. A painting of the same format (260 x 196 cm.) appeared on the Parisian market in 2008 6 and may have belonged to that same decor. The latter represented a landscape making the apology of nature, with a background of imaginary edifices resembling an aqueduct and an abandoned fortress. Forming a harmonious balance between beauty of nature and poetic of ruins, the two paintings were probably part of a decor imagined by Hubert Robert who sought, like in his decor painted to satisfy the folly of the Count of Artois in the Château de Bagatelles, to highlight, in turn, nature and elements of architecture.

At the dusk of the eighteenth century, the symbolic of nature and landscapes with imaginary ruins could indeed offer similar lines of thought about the final hours of the Ancien Régime which was going to renew itself, just like Nature and the great Civilizations also take part in a continuous cycle.

Years later, our painting also took up residency in the dining room of the Château de Digoine in Sôane-et-Loire for almost a hundred years, contributing to the splendour of the premises.

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