Henri Matisse (1869-1954)
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Henri Matisse (1869-1954)

Océanie, la mer

Details
Henri Matisse (1869-1954)
Océanie, la mer
signée à l'encre et numérotée 'H. Matisse, 10⁄30' (en bas à droite)
sérigraphie sur lin
image: 164.9 x 379.4 cm.
châssis: 172.7 x 382.5 cm.
Exécutée en 1946

signed in ink and numbered 'H. Matisse, 10⁄30' (lower right)
screenprint on linen
image: 65 x 149 3⁄8 in.
stretcher: 68 x 150 5⁄8 in.
Executed in 1946




Provenance
Pierre Matisse, New York (don de l'artiste).
Puis par descendance.
Literature
Catalogue d’exposition, Henri Matisse: A Retrospective, New York, Museum of Modern Art, Sept. 1992-Jan. 1993, no. 370, (un autre exemple illustré p. 430)
Catalogue d’exposition, The Paper cut-outs of Matisse, The National Gallery of Art, Washington, 1977 (un autre exemple illustré pp. 20-21)
A. H. Barr, Matisse, His Art and His Public, New York, 1966 (p. 279)
P. Schneider, Matisse, Paris, 1979, p. 669 (un autre exemple illustré p. 667)
Catalogue d'exposition, Matisse et Tahiti, Galerie des Ponchettes, Nice, July-Sept. 1986 (un autre exemple illustré p. 125)
L. Gowing, Matisse, Paris, 1979, p. 185 (un autre exemple illustré p. 186)
F. Gilot, Matisse and Picasso - A Friendship in Art, Great Britain, 1990 (pp. 264-5)
Catalogue d’exposition, Henri Matisse, The Paper Cut Outs, St. Louis Art Museum et Detroit Institute of Arts, 1978, p. 125 (un autre exemple illustré p. 124)
N. Watkins, Matisse, Oxford, 1984, p. 208 (un autre exemple illustré p. 209)
J. Elderfield, The Cut Outs of Henri Matisse, New York, 1978 (un autre exemple illustré p. 54)
I. Monod-Fontaine, Matisse, Paris, 1979, pp. 162-4
Special notice

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Antoine Lebouteiller
Antoine Lebouteiller Head of Department

Lot Essay

Océanie, la mer et son pendant, Océanie, le ciel, occupent une place prépondérante dans l’œuvre tardive de Matisse. Tentures murales en lin sérigraphié basées sur des maquettes en papier découpé, ces œuvres représentent la première utilisation par Matisse du papier découpé – sa forme d’expression artistique la plus importante durant ses dernières années – afin de créer des compositions à l’échelle murale. Ces panneaux sont également les premières œuvres de Matisse faisant explicitement appel à ses souvenirs d’un voyage à Tahiti en 1930, dont l’iconographie deviendra le pilier de ses derniers découpages. D’après John Klein, « Au milieu des années 1940, les souvenirs de Matisse sur la nature exotique de Tahiti et sa technique de découpe du papier pour créer des œuvres d’art – deux activités apparemment sans lien – se rejoignent dans un large flux de créativité. Dès lors, il utilise ses souvenirs tahitiens au service d’un nouvel esprit décoratif approfondi dans son travail. Océanie, le ciel et Océanie, la mer sont les premières reformulations à grande échelle des impressions de Matisse sur Tahiti (dans « Matisse after Tahiti : The Domestication of Exotic Memory, » Zeitschrift für Kunstgeschichte 60, 1997, p. 54).
La genèse du projet Océanie remonte au début de l’année 1946, lorsque l’imprimeur textile londonien Zika Ascher propose à Matisse de concevoir une tenture murale en tissu. Ce dernier n’accepte pas immédiatement son offre, mais lui demande de venir le voir lors de sa prochaine visite à Paris. Plusieurs mois plus tard, lorsque Ascher revient dans l’appartement de l’artiste, il le trouve assis sur son lit, papier et ciseaux en main, demandant à son assistant d’épingler des formes découpées directement sur les murs de la pièce. Deux murs adjacents sont déjà presque entièrement recouverts de silhouettes blanches d’oiseaux, de poissons, d’éponges, de coraux et d’algues, que Matisse propose à Ascher de reproduire sous la forme de deux panneaux.
Ascher se heurte à plusieurs obstacles pour traduire ces compositions éphémères de papier découpé en un support plus durable, à savoir les tentures murales sérigraphiées. Tout d’abord, il doit trouver le tissu approprié. Matisse craint que les premiers échantillons qu’Ascher lui envoie ne soient trop fins et perdent leur substance. Dans deux lettres datées d’octobre 1946, l’artiste souligne l’importance d’utiliser un tissu rigide, et joint des échantillons de lin provenant d’un fournisseur de tissu de la ville bretonne d’Uzel. Ascher doit ensuite reproduire la couleur exacte du revêtement mural, un beige pâle que Matisse a choisi car il lui rappelle la lumière dorée du Pacifique.
Le dernier problème est de mettre au point une méthode efficace pour sérigraphier les formes découpées sur le support en lin. Ascher essaie d’abord de réaliser des agrandissements photographiques pour l’impression, mais Matisse et lui ne sont pas satisfaits des résultats, et décident de tracer l’ensemble de la composition à partir d’un calque du mur. Les deux panneaux sont finalement imprimés en 1948 à la Belfast Silk and Rayon Company, sous la supervision d’Ascher. Les éléments originaux en papier découpé, qui avaient été retirés du mur pour servir à vérifier les détails des sérigraphies, sont rendus à Matisse. Depuis, ils ont été remontés et sont désormais conservés au Musée Matisse, dans sa ville natale, Le Cateau-Cambrésis.
Matisse est ravi des sérigraphies finales, qu’il décrit dans un de ses carnets comme sa « tenture murale blanche et beige très réussie » (cité dans ibid., p. 55). Il décide de garder la moitié de l’édition pour lui-même, et incite Jean Cassou, conservateur au Musée National d’Art Moderne, à inclure les panneaux dans une exposition qu’il organise l’année suivante. Dans un article publié dans Labyrinthe en 1946, Matisse écrit à propos de la présente composition : « Ce panneau, imprimé sur lin – blanc pour les motifs et beige quant au fond – forme, avec le second, une tenture murale composée au cours de rêveries venues quinze ans après un voyage en Océanie. Là-bas, les enchantements du ciel, de la mer, des poissons et des coraux dans ses lagons tout d’abord me plongent dans l’inaction d’un ravissement complet. […] Par les yeux grands ouverts, j’absorbais tout, comme une éponge absorbe le liquide. Ce n’est qu’aujourd’hui que ces merveilles me sont revenues avec tendresse et précision et m’ont permis, avec une certaine délectation, d’exécuter les deux panneaux en question. » (cité dans cat. exp. op. cit, St. Louis, 1977, p. 125).



Océanie, la mer and its pendant composition, Océanie, le ciel, occupy a critical position in Matisse's late work. Screen-printed linen wall-hangings based upon cut-paper maquettes, the works represent Matisse's earliest use of the paper cut-out—his most important form of artistic expression during his last years—to create mural-sized compositions. The panels are also the first works in Matisse's oeuvre that draw explicitly upon his memories of a 1930 voyage to Tahiti, the iconography of which would become the mainstay of his late cut-outs. John Klein has written, "In the mid-1940s, Matisse's recollection of the exotic nature of Tahiti and his technique of cutting paper to create works of art—two activities apparently unrelated to one another—came together in a broad flow of creativity. From this point forward he employed his Tahitian memories in the service of a new, thoroughgoing decorative spirit in his work. Océanie, le ciel and Océnie, la mer were the first large-scale reformulations of Matisse's impressions of Tahiti (in "Matisse after Tahiti: The Domestication of Exotic Memory," Zeitschrift für Kunstgeschichte 60, 1997, p. 54).
The genesis of the Océanie project dates to early 1946, when the London-based textile printer Zika Ascher approached Matisse about designing a fabric wall-hanging. Matisse did not immediately accept Ascher's offer, but asked him to visit again the next time that he came to Paris. When Ascher returned several months later to the artist's apartment, he found Matisse sitting on his bed, paper and scissors in hand, directing his assistant to pin cut-out shapes directly onto the walls of the room. Two adjacent walls were almost entirely covered with white silhouettes of birds, fish, sponges, coral, and seaweed, which Matisse proposed that Ascher reproduce as a pair of panels.
Ascher faced several obstacles in translating these ephemeral compositions of cut paper into the more durable medium of screen-printed wall-hangings. First, he had to find the right cloth. Matisse worried that the first samples that Ascher sent to him were too fine and would lose their substance. In two letters dated October 1946, the artist stressed the importance of using a stiff cloth and enclosed samples of linen from a fabric supplier in the Breton town of Uzel. Second, Ascher had to duplicate the exact color of the apartment wall-covering, a pale beige that Matisse had chosen because it reminded him of the golden light of the Pacific.
The last problem was to determine an effective method for screen-printing the cut-out shapes onto the linen support. Ascher first attempted to make photographic enlargements for the printing, but he and Matisse were displeased with the results and decided to trace the full composition from the wall instead. The two panels were finally printed in 1948 at the Belfast Silk and Rayon Company, with Ascher overseeing the process. The original cut-paper elements, which had been removed from the wall for use in verifying the details of the silkscreens, were returned to Matisse. They have since been re-mounted and are now housed in the Musée Matisse in the artist's hometown of Le Cateau-Cambrésis.
Matisse was delighted with the final silkscreens, which he described in one of his notebooks as his "very successful white and beige wall-hanging" (quoted in ibid., p. 55). He chose to keep half of the edition for himself and urged Jean Cassou, curator at the Musée national d'Art Moderne, to include the panels in an exhibition that he was organizing for the following year. In an article published in Labyrinthe in 1946, Matisse wrote about the present composition, "This panel, printed on linen—white for the motifs and beige for the background—forms, together with a second panel, a wall tapestry composed during reveries which came fifteen years after a voyage to Oceania. From the first, the enchantments of the sky there, the sea, the fish, and the coral in the lagoons, plunged me into the inaction of total ecstasy. With my eyes wide open I absorbed everything as a sponge absorbs liquid. It is only now that these wonders have returned to me, with tenderness and clarity, and have permitted me, with protracted pleasure, to execute these two panels" (quoted in exh. cat., op. cit., St. Louis, 1977, p. 125)

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