HENRI MATISSE (1869-1954)
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HENRI MATISSE (1869-1954)

Portrait de Micheline

Details
HENRI MATISSE (1869-1954)
Portrait de Micheline
Signé et daté ‘Henri-Matisse Dec 1939’ (en bas à droite)
Graphite sur papier
52,8 x 40,5 cm. (20 3⁄4 x 16 in.)
Exécuté en décembre 1939.
Provenance
Gustav Zumsteg, Zurich (avant 1969) ;
Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé, Paris (don de celui-ci en 1970); leur vente, Christie's, Paris, 23 février 2009, lot 30 ;
Acquis au cours de cette vente.
Exhibited
Saint-Paul-de-Vence, Fondation Maeght, À la rencontre de Matisse, juillet-septembre 1969, p. 35, no. 41 (illustré, pl. 41; titré 'Portrait de femme').
Special notice

Artist's Resale Right ("droit de Suite"). If the Artist's Resale Right Regulations 2006 apply to this lot, the buyer also agrees to pay us an amount equal to the resale royalty provided for in those Regulations, and we undertake to the buyer to pay such amount to the artist's collection agent.
Post lot text
HENRI MATISSE (1869-1954), PORTRAIT DE MICHELINE, SIGNED AND DATED 'HENRI-MATISSE DEC 1939' (LOWER RIGHT), PENCIL ON PAPER, EXECUTED IN DECEMBER 1939.

Brought to you by

Lionel Gosset
Lionel Gosset Auctioneer and Head of Department

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Lot Essay

Georges Matisse a confirmé l’authenticité de cette œuvre.

« Mon dessin au trait est la traduction directe et la plus pure de mon émotion. La simplification du moyen permet cela. Cependant, ces dessins sont plus complets qu'ils peuvent paraître à certains qui les assimileraient à une sorte de croquis. Ils sont générateurs de lumière ; regardés dans un jour réduit ou bien dans un éclairage indirect, ils contiennent, en plus de la saveur et de la sensibilité de la ligne, la lumière et les différences de valeur correspondant à la couleur, d'une façon évidente. (...) Aussitôt que mon trait ému a modelé la lumière de ma feuille blanche, sans en enlever sa qualité de blancheur attendrissante, je ne puis plus rien lui ajouter, ni rien en reprendre. La page est écrite ; aucune correction n'est possible. »
H. Matisse, ‘Notes d'un peintre sur son dessin’ in D. Fourcade, éd., Henri Matisse, Écrits et propos sur l'art, Paris, 1972, p. 159-161.

"My line drawing is the direct and purest translation of my emotion. The simplification of the medium allows this. However, these drawings are more complete than they may appear to some who might regard them as a kind of sketch. They are light generators; viewed in reduced daylight or indirect lighting, they contain, in addition to the flavour and sensitivity of the line, the light and value differences corresponding to the colour in an obvious way.… As soon as my emotional stroke has shaped the light of my white sheet, without removing its quality of tenderizing whiteness, I can no longer add anything to it, nor take anything away. The page is written; no correction is possible.”
H. Matisse, “Notes d’un peintre sur son dessin,” in D. Fourcade, ed., Henri Matisse, Écrits et propos sur l’art, Paris: 1972, pp. 159-161.

Le présent Portrait de Micheline s'inscrit dans une série de tableaux et de dessins au crayon et à l'encre représentant des modèles, principalement féminins, vêtus d'habits ornementés ou de blouses folkloriques roumaines. Les femmes, rêveuses et endormies, ne cessent d’obséder Matisse. Ce motif, ainsi que celui de la blouse roumaine, sont pour lui une source d’inspiration inépuisable et constituent un thème particulièrement fécond à la fin de l’année 1939 : la présente œuvre, réalisée au mois de décembre est accompagnée par de nombreuses autres, dont la célèbre Blouse roumaine (Musée national d'art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris) que Matisse entreprend au même moment.
Le modèle ici représenté semble être Micheline P. Jugé. Muse de Matisse pendant quelques mois, celle-ci sera aussi représentée dans le tableau Nature morte à la dormeuse (National Gallery of Art, Washington, D.C.), achevé en janvier 1940. L’artiste accorde alors beaucoup d'importance au choix de ses modèles. Comme il l’affirme en 1939, « mes modèles, figures humaines, ne sont jamais des figurantes dans un intérieur. Elles sont le thème principal de mon travail. Je dépends absolument de mon modèle que j'observe en liberté, et c'est ensuite que je me décide pour lui fixer la pose qui correspond le plus à son naturel. Quand je prends un nouveau modèle, c'est dans son abandon au repos que je devine la pose qui lui convient et dont je me rends esclave » (H. Matisse, ‘Notes d'un peintre sur son dessin’ in D. Fourcade, éd., Henri Matisse, Écrits et propos sur l'art, Paris, 1972, p. 159-164). Pour l’artiste, le dessin à crayon, précédant souvent celui à l’encre, lui permet de « creuser la personnalité du modèle, son expression, la qualité de la lumière environnante, l’ambiance et tout ce que seul le dessin peut traduire » (ibid., p. 130-131).
Il est intéressant de noter que ce Portrait de Micheline a figuré pendant plus de 40 ans dans la prestigieuse collection d’Yves Saint-Laurent et Pierre Bergé. Ce portrait de femme portant une blouse aurait pu influencer le créateur de mode lors de sa collection automne-hiver 1981 rendant hommage à l’artiste niçois.

This Portrait de Micheline is part of a series of paintings and pencil and ink drawings depicting models, mainly women, dressed in ornamented clothes or Romanian folk blouses. Matisse was always obsessed with dreamy, sleeping women. This motif, as well as that of the Romanian blouse, were an inexhaustible source of inspiration for him and constituted a particularly fertile theme at the end of 1939: this work, created in December, was accompanied by many others, including the famous Blouse roumaine (Musée National d’Art Moderne, Centre Georges Pompidou, Paris), which Matisse undertook at the same time.
The model shown here appears to be Micheline P. Jugé. Matisse’s muse for a few months, she was also depicted in the painting Nature morte à la dormeuse (National Gallery of Art, Washington, D.C.), completed in January 1940. The artist took great interest in the choice of his models. As he stated in 1939, “My models, human figures, are never mere background actors in an interior. They are the main theme of my work. I depend absolutely on my model, whom I observe in freedom, and it is then that I decide to set the pose that corresponds most to her naturalness. When I take on a new model, it is in her resting surrender that I guess the pose that suits her and to which I make myself a slave” (H. Matisse, “Notes d’un peintre sur son dessin,” in D. Fourcade, ed., Henri Matisse, Écrits et propos sur l’art, Paris: 1972, pp. 159-164). Matisse believed that pencil drawing, often preceding ink drawing, allowed him to “delve into the personality of the model, her expression, the quality of the surrounding light, the atmosphere and everything that only drawing can translate” (ibid., pp. 130-131).
It is interesting to note that this Portrait de Micheline was held in the prestigious collection of Yves Saint-Laurent and Pierre Bergé for over 40 years. This portrait of a woman wearing a blouse may have influenced the fashion designer for his fall-winter 1981 collection paying homage to the artist from Nice.

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