COMMODE ROYALE A VANTAUX D'EPOQUE TRANSITION
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COMMODE ROYALE A VANTAUX D'EPOQUE TRANSITION

ESTAMPILLE DE PIERRE MACRET, VERS 1770

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COMMODE ROYALE A VANTAUX D'EPOQUE TRANSITION
ESTAMPILLE DE PIERRE MACRET, VERS 1770
En tôle vernie, ornementation de bronze ciselé et doré, le dessus de marbre blanc veiné gris, à décor de paysages sinisants animés de personnages dans des réserves, la façade ouvrant par deux vantaux dévoilant une étagère, les montants ornés d'un treillage, appliqués de chutes à mufle de lion, prolongés par des pieds cambrés et terminés par des feuillages, estampillée deux fois MACRET sur chacune des traverses latérales et portant à deux reprises les marques au feu DFT sous une couronne et GRC sous une couronne
H.: 88,5 cm. (34 3/4 in.) ; L.: 135 cm. (52 3/4 in.) ; P.: 61,5 cm. (24 1/2 in.)
Pierre Macret, reçu marchand ébéniste privilégié du roi suivant la cour en 1756
Provenance
Très probablement livrée au garde meuble de la dauphine Marie-Antoinette à Compiègne avant juillet 1770;
Vente anonyme, Saint-Germain-en-Laye, 3 juin 1985.
Literature
Bibliographie comparative:
A. Pradère, Les ébénistes français de Louis XIV à la Révolution, Paris, 1989, p. 221.
T. Wolvesperges, le Meuble français en laque au XVIIIe siècle, Paris, 2000, p. 235, fig. 116.
P. Arizzoli-Clémentel, Le Mobilier de Versailles, XVIIe et XVIIIe siècles, t. 2, Dijon, 2002, pp. 145-147.
Cat. exp. "Louis XVI et Marie Antoinette à Compiègne", Paris, 2006, p. 42, fig. 21.
Cat. exp., 18e Aux Sources du Design, chefs-d'oeuvres du mobilier, 1650-1790, Versailles, 2014, pp. 204-205, no. 59.
Cat. exp. Les secrets de la laque française, Musée des Arts décoratifs, Paris, 2014, p. 290.
Special notice
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A ROYAL LATE LOUIS XV ORMOLU-MOUNTED PAINTED-TÔLE COMMODE STAMPED BY PIERRE MACRET, CIRCA 1770

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Lot Essay

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Prouesse technique et artistique, cette commode est un remarquable exemple de l’ameublement de Marie-Antoinette, illustrant notamment son goût pour l’Asie. Elle est aussi un rare exemple de meuble dont on peut mesurer, grâce à une publication de 1770, l’engouement considérable qu’il suscita lors de sa création.

Cette commode fut livrée en 1770 à la dauphine Marie-Antoinette à Compiègne avec son pendant, aujourd’hui conservé au château de Versailles (Inv. V4132). Agée de seulement quinze ans et récemment déracinée de la cour viennoise, la future souveraine s’entoura dès son entrée à la cour de France d’objets et de meubles issus de cette fièvre européenne pour les chinoiseries. Entièrement vêtue de tôle métallique vernie sur un bâti de chêne, cette somptueuse commode est le rare témoignage du premier ameublement de la dauphine en France, mais également celui des premiers meubles entièrement décorés de tôle vernie. Pierre Macret, ébéniste privilégié et marchand mercier de la rue Saint-Honoré, est l’un des grands pionniers de ce décor révolutionnaire, parenthèse éphémère mais virtuose de l’histoire de l’ébénisterie parisienne. Création remarquable pour la mise en œuvre de son décor peint or et vermillon, cette rarissime commode est l’un des exemples les plus aboutis des expérimentations des vernisseurs parisiens et de leur conquête effrénée de la maîtrise du vernis « façon de la Chine » dit vernis Martin.

Une acquisition du Garde-Meuble privé de la dauphine Marie-Antoinette

Le Garde-Meuble privé de la dauphine Marie-Antoinette, dirigé par son intendant Pierre-Charles Bonnefoy du Plan (1732-1824), orchestrait l’ameublement des appartements de la princesse. L’administration, autonome et particulière, répondait aux goûts et aux exigences de la future reine et offrait un ameublement des plus séduisants, libéré des contraintes de l’apparat et de la pompe curiale. La commode de la dauphine s’ouvre par deux vantaux et repose sur d’élégants pieds galbés. Elle incarne cette inflexion vers l’épure et la géométrisation des années 1770. Propre au style dit Transition, à la croisée des règnes et des évolutions stylistiques, la commode livrée par Pierre Macret est caractérisée par des contrastes entre surfaces planes et courbes, pleines et vides. Les lignes courbes et rectilignes du meuble sont soulignées par de fines baguettes de bronzes dorés et sont scandées par des chutes d’angles léonines et des griffes de lions en sabot. La commode de la dauphine est une traduction des créations des années 1760-1770 en ébénisterie à décor marqueté mise au point par des ébénistes tels qu’Oeben.

Les paires de commodes et d’encoignures furent ainsi fournies à la jeune dauphine de France avant juillet 1770, soit dans les deux premiers mois de sa présence en France. Le mobilier fut acheté par son Garde-Meuble privé et envoyé dans ses appartements du château de Compiègne. À cette occasion, il reçut la marque GRC couronnée, preuve de son entrée dans les biens de la princesse. Cette résidence, qu’elle découvrit pour la première fois le 14 mai 1770, occupe une place singulière dans l’histoire française de l’archiduchesse. Il est l’un des premiers lieux de son introduction à la Cour de France. Si les archives ne relatent pas cette livraison, ce précieux mobilier est succinctement décrit par un auteur anonyme dans la Gazette du commerce du 24 juillet 1770. Il présente les exploits de la manufacture de La Petite Pologne dont la fondation remonte à l’année 1768. L’auteur, émerveillé par les prouesses techniques de cette dernière, évoque ses réalisations les plus fameuses et décrit la grande beauté et la perfection du mobilier de la dauphine. Cet article est semble-t-il la seule source contemporaine conservée à faire référence à ce mobilier :

« En meubles des commodes & des encoignures pour les appartements de Madame la Dauphine, à Compiègne. Ces pièces, dont la forme a d’abord été exécutée en bois, ont été couvertes d’une tôle vernie en fond d’avanturine [sic], avec des cartels rouges glacés, peints en relief dans le goût Chinois. On a ensuite appliqué sur leurs montants, d’un fond de belle mosaïque, aussi sur tôle, des ornemens [sic] de cuivre dorés d’or moulu. Ces pièces arrachent le spectateur comme malgré lui ; elles sont d’un poli, d’un éclat auxquels on ne peut rien ajouter ; & on ne peut pas ne pas être frappé de la beauté, de l’exactitude & de la vivacité de leur peinture & de leur vernis. Elles ont été exposées chez le Sieur Macret, Ébéniste rue S. Honoré, près S. Roch. Il n’est personne qui ne les ait vues avec plaisir : & je me figure que rien ne serait plus riche, plus galant, ni à meilleur marché que des cabinets, & même des sallons [sic] de compagnie & des galeries ornés dans le même goût. ». (Gazette d’Agriculture, Commerce, Arts et finances, n° 459, Paris, Prault, 24 juillet 1770, p. 549.)

Le mobilier, acheté sans doute à l’occasion des premières visites de la dauphine à Compiègne, reçut les marques identifiées comme celles de son Garde-Meuble privé. Les lettres GR renvoient, selon Christian Baulez, au Grenier des Récollets à Versailles. Cette marque, particulièrement rare sur le mobilier royal, apparaît sur une petite armoire non estampillée en acajou à moulurations de bronze doré également créée dans ces années 1770 (vente Christie’s, New York, 19 mai 2004, n° 269). Une mystérieuse et dernière marque, un DFT couronné, fut également apposée sur toutes les pièces conservées de ce fastueux ensemble. Si le sens exact de cette marque n’est pas connu, elle apparaît exclusivement sur du mobilier estampillé Macret des années 1770 et provenant, pour sa majorité, du Garde-Meuble privé de la future reine. Elle figure notamment sur la petite table attribuée à Charles Topino conservée au Château de Versailles (inv. V5752). Certains des rares meubles portant le DFT couronné ont même reçu la marque circulaire du Garde-Meuble privé de la reine établie par son administration en 1784. Par conséquent, cette marque fait certainement référence au Garde-Meuble privé de la dauphine, à une destination ou une fonction administrative aujourd’hui inconnue. La commode de Macret est représentative du tout premier ameublement de la dauphine dans le Royaume de France et marque ainsi un véritable jalon dans l’histoire de son goût personnel. Elle fut très certainement dispersée lors des ventes révolutionnaires.

Le goût pour l’Asie et les chinoiseries, une passion de Marie-Antoinette

La dauphine puis reine Marie-Antoinette participa pleinement à cet engouement pour l’Asie dont les chinoiseries et les objets de laque sont les plus fameux ambassadeurs. La jeune dauphine, avant le couronnement de son époux, fréquenta les commerces des marchands merciers parisiens, dont celui de Granchez au Petit Dunkerque qu’elle visita en 1773. Elle s’attacha les services des plus grands merciers, Poirier et Daguerre à qui elle achetait des vases précieux, mais également des laques. La souveraine hérita de la remarquable collection de laques japonais de sa mère, Marie-Thérèse, impératrice d’Autriche. La collection était présentée dans son Cabinet doré versaillais et faisait écho à un mobilier exceptionnel livré par Jean-Henri Riesener entièrement paré de panneaux de laque japonais. Par conséquent, ce mobilier de tôle vernie révèle une passion naissante et se veut une démonstration de ce goût pour l’Asie omniprésent dans les intérieurs de la reine de France.

Représentante d’un goût européen et aristocratique, la présente commode illustre à la perfection l’impressionnante intégration de la leçon artistique sino-japonaise chez les artistes vernisseurs parisiens. La technique d’imitation de l’aventurine « fonds de poire » aux fines paillettes d’or et la perfection des reliefs et des effets polychromes démontrent le grand syncrétisme technique et stylistique auquel les vernisseurs parisiens sont parvenus. Si les faces imitent les panneaux de laque des cabinets japonais du XVIIe siècle avec des paysages lacustres à pagodes aux rochers tortueux, les montants et les pieds reprennent un motif d’hanabishi japonais. Ornement classique dans l’art du laque, celui-ci apparaît en bordures et frises sur de nombreux cabinets et plats de la période Edo (1603-1868). De même, les artisans de La Petite Pologne furent peut-être influencés par les créations anglaises de la première moitié du XVIIIe siècle. Les anglo-saxons, précurseurs dans l’art du « lachinage » et fameux expérimentateurs dans les techniques du vernis Martin, créèrent des meubles utilisant ces mêmes motifs lenticulés en croisillons aujourd’hui visibles sur les montants de la commode de la dauphine. Les médaillons historiés sont sans doute inspirés de gravures contemporaines ou directement copiés à partir des laques circulant dans le commerce du luxe parisien et dont certains merciers de renom se sont fait la spécialité.

La tôle vernie et les expérimentations des manufactures parisiennes

Les premières expérimentations d’un vernis sur tôle métallique apparaissent simultanément en Italie et en Angleterre dans les années 1730. Le succès de la mise en œuvre de cette technique innovante est atteint à Paris grâce à la naissance de deux manufactures spécialisées, la Manufacture de la veuve Gosse et Samousseau et la manufacture de La Petite Pologne. Grâce à l’article anonyme de la Gazette du commerce, la commode de la dauphine peut être associée aux meilleures productions de cette seconde manufacture. Fondée le 5 mai 1768 par Jacques Moser et Jean-Baptiste Clément près de la barrière de Monceau, la manufacture de La Petite Pologne et ses vernisseurs souhaitaient donner à leurs ouvrages « le goût et la forme de ceux qui viennent du Japon ». Détenteur d’un secret industriel, les manufacturiers réussirent l’exploit d’inventer un vernis gras, cuit et poli au délicat décor peint réalisé par d’habiles femmes peintres. La finesse de la réalisation et l’imitation de l’aventurine par l’adjonction de paillettes d’or sont la preuve d’un perfectionnement de la technique. La tôle recouvrant ici la totalité des surfaces visible du bâti de chêne épouse à la perfection les lignes courbes du bois. Les panneaux de ce mobilier sont parmi les plus grands éléments de tôle vernie conservés du XVIIIe siècle français. En effet, la fabrication d’éléments dédiés au mobilier représentait une part infime de cette production manufacturière et faisait figure d’exception dans les œuvres sorties des ateliers de La Petite Pologne. Les tôles peintes de cette commode peuvent être comparées aux nombreux seaux, verrières et plateaux conservés et associés fréquemment aux productions des manufactures parisiennes. Bien que détentrice d’un savoir-faire et dotée de talentueux artisans, La Petite Pologne périclita en 1772. De fait, le mobilier de la dauphine documente une production éphémère et dont les objets conservés sont très rares.

Le mobilier de tôle vernie, un corpus réduit

Le mobilier de tôle vernie de la dauphine Marie-Antoinette représente à lui seul le plus bel ensemble de meubles décorés de métal verni du XVIIIe français. Alors que l’on conserve de nombreux petits objets en tôle vernie, les meubles parés de ces précieux décors sont de véritables raretés. Pierre Macret est selon toutes apparences l’un des premiers en France à proposer du mobilier entièrement recouvert de tôle vernie. Il est d’ailleurs le seul ébéniste du XVIIIe siècle français à faire usage de cette technique novatrice à un tel degré. Généralement employée comme un substitut moins onéreux aux coûteux et fragiles panneaux de laque sino-japonais, la tôle vernie n’est plus chez Pierre Macret un simple pastiche ou une imitation virtuose. Le mercier à la pointe des modes fait preuve d’une grande excentricité et propose une invention décorative autonome et sans équivalents. La tôle n’est plus un substitut ou un leurre, mais une véritable proposition décorative nouvelle. Le pendant de cette commode est conservé au Château de Versailles depuis son don en 1965 par la Florence Gould Foundation. Conçue en paire, seule une encoignure fit son apparition sur le commerce de l’art parisien en 1984. L’encoignure, également à deux ventaux, n’est qu’une version réduite et synthétique de la commode à laquelle ont été adjoints des pieds rectangulaires.

A ce corpus, qui fit et fait encore la célébrité de Pierre Macret, s’ajoute une dernière commode à deux ventaux d’un modèle similaire, mais au décor et aux dimensions différents. Célébrée à l’occasion de la vente de la collection Roberto Polo, cette commode porte l’estampille d’un ébéniste confidentiel d’origine germanique, Gérard-Henri Lutz (1736-1812). Jeune ébéniste, à peine reçu au sein de la corporation parisienne en 1766, il ne fut que le sous-traitant du bâti de chêne auquel furent associés de somptueux panneaux de tôle vernie. Le décor peint d’éventails factices or et aventurine sur un fond noir profond et velouté, ainsi que le décor de croisillons des montants, font directement écho à notre commode. Ils ne laissent aucun doute sur l’attribution de ce dernier meuble, issu d’un corpus de seulement quatre meubles, preuve de l’importance de l’apparition de la commode de la dauphine sur le marché de l’art. Claude-Charles Saunier et Adam Weisweiler intégrèrent également des éléments de tôle vernie à leurs créations mobilières. Le premier préféra les décors néoclassiques d’arabesques et de rinceaux et le second, bien plus timide que Macret, n’employa que de petits éléments secondaires.

Pierre Macret, fournisseur de Marie Antoinette

Pierre Macret, présent à Paris depuis 1737, travailla et s’installa dans le « souverain faubourg », le faubourg Saint-Antoine. Originaire de Picardie et issu d’une famille modeste, il réalisa une ascension sociale vertigineuse. Au service des plus grands merciers de son temps, Duvaux, Darnault ou encore Poirier, il fit l’acquisition en 1756 du privilège d’ébéniste privilégié du roi suivant la Cour à la veuve de l’ébéniste Jean-Pierre Latz (1691-1754). Couronné d’un titre royal et désormais détenteur de l’équivalent d’une maîtrise, il s’installa dès 1758 au cœur de la rue Saint-Honoré face à l’église Saint-Roch. En 1767, il accéda à la corporation des marchands merciers et put étendre son commerce. Il entra également au service de la dauphine Marie-Antoinette et fut l’un des fournisseurs ordinaires de son Garde-Meuble privé meublant ses appartements à Versailles, Fontainebleau et Compiègne. Parallèlement, il fut fournisseur ordinaire des Menus-Plaisirs du Roi et mit son art à la disposition des ébénistes royaux dont il fut l’un des sous-traitants. Ainsi, il participa à l’ameublement des appartements de la marquise de Pompadour dans sa chambre à coucher au château de Saint-Hubert ou de l’appartement privé de Pierre-Élisabeth de Fontanieu à Versailles et dans l’Hôtel du Garde-Meuble à Paris.

Sa longue carrière de près de cinquante années lui permit de jouir d’une clientèle de tout premier ordre, parmi laquelle le marquis de Marigny, la marquise de Montconseil, la comtesse d’Amblimont ou encore Armand Frédéric Ernest de Nogaret, trésorier du comte d’Artois. Ses marchandises et ses productions offrent un panorama éclectique des évolutions stylistiques et décoratives de l’ébénisterie parisienne des années 1750 aux années 1790. À l’égal des célèbres « vendeurs de tout, faiseurs de rien » du XVIIIe siècle, Pierre Macret sut s’adapter avec brio aux grandes tendances de son époque et à l’exigence de sa clientèle aristocratique. L’originalité et la préciosité de la commode de tôle vernie de la dauphine nous invitent à reconsidérer le rôle créatif de Pierre Macret et à reconnaître l’inventivité des meubles issus de son commerce. Talentueux ébéniste dont la vie se termina en 1806, il revendit également les créations d’autres ébénistes parisiens de renoms notamment Jean-François Œben, Charles Topino, Léonard Boudin, Roger Vandercruse dit Lacroix ou encore Bernard Van Riesen Burgh III.


Nous remercions M. Paul Giraud de son aide pour la rédaction de cette notice. Paul Giraud, historien de l’art, est l’auteur du mémoire « Pierre Macret (1723-1806) : marchand mercier et ébéniste privilégié du roi suivant la Cour ».

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